mercredi, juillet 30, 2008

Cadets ou enfants soldats?


Une analyse intéressante provenant de la Campagne d'opposition contre le recrutement militaire. Dans ce texte paru sur le CMAQ, ils analysent les Cadets comme étant un organe de recrutement volontaire des Forces canadiennes, et non comme un mouvement indépendant de l'armée (c'est ce que l'armée tente de faire croire). Tant qu'à y être, allez jeter un coup d'oeil sur le site et sur leur excellent dossier sur les cadets. Une campagne qui semble avoir fait beaucoup de bruit dans les médias.

Le Bureau des cadets refuse obstinément de reconnaître son mouvement comme un organe de recrutement des Forces canadiennes. Il souligne que ce "Mouvement jeunesse VOLONTAIRE" n'est pas un mécanisme de recrutement, mais un outil CIVIL permettant aux jeunes "de se familiariser avec les Forces Canadiennes", et qu'il y a là une importante nuance. A ce jour, les informations recueillies par notre équipe de travail ne permettent pas de reconnaître cette nuance:

- L'armée finance ce "Mouvement d'intéressement à l'armée" à coup de près de 200 millions de $ par année. Pour peu dire que l'intérêt des Forces pour ce "mécanisme d'intéressement" est manifeste.
- L'armée finance les diverses Ligues de cadets, ces fondations qui rendent prétendument le mouvement civil. Revenu Canada considère les Ligues de cadets comme étant des organismes de charité, et les autorise à émettre de reçus pour exemption d’impôts. Cette réalité permet aux Corps de cadets de ramasser des fonds qui servent souvent à financer des activités de sensibilisation aux Forces Canadiennes (participation à des spectacles aériens, événements naval, visite de musés militaires, parades militaires, compétitions de fanfares, compétitions de tir, etc....).
- L'armée fournit et finance toute une gamme d'infrastructures et d'équipements, tant pour l'entraînement régulier des cadets dans les écoles pendant l'année scolaire, que pour les camps d'été.
- L'armée fournit les infrastructures administratives pour les "Bureaux des cadets", qui gèrent souvent le mouvement à partir de bases militaires. Les commandants régionaux des cadets sont des militaires de carrière qui relèvent de l’autorité du Quartier Général de la Défense Nationale.
- Les activités de plusieurs Corps de cadets dépendent d'un soutien et d'un lien étroit avec leur unité de réserve régionale et en porte aussi leurs couleurs, badges et nom de régiment.
- L'armée fournit les uniformes, calqués sur chacune des uniformes des trois forces: Cadets de l'air, de la Marine et de l'armée de terre.
- La structure hiérarchique des cadets provient de celle de l'armée, tant pour les cadets eux même, que pour leurs instructeurs.
- Les forces de réserve de l'armée inspirent le fonctionnement des Corps de cadet au cours de l'année scolaire: l'horaire et le contenu des formation sont similaires, à l'exception des notions de combat.
- Les forces régulières de l’armée inspirent le fonctionnement des camps estivaux des cadets qui se font sur des bases militaires. On reproduit le quotidien des " vrais de vrais militaires" grâce aux infrastructures et à une gamme d’équipements mis à la disponibilité des jeunes. Les jeunes en camp de vacance, s’acclimatent au quotidien de la vie sur une base.
- Comme pour les militaires, le cadet se familiarisent avec les armes à feu, apprennent à en prendre soin, à la monter, à la démonter, il y a même des compétitions du genre. Certains cadets participent à des compétitions de tir et, deviennent "tireurs d'élite", comme c'est le cas pour les "snipers" de l'armée. Ultimement, comme le militaire, l’enfant intègre l'idée que sa vie peut dépendre de son arme.
- Les entraîneurs des cadets, qui font parti du Cadres des instructeurs cadets, étaient considérés comme membres de la réserve jusqu'en 2006. Dorénavant, ils sont considérés comme faisant partie de "la cinquième branche des Forces Canadiennes". C’est une question de sémantique, ils sont toujours rémunérés par les Forces Canadiennes, en fonction d'échelles salariales similaires, bénéficient des mêmes gammes de bénéfices et on réfère aux mêmes mécanismes d'ancienneté et de hiérarchie que dans l'armée régulière.

En somme, tout comme les militaires, les cadets portent l'uniforme militaire, sont soumis à la hiérarchie militaire en étant conditionnés à obéir au doigt et à l'œil (drill), simulent les missions armées que mènent les véritables soldats (scheme), sont en contact avec une panoplie d'équipements de combat (TTB, Tanks, fusils d’assaut) et apprennent même de façon limité, le maniement des armes. Plusieurs cadets soulignent l'importance de cette discipline prétendument volontaire.

Pour la majorité de la population, tout comme pour nous, malgré les centaines de protestations reçues, il est très difficile de voir en quoi cet organisme jeunesse peut être indépendant de l'armée. Pour ce qui est de la différence, qui selon les membres du mouvement est ÉNORME entre un "mécanisme d'intéressement" et un "mécanisme de recrutement" de l'armée, nous vous laissons le soin de porter vos propres conclusions.

Les prétendues nuances relèvent beaucoup plus de la novlangue Orwellienne utilisée par l’armée, que d’une réalité factuelle.

Campagne

www.antirecrutement.info

Chronique littéraire: Cronstadt


Il y a quelques temps, bouquinant chez les libraires usagés, quelle ne fût pas ma surprise de tomber sur un bouquin intitulé Cronstadt. Étant donné le faible nombre de livre traitant de ce sujet, je me suis empressé d'acheter le bouquin, me disant qu'un historien avait possiblement tenter de combler les "trous" historiques des autres livres ayant traités de ce sujet.

D'un point de vue objectif, le fond historique est intéressant. L'auteur relate le nombre incroyable d'émeutes et grèves provoqués par les rationnements imposés aux ouvriers et paysans par le parti bolchévique. Par contre du moment que l'auteur aborde les autres tendance que celle des bolchéviques et des "apôtres" de Trotsky, que ce soit les socialistes révolutionnaires ou les anarchistes (qu'il nomme trop souvent les sans parti), l'objectivité est remplacé par une propagande mal ficelée.

Les anarchistes sont grossièrement représentés comme des anti-sémites et des brigands qui sont anti-bolchéviques, donc évidemment contre-révolutionnaire et allié aux blancs(les troupes tsaristes en exil). L'auteur y dénonce toutes les sources anarchistes comme étant fausses et ne fait que référer et interpréter personnellement ses sources "fiables", soient les archives de la Tchéka(service secret fondé en 1917 par Dzerjinski pour combattre les ennemis des bolchéviques--lire éliminer brutalement). Chaque rapport mentionnant les anarchistes est donc un élément de vérité. Par contre, il est plutôt étrange de constater que tous les rapports traitant des troubles causés directement par la politique de Trotsky, relève selon l'auteur, et ce à plusieurs reprises, de la tendance pro-Staliniste ou pro-Léniniste de la Tchéka!!Quel hasard de constater que l'auteur, Jean-Jacques Marie, est un historien français membre du Parti des Travailleurs, un parti Trostskyste, qui s'est dissout le 15 juin 2008 dans le Parti Ouvrier Indépendant. bref, une analyse révisionniste à la sauce de la 4ième internationale.

En cherchant un peu plus sur cet auteur, je suis tombé par hasard sur cette critique de la CNT-AIT, qui loin d'être élogieuse, rejoint mon analyse de ce livre, qui malgré son côté absurde est selon moi une fraude intellectuelle dans l'ensemble.
Si vous voulez lire un livre sur la révolte de Cronstadt, je ne peux que vous conseiller La Révolte de Cronstadt la Rouge(disponible à l'Insoumise), un recueil de textes édités par nos camarades d'Alternative Libertaire ou La Tragédie de Cronstadt 1921 de Paul Avrich.

Et si vous voulez lire une critique plus complète du livre:

Nouvel assaut sur Cronstadt

dimanche 14 mai 2006

La sortie, chez Fayard (oct. 2005) d’un épais ouvrage ("Cronstadt", Jean-Jacques Marie, environ 480 pages) sur l’histoire de cette forteresse et de sa révolte contre le pouvoir bolchevik (1921) peut sembler une bonne nouvelle. En effet, à part une petite brochure constituée d’extraits divers [1], (et d’un livre d’Ida Mett, voir note [5]), et un petit texte d’Anton Ciliga (voir plus bas), il n’existe à notre connaissance aucun autre ouvrage disponible, en français, sur ce sujet [2].

L’ouvrage est du genre plutôt détaillé. Cependant, il n’apporte aucun fait nouveau par rapport à ceux connus jusqu’à présent, bien que l’auteur ait bénéficié de l’accès à une documentation inédite de première main : les archives soviétiques (essentiellement des rapports de la Tcheka, l’ancêtre du KGB, la sanguinaire police politique). De plus, l’utilisation de ces archives manque de discernement, ou, pour le moins, de commentaires (un peu comme si on essayait d’écrire un livre sur Mai 68 en se basant, sans aucune critique, sur les rapports des Renseignements généraux) Ainsi en est-il des pages où se succèdent les rapports policiers faisant état d’un supposé antisémitisme des insurgés. Les citations sont le plus souvent livrées à l’état brut. Le lecteur ne saura pas quel crédit leur apporter, ni dans quelle mesure elles sont représentatives. L’élaboration d’un "appareil critique" est pourtant le minimum que l’on puisse attendre du travail d’un historien face à de telles archives. L’auteur lui-même renforce cette sensation. Page 125 il explique, sans aucune justification, que des ouvriers empêchent Zinoviev de faire un discours, parce qu’il est...juif (comment l’auteur peut-il savoir qui, du "juif" ou du président du soviet de Petrograd, a été sifflé ? Mystère).

LE PRÉCÉDENT MAKHNOVISTE

Or, et ceci explique peut-être cela, il se trouve que l’auteur a antérieurement publié un autre livre sur la même période : "La guerre civile russe, 1917-1922" (mars 2005, éditions Autrement). Pour l’essentiel, ce dernier n’est constitué que d’un collage de témoignages des uns ou des autres (grossièrement parlant, des "rouges" et des "blancs") sur les aspects les plus sordides de la guerre civile -ce qui n’est pas très utile, mais pourquoi pas ! Il y est, entre autre, question de Makhno. Par exemple, à la page 102 de "La guerre civile", un communiste nous déclare que "Les makhnovistes, n’ayant ni mécanicien ni pilote, incendient les appareils. Puis commence une bacchanale de pillage : les soldats makhnovistes dévastent les magasins, les entrepôts, les riches appartements. Un groupe dans sa fureur met le feu à plusieurs bâtiments. Le Grand Bazar est entièrement pillé. Le comité révolutionnaire bolchevique essaie de convaincre les makhnovistes de procéder à une réquisition ordonnée des biens et des vivres, un makhnoviste lui répond : ’Nous sommes partisans du slogan : "De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins’". Le lien entre les exactions supposées et l’affirmation idéologique ne saute pas aux yeux. Tout au contraire. Mais l’auteur se garde bien de relever la contradiction patente dans le témoignage qu’il cite. Il utilise les "témoignages" des blancs de la même manière. Page 149, il cite l’un d’entre eux déclarant que Makhno "pillait, brûlait et tuait". Sans commentaire. On croirait lire Marie-Antoinette à propos de la Révolution française. L’auteur lui-même affirme, page 151, que "Makhno n’aime ni la ville, juste bonne à ses yeux à être pillée, ni les citadins, et encore moins les bourgeois qu’il rançonne". Aucune référence ne vient chapeauter cette affirmation sur le goût immodéré de Makhno pour la campagne. Ces citations étant livrées tel quel le lecteur est indirectement prié de les prendre pour argent comptant. Même si c’est de la fausse monnaie. La littérature anti-makhnoviste est une vieille tradition, qu’elle soit rouge, blanche, ou le fait de littérateurs peu scrupuleux, comme Joseph Kessel. Mais qu’un historien, en 2005, continue de charrier ces légendes d’antisémitisme et de banditisme, alors que toutes les clarifications à ce sujet sont depuis longtemps très largement accessibles [3], voila qui laisse un goût amer à cette lecture. Mais, faut-il s’en étonner ? Présenté comme un "spécialiste de l’Union soviétique et du communisme", l’auteur, si l’on en croit sa bibliographie, est surtout un chantre du trotskisme. [4]

Pour lire la suite...

mardi, juillet 29, 2008

Une analyse de la crise économique par la CNT-AIT


Bon puisque c'est l'été pour tout le monde, et que les informations pertientes se font monnaie rare en ce début de semaine, je vous suggère la lecture de cette analyse de la crise économique actuelle, par un membre de la CNT-AIT(Confédération Nationale du Travail-section française de l’Association Internationale des Travailleurs).

TOUTE LUTTE N’EST PAS EMANCIPATRICE !

mardi 29 juillet 2008

Le problème n’est pas l’action propre d’une corporation mais l’idéologie qui la motive. Cela vaut pour toutes les franges de la société (jeunes, immigrés, banlieusards, salariés, etc.). Cette présente et énième crise cyclique du capitalisme se conjugue entre l’offre et la demande de l’économie de marché, le pouvoir d’achat (le revenu et le prix de la marchandise), l’économie concurrentielle (plusieurs producteurs concurrents), la concentration capitaliste (oligopole) et le mieux produisant (division internationale du travail). Tout cela est plus ou moins régulé par la main invisible du marché. Si on ajoute des effets conjoncturels comme le prix du salaire et des matières premières ou ouvrées, les bilans comptables de certains patrons risquent d’aboutir au dépôt de bilan. Coincés dans le cadre de marchés territoriaux (la France et l’Europe...), ceux-ci ne peuvent ni délocaliser ni exporter.

Afin de maintenir ou d’augmenter leurs marges d’exploitation qui déterminent le bénéfice et par là même le revenu, ils raisonnent comme tous les capitalistes. Ils font pression sur les politiques pour que l’Etat et autres décideurs concernés (régions et Europe...) leurs garantissent des moyens particuliers : aides, défiscalisations, diminutions des coûts salariaux et de certaines marchandises, protectionnismes (sanitaire, douane, cadre juridique...) ou en favorisant l’accès à des marchés. Parallèlement, ils dégradent la condition générale du salariat : défiscalisation des heures supplémentaires et rejet des 35 heures, modification du cadre des retraites... Telle est la logique structurelle du capitalisme : exploiter les prolétaires afin de dégager la plus-value, être concurrentiel ou disparaître. Quelles que soient leurs opinions et visées sur le salariat, les petits patrons n’échappent pas à la règle. Si l’économie capitaliste peut offrir des variantes, les patrons ne sont pas nécessairement les propriétaires en tout ou partie des entités économiques. La grande majorité des petits et moyens patrons restent cependant dans la position classique du capitaliste ; ils sont propriétaires de leur outil de travail et dépendent de la bonne santé de leurs entreprises pour leurs revenus. Dans le passé, la paupérisation et la prolétarisation de petits capitalistes ont déjà existé. Nombreux furent les paysans, les commerçants et les artisans qui ont fini salariés de leurs ex-confrères, concurrents ou clients. Dans l’ensemble, leur adhésion à l’idéologie bourgeoise les rendait compatibles à constituer l’encadrement, la maîtrise et la petite chefferie des entités qui les salariaient. Leur anti-syndicalisme ouvrier était affiché et bien perçu par la bourgeoisie. Quelques uns d’entre eux et de leurs descendants s’assimileront dans le mouvement ouvrier. Mais on ne peut ignorer que majoritairement ils contestèrent le grand capital (oligopole, monopole...) et l’ultralibéralisme en se déclarant réactionnaires, conservateurs et/ou national-populistes. En outre, ils soutinrent ouvertement les régimes fascistes et assimilés, constituant même des fractions d’extrême-droite. Après-guerre jusqu’aux années 80 en France, la dénonciation du grand capital et des grandes surfaces commerciales... s’incarna dans le poujadisme (mouvement proche de l’extrême-droite).

Comme il a déjà été dit, le libéralisme et le protectionnisme ne sont que des stratégies à géométries variables de l’exploitation de l’homme par l’homme. Par corporatisme, les patrons chercheront, pour défendre leurs entreprises, à enrôler leurs salariés mais toujours dans la défense de l’intérêt patronal, ceux-ci n’allant pas jusqu’à donner leurs entreprises à ces derniers ; mieux, une fois leurs objectifs atteints, ils redoubleront d’efforts pour continuer à exploiter davantage. Si des salariés pactisent ou sont naïfs, instrumentalisés par leurs patrons, nous devons dire clairement que l’intérêt commun, fût-il de l’entreprise ou national est un leurre. Celui-ci cimente la négation de la lutte des classes et nie les intérêts irrémédiables entre les exploités et les exploiteurs. Il appartient aux petits capitalistes de faire leurs choix. Ou bien ils défendent les variantes du capitalisme, ou bien ils rejoignent la lutte contre celles-ci. Pour l’instant, ils soutiennent leur idéologie et leurs intérêts de capitalistes et donc le système de domination qui l’a engendré. Que de petits patrons ne rechignent au labeur et soient en situation périlleuse, cela ne peut les empêcher de comprendre qu’un monde meilleur ne peut être que par une société juste et égalitaire. A eux de faire une rupture idéologique, tel n’est pas le cas pour l’instant. Ce qui ne permet pas notre soutien. Si, hélas, peu nombreux, parce que trop subversifs ou remuants, certains durent créer leur entreprise pour survivre, ils ne défendirent jamais le capitalisme et participèrent aux luttes de leurs frères anticapitalistes.

Le prix du pétrole un vrai problème, la défiscalisation (en réalité baisse fiscale) une fausse réponse.

En effet, en théorie, la fiscalité assure les recettes de l’Etat qui par la fonction redistributive de l’impôt permet la protection sociale, soit par gratuité ou par aide financière (revenu indirect ou socialisé). Or, la baisse fiscale produit un déficit public que les gestionnaires réduisent en diminuant le revenu indirect ou socialisé. Telle fut et est encore la logique des gouvernements. Ce qui fait que réduire l’impôt sans poser la question de la protection des plus désargentés consiste à limiter sa paupérisation en augmentant celle des autres. Tel est le leitmotiv de Sarkozy et, malgré les apparences, la lutte des petits patrons va dans ce sens. Rappelons que Le Pen fait de l’antifiscalisme son clientélisme "petit patron".

De plus, toute augmentation des prix de vente de la production se répercute sur le consommateur. D’après la loi d’Engel, la part alimentaire dans le budget des ménages croît lorsque les revenus baissent, les salariés, y compris ceux qui soutiennent leurs patrons, s’en mordront les doigts en tant que consommateurs.

Apparaissent d’autres contradictions :

- La baisse du coût du carburant augmente la consommation de pétrole et par effet celle de la pollution.

- Le productivisme fordiste pousse à prélever davantage dans les ressources environnementales, entraînant leur raréfaction et, là encore, de la pollution.

- La hausse des prix des marchandises accentue les inégalités de revenu.

En conclusion, toute action conjoncturelle (baisse de TVA...) ou sur les variables d’ajustement (salariales...) ne résout rien sur le fond : c’est la structure même du capitalisme qui est à remettre en cause.

Le capitalisme et ses sbires nous emmènent droit dans le mur : reprenons le contrôle de nos vie. CONTRE L’ETAT ET LE CAPITAL, GREVE GENERALE, POUR PAS FINIR A POIL.

Jean Picard - juin 2008.

Paru dans Anarchosyndicalisme n°107

source

lundi, juillet 28, 2008

Le lundi matin en vidéo:Un documentaire sur la vie de Buenaventura Durruti

Un documentaire intéressant sur la vie de Buenaventura Durruti, dirigé par Abel Paz et Paco Rios. Ce film est basé sur la biographie de Durruti écrite par Abel Paz (Un combattant libertaire dans la révolution espagnole).

jeudi, juillet 24, 2008

Lutte de classe et lutte syndicales: Un survol de l'actualité du jour.


C'est peut être l'été, mais pour des milliers de travailleurs-euses, l'heure n'est pas au repos et aux vacances. Voici, un bref survol de l'actualité du jour...

Aujourd'hui se prononcent les travailleurs-euses de l'hôtellerie affiliés-es à la CSN de Québec.

La menace de grève dans les hôtels pèse lourd sur la saison estivale du 400e. Les syndiqués de six des sept hôtels en négociations à Québec tiennent un vote à ce sujet jeudi. Ils doivent se prononcer sur la proposition de constituer une banque de 72 heures de grève à exercer en continu ou de façon sporadique, sans préavis, à compter du 1er août. Deux assemblées syndicales sont prévues, à midi et à 16 h 30.

Ces hôtels où des grèves pourraient être déclenchées possèdent environ 20 % des chambres disponibles à Québec. (...) La menace de grève touche 2000 des 12 000 chambres que compte la Capitale-Nationale.

Les conventions collective des six hôtels concernés arrivent à échéance le 31 juillet prochain.(source)

Sherbrooke:Un premier débrayage dans l'hôtellerie.


Durant quatre heures, mercredi, soit depuis 11 h jusqu’à 15 h, les employés de trois établissements hôteliers de Sherbrooke, ceux du Delta, du Quality Inn et des Jardins de ville, ont déserté leur lieu de travail pour déclencher une première grève ponctuelle.(...)Les rangs des grévistes étaient également grossis par les syndiqués CSN de la région qui sont présentement en lock-out ou en grève générale illimitée. Ainsi, on pouvait y croiser les employés du Roi du Coq rôti, de Construction DJL, du Domaine Fleurimont et de la Scierie Valcourt.(source)

Mandats de grève dans les casinos


Malgré de nombreuses rencontres et échanges, les négociations des syndicats des trois casinos piétinent. Des votes en faveur d'une grève générale illimitée se tiennent actuellement. Les syndicats CSN de deux casinos, Montréal et Charlevoix, ont déjà donné un tel mandat cette semaine et un troisième, celui de Gatineau, se prononce aujourd'hui.(...) Au cours de six assemblées générales qui se sont tenues mardi et mercredi à Montréal, les syndiqué-es de l'unité générale, de la restauration et de la sécurité du Casino de Montréal ont voté, à scrutin secret, dans une proportion de 79 % en faveur d'un mandat de grève générale à déclencher au moment jugé opportun. Dans Charlevoix, les employés de l'unité générale du casino de la Malbaie ont aussi donné un tel mandat dans une proportion de 72 % cette semaine. Les syndiqués CSN du casino du Lac-Leamy dans l'Outaouais se prononcent à leur tour, aujourd'hui, par scrutin secret, lors de trois assemblées générales.

Les conventions collectives sont échues depuis 15 mois, soit depuis le 31 mars 2007. Pour la première fois, les syndicats CSN des trois casinos tiennent des négociations coordonnées sur des enjeux majeurs : les salaires, le régime de retraite, les primes ainsi que la sous-traitance, l'assurance collective et la durée du contrat de travail. Ces enjeux ne sont pas réglés et ils restent
aussi des clauses normatives non réglées, particulièrement au casino de Montréal.(source)

Beaucoup d'autres grèves et lock out se déroulent actuellement au Québec. En dehors de ces grèves et de celles qui se déclencheront possiblement dans l'hôtellerie et au Casino, 1855 travailleurs-euses étaient soient en grève ou en lock out, aujourd'hui au Québec(source). Comme quoi seule la lutte des classes peut permettre de faire entendre raison à touTes ces patrons véreux...

Omer de Serres se fait mauvaise presse...


Un article paru hier dans le Journal de Mourial (merci Phébus!), rapporte la lutte que mène la Confédération Nationale du Travail(CNT), après la fermeture des magasins Artacréa SA et le licenciements de ses 180 employés. L'agitation(entre autre cette action) menée par la NEFAC au Québec aurait-elle eu des échos?

Le propriétaire, Marc Desserres, a même déclaré au médias:«Je suis un peu surpris par ces commentaires. Ça frise la malhonnêteté». Et bien, tu diras ça aux 180 travailleurs-euses que tu as licencié!!!

Gageons que la lutte en solidarité avec nos camarades français ne s'arrêtera pas là...

Pour lire l'article...

La Confédération des Syndicats du Commerce (CNT) réagit vivement à la déroute des magasins Rougier&Plé, Graphigo et Créa.

«La CNT exige de M. Marc DeSerres qu'il prenne enfin ses responsabilités. Il doit à chaque salarié qu'il a trahi un dédommagement matériel et moral en euros !», a dit au Journal le délégué syndical Eric Derennes.

En outre, la centrale syndicale a rédigé un tract impitoyable intitulé «Liquidation pendant les soldes», en référence à la période où les magasins français offrent leurs meilleurs rabais (juillet). La CNT y remercie le Québécois pour son «brillant et emblématique exemple de management».

De l’avis de la centrale syndicale, Marc DeSerres démontre «une méconnaissance des beaux-arts et des arts graphiques en France», «une incompétence en ce qui concerne la politique économique et sociale d’une entreprise» et «un mépris sournois des salariés».

La CNT ajoute que le «requin québécois» a démontré son «immense capacité de semer le trouble et de gâcher la vie des salariés». «La stratégie produit DeSerres se résume ainsi : vendre cher des articles médiocres aux clients français», ajoute-t-on.

«Je suis un peu surpris par ces commentaires. Ça frise la malhonnêteté», a réagi Marc DeSerres.

D’après la CNT, les ventes de DeSerres France ont «progressé constamment et régulièrement de 30%, de mai 2007 à juin 2008».


source

mardi, juillet 22, 2008

Nouvelles de la grève dans l'hôtellerie...

Un petit vidéo que les travailleurs-euses en lutte dans l'hôtellerie ont mis en ligne suite à leur occupation pacifique de l'hôtel Reine Élizabeth, le 18 juillet.
Solidarité avec touTes ces travailleurs-euses en grève!

Le 18 juillet au matin, un commando composé de 800 membres de 14 syndicats d'hôtels de la grande région de Montréal ont pris d'assaut le Reine-Elizabeth durant plus
d'une heure pour réclamer une intensifi cation des négociations dans tous les hôtels.
Une opération festive réussie que nous entendons bien rééditer si les pourparlers ne progressent pas de façon satisfaisante.


Crise alimentaire et émeute de la faim...

Un autre texte intéressant du groupe de gauche communiste Courant Communiste Internationaliste faisant une analyse de la crise alimentaire et des émeutes de la faim.

La crise alimentaire signe la faillite du capitalisme

Le dénominateur commun des émeutes de la faim qui ont explosé depuis ce début d'année un peu partout dans le monde est la flambée du prix des denrées alimentaires ou leur pénurie criante qui ont frappé brutalement les populations pauvres et ouvrières dans de nombreux pays. Pour donner quelques chiffres particulièrement éclairants, le prix du maïs a quadruplé depuis l’été 2007, le prix du blé a doublé depuis le début 2008 et les denrées alimentaires ont globalement augmenté de 60% en deux ans dans les pays pauvres. Signe des temps, les effets dévastateurs de la hausse de 30 à 50% des prix alimentaires au niveau mondial ont touché violemment non seulement les populations des pays pauvres mais aussi celles des pays "riches". Ainsi par exemple, aux États-Unis, première puissance économique de la planète, 28 millions d’Américains ne pourraient plus survivre sans les programmes de distribution de nourriture des municipalités et des États.

D’ores et déjà, 100 000 personnes meurent de faim chaque jour dans le monde, un enfant de moins de 10 ans meurt toutes les 5 secondes, 842 millions de personnes souffrent de malnutrition chronique aggravée, réduites à l’état d’invalides. Et dès à présent, deux des six milliards d’êtres humains de la planète (c’est-à-dire un tiers de l’humanité) se trouvent en situation de survie quotidienne du fait du prix des denrées alimentaires.

Les experts de la bourgeoisie eux-mêmes – FMI, FAO, ONU, G8, etc. – annoncent qu'un tel état de fait n'est pas passager et que, tout au contraire, il va devenir non seulement chronique mais empirer avec, à la fois, une augmentation vertigineuse du prix des denrées de première nécessité et leur raréfaction au regard des besoins de la population de la planète. Alors que les capacités productives de la planète permettraient de nourrir 12 milliards d'être humains, ce sont des millions et des millions d'entre eux qui meurent de faim du fait, justement, des propres lois du capitalisme qui est le système dominant partout dans le monde, un système de production destiné, non pas à la satisfaction des besoins humains, mais au profit, un système totalement incapable de répondre aux besoins de l'humanité.


Pour lire la suite...

samedi, juillet 19, 2008

19 juillet 1936...

2 documentaires sur le 19 juillet 1936.Un de propagande sur la Colonne Durutti(en français) et l'autre sur les premières journées de la révolution espagnole(espagnol). Aujourd'hui 19 juillet, 72 ans après, 2 documentaires pour rendre hommages à touTes ces camarades qui ont lutté-es au nom d'un monde meilleur.

Le 19 juillet 1936, profitant de la mobilisation contre le soulèvement militaire fasciste, le peuple prend spontanément le pouvoir, reléguant le gouvernement et la bourgeoisie comme de simples instruments inutiles. C'est le début de la révolution espagnole...

4 jours après que les troupes rebelles furent défaites à Barcelone, la première milice anarchiste fortes de plus de 3000 femmes et hommes, et mené par Buenavanetura Durruti, quitte la Catalogne pour libérer leurs camarades à Saragosse.



Un petit documentaire fait à partir d'images prises par l'Union du Film de la CNT du 19 au 23 juillet 1936.

Grève dans l'hôtellerie: 800 salarié-es occupent le Reine Élizabeth

Plus de 800 salarié-es d’hôtels, membres de 14 syndicats CSN en négociations coordonnées de Montréal, de Laval et de Longueuil ont fait grève quelques heures aujourd’hui. Ils se sont donné rendez-vous au Reine-Elizabeth, dont ils ont occupé le hall principal durant plus d’une heure.

Au son des percussions de la troupe Kumpa’nia, les syndiqué-es ont fait la démonstration, de façon festive et pacifique, de l’importance qu’ils accordent à ces négociations et de leur détermination à obtenir des règlements satisfaisants.

Pour le président de la Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie, « c’est un message fort que les employé-es envoient ce matin aux directions hôtelières. Nous sommes unis et solidaires pour défendre nos revendications communes, notamment la réduction de la charge de travail des préposé-es aux chambres. Les hôteliers doivent se le tenir pour dit : on ne lâchera pas tant que nous n’aurons pas des règlements satisfaisants. Nous sommes capables de multiplier les actions comme celle de ce matin. Les employeurs peuvent éviter ces perturbations et les conflits de travail. Ils n’ont qu’à s’asseoir aux tables de négociation et nous déposer des réponses sérieuses aux principaux enjeux de ces négociations ».

Pour sa part, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau réitère l’appui inconditionnel des 300 000 membres de la CSN. « L’hôtellerie est un fleuron important de l’économie montréalaise et québécoise. La réputation des hôtels repose presque entièrement sur le professionnalisme des employé-es. Il est légitime qu’ils réclament leur part de la richesse ». Elle a aussi assuré les salarié-es du Holiday Inn de Longueuil, mis en lock-out hier après-midi, que la CSN les soutiendrait : « À la CSN, la solidarité, c’est presque génétique. Si la volonté de l’employeur était d’atteindre le moral de ses employé-es, le vote sans équivoque de grève générale illimitée qu’ils ont pris ensuite démontre bien qu’ils n’entendent pas lâcher la bataille. La CSN est à leur côté ».

Votes de grève
Les huit syndicats CSN de la région de Québec consulteront leurs membres sur la proposition d’une banque de 72 heures de débrayage, jeudi prochain. On peut donc penser que de nouvelles actions de grande envergure comme celle de ce matin pourraient se tenir un peu partout au Québec au cours des prochains jours.

Les salarié-es de 41 hôtels en négociations coordonnées réclament notamment :

  • la réduction de la charge de travail des préposé-es aux chambres ;
  • un contrat de travail de trois ans, assorti d’augmentations de salaire décentes ;
  • des améliorations au régime de retraite ;
  • des mesures de conciliation famille–travail ;
  • l’élimination des recours croissants au personnel d’agences.
11 500 chambres
Au total, la Fédération du commerce CSN compte 37 500 membres, dont 6500 dans les hôtels du Québec. De ce nombre, environ 5500 font partie de la ronde de négociations coordonnées 2008, soit les membres des syndicats de 41 hôtels totalisant 11 500 chambres. La CSN compte aujourd’hui 300 000 membres dans tous les secteurs d’activité. Pour tout savoir sur les négociations coordonnées de l’hôtellerie : www.fc.csn.qc.ca/nego2008.

source

vendredi, juillet 18, 2008

Zimbabwe: Le capitalisme dans toute son horreur.


Le Zimbabwe a annoncé mercredi un nouveau record mondial d'inflation, soit un taux annuel de 2,2 millions pour cent, selon l'AFP.

Le dernier chiffre officiel communiqué pour l'inflation était de 165 000% en février, contre 1.000% en mai 2006. Les zimbabwéens, en plus de vivre une crise politique avec le dictateur Mugabe, sont plus de 80% à vivre sous le seuil de pauvreté.

Chaque jour, les prix des denrées de base augmentent de 30 à 40%. Par exemple, un pain qui était vendu dimanche 60 milliards de dollars zimbabwéens coûtait 100 milliards le lendemain.

Dans un pays de 11 millions d'habitants, dont le produit intérieur brut par habitant (revenu per capita)était de 54 U$ en 2007 (comparativement à 43 400 U$ pour le Canada) on peut comprendre la situation de crise économique qui sévit! D'ailleurs, si on fait le calcul rapidement, 1$ canadien équivaut actuellement à 18 616 284 040,82 $ zimbabwéens (18 milliards vous avez bien lu!). Le coût d'un pain qui coûtait 5$ lundi, représentait presque 10% du revenu brut(de 2007) moyen pour un zimbabwéen!

Le directeur de l'Office central des statistiques, Moffat Nyoni, affirmait par ailleurs:"(...)que le nouveau record de 2,2 millions pour cent, le plus haut du monde, était peu fiable en raison du manque de denrées, donc de données pour affiner le taux(...). Il faut par contre être un peu déconnecté pour croire qu'affiner les taux, diminuerait le ridicule d'un taux d'inflation de 2,2 millions et de la dramatique pénurie alimentaire!!
Par contre, à une échelle moins surréaliste, le FMI s'alarme de l'inflation mondiale, dont il avait prévu une hausse de 3,7% et qui est révisé à 4,1% pour l'année 2008, soit 3,4% d'augmentation pour les pays industrialisées et 9,1% pour les économies émergentes. Mais on est tout de même loin de 2,2 millions de % du Zimbabwe.

Le président Robert Mugabe, qui a été réélu fin juin pour un sixième mandat lors d'une élection boycottée par l'opposition, a appelé à augmenter la production pour contrer l'inflation.
En juin 2007, son gouvernement avait déjà tenté d'enrayer cette hyperinflation en imposant un contrôle des prix qui n'avait fait qu'aggraver les pénuries.
Six mois plus tard, la Banque centrale a introduit de nouveaux billets. En mai, elle a dû renouveler l'opération en mettant sur le marché deux nouveaux billets de 100 millions et 250 millions de dollars zimbabwéens.
Pour les pays occidentaux, qui n'ont pas reconnu la réélection le 27 juin de M. Mugabe, c'est la réforme agraire musclée de 2000 avec l'expropriation de fermiers blancs qui est responsable de cette situation, car elle a désorganisé le secteur agricole du pays, ancien grenier à céréales d'Afrique australe.

Gageons que derrière ce rideau de répression, de famine et de guerre civile potentiel, les grandes transnationales, tels que British Petroleum, Shell et Rio Tinto (qui exploite un énorme gisement de diamant à Murowa) ne sont pas étrangères à toute cette agitation. Mugabe auraient-ils pris des initiatives qui ont déplus aux capitalistes occidentaux exploitant sans merci le Zimbabwe? Quoi de plus simple alors que de foutre le bordel dans ce pays, et d'y réinstaller un pantin plus docile, que les transnationales auront préalablement choisi, et qui prendra le pouvoir soit par les armes ou soit par une élection démocratique trafiquée...Bref, l'histoire du néocolonialisme dans toute sa splendeur....


mercredi, juillet 16, 2008

Le SPVM en moyens de pression: Offre de service pour le maire Tremblay


Pour toi Makhno ;)

M. Gérald Tremblay,

Nous avons appris avec surprise que vos policiers et vos policières ont décidé de mener des moyens de pressions afin de revendiquer une nouvelle convention collective face à votre administration. Les demandes syndicales doivent, comme vous le dites souvent, tenir compte de la capacité de payer des contribuables, les employé-e-s doivent être responsables. Nous sommes sensibles à vos arguments.

Lorsque des syndiqué-e-s font des moyens de pression afin de satisfaire des revendications, votre administration et vos compères fédéraux ou provinciaux ont souvent recours aux divers services de Polices afin de maintenir l’ordre public et la sécurité de nos cher-ère-s concitoyen-ne-s. Mais que pouvez-vous faire lorsque ce sont ces protecteurs de notre sécurité qui sont en moyens de pression ? Là ils commencent par des casquettes affreuses et des pantalons dépareillés, mais qu’en sera-t-il plus tard ?

Nous comprenons votre inquiétude, nous sommes solidaires de vos craintes. Cessez de vous en faire, car nous avons la solution à vos problèmes de Policiers et de Policières. Nous vous offrons notre aide. Nous vous offrons nos services pour assurer la sécurité publique, entre autre lors de manifestations.

Nous sommes des gens professionnel et expérimentés. En effet, ayant des centaines de manifestations à notre actif, nous avons pu apprendre les diverses techniques utilisées par les policiers et les policières. Nous sommes conscients de leur droit à manifester et de leur liberté d’expression, nous ferons tous pour préserver ces droits. Il faut dire que nous avons de bons exemples à suivres.

Nous saurons quand nous devons utiliser notre matraque, quand utiliser notre poivre, nos teaser… et si besoin est… notre arme à feu ! Jamais nous ne commettrons de la brutalité injustifiés, nous serons soucieux de sévir et protéger le bien public.

Au cours de notre expérience de manifestations, nous avons pu nous familiariser avec les différentes charges judiciaires, ce qui nous sera utile pour bien repérer les différents actes criminels qui pourraient être commis par ces gens. Car il ne faut surtout pas oublier que les agent-e-s du SPVM ont déjà manifester armé-e-s dans les rues de Montréal ! Nous savons que tout attroupement de trois personnes et plus peut être illégal et que tout et n’importe quoi peut être considéré comme un méfait ! Alors nous serons intransigeant pour le respect de l’ordre public et pour la protection des citoyens.

Nous garantissons que toutes ligne de piquetage, toute manifestation et toute insubordination seront puni à l’image de ce que le SPVM nous a appris au cours des dernières années. Soyez assurés que si une manifestation présentent des signes d’hostilité ou de dangerosité, nous serons en mesure d’encercler efficacement ce rassemblement et d’écrouer les participant-e-s afin qu’ils puissent répondre devant les tribunaux de leurs gestes !

Nous vous offrons nos services, afin que la police ne police pas la police ! Nous vous offrons nos services afin que les policiers connaissent le même traitement que nous travailleurs et travailleuses, étudiants et étudiantes, immigrants et immigrantes, sans-emplois, sans-logis, etc. Nous vous offrons nos services afin que vous n’ayez pas à vous demander si la lutte policière doit être considérer au même niveau que tout autre lutte.

Enfin nous vous offrons nos services parce que nous avons un sale besoin… DE NOUS VENGER ET DE LEUR FAIRE GOÛTER CE QU’ILS NOUS SERVENT !

Merci et veuillez accepter nos salutations les moins sincères !

Nous

mardi, juillet 15, 2008

Un squat historique allemand attaqué

Hambourg, une ville de l'extrême-nord allemand, est très intéressante. J'ai pu y faire un saut à l'été 2007 dans le cadre des mobilisations contre le G8 qui se tenait, lui, près de Rostock, ville contaminée par une présence impressionnante de néo-nazis.

Contrairement aux autres villes allemandes du nord et de l'est, Hambourg est une ville que l'on peut qualifier de progressiste, un peu à l'image de Berlin. Ce qu'il reste des deux Allemagne ne sont plus des ruines physiques, mais un fossé social et culturel qui persiste. Il n'y a vraiment aucune similitude entre Hambourg et Rostock par exemple (au niveau architectural c'est saisissant), pourtant séparées de moins de 100 km...

Les anarchistes de longue date connaîtront sûrement certains épisodes des « années squats » en Allemagne de l'Ouest, années alors marquées par le développement du courant « autonome » à la fin des années 70. Ce courant naît de l'opposition de la jeunesse allemande des années 60' face à l'État social-démocrate. En effet, les membres du gouvernement et à plus large échelle les administrateurs de la RFA ont pour plusieurs exercés des fonctions durant la période nazie. L'État fédéral est vu comme une transformation de la société fasciste, incarnée également par la présence de l'OTAN et des soldats américains sur le sol allemand. La RFA était par ailleurs le QG de l'armée US pour l'organisation des bombardements au Viêt-Nam. La jeunesse allemande concentrée dans les universités se révolte non pas contre un gouvernement, mais contre l'ensemble de la société allemande : État, famille, travail, armée...Le contexte de radicalisation est énorme, ce qui entraînera l'apparition suite au mouvement étudiant de 1968 de différents groupes de lutte armée, dont le plus connu demeure la Rote Armee Fraktion (RAF), qui agira de 1972 à la fin des années 90. Le mouvement autonome naît de ces conditions, et Hambourg en est une place forte.

Quand on marche dans les rues du centre de la ville, tout proche du quartier Sankt-Pauli, que les fans de soccer reconnaîtront (http://fr.wikipedia.org/wiki/FC_Sankt_Pauli), on peut y sentir cet esprit insoumis, de par ce qu'il y a de moins inusité, tels les murs d'affiches et de graffitis, mais aussi par ce qui est de plus surprenant, telle cette boutique de l'activiste anarchiste 101 : masques à gaz, gants, sacs à dos, chandails à capuches, tout est là, et en plus présenté sur des mannequins. Une sorte de Zellers autonome, en quelque sorte.

Mais c'est dans le quartier Schanzenviertel que l'on retrouve les squats. Il y avait ces appartements, assez modestes, qui communiquaient tous entre eux. Il s'agissait d'une sorte de réseau de maisons, séparées d'une petite ruelle. Ces logements étaient habités depuis le début des années 80 par des personnes à faibles revenus, parmi lesquelles beaucoup d'immigrantEs et de réfugiéEs. La ville tolérait plus ou moins, finissant par stabiliser la situation en demandant un versement symbolique de quelques euros à chaque mois afin d'assurer la distribution du gaz. Ce qui était fascinant fut de constater le niveau d'organisation et d'entraide de ces gens pour qui cela était devenu une habitude.

Et, au centre de tout cela, le Rote Flora (La Fleur Rouge: http://fr.wikipedia.org/wiki/Rote_Flora), un ancien théâtre squatté depuis 1989. Il s'agit dorénavant d'un énorme centre social où s'y déroule réunions, concerts, projections, fêtes et assemblées de quartier, etc. Il ne s'agit plus d'un lieu d'habitation. Le Rote Flora est un lieu connu à Hambourg. Pour l'anecdote, ne parlant pas un mot d'allemand et ne connaissant strictement rien à la ville, j'ai montré le bout de papier avec l'inscription du squat à une passante tout ce qu'il y a de plus « normale », c'est à dire qu'elle ne me semblait pas du tout issue de la mouvance contre-culturelle-squat-anarcho-punk-oï-oï. Sa réponse : « Aaaaah ! Rote Flora ? ». Et suivirent les indications, le tout dans la bonne humeur plutôt que le dédain. Ainsi, cette fleur rouge a poussé dans le quartier et a vraisemblablement fait des bouquets. Il faut dire qu'il ne s'agit pas d'un lieu fermé sur lui-même, comme le sont bon nombre de squats politiques. Au contraire, on pouvait y constater une diversité dans la composition des troupes, même si évidemment le côté pirate finit toujours par l'emporter...

Et bien voilà que le 7 juillet, le Rote Flora s'est fait attaquer par la Polizei. Les petits hommes verts n'aiment apparemment pas la prolifération d'activités dans et autour du centre. Il est à noter que ce cas semble faire parti d'une offensive européenne à l'encontre de tous les squats du Vieux-Continent, et notamment les « historiques », situés à Copenhague, Berlin, ou encore Barcelone. Malgré toutes les critiques que l'on peut faire au mouvement squat, notamment politiques, il faut faire une différence entre mouvement et squat. Si le mouvement est dans son ensemble sujet à controverse, le squat, lui, est une stratégie légitime que nous devons appuyer.

Solidarité avec le Rote Flora !

Plus d'infos là : http://www.squat.net/fr/news/hambourg150708.html

Des nouvelles de la grève dans l'hôtellerie.

Nos camarades de la Nuit ont publié, hier sur leur blogue, un résumé de la situation des grèves de l'hôtellerie. Même si les médias en parlent de moins de moins, il ne faut oublier que des milliers de travailleurs-euses sont actuellement en lutte contre le patronnat.

Aujourd'hui, les 280 syndiquéEs CSN de l'un des plus gros hôtels de la métropole, le Regency–Hyatt (605 chambres), ont votés à 96% la grève générale illimitée. Avant d'en arriver là, les syndiquéEs avaient fait l'équivalent de 4 jours de grève. Les négociations piétinent toujours dans les hôtels, surtout à Montréal et Québec, et les salariéEs commencent à perdre patience. Est-ce qu'on se dirige vers un bras de fer en hôtellerie?

Pluie de mandats de grève

Pour l'instant, le syndicat du Regency-Hyatt est le seul à avoir un mandat de grève générale en poche. Toutefois, 12 syndicats CSN ont obtenus dans les derniers jours des mandats de grève de 72 heures. Dans tous les cas, les mandats ont été obtenus à plus de 90%, c'est dire la détermination des syndiquéEs. La CSN n'a pas l'intention d'avertir avant de frapper, le but étant de prendre les hôtels de court pour augmenter la cadence des négociations.

Pour l'instant, la majorité des mandats de grève sont à Montréal mais les autres régions ne sont pas en reste. En Estrie, trois syndicats (sur 4) ont déjà des mandats de grève de 72 heures. À Québec, où huit hôtels sont touchés, il n'y a pas encore de mandat. Toutefois, des assemblées sont déjà prévues et les syndiquéEs obtiendront le droit de grève légale dès le 1er août.

Revendications

Cette année, 41 syndicats CSN, représentant 5500 syndiquéEs, ont décidés de coordonner leurs négociations. Une plateforme nationale les unis tous. Les principales revendications de l'actuelle négociation sont:
    • la réduction de la charge de travail des préposé-es aux chambres ;
    • un contrat de travail de trois ans, assorti d’augmentations de salaire décentes ;
    • l’améliorations au régime de retraite ;
    • des mesures de conciliation famille–travail ;
    • l’élimination des recours croissants au personnel d’agences.

lundi, juillet 14, 2008

Émeutes, grèves et lutte de classe en Chine...



Récemment différentes sources nous ont rapporté de nombreuses émeutes en Chine démontrant un niveau de violence sociale face à l'état chinois de plus en plus soutenu. L'augmentation des nouvelles et des vidéos en provenance de la Chine exhibent bien la rage de la population face à leur gouvernement totalitaire.

Selon le ministre de la Sécurité publique, Zhou Yongkang, 87000 émeutes avaient eu lieu en 2004, soit deux fois plus qu'en 2002. Li Shuguang, professeur à l'université chinoise des sciences politiques et juridiques, fait état de 30 millions de doléances et plaintes présentées par la population aux autorités centrales (source) .

Certains groupes répondront qu'il n'y pas eu assez de révolutions culturelles, ou que la bureaucratie a stoppée la révolution. Mais, il suffit de regarder l'évolution de la Chine depuis la révolution de Mao, pour constater que cette révolution était vouée dès le départ à la dégénérescence bureaucratique, au totalitarisme et à la répression sanglante. Bon, ces groupes ont oublié la Chine depuis un certain temps, mais il y'a pas si longtemps c'était le sentier lumineux au Pérou, dont on entend plus parler et la c'est le Népal! À quand les premières exécutions et les premiers massacres de travailleurs par le parti?

On a qu'à regarder le nombre de travailleurs qui meurent par année pour se rendre compte du mépris du parti face au peuple chinois. Par exemple, des statistiques démontrent que les mines chinoises son tles plus dangereuses du monde, soit officiellement 6000 morts par an, et possiblement plus de 20 000 selon des sources indépendantes. Soit 45 fois plus que celles d’Afrique du Sud, et cent fois plus que celles des États-Unis. Presque chaque jour, des protestations, des grèves ouvrières ou des agitations paysannes d’ampleur plus ou moins grande, se produisent en Chine. Ween Tiejun, un spécialiste des questions sociales, les évalue à 60 000 par an.(source).

Voici donc quelques exemples qui démontrent bien à l'approche des Jeux Olympiques, que la lutte-des-classes en Chine est omniprésente...et la liste pourrait être beaucoup plus longue!!!

28 juin: Des émeutes ont éclaté samedi dans le sud-ouest de la Chine : des villageois ont incendié des bâtiments gouvernementaux pour protester contre la conduite d'une enquête sur la mort d'une adolescente. La police affirme que la jeune fille s'est suicidée alors que sa famille soutient qu'elle a été violée et assassinée par le fils d'un notable local. L'organisation de défense des droits de l'homme a fait état d'un mort et de 150 blessés(...)Quelque 30 000 personnes avaient manifesté. La police a identifié 355 personnes présente sur place, et a décidé d'en placer une centaine en "détention criminelle"(source)(source)

26 juin: La mort d'un lycéen chinois poignardé par un camarade a provoqué de violentes émeutes impliquant des milliers de personnes, a-t-on indiqué lundi de source officielle et auprès d'un groupe de défense des droits de l'homme. Les incidents se sont produits jeudi dernier dans une ville de la vaste municipalité de Chongqing (sud-ouest), après l'arrestation supposée des parents du jeune décédé(...)Quelque 10.000 personnes en colère ont marché vers le siège du gouvernement de Youyang après avoir appris l'interpellation par la police des parents qui reprochaient à la direction de l'établissement d'avoir tardé à transporter leur fils à l'hôpital. Les affrontements avec les forces de l'ordre ont duré plusieurs heures, les plus violents des manifestants s'en prenant aux véhicules de police et à des magasins. (source)

3 avril: Des émeutes ont éclaté jeudi soir dans une région de la province du Sichuan, à fort peuplement tibétain, où un représentant des autorités a été grièvement blessé, rapporte vendredi 4 avril l'agence Chine nouvelle(...)un site officiel tibétain a rapporté que plus de 800 personnes impliquées dans les violences de Lhassa avaient été arrêtées et que 280 s'étaient rendues.(source).

juin 2007: Des centaines d’étudiants ont affronté les forces de l’ordre, dans la nuit de mercredi à jeudi, à Zhengzhou (centre), à la suite de brutalités commises par des policiers à l’encontre d’une étudiante, apprend-on auprès de la police et d’un organisme de défense des droits de l’homme.(source)

juin 2007: Le point de départ de l'incident est l'intervention de la police pour protéger un garde municipal de la ville de Tianjin qui avait battu une étudiante vendant des objets dans la rue pour gagner de l'argent de poche. Très vite, la voiture de police s'est retrouvée encerclée par des centaines d'étudiants criant "sortez-le, sortez-le", en parlant du garde municipal emmené par les policiers pour sa sécurité. En fin de compte, la voiture de police a été enflammée et les incidents ont duré une bonne partie de la nuit.(source)

mars 2007: 20000 personnes affrontent 1000 policiers dans la province de Hunan après qu'une hausse du prix du transport en commun fut annoncée.(source)

septembre 2006: Dans la ville de Ruian, des milliers de personnes ont manifesté violemment, les 7 et 8 septembre, après le « suicide » d’une enseignante. Elles estiment que la police a été achetée pour couvrir un meurtre. Les manifestations auraient rassemblé, jeudi 7 et vendredi 8 septembre, plus de 10 000 personnes et conduit à de violentes altercations avec la police militaire devant le siège du gouvernement municipal.(source)

septembre 2006: Les petits jouets en plastique offerts aux enfants par McDonald’s dans ses menus « Happy Meal » amusent les enfants qui les reçoivent, mais pas les ouvriers chinois qui les produisent.Un millier d’ouvriers ont déclenché samedi un soulèvement dans l’usine Hengli. Les protestations ont commencé dans les dortoirs des employés, avant de dégénérer en une véritable émeute, qui a duré toute la nuit. L’intervention d’une centaine de membres des forces de l’ordre, dont des policiers anti-émeute, a été nécessaire pour ramener l’ordre. De nombreuses personnes ont été blessées et une dizaine arrêtées.(source)
Selon le ministre de la Sécurité publique, Zhou Yongkang, 87000 émeutes avaient eu lieu en 2004, soit deux fois plus qu'en 2002. Li Shuguang, professeur à l'université chinoise des sciences politiques et juridiques, fait état de 30 millions de doléances et plaintes présentées par la population aux autorités centrales (source).

Un lundi matin en hip hop...

Un petit vidéo, pour entamer votre production hebdomadaire de plus-value...
Rocking' Squat a fondé dans les années 80 avec Solo et DJ Clyde, le groupe hip hop bien connu Assassin. En 2002, il entame sa carrière solo sous le nom de Rocking' Squat. Un artiste engagé, avec des textes dénonciateurs et une critique sociale qui vaut la peine d'être entendu. Bref, la suite logique d'Assassin.

Voici un petit vidéo tiré de l'album "Libre vs Démocratie Fasciste" (2004). C'est un montage non officiel, mais qui donne tout de même un bon aperçu de Rocking' Squat...

samedi, juillet 12, 2008

Un petit souvenir

Y'a des fois, comme ça, où y'a pas grand chose d'autre à rajouter. De hier à aujourd'hui, les mêmes mots s'appliquent...

Grève dans l'hôtellerie...

Les camarades de la Nuit de Québec ont ajouté ce vidéo sur leur blogue qui explique bien les enjeux de la grève dans l'hôtellerie. (source)
Pour plus d'infos sur la lutte syndicale en cours: Ici.

Un lecteur nous a envoyé la vidéo suivante expliquant l'un des enjeux clefs des négociations actuelles dans l'hôtellerie. Notons que les syndicats CSN de Québec auront légalement le droit de grève le premier août. N'hésitez jamais à partager vos infos...

Une chambre en moins, c'est majeur

Myriam Romero est coordinatrice de la gouvernance à l'hôtel Regency Hyatt à Montréal. Elle a été préposée aux chambres pendant 16 ans et elle nous parle de l'importance de réduire la charge de travail des préposées, une des revendications majeures des syndicats CSN de l'hôtellerie.

Un gros bourg québécois licencie des travailleurs en France.


Nos camarades de la CNT viennent de nous contacter au sujet des agissements d'un requin bien de chez-nous: M. Marc DeSerres.Brièvement, le propriétaire d'Omer DeSerres s'est porté acquéreur d'une compagnie française, Artacréa SA, pour se faire un pied-à-terre dans les vieux pays. Or, le monsieur a annoncé le 2 juillet dernier aux membres du Comité d'entreprise qu'il n'injecterait pas une cenne dans la trésorerie de l'entreprise. Concrètement, comme l'été est la période creuse, ça signifie le licenciement d'environ 180 salariés (sans compter les effets en cascade sur les fournisseurs).

(...)Leur notoriété a explosé au moment où le virage grand public a
été amorcé pour passer du matériel d'artiste, destiné à 10 %
de la population, à celui de matériel artistique, qui en rejoint
plutôt 50 %. En démocratisant le matériel artistique et en ciblant
de nouveaux créneaux de marchés, tels que celui des enfants et
des passe-temps comme le scrapbooking et les bars à perles, les
magasins DeSerres sont résolument orientés sur l'expérience client(...)

Démocratiser le matériel, mais pas la gestion patronnal, à ce que je comprends. Selon la grosse Presse, au moment de l'acquisition :
"Artacréa, qui exploite trois bannières - Rougier & Plé, Créa et Graphigro, employait 175 personnes dans sept magasins à Paris et six autres en province."
Et voilà que ce gros bourg ferme les 13 boutiques françaises et licencie 180 employés, afin d'ouvrir ses bannières en France. Foutre des travailleur-euses à la rue afin d'imposer son marché, c'est le néolibéralisme dans toute sa splendeur.

Et toujours selon leur communiqué:

"(...)En plus d'être un détaillant d'envergure internationale, Desseres est une source de fierté pour toute notre communauté(...)"

Les 180 licencié-es n'ont peut être pas compris qu'ils devaient être fières de perdre leur emploi?

La CNT exige que M. DeSerres verse à chaque salarié licencié une
indemnité de dédommagement matériel et moral. Elle nous demande aussi
de diffuser l'information au Québec.

Voici le contenu du tract de la CNT parisienne:

« Liquidation » pendant les soldes !

La direction de DeSerres France (ex-Artacréa SA) a annoncé mercredi 2 juillet 2008 aux membres du Comité d’entreprise que la trésorerie de l’entreprise était exsangue, et, qu’avant la fin de la semaine, l’état de cessation de paiement serait déclaré près du greffe du Tribunal de commerce de Paris par l’avocat du P-DG. Aujourd’hui, c’est chose faite.

La situation était officiellement devenue très délicate depuis l’annonce faite par M. Marc DeSerres, P-DG du groupe DeSerres, et son avocat, lors du conseil d’administration du 11 juin dernier de sa décision de ne plus injecter d’argent frais dans la trésorerie de sa filiale française, la privant ainsi du fonds de roulement absolument nécessaire pour passer l’été, la période traditionnelle de faible activité commerciale.

La CNT tient avant tout à remercier M. Marc DeSerres pour le brillant et emblématique exemple de management (ce qui signifie manœuvrer, manipuler, ndlr) qu’il vient de donner aux salariés français. La CNT alerte des conséquences dramatiques de cette décision : quelque 180 emplois sont en voie d’être supprimés et autant de familles de se trouver dans la détresse.

M. Marc DeSerres est un homme bourré de ressources. Il a même entraîné dans la catastrophe (sans l’en avertir, c’est plus drôle) le groupe Dalbe à la tête duquel opère son « ami » de vingt ans, M. André Jamet. Nous n’oublions pas tous les fournisseurs (leurs salariés surtout), à commencer par Pébéo, qui risquent de souffrir de cette décision coupable.

Patron exemplaire en France mais aussi au Canada.

Courant juin, DeSerres Inc. a procédé à la fermeture de son entrepôt et a licencié une partie des salariés de son tout nouveau siège social. Bilan : 25 à 30 victimes. Bravo l’artiste ! L’ennui, c’est que cette réalité fait désordre l’année du centenaire de l’entreprise québécoise, un anniversaire à la fois célébré par une concurrence faussement admirative, des autorités politiques obséquieuses à souhait, et des médias vraiment collaborateurs. Vive le Québec… libéral et capitaliste !

La CNT a une pensée émue pour tous ceux qui ont loué ostensiblement le grand homme d’avoir acheté la société Artacréa SA en mai 2007, ou encore sont allés le remercier personnellement. Émouvant ?… non : pathétique !
« Ah, avec Marc, c’est différent. C’est son argent qu’il met dans l’entreprise. Il sait ce qu’il fait. Il connaît les produits. C’est un pro. C’est un commerçant… Schlurps ! »
M. DeSerres est-il si différent d’Apax Partners, le fond d’investissement anglo-saxon de sinistre mémoire qui finançait Artacréa voilà trois ans ? Pas sûr. Les deux se signalent par une âpreté au gain et une obsession du profit rapide ; une même méconnaissance des marchés des beaux-arts et des arts graphiques en France ; une incompétence identique en ce qui concerne la politique économique et sociale d’une entreprise ; ils partagent un mépris sournois des salariés ; ils révèlent une similitude vulgaire dans l’approche globale des problématiques culturelles.

Ajoutons pour terminer quelques éléments de réflexion notamment à destination des étudiants de la prestigieuse chaire de commerce Omer DeSerres à HEC Montréal. Intitulé du cours : "Le mégalomane canadien et les conséquences françaises" :
Marc DeSerres : « Je pense que la France on a une opportunité extraordinaire. »
Une opportunité qu’a en effet saisie M. DeSerres pour démontrer son immense capacité de semer le trouble et de gâcher la vie des salariés.

MD : « Notre première stratégie est d’avoir une gamme de produits intéressante. »
Si des centaines de références de scrapbooking qui se vendent moyennement ont envahi les rayons, des fac-similés de piètre qualité (fabriqués dans des conditions de travail inacceptables dans des pays émergents par des entreprises peu soucieuses des normes environnementales) alimentent nos familles de produits les plus demandés et sur lesquelles nous réalisons plus de 70% de notre chiffre d’affaires (beaux-arts, arts graphiques, librairie). La stratégie produit DeSerres se résume ainsi : vendre cher des articles médiocres aux clients français.

MD : « On va rénover les magasins, mettre de l’informatique à jour. »

Venez visiter les magasins, et notamment GGO Damrémont, GGO Voltaire, R&P Nanterre : fuites d’eau, postes informatiques obsolètes, etc. Vous vérifierez l’adage syndicaliste : quand DeSerres promet, DeSerres ment.

MD : « Je crois fermement qu’on pourrait doubler le commerce d’ici 4/5 ans. »

Après 13 mois d’un redressement remarquable, le très visionnaire Marc DeSerres nous lâche sans plus d’explications. La fermeté n’est plus ce qu’elle était.

MD : « Mais je pense qu’il y a de la croissance possible. »

Les salariés aussi qui l’ont amplement démontré en permettant de redresser progressivement le chiffre d’affaires, la fréquentation et le panier moyen dans les magasins. Le problème vient du paradoxe DeSerres : je ne fais pas ce que je pense et je ne pense pas ce que je dis.

MD : « [2008] ça va être une année de consolidation et de rentabiliser la France. »
Nous ne le saurons jamais car M. DeSerres, dans son omnipotence de patron, a décidé que l’année 2008 s’arrêtait le 11 juin.

(Les affaires TV, émission « Les entrevues PME », entretien Denis Lalonde, 20 février 2008)

Marc DeSerres : « [Nous] n'achetons pas toujours des entreprises en bonne santé. Nous nous procurons avant tout des parts de marché. »
Rappelons avec profit la « philosophie » de l’ancien patron de TF1 pour notre jeu « les curieuses similitudes des exploiteurs » :
"Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible [...].

Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise." (Patrick Le Lay, alors P-DG de TF1 dans Les dirigeants face au changement, Paris, Ed. du Huitième jour, 2004)
MD : « Il y avait beaucoup de problèmes au sein de cette chaîne, précise-t-il. Les dirigeants ont déposé leur bilan et effectué une restructuration. L'actionnaire de l'époque, un groupe financier, a refusé d'injecter de l'argent neuf dans la société. Les dépenses et le repositionnement ont été revus en bonne partie, mais le travail n'était pas terminé. En janvier 2007, leurs affaires étaient plus en ordre. »

M. DeSerres, c’est l’hôpital qui se moque de la charité. Il vient lui-même de refuser d’injecter de l’argent dans ladite société. Un salarié nous souffle : « Tous patrons, tous pareil, tous pourris ! » (cette sentence demanderait une analyse) M. DeSerres reconnaît implicitement que sa politique a détérioré nos « affaires qui étaient plus en ordre » depuis son rachat d’Artacréa SA en mai 2007 juqu’au dépôt de bilan de juillet 2008.

MD : « Nous travaillons à notre circulaire pour la rentrée scolaire 2008 et 75 % des produits offerts des deux côtés de l'Atlantique seront les mêmes. »

La CNT plaint les travailleurs canadiens et les invite prestement à vérifier que M. Marc DeSerres n’est pas en train de liquider DeSerres Inc. en douce.

MD : « Il faudra investir des montants supérieurs [aux millions déboursés pour Artacréa]. Nous devrons emprunter, rénover, investir dans l'inventaire et changer le système informatique. »

Poisson d’avril ou aliénation mentale ?

MD : « Je suis peut-être de la vieille école, mais je crois que le magasinage est à la mode, répond Marc DeSerres. Les gens aiment passer 45 minutes dans un magasin. Le client Internet, c’est un autre animal. Notre clientèle aime se promener, découvrir, toucher. Nous sommes le contrepoids de l’informatique. Les gens aiment le fait que nous n’ayons pas d’écrans cathodiques. »
À défaut d’une chaire de commerce, c’est une chaire de zoologie que M. Marc DeSerres devrait financer, voire une chaire d’anthropologie néodarwiniste. Le client est un « animal ». Les clients qui nous font vivre apprécieront. « Le client », « les gens » ; cette sémantique patronale choisie concourt à l’impersonnalisation et à la subjectivation des rapports socio-économiques, à leur traitement purement marketing et comptable. Comme P. Le Lay, M. DeSerres surfe sur la mode aussi navrante soit elle : le tourisme marchand (« magasinage »). Pour M. DeSerres, les clients seraient apparemment des badauds décérébrés, des consommateurs de marchandises uniquement mus par des sensations et des affects archaïques que le marchand assouvirait contre argent. Pour la CNT : DeSerres-Le Lay, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

(Les Affaires, « La toile française de Marc DeSerres », 1er avril 2008)

La CNT exige que
M. DeSerres verse à chaque salarié licencié
une indemnité de dédommagement matériel et moral

Paris, le 7 juillet 2008

Pour télécharger le tract de la CNT: Ici

Pour terminer, voici un petit vidéo afin de voir et entendre Marc Desseres, le proprio, parler de ses ambitions internationales. Étrange, à travers tout ce beau discours et ce charabia financier de plan de redressement, jamais il ne parle de licenciements...Comme quoi de la PME à la grande multinationale, un capitaliste demeurera toujours un capitaliste et seule la lutte-des-classes pourra un jour nous débarrasser de toute cette pourriture vivant du labeur des autres.

Solidarité avec touTes les travailleur-euses licencié-es et avec nos camarades de la CNT!

vendredi, juillet 11, 2008

Dico anticapitaliste : Qu’est-ce que les classes sociales ?


Nos camarades d'Alternative Libertaire, définissent chaque mois dans leur mensuel, un concept du mouvement libertaire. Ce mois-ci c'est le concept de classes sociales qui est défini. Un court texte qui résume bien la tangente néolibérale actuelle...

Les classes sociales n’existent pas, suggérait Pierre Bourdieu en 1996 dans Raisons pratiques. Ce qui existe, c’est un espace social, un espace de différences, dans lequel les classes existent en quelque sorte à l’état virtuel, en pointillé […] comme quelque chose qu’il s’agit de faire. » C’est une façon de dire que la notion de classe sociale est pertinente si on la comprend comme la conjonction de deux phénomènes : la classe-statut et la classe-identité, pour reprendre la terminologie employée par l’économiste marxiste Robert Fossaert.

La classe-statut est fondée sur des critères objectifs et désigne un groupe humain partageant les mêmes conditions sociales, la même place dans le mode de production, qu’il soit capitaliste, féodal, etc. Ce statut commun aux membres d’une classe sociale pèse sur leur vie quotidienne, structure une même perception du monde, une convergence des comportements. Les frontières entre les classes sont donc tracées par les rapports d’exploitation et les rapports de domination. En cela, les classes sociales sont les stigmates de l’exercice du pouvoir d’une minorité sur le reste de la société.

Cependant, une classe sociale n’existe pas sans une identité collective, sans que ce groupe humain ne se forge sa propre image de lui-même en tant qu’acteur de la société. Il faut pour cela effectuer « un travail collectif de construction inséparablement théorique et pratique » (toujours dans les Raisons pratiques de Bourdieu). Cette construction culturelle nécessite, pour se réaliser, que se développent des organisations sociales et/ou politiques qui permettent de dessiner une classe-identité.

La conscience de classe, notion autant politique que culturelle, c’est ce sentiment partagé d’appartenir au même monde, par opposition aux membres des autres classes sociales et par référence à une situation matérielle objective.

Si la perception des classes s’est brouillée ces trente dernières années, ce n’est pas parce que les frontières entre les classes sont plus floues qu’avant. C’est parce qu’en liquidant les bastions ouvriers, en cassant les collectifs de travail par la multiplication des sous-traitances, mais aussi à coup d’offensives idéologiques dans les médias, la classe capitaliste s’est attachée à affaiblir la conscience de classe. C’est aussi parce que les organisations du prolétariat, confédérations syndicales en tête, ont nettement reculé dans leur volonté de confrontation avec le patronat.

La lutte de classes? C'est vivre dans le passé?


Ils sont trop nombreux à nous dire que la lutte de classes n’existe plus. Trop nombreux à mettre marx et l’ensemble des penseurs lutte-de-classistes aux oubliettes. Trop nombreux à oser prétendre que nous sommes déconnecté de la réalité. Ils sont à droite, bien souvent, et malheureusement à gauche parfois.

Peut-être ont-ils raisons ces individus ? Peut-être qu’effectivement la lutte de classe est périmée ? Peut-être que nous devons raffiner le discours, passer à autre chose. Marx et Bakounine écrivaient au XIXe siècle, Makhno au début du XXe. Nous ! Nous sommes au XXIe ! L’ère de l’information et de la technologie ! La lutte de classe… bof !

Alors… j’ouvre mon ordinateur… je navigue sur l’autoroute de l’information… je cherche à évoluer. Je cherche à passer à autre chose… à me moderniser ou bien à me post-moderniser ! Allons… naviguons !

Les gros titres !

- Aleris: une fermeture dès ce soir?

Ça sa raconte l’histoire d’une gang de syndiqué-e-s de Trois-Rivières qui refusent de diminuer leur salaire pis de vivre dans l’insécurité. On leur demande de baisser leur salaire, pis on leur donne aucune garantie sur l’avenir de leur usine! Ils sont en lock out!

- Les votes de grève se poursuivent dans les hôtels

L’histoire d’une autre gang de syndiqués qui ont décidé de déclencher des mouvements de contestations afin d’obtenir des avantages de la part de leur patron, souvent des multinationales qui baignent dans les profits énormes.

- Ultime séance de conciliation

L’histoire des employé-e-s syndiqué-e-s de la compagnie Scepter à Chicoutimi en grève depuis 6 mois et qui continue de rejeter les offres patronales. Ils désirent tenter la conciliation avec leur employeur, l’ultime chance selon certains.

- DJL: le conflit a failli dégénérer

Ça c’est le récit d’un autre groupe de travailleur-euse-s dans la région de Sherbrooke qui sont en grève depuis deux semaines. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le patron a tenté de faire déménager ses équipements vers un autre usine, les employé-e-s ont du se rendre tard en soirée afin d’empêcher le démantèlement de l’usine.

- Les esprits s'échauffent

Des syndiqué-e-s de Beaulieu Canada de Acton Vale qui s’amusent avec leur boss à «Tu passeras pas». Ils empêchent le boss de quitter la job le soir en bloquant son char! Y en a qui auraient même décidé de dégonfler les pneus des autos de cadres ou bien de les décorer avec des collants! Les boss, ont recours à la police pour les dépanner!

Voilà ce que je trouve, aujourd’hui sur les pages d’accueil de certains sites de médias. En l’espace de 15 minutes, on se rend compte que le Québec est toujours un lieu de lutte de classes. Que celle-ci, loin de s’estomper, s’amplifie et se radicalise. Les travailleurs et travailleuses hésitent de moins en moins à refuser les ultimatums à la con de leur patron. Les syndiqué-e-s cessent de se laisser intimider par les menaces de fermeture. Ils et elles sont fièr-e-s de lutter, ils et elles sont fièr-e-s de vivre debout!

«Tantôt, quand je vais me présenter devant mes enfants, c'est un gagnant qu'ils vont avoir en avant d'eux. Quelqu'un qui s'est tenu debout face à un employeur qui veut rien savoir de nous autres.» Déclare Louis Verrette travailleurs de chez Aleris.

D’autres grèves, d’autres lockout et d’autres actions ont lieu partout autour de nous. Ces travailleurs et travailleuses ne sont pas seul-e-s dans leur lutte, parce que leur lutte… c’est notre lutte. C’est la lutte de classes! Leur victoire c’est une victoire pour l’ensemble de la classe, chaque gain en entraîne un autre ailleurs!

Bonne chance aux employé-e-s de Aleris, aux syndiqué-e-s des différents hotêls, aux grévistes de Scepter, DJL et Beaulieu Canada!!!

Des questions?

jeudi, juillet 10, 2008

FARC et attrapes


Bon, d'accord. Les FARC sont une armée comme une autre. Il y a le Grand Chef wanabee Che, et les apparitchiks de la jungle qui cherchent à recréer un Komintern en faisant Bogotà un Moscou sud-américain, et les guérilleros et guérilleras qui avaient le choix entre une rafale d'AK-47 ou se joindre au mouvement. Il y a le trafic de coke et les comptes bancaires aux îles Caïmans. Il y a aussi les bombes à bombones de gaz qui ont tués des civils par centaines. Même Pablo Escobar, dans sa ville de Medellin, était plus populaire chez les pauvres que les FARC. Alors oui, en exprimant un point de vue tout ce qu'il y a de plus anarchiste, on ne peut que vomir le projet et les pratiques des FARC.

Mais voilà, je ne sais pas vous, mais j'en ai plus qu'assez d'être témoint de l'adoration planétaire qui sévit actuellement envers, vous l'aurez deviné...Ingrid ! Depuis sa libération, ou tout du moins quelques temps auparavant, nous avons assisté à une espèce de mise en place d'un culte humaniste à saveur catho de celle qui ne fut finalement qu'une otage parmi tant d'autres. La presse et le pouvoir nous bascinent avec cette femme quasi-irréprochable, future Mère Térésa de la politique populiste, et à qui on cherche l'incarnation du conflit colombien.

C'est comme si avec la libération de Bétancourt se manifestait à la face du monde la problématique colombienne : il y a ceux et celles qui sont détenus, et ceux qui détiennent. Il y a les terroristes qui sont dans la jungle, et le gouvernement élu qui est en ville. Il y a les méchants aux longs coûteaux, et les gentils aux longs discours, ceux qui tuent et ceux qui sauvent. Reflet abrutissant de l'innarêtable logique de la guerre au terrorisme.

Ingrid, avant d'être Ingrid otage, est Ingrid tout court. Elle serait resté dans le commun des mortels si elle n'avait pas tenté sa chance en politique. Il faut cependant dire que le commun des mortels colombiens, quand il tente sa chance dans le champs politique, il n'a pas trop le choix. En fait, c'est plutôt difficile pour des pauvres et des paysans de se faire entendre dans le pays le plus réactionnaire d'Amérique du Sud. Pour y parvenir, faut-il déjà partir de haut...comme l'a fait Ingrid, fille de (très) bonne famille. Éduquée par un diplomarde, envoyée à Paris dans le très sélect Institut d'Études Politiques, ayant eu Dominique de Villepin (ancien premier ministre français) comme professeur, mariée à un bourgeois...il y a du cash sur la table ! Fervente catholique, elle invoque Dieu à toutes les sauces, se faisant même aider par les supers gauchistes du Vatican lors des démarches entreprises pour sa libération.

Bon, n'allons pas jusqu'à dire que sa mort dans la jungle n'aurait été qu'une anecdote circonstancielle. C'est quand même cool pour elle qu'elle ne soit pas fait buter par des paramilitaires, ou bien par les troupes colombiennes elles-mêmes. Faut-il encore préciser que pour les gens dont elle se targue d'être proche, la réalité est toute autre ? À sa libération, pas un mot sur les assassinats des communautés rurales et autochtones par les paramilitaires engagés bien souvent par le gouvernement lui-même. Pas un mot sur les exécutions de leaders syndicaux à Bogotà même. Rien, niet, que nenni sur les multiples cas de répression sanglante des mouvements sociaux colombiens par le même Uribe, celui qu'elle se plaît à féliciter, de même que le très progressiste Nicolas Sarkozy.

Il y a quand même anguille sous roche quand on se fait aider par le président le plus à droite du continent sud-américain, un des présidents les plus à droite du continent européen, la puissance impérialiste #1 à l'échelle du globe, une des institutions religieuses la plus réactionnaire, et aussi un État colonisateur et génocidaire (Israël, qui s'est mis à disposition de la Colombie en offrant du soutien technique en vue de l'opération qui a permis la libération de Bétancourt).

La réalité colombienne n'est pas la réalité d'Ingrid. Ce qu'on cherche à nous faire penser sur cette affaire est ni plus ni moins une tentative de servir les intérêts réactionnaires de la bourgeoisie locale, aidée en celà par l'impérialisme qui garde toujours un oeil grand ouvert sur ses voisins du sud. Il s'agit toujours et encore d'une société de classes où une majorité écrasante de la population est tiraillée entre un État policier et des factions armées qui se gagnent du pouvoir au bout du fusil. Et entre celà, il existe des mouvements sociaux et des communautés en lutte, rejettant aussi bien Uribe que les FARC. Voilà les vrais otages de la Colombie, ces millions de prolétaires et de paysans anonymes.

Rendons pour l'occasion encore hommage à l'anarchiste Nicolas Neira, exécuté par la police de Uribe lors du 1er mai 2005. Nous savons toujours que nous n'aurons jamais la même mémoire que les tyrans.

Aussi, il est à noter qu'il est surprenant de ne pas entendre, mais alors pas un mot, des 3 otages étasuniens libérés lors de la même mission. Pourtant, qui serait étonné de zapper sur CNN et de tomber sur des cérémonies patriotiques de haute voltige ? C'est pourtant une tradition américaine que d'exalter la gloire aux héros. Il n'y a même aucun réalisateur poche de Hollywood qui a déposé un scénario pour un remake. Non, il doit bien y avoir quelque chose qui cloche dans toute cette histoire.

Quand à Ingrid, s'il t'arrive de lire La Commune de temps en temps, s'il te plaît, si tu fais vraiment paraître un livre en septembre, change tout de la première à la dernière ligne. Tes remerciements aux chefs que tu veux remplacer, garde-les. Tu iras loger ailleurs, et sache que si les corbeaux, les vautours un de ces matins disparaissent, le soleil brillera toujours...