mercredi, février 24, 2010

Sixième semaine annuelle contre l'apartheid israélien.

Du 4 au 11 mars 2010 - Montréal
PROGRAMME COMPLET À L'AFFICHE

Joignez-vous au regroupement de quarante villes à travers le monde à l'occasion de
la 6e semaine internationale contre l'apartheid israélien (SAI). Une semaine remplie
de conférences, ateliers, projections de films et d'événements culturels afin de
vous familiariser avec les enjeux du conflit israélo-palestinien ainsi que pour
donner de l'ampleur à l'élan grandissant de la campagne de boycott,
désinvestissement et sanctions (BDS) contre l'apartheid israélien. Les événements à
Montréal auront lieu à l'UQÀM, Concordia, McGill et d’autres endroits à travers la
ville. Vous trouverez le programme complet ci-dessous.



-->Voir la bande-annonce en ligne (seulement en anglais):

-->Suivez-nous sur Twitter et Facebook.

Pour voir le programme complet:

lundi, février 22, 2010

Le foulard et l'égalité

Une camarade a attiré mon oeil sur ce texte de l'historienne Micheline Dumont.

Au Québec, l'égalité entre les hommes et les femmes est bien précaire et récente. L'égalité politique date de 70 ans. L'égalité dans la société conjugale de trente ans tout au plus, comme l'égalité éducative. On attend toujours l'égalité économique pour ne rien dire de l'égalité culturelle. La violence à l'endroit des femmes est un phénomène endémique, et des hurluberlus affirment le plus sérieusement du monde que «le féminisme est un crime contre l'humanité».

Majoritaires au collège et à l'université, les jeunes femmes n'arrivent pas à transformer leurs succès scolaires en succès sociaux et économiques. Ignorantes ou partiales, les femmes qui ont «réussi», surtout celles qui travaillent dans les médias, ne comprennent pas la nécessité de la lutte féministe, et même la décrient. Les féministes se mettent en marche en 2010 pour que la lutte continue, mais, dans quelques jours, tout le monde va se demander, goguenard, «le 8 mars est-il encore nécessaire?».

Lagacé, à quoi tu sers?

Réagissant aux propos homophobes tenus sur les ondes d'une radio white trash de Québec, Lagacé nous offrait ce matin, dans la Paresse, son analyse du phénomène. Oui, c'est vrai, la propagande réactionnaire populiste va bon train dans la capitale. Mais passons au point intéressant.

En guise de conclusion, Lagacé nous informe que
C'est David Desjardins, de Voir Québec, qui a le mieux résumé l'essence de cette radio fâchée-fâchée, qui flatte son auditoire dans le sens du poil comme une fille de joie: «Au fond, sa seule véritable fonction est économique: régurgiter jour après jour aux auditeurs ce qu'ils veulent entendre afin de justifier leur colère et ainsi les garder à l'antenne jusqu'à la prochaine pub.»

Pis toi, Lagacé, à quoi tu sers?

Concerts antiracistes à Montréal.

Un message reçu et à diffuser dans vos réseaux.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

pour diffusion immédiate

CONCERTS ANTIRACISTES À MONTRÉAL

Montréal, 19 février 2010 – Les 26 et 27 février 2010 se tiendront à Montréal deux concerts dont les bénéfices seront versés à des groupes antifascistes Russes. krlep0ser, militant de la scène redskin et hip-hop, collabore avec le Antifa crew d’Hochelaga-Maisonneuve pour rassembler artistes, militants et lascars autours d’une cause commune: la solidarité des luttes antiracistes au niveau international.

Montréal, comme toutes les grandes villes du monde, fait face à un problème d'organisation de groupes à tendance raciste. Que ce soit dans la sphère médiatique (diffusion de préjugés sur les minorités ethniques), via les forces de l’ordre (profilage racial) ou encore dans la rue, le racisme évolue et persiste partout sous différentes formes.

Depuis maintenant quatre ans, le groupe Antifa-Montréal travaille à contrer cette mouvance, que ce soit par la diffusion d’information populaire à travers leurs célèbres affiches, par leur présence constante dans les quartiers Est de Montréal ou, comme dans le cas présent, par l’organisation d’évènements culturels.

Les deux spectacles seront dont une excellente occasion de se familiariser avec les groupes antiracistes locaux (l'Action Anti-Raciste, Antifa et RASH), de se rassembler, d'échanger ou tout simplement d'assister à de bons concerts afin de dire non au racisme organisé et, bien sur, d’amasser des fonds pour les camarades en Russie et les Antifas locaux.

La première soirée, vendredi le 26 février prochain, se déroulera au 3 Minot (3812 St-Laurent) avec Webster, Showme, Karma Atchykah, Murph et The Hend. Et c'est le lendemain, au Bar Populaire, 6584 St-Laurent, qu'aura lieu la deuxième et dernière soirée mettant en vedette Brat Attack, Broadcast Zero, Cast Ancor, Open Wounds et Tightrope.

Au plaisir de vous voir là-bas,

krlep0ser et Antifa-Montréal.

krlep0ser@hotmail.com / comite.anti.racist@gmail.com


-30-

mercredi, février 17, 2010

Dans la vie... comme au hockey

J'ai pensé que ce serait une bonne idée de ressortir des boules a mites un vieux texte publié dans le journal anarchiste "Le Trouble" en 2002 qui aborde les thèmes du sports et des Olympiques.

C'est, entre autre, pour donner de la matière a réflexion pour la discussion sur les sports organisé par nos amiEs du DIRA, mais aussi à l'occasion des jeux de Vancouver. Le texte qui suit fut écrit a l'occasion des Olympiques d'hiver de Lillehammer en Norvège en 2002.

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Dans la vie... comme au hockey!


Comme a chaque deux ans, voici venu le temps des Jeux Olympique (JO), grande messe des multinationales et des bourgeoisies triomphantes.Déjà depuis quelques mois, lentement mais sûrement, on voit les publicités des grandes chaînes médiatiques qui diffuseront les JO et sur certains produits prisés par les masses consommeuse dont les compagnies subventionnent la tenue de ce grand évènement qui regroupera tous les habitants de la terre dans un esprit de fraternité. Le sport et ses compétitions seront à l’ordre du jour partout pendant deux semaines: gagnants, perdants, victoires impensables, scandales, etc. Mais votre humble journaliste du Trouble ne veut pas vraiment faire une analyse des JO et du mercantilisme qui entoure cet évènement. En fait, depuis quelques temps on voit ressurgir chez les groupes de la gauche anti-capitaliste, un goût pour les parties de foot, de hockey ou des tournois quelconques lors de rencontres. Même le Trouble n’y échappe pas, aillant déjà publier quelques textes sur le sujet chaud du sport. Trop souvent, on se laisse emporter par nos émotions dès que le sujet tombe sur l’équipe locale ou sur les champions de tel ligue et on oubli de porter un regard critique face a un phénomène qui, aux mains des possédants et des puissants, devient un outils pour façonner la jeunesse et un appareil idéologique.


Dès qu’un enfant est en âge de courir, l’enrôlement dans les différentes activités sportives commence. C’est à travers les sports que les valeurs de la société capitalistes sont transmises et internalisés par les futurs producteurs. Compétition, dépassement de ses capacités, sens de l’effort, discipline, respect et soumission face à la hiérarchie et ça pourrait continuer comme ça longtemps. Le sport suivra le jeune jusqu’à sa sortie de l’école, pour entrer dans le monde du travail. Ce n’est pas par hasard si une panoplie de spécialistes et de pédagogues comme Baden-Powell (Scout), P. de Coubertin, Hébert (Hébertisme), ce sont penché sur l’éducation physique pour en faire un appareil d’État puisqu’elle réfère aux valeurs de notre « civilisation ». Selon un document distribué aux prof d’éducation physique en France:« Le sport se pratique selon des règles et engendre des comportements qui se réfèrent aux valeurs couramment admise dans la société ». Les parents aussi sont de la partie, souvent en mettant de la pression sur leurs enfants pour participer à des équipes sportives et en les motivants à « travailler fort » pour être le « meilleur » . Bref, le sport permet de modeler les jeunes pour qu’ils puissent bien s’intégrer au fonctionnement des institutions des possédants et les respecter.


En enseignant des valeurs comme la performance et la compétition, le sport crée un consensus social. Riches et pauvres, patrons et travailleurs, se retrouvent dans les mêmes activités, dans les mêmes stades dans un esprit de fraternité et de paix. En fait, le sport légitimise la société de classe et ce de deux manière: premièrement en présentant la société de classe comme quelque chose de naturel et d’immuable, comme une stratification qui correspond aux mérites des gens et des efforts qu’ils ont fait dans la vie, deuxièmement en favorisant l’apparition, à coté de la hiérarchie de tous les jours subie par la plupart, d’une hiérarchie parallèle, qui ignore celle de tous les jours, pour permettre aux gens d’avoir l’impression d’accomplir quelque chose. Le parallèle est frappant, pensez aux flics et aux jeunes des quartiers défavorisé qui jouent des parties de basket-ball ou de foot ensemble; rien ne les séparent, sauf leurs habiletés physiques dans le jeu. En ayant le même amour du sport, ils apprendront a se connaître et à s’estimer, et finiront par croire que tout le monde occupe la place qui lui convient dans la société. Le sport représente la possibilité d’un “monde différent” où tous sont égaux au départ et ne doivent leurs positions hiérarchisés qu’à leurs efforts, leurs peines, leurs mérites. Bref, le sport est un phénomène qui est au dessus des antagonismes de classes et il sert a créer un consensus social, nécessaire au fonctionnement de la “démocratie bourgeoise”.


À un autre niveau, les J.O. (tout comme la Coupe du Monde de foot) regrouperont à Salt Lake City, des centaines de milliers de mordus et d'enragés complètement brainwashé par ce nouvel opium du peuple, pendant que les reportages à la tv attireront l'attention de millions de personnes omnibulés par ce spectacle partout à travers le monde. Ce sera l’occasion pour les nations de mesurer la compétitivité de leurs athlètes et ainsi d’exacerber le nationalisme. Enfin, les petits peuples opprimés du monde pourront compenser leur situation face aux « Grands » (USA, Chine, Russie, Europe...) dans des victoires sportives nationales. La hiérarchie parallèle revient encore, a défaut d’être assez fort militairement ou économiquement, ces « petits » pays, grâce à un embrigadement des jeunes dans les sports, pourront prouver qu’ils sont eux aussi fort! Vous vous rappelez la victoire du boxeur cubain en deux coup sur celui des USA aux JO d’Atlanta en 1996?


Dans un univers concentrationnaire et complètement informatisé, où les seuls surprises de la vie sont la répression policière, les attentats « terroriste » et la récession, le sport trouve un bon terrain chez les jeunes pour semer les germes de la société capitaliste. Le narcotique sportif, dans un monde sans imagination où tout est programmé a l’avance, offre au gens la possibilité de s’évader du réel et de se sentir vivre à un prix raisonnable. Comme révolutionnaires, nous devons analyser nos pratiques « sportives » et les repenser à l’image de la société et des valeurs pour lesquelles nous luttons. Le l’activité physique qu’apporte le sport n’est pas mauvaise, loin de là, mais le système qui s’en sert a ses propres fins pervertie notre besoin de mouvement et d’activité en le transformant en course au rendement. Nous devons profiter de la crise que traverse les sports professionnels, les athlètes ne songeant qu’a empocher leurs salaires exagérés et les prix qui montent en flèches dans les stades, pour remettre en question les sports en général et surtout ce que les possédants en font; un outil de contrôle social.



En encadré:


Le baron Pierre de Coubertin, pédagogue et éducateur, fut le rénovateur de Jeux Olympique en 1893. Assez grand personnage pour qu’une rue du même nom se soit aménagé juste au sud du fameux Stade Olympique de Montréal, il déclare dans son livre Pédagogie sportive, au sujet de la canalisation, à travers le sport, de la tendance naturelle des pauvres à la violence et à l’agressivité face aux violences du capitalisme:


« Pour échapper à la néfaste violence qui compromettrait sa cause, il faut mettre le prolétariat en état de culture suffisante pour qu’il ait la force de résister à lui-même, de faire front contre la colère, même légère, contre l’injustice, même flagrante, afin qu’il puisse travailler tenacement, mais calmement à sa propre élévation. »


dimanche, février 14, 2010

Bata Ouvriye: Prise de position suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Une déclaration des camarades haïtiens de Batay Ouvriye suite au tremblement de terre du 12 janvier. Le texte est en anglais mais fait un bon lien entre la situation social préexistante et les conséquences sur les luttes ouvrières et sociales post-séisme.


Much has been said and much is happening. The situation is very grave. Very. This situation is maddening! The January 12th earthquake has devastated several cities in Haiti. There are several others that were struck but are not being talked about, because Port-au-Prince, Léogane, Ti Gouave, and Jacmel have all been impacted so much. As everyone knows, many, many persons have died or disappeared, many have lost limbs, many houses have been destroyed, and many have been left homeless. Many who were working lost their lives, many workers perished at work in their factories, street vendors, public sector employees, store employees, students, people in the streets and in popular neighborhoods… What a huge blow!

We must dispel from the very start any kind of divine interpretation of this disaster as an “Act of God”, a “malediction”… These considerations can only deter us and prevent us from understanding the real cause of the earthquake, which is completely natural and had been predicted by a few scientists. This trend of thought also increases our resignation, faced with a “divine intervention” and leaves us waiting helpless and alienated. On the other hand, these divine interpretations also mask the responsibility of the Haitian State, which had been forewarned and did nothing in terms of contingency planning to address some of these consequences.

Therefore, it’s important to stay level headed, to address the real problems, to think well, together, so that we can uncover the real solutions.

In doing so, we should be clear about:

· In what context, and in what conjuncture we were when the earthquake struck;

· Some of the perils we are facing;

· What we need to do to confront this challenge, and from which class interest.

samedi, février 13, 2010

LES JEUDIS DISCUSSIONS AU DIRA

Jeudi 25 Février 2010

à 18h30

La prochaine discution portera sur la thématique:

L’ANARCHISME ET LE SPORT


Le sport est un sujet peu ou pas traité par les anarchistes d’ici. Aujourd’hui, le sport est une industrie très lucrative et l’une des meilleures courroies de transmission des valeurs de la société capitaliste (esprit de compétition, nationalisme, sexisme, racisme, etc.). Actuellement, il y a un mouvement de dénonciation et de boycottage des Jeux Olympiques de Vancouver 2010 et nous pouvons dire que les anars d’ici soutiennent cette campagne. Pourtant, en dehors de l’événement olympique, il est courant de voir des anars, principalement des hommes, qui suivent, supportent ou évoluent dans des équipes sportives. Pourtant, la majorité des ligues sportives sont des Olympiques à petite échelle et font les mêmes ravages sociaux et économiques.

Quelle est notre position face aux sports en général? Pouvons-nous nous réapproprier les sports? Est-ce que sport et anarchisme sont compatibles et de quelle manière?

Vous avez une opinion sur le sujet, vous vous êtes penché sur la question, vous êtes partisan-ne d’une équipe professionnelle ou simplement curieux ou curieuse? Venez participer à cette discussion au DIRA, le jeudi 25 février à 18h30. Cette soirée discussion est ouverte à tous et toutes. Des rafraîchissements et des amuse-gueules seront disponibles.

25 Février 2010, à 18h30
2035 rue Saint-Laurent, 3e étage,(métro St-Laurent).

Des personnes feront une brève présentation pour lancer la discussion à la quel vous pourrez participer.

des rafraichissement seront disponible.

mardi, février 09, 2010

On nous fiche... Ne nous en fichons pas!


Voici un évènement très intéressant organisé par nos camarades de La Pointe libertaire ainsi que par les services juridiques de Pointe Saint-Charles.

Nous sommes surveillé-e-s….. Comment, par qui ? Qui utilise ces informations, dans quel but ? Pourquoi s’inquiéter ? Telles sont les questions qui seront abordées par nos conférenciers.


Au nom de la sécurité, des mesures de toute sorte sont mises en place par nos gouvernements : notre utilisation d’Internet et nos déplacements sont surveillés ! Pensons aux listes de citoyen-e-s interdit-e-s de vol ou de voyage, aux permis de conduire Plus, à la carte Opus, aux scanners corporels dans les aéroports, aux certificats de sécurité, etc.

Nos droits sont ainsi bafoués. Avec les progrès des technologies, le Canada se dirige dangereusement vers une société de surveillance. Qu’en est-il du droit à la vie privée, de la liberté d’expression, du droit de manifester ? Ne nous laissons pas ficher !


Conférenciers


Dominique Peschard
(Ligue des Droits et Libertés)

et

Alexandre Popovic
(Coalition contre la répression et les abus policiers)


Jeudi 18 février @ 18h30
Carrefour d’éducation Populaire
(2356, Rue Centre, Métro Charlevoix)

Veuillez réserver votre place au numéro suivant
514-933-8432
ou par courriel
servjur@bellnet.ca

samedi, février 06, 2010

Incident colonial

Agence France-Presse
Iqaluit

Une partie d'un igloo s'est effondrée samedi sur le ministre canadien des Finances Jim Flaherty, qui venait de tester cet habitat traditionnel inuit en marge d'une réunion des ministres du G7 à Iqaluit, dans le Grand Nord canadien, a constaté un photographe de l'AFP.

M. Flaherty a ri de l'incident, dû à sa capuche qui a démoli le haut de la porte de l'igloo bâti quelques heures auparavant. Les Inuits ont dit au ministre de ne pas s'inquiéter, et que les dégâts pourraient être aisément réparés.

mercredi, février 03, 2010

Le Collectif Emma Goldman du Saguenay lance le «Pic-Bois»

Le Collectif Emma-Goldman (UCL-Saguenay) vient d'annoncer la sortie du «Pic-Bois», un «bulletin à tendance anarchiste».

«
Oiseau tapageur et rebelle, le Pic-Bois est très critique de la situation des régions périphériques (« régions ressources ») et met de l’avant la construction d’alternatives sociales et d’un pouvoir populaire pour changer la société ici et maintenant» nous dit-on sur le blogue du collectif.

Vous pouvez télécharger le pdf du premier numéro de ce bulletin à cette adresse.

mardi, février 02, 2010

Rassemblement: Accueillons le bourreau!

La Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP) organise demain mercredi 3 février un rassemblement de trente minutes à 12h30 pile à la sortie du Palais de Justice du côté Saint-Antoine. Jean-Loup Lapointe comparaîtra au cours de cette journée. Rappelons qu'il a tiré quatre balles sur des jeunes non armés, tuant Fredy Villanueva et blessant sévèrement deux autres jeunes.

Si vous voulez assister à l'audience qui devrait se tenir dans la salle 5.15 dès 9h30, venez avec peu d'objets dans vos poches car vous serez fouillés par la sécurité du Palais de Justice. Après la pause du dîner, elle reprendra en après-midi vers 14h.


Jean-Loup Lapointe, le bourreau de Fredy

Les bourreaux existent encore, mais leur image n’est plus la même. Au Moyen Âge, les bourreaux faisaient leur sale besogne devant une foule impuissante. Ils ne décidaient pas qui ils exécutaient ni pour quelles raisons et c’est pourquoi on ne pouvait les tenir responsables des mises à mort. Ils portaient d’ailleurs une cagoule afin de cacher leur identité et une arme pour se protéger du peuple. Leur impunité était totale.Aujourd’hui, ce sont les policiers les bourreaux modernes. Ils portent l’uniforme bleu et utilisent des guns – conventionnels ou électriques. Ils jouissent aussi d’impunité, mais pas besoin d’une cagoule. Pas besoin d’un juge non plus, ni d’un roi ou d’un Comité de salut public pour décerner la peine de mort. Non, désormais, de simples constables s’en chargent. Et bang, un mort!

Le 9 août 2008, Fredy Villanueva, 18 ans, est mort des balles de Jean-Loup Lapointe, mais la Cour nous interdit de vous montrer la face du flic tueur. Jean-Loup n’a même pas besoin d’une cagoule pour se cacher, car toute une machine judiciaire s’assure d’office que le public ne pourra le reconnaître dans la rue et le juger du regard.
Un flic qui tue un jeune et en blesse deux autres en tirant à bout portant sur des individus sans arme ne devrait pas échapper à la justice. Si un citoyen avait fait la même chose, on sait tous que des accusations criminelles auraient été portées contre lui sans délai. Qu’est-ce qu’il aurait fallu de plus pour que la SQ se décide à faire une enquête sérieuse, en commençant par interroger les 2 flics impliqués? Mais c’est toujours le problème d’une enquête de la police sur la police, une enquête indubitablement incestueuse qui défend toujours la réputation des bourreaux.

L’impunité dont jouit Jean-Loup est donc double : il y a la décision de voiler son identité physique qui s’ajoute au blanchiment judiciaire habituel. Le tout confirme le pouvoir des flics de tuer, encouragé en cela par l’État qui accorde à Jean-Loup tous les privilèges. On lui donne le droit de porter son arme partout, même hors service. On lui paie de gros avocats. On lui offre des gardes du corps lors de ses déplacements en public. Le bourreau Lapointe est surprotégé et ce, à nos frais.

Les policiers sont devenus des juges de rue : ils sont à la fois juges et bourreaux puisqu’ils ont le droit d’exécuter sommairement un suspect. Ainsi la peine de mort, supposément abolie, prend une forme nouvelle, plus arbitraire et insidieuse. Elle est hypocrite et protégée par une fraternité policière qui a le bras long. Ces meurtres sont banalisés et les autorités ne se gênent pas pour traîner les proches des victimes dans la boue. La violence policière est l’expression des inégalités sociales et de l'intolérance, qu’elle alimente en retour en semant la peur dans certains quartiers. Il va sans dire que Jean-Loup aurait été moins vite sur la gâchette s'il s'agissait de jeunes blancs, près d'un court de tennis d'Outremont.

Nous refusons d’être encore une fois cette foule impuissante devant les bourreaux modernes qui tuent en toute impunité. Mercredi le 3 février, accueillons le témoin Jean-Loup Lapointe qui, un an plus tard, sera interrogé pour la première fois.

L'appel en anglais sur http://www.lacrap.org/



mercredi, janvier 27, 2010

La fin du monde recule d'une minute...


C'est un peu après la Deuxième Guerre mondiale que des «scientifiques de l'atome» ont eu cette drôle d'idée d'une horloge de la fin du monde, espérant peut-être par ce noble geste apaiser l'angoisse d'avoir contribué à faire péter Hiroshima.

Le Bulletin of Atomic Scientists alerte donc l'humanité en 1947 qu'il lui reste, métaphoriquement, sept minutes à vivre. Le temps étant ce qu'il est, on se ramasse en 1953 avec deux minutes avant l'annihilation qui tue. Maudite Guerre froide, hein. Par la suite, ça se place. On recule à 7, puis à 12, puis on joue aux montagnes russes. Il y a quelques jours, l'espérance de vie de l'humanité a grimpé d'une minute : il est minuit moins six.

Soixante ans plus tard, quel bilan sinon d'avoir contribué, par la force des choses, à banaliser sans jamais le nommer les impacts néfastes du capitalisme? Ces gens doivent être bourrés de bonnes intentions...

Et pourtant, ça manque cruellement d'analyse. Pour des scientifiques, quel intérêt y a-t-il à mesurer la température, la constitution de l'atome ou la menace  d'une «destruction catastrophique» sans une compréhension adéquate des précédents phénomènes ni hypothèses à in/valider? Hélas, à la barre de leur horloge spectaculaire, ces scientifiques se contentent de bêtement jouer un amalgame entre devins et pseudo-analystes poches. The show must go on!

Leur site dresse l'évolution du funeste compte à rebours. Par ici, à conditions d'avoir quelques minutes à perdre - et vous ne pourrez malheureusement pas, dans la vraie vie, jouer avec l'heure selon vos envies du moment.

Richard Martineau et ses jappements déficients

C'est pitoyable et glauque, mais c'est la triste vérité : les papiers de M… sont le reflet d'une époque bien étrange – la nôtre. Suspendue quelque part entre la réaction conservatrice et l'égoïsme libéral, sa « pensée » (il faudra indéniablement trouver un mot plus juste) est pittoresquement propre à la société marchande moderne. L'idéologie bourgeoise, désormais seule aux commandes du monde et de ses réalités, se partage la dépouille des grandes idéologies. Dansant sur le cadavre de l'Histoire, M… peut enfin dire tout ce qui lui plait

« Jean Charest est un gros trou du cul de merde qui mange du vomi. Voilà. Personne ne va m'arrêter » .

Sur le marché du populisme réactionnaire, M… a trouvé sa niche, son filament qui lui donne sa touche particulière : la droite déficiente (typiquement postmoderniste, cette droite oscille entre le libéralisme et le conservatisme tout en ignorant sa propre existence). Remarquez comment M… ne se rend même pas compte que le point de vue qu'il choisi pour questionner le monde est essentiellement et intégralement de droite. C'est presque comique… tragi-comique en fait

« Car entre vous et moi, qui peut dire ce qui est de droite ou de gauche, aujourd'hui? Créer de la richesse pour mieux la distribuer, c'est de droite? Défendre la liberté de religion des extrémistes, c'est de gauche? Demander des peines plus sévères pour les criminels dangereux, c'est de droite? S'agenouiller devant des dictateurs socialistes, c'est de gauche? Critiquer les excès du féminisme, c'est de droite? Défendre des programmes sociaux universels qui bénéficient aux biens nantis, c'est de gauche? »

Parmi les millions d'objets qu'il est possible d'observer, parmi le répertoire infini des faits qui animent la vie sociale et politique, M… choisi, en conformité avec la mode du jour, ceux qui peuvent mousser ses ventes. Seul le détail sans occurrence ni contexte l'intéresse. Parlez-lui de sexisme, d'inégalités historiques, de violence, de racisme, de classes sociales… il vous répondra du tac au tac qu'il ne faut pas oublier la misère de la classe moyenne, les problèmes des blancs, la violence des femmes envers les hommes et les droits de la majorité. Ici, c'est une intervenante auprès des femmes en difficulté qui affirme que certaines féministes sont «sexistes» . Là, c'est un film de Michael Moore qui prouve que les États-Unis ne vivent pas sous le règne de la «pensée unique» . Ici encore, un imam sorti d'on ne sait où traite les femmes de «prostituées» sans que personne ne le dénonce, ce qui prouve que les «organisations progressistes» participent à ce «chantage immonde» favorisant les extrémistes. Là encore, un col bleu agressé par son syndicat prouve que «l'intimidation syndicale» est une réalité

«Il faudrait parler de la violence des patrons, mais pas de celle des syndicalistes? De la violence des hommes, mais pas de celle des femmes? De la violence des Blancs, mais pas de celle des Noirs? ».

Hors de l'Histoire, tout devient relatif. L'éternel présent du journaliste se reconstruit en boucle chaque matin, produisant une multitude informe de faits fixes et uniques. M… peut ainsi chialer (enfin le mot juste !) sans se soucier des privilèges qu'il défend objectivement. Il lui arrive même, quoique rarement et presque par accident, de dénoncer les abus des autorités; cela lui donne de la « crédibilité » (ou quelque chose du genre). Ces attaques se limitent toutefois à dénoncer les excès exceptionnels des riches et des puissants sans jamais expliquer en quoi ce sont les positions sociales de ces profiteurs qui sont elles-mêmes des injustices. Ces quelques balles perdues ne font certainement pas le poids face aux vastes entreprises de calomnie auquel il se livre quotidiennement et qui ont pour cible, cette fois systématiquement, les épouvantails qu'il s'invente : la gogauche, les féministes enragées, les femmes voilées, les casseurs cagoulés, les terroristes, les gangs de rue, etc. Ces ennemis imaginaires sont des personnages grossiers et spectaculaires qu'il peut manipuler à sa guise. En stigmatisant ainsi ses adversaires, c'est en fait sa propre incompréhension des idées et des réalités des autres que M… met en scène.

Mais il y a plus… Car le reflet peu brillant créé par la « pensée » (décidément !) de M… produit ce qu'il dénoncerait lui-même comme de l'idéologie. En laminant tous les rapports de force qui animent la société, il prend nécessairement la défense de ceux qui comme lui profitent de l'état actuel du monde. À ses yeux (ne vous en faites pas, on va faire ça vite) : la gauche «domine» l'information; la droite est «trop sévèrement» critiquée; il est impossible de «mettre un pied devant l'autre sans l'aide de l'État»; on vit dans une société dominée par les «valeurs féminines»; il est impossible de critiquer les syndicats sans être « brûlé sur la place publique » (les critiquer serait un geste « révolutionnaire »); le principe d'autorité est désormais « tabou »; les musulmans pourraient bientôt «anéantir» l'Occident, etc.

Cette conception du monde patentée hors du temps et de l'espace l'amène à se poser des questions objectives (ne vous en faites pas, ça achève): « À quand une école pour gais qui enseigne la grammaire en utilisant le répertoire de Village People? », « À quand un colloque sur le fait que les francophones disent UNE table, mais UN bureau? », « Pourquoi ne permettrait-on pas aux Québécois de souche de conduire leur char avec une bière entre les jambes?», pourquoi ne créerait-on pas une « Ligue des Blancs du Québec »? … (Manifestement, M… a lu L'art d'avoir toujours raison de Shopenhauer… enfin, il a minimalement compris le stratagème numéro 1, « l'extension »).

La prétendue fin de l'histoire a permis à l'idéologie bourgeoise de reposer son gros derrière hégémonique sur l'ensemble de nos représentations collectives. M… est l'une des matières organiques fermentée dans cet enfermement idéologique. Aucun système, aucun mouvement, aucune structure ne vient déranger sa vaniteuse tranquillité. Tout en défendant le droit au profit, la supériorité de l'Occident, la position dominante de l'homme blanc et les droits des briseurs de grève, M… enrobe ses « idées-marchandises » de prétention à la neutralité. Sans percevoir que ses jappements sans contours font écho aux commandes des notables, il continuera de baver à petites doses sur l'immensité du monde qu'il n'a même jamais tenté de comprendre…

* ce texte est tiré du journal Le Couac, février 2010.

Cause Commune Express: Tournée "Usines sans patrons"

Argentine : De la crise à l'insurrection

En mai 2000, le gouvernement de la Rua annonce une série de mesures afin de rendre l'État argentin conforme aux volontés néolibérales du FMI: baisse de 12 à 15% des salaires des fonctionnaires, réduction majeure des dépenses, privatisation, etc. Le tout plait effectivement aux bonzes du FMI puisqu'ils allouent 40 milliards de dollars en prêts à l'État argentin. Mais la crise semble indomptable puisque déjà l'année suivante le pays en est à son onzième plan d'austérité approuvé par le FMI et les seuls résultats palpables de ces mesures semblent être le nombre grimpant de manifestations, d'émeutes, de grèves et de coupures de routes (les piqueteros). Pendant cette période, on évalue à 2000 le nombre d'individus par jour passant de la "classe moyenne" à la "classe pauvre" et à 25% le taux de chômage; sans compter que le spectre de la banqueroute n'est jamais bien loin, à un point tel que le 1er décembre 2001 les liquidités des banques sont épuisées et que le gouvernement doit limiter par la loi les retraits des particuliers.

En décembre 2001, les émeutes comptent plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de pillards (pauvres, chômeurs ou membres déchus de la classe moyenne) qui s'en prennent aux supermarchés, aux entrepôts, aux boutiques, etc.) Les troubles sont si préoccupants que l'état de siège est décrété par les forces de l'ordre: tout regroupement public de plus de deux personnes est interdit et que la censure est rigoureusement appliquée aux médias. La répression, qui a déjà fait quelques morts, se fait sentir au maximum, mais les émeutes continuent de plus belle et sont désormais doublées de cette pratique qui avait fait grandement pression sur la dictature militaire dans les années 1970, les "concerts de casseroles" (cazerolazos) qui regroupent, chaque jour et partout à travers le pays, plusieurs milliers d'individus.

Dans la soirée du 19 décembre, une manifestation spontanée regroupant plus d'un million de personnes a lieu à Buenos Aires. Devant le palais présidentiel, la foule en colère réclame la démission des hommes politiques. Le tout se termine dans la nuit par une émeute majeure qui balaiera les institutions bancaires et les multinationales et lynchera plusieurs policiers. Lors de ces troubles, plusieurs milliers de messagers à moto (motoqueros) participent aux affrontements; ces derniers, par leur connaissance de la ville et leur mobilité, amorcent ainsi un mode d'action qui allait être reconduit à de nombreuses reprises.

Des évènements semblables ont lieu dans au moins une douzaine de villes du pays. À Cordoba, la mairie est occupée. On y tient une assemblée avant d'y mettre le feu et de dresser des barricades. Le lendemain matin, la révolte se poursuit, un manifestant raconte: " Les gens allaient, venaient, les cortèges se recyclaient, les avenues se vidaient puis se remplissaient à nouveau d'hommes, de femmes, de familles avec leurs chiens... C'était quelque chose d'impressionnant parce que totalement spontané... ". Cette journée sera ponctuée par une foule d'évènements majeurs semblables à la veille… combats de rues, pillages, assaut d'une foule en colère contre la maison du président, etc. À l'évidence, la révolte devient insurrection.

Mais ces manifestations de souveraineté populaire attirent évidemment son contraire : la répression, qui est à la hauteur de la réputation qu'elle s'est forgée pendant la dictature. De ces quelques semaines d'affrontement, on compte 35 tués, des centaines de blessés et des milliers d'arrestations (officiellement 3273). Plusieurs témoins racontent que des tueurs en civils se faufilaient dans la foule afin d'abattre des militants-e-s d'une balle dans la nuque. Les autorités ne savent décidément pas comment réagir: le président de la Rua démissionne et doit être évacué par hélicoptère. Le nouveau président, Adolfo Rodriguez Saa promet un moratoire sur le paiement de la dette extérieure et la création d'un million d'emplois.

Mais les manifestations se poursuivent… et l'année 2001 se termine par la démission du président Saa, bientôt remplacé par Duhalde. Les concerts de casseroles, les coupures de routes, les émeutes et les manifestations reprennent dès janvier. Dans la ville de Mosconi, les émeutiers prennent la garnison du commissariat en otage et brulent l'édifice. À Junin, 600 manifestants brulent la maison d'un député. Le 28 janvier, plus de 15 000 piqueteros soutenus par les assemblées de quartier convergent au centre de Buenos Aires. Le nombre de piqueteros - et de piqueteras, puisque les femmes sont très nombreuses lors de ces actions: elles forment jusqu'à 70% des effectifs - est d'ailleurs depuis le début de la crise leurs regroupements sont en pleine expansion: de 1383 qu'ils étaient en 2001, ils passent à 2336 en 2002.

Les émeutiers délaissent désormais les supermarchés pour mieux s'en prendre aux banques, sans compter que les assemblées de quartiers, progressivement, se fédèrent entre elles afin de coordonner l'insurrection. Ces assemblées, qui se comptent par centaines, transfigurent la critique en acte et en parole. Réunissant parfois plusieurs milliers de personnes, elles permettent au peuple de reprendre tout ce qui le concerne en main, sans avoir recours à la médiation de l'État ou d'une quelconque institution bourgeoise. Fonctionnant de façon horizontale et non hiérarchique, elles prennent une telle ampleur que les dirigeants politiques croient devoir rappeler qu'aux termes de la constitution:

Le peuple ne délibère pas et ne gouverne que par l'intermédiaire de ses représentants... Il faut arrêter la fantaisie des gens dans la rue qui disposent de ce qui doit ou ne doit pas se faire... Il... faut adresser des pétitions aux autorités... de façon ordonnée et sensée au lieu de les livrer en pâture aux agitateurs habituels...

Cette insurrection a pris tout le monde par surprise, aucun syndicat, aucun parti n'en est à l'origine. C'est de la population elle-même, spontanément, qu'est venue la résistance, et c'est cette même population qui a donné à cette résistance une forme si originale et efficace. La révolte populaire fut accompagnée par un vaste mouvement d’autogestion des entreprises en faillite. Autour du slogan « Occuper, résister, produire », entre 8000 et 10 000 postes de travail dans plusieurs secteurs industriels (métallurgie, textile, imprimerie, hôtellerie, alimentation, etc.) ont ainsi été sauvés par les travailleurs et travailleuses dans des entreprises récupérées et remises en marche par leurs propres ouvriers et ouvrières, alors même que la crise financière de décembre 2001 avait poussé les patrons à les abandonner à leur propre sort. Sans contredit, il s’agit de l’un des faits marquants de la réponse des classes populaires qui mérite d’être souligné.


Si le contexte québécois de 2010 diffère largement de celui argentin de 2001, quelques rapprochements sont tout de même possibles. D'abord, la crise qui a touché durement l'Amérique du Nord a fait passer le taux de chômage de 7,2% (le plus bas niveau en 32 ans) à un niveau qui atteindra possiblement 10% en 2010. Pour la région de Montréal seulement, le taux de chômage a déjà atteint les 10,5%. Certains économistes craignent même une seconde crise financière dans un avenir très rapproché. Par ailleurs, l'État et le patronat, sous prétexte de relance économique, se lancent dans une grande offensive néolibérale - en sabrant dans les services sociaux, les conditions salariales et en remettant à l'ordre du jour différents plans de privatisation. Pour couronner le tout, tant les syndicats que les mouvements sociaux sont moribonds et sont en mode survie plutôt qu'en mode combattif, laissant ainsi l'État manœuvrer à sa guise. Dans un tel contexte, que peut-on tirer de l'expérience argentine afin de s'organiser ici et maintenant?

Contre le capitalisme

La première nécessité semble être l'élaboration d'un projet social et politique extra-parlementaire qui aurait pour fondation une authentique démocratie. Peu importe les mesures que les politiciens prendront, ce ne sera qu'en faveur du marché et ce sera nous (les travailleurs, les travailleuses, les étudiants et les précaires) qui en paieront le prix.

L'expérience de récupération d'usine dans un contexte de crise économique serait, dans un premier temps, une nécessité qui permettrait aux travailleurs et aux travailleuses de conserver leurs emplois. On n'a qu'à penser à l'exemple récent de la grève d'Alcan à Jonquière en 2004. Les travailleurs, réalisant les limites de la grève légale, ont relancé la production sous contrôle ouvrier, poussant ainsi le patronat à la négociation - entre autres puisqu'il ne pouvait plus revendre l'électricité non utilisée pour amortir les pertes causées par la grève. Bien que l'expérience argentine soit critiquable à plusieurs niveaux, elle permet à la population de renouer avec une véritable démocratie que la rationalité et le productivisme capitaliste nous ont fait oublier depuis fort longtemps. La réussite d'un tel projet, l'autogestion généralisée, ne peut à long terme réussir sans une lutte globale pour une transformation libertaire et socialiste de la société. Dans un tel contexte, l'auto-organisation des chômeurs et des précaires est indissociable de la lutte des travailleurs et des travailleuses pour l'autogestion de leurs milieux de travail et la solidarité entre les différentes luttes parcellaires est plus que jamais nécessaire.

Contre l'État

L'autre aspect crucial est le principe des Assemblées de quartier et la mise en place de mécanismes de démocratie populaire. Dans un contexte de crise sociale et politique, dans lequel les gens n'ont plus confiance aux politiciens et aux partis, la démocratie par la base est plus que jamais nécessaire. Que ce soit pour des enjeux de quartiers, le logement, la précarité, l'éducation populaire ou la santé (on peut penser au modèle des cliniques populaires des années 1960-1970), seule notre force collective, par la mise en place de mouvements de quartiers, peut amener un réel changement.

L'attente de réformes ou de promesses électorales, la manipulation par les politiciens et les bureaucrates et toutes les formes de concession minent à long terme nos luttes populaires. C'est pourquoi dans le contexte de notre campagne sur la crise nous jugeons important de partager des expériences de luttes collectives afin d'entamer ou de poursuivre une réflexion collective sur les façons de s'organiser ici et maintenant.

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mardi, janvier 26, 2010

Communiqué du syndicat batay ouvriye

Pour faire face au malheur qui nous est tombé dessus ce 12 janvier 2010, nos moyens ne nous permettent en aucune façon de proposer une réaction autonome, encore moins de la réaliser. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous lançons cet APPEL DE SOLIDARITÉ aux ouvriers, travailleurs, progressistes du monde entier afin de pouvoir faire face à nos responsabilités de manière autonome.

APPEL À LA SOLIDARITÉ SUITE AU TREMBLEMENT DE TERRE DU 12 JANVIER 2010 À PORT-AU-PRINCE

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 à Port-au-Prince, Haïti, nous a lourdement frappé au niveau des masses populaires.

En effet, aux côtés des bâtiments publics effondrés en grand nombre, ce sont nos quartiers populaires qui ont été les plus détruits. Ceci n’est pas surprenant, ce sont les plus fragiles, les plus instables : c’est là que l’Etat n’a jamais su répartir les services minima, allez voir chercher à consolider nos maisons, allez voir s’en occuper sérieusement. Au contraire, nous avons toujours été menacé d’expulsion, de « déplacement », de sorte que nous-mêmes n’avons jamais su non plus, encore moins pu nous concentrer sur l’amélioration de notre propre habitat.

Pendant que certains capitalistes cherchent à forcer les ouvriers à retourner travailler dans des usines fissurées ; pendant que les propriétaires des grands magasins se refusent à distribuer gratuitement leurs marchandises et exigent même que leurs prix augmentent ; pendant que tout le monde peut constater l’absence flagrante et honteuse de l’État, son incapacité, son incompétence (lui qui, certainement, ne sait que voler, « magouyer », en ne défendant que les grands propriétaires fonciers, les bourgeois et autres multinationales) ; pendant que la police nationale, soi-disant là pour « protéger et servir », brille également par son absence devant la catastrophe d’une part, et, d’autre part, face aux gangs qui sévissent (certainement, elle ne sait que réprimer le peuple) ; pendant que les forces impérialistes profitent de l’aide qu’ils administrent pour, de manière éhontée, approfondir leur domination et transformer les relations en une véritable tutelle sans partage… les ouvriers, travailleurs de tous genres, masses populaires en général subissent cette situation catastrophique où elles se retrouvent les bras cassés.

Une certaine presse a favorisé le développement d’aspects franchement progressistes, permettant un minimum de coordination à partir du terrain même, des comités populaires conséquents travaillent sans relâche à porter aide et secours. Seulement, partout, les moyens font énormément défaut. En vérité, en plus de nous avoir frappé violemment, le tremblement de terre nous laisse sans recours autonome et nous dépasse complètement.

À Batay Ouvriye, même si la plupart de nos cadres et membres ont pu sauver leur vie, plusieurs d’entre nous ont perdu des membres de leur famille, leur maison, leurs rares biens… plusieurs sont blessés, estropiés et, en plus d’avoir à enterrer nos morts, la survie nous devient de plus en plus difficile.

Dans la mesure du possible, nous essayons d’éviter de passer par les circuits officiels dominants mais il est tout aussi vrai que la situation devient intenable ! C’est ce qui nous amène aujourd’hui à lancer cet APPEL À LA SOLIDARITÉ en direction de tous les ouvriers, travailleurs et progressistes conséquents du monde entier pour tâcher de nous aider à sortir de cette terrible passe.

Selon un inventaire provisoire rapidement réalisé, nos besoins les plus immédiats sont les suivant et s’élèvent à :

Maisons à réparer US $ 50,000.00
Pertes de biens 20,000.00
Soins aux blessés et aux estropiés 10,000.00
Survie immédiate 30,000.00
S’occuper des morts 10,000.00
Total provisoire US $ 120,000.00

A cela, il nous faut ajouter 40% d’inflation, étant donné que les prix ne cessent d’augmenter et que nous ne savons pas où cela nous mènera. Pour un TOTAL plus certain, d’alors : US $ 170,000.00

Maintenant, divers contacts que nous avons commencé à développer suite à la dernière grande mobilisation autour du salaire minimum sont eux aussi dans des conditions similaires. Nous devons les aider également. Ceci demande une somme additionnelle. D’un autre côté, dans les zones où vivent nos principaux militants, des mouvements de solidarité populaire ont été mis sur pied. Nous devons les intégrer résolument, tout en y apportant l’orientation que nous pensons nécessaire en ce moment. Immédiatement également, dans le cadre de la reconstruction que les classes dominantes commencent déjà à planifier, nous devons prendre l’initiative organisée de mettre sur pied nos propres orientations afin de faire face à la prochaine catastrophe qu’elles nous préparent. Ceci également exigera des dépenses.

En tout et pour tout, nos calculs s’élèvent alors à un GRAND TOTAL de US $ 300,000.00. C’est ce qui permettra à nos membres de survivre, d’aider nos divers contacts de tout genre et, enfin, de commencer déjà à construire et propager une orientation politique ample, forte et collective, aujourd’hui dedans la lutte de survie même mais déjà apte à prévoir et faire face de manière structurée à l’autre genre de catastrophe qui nous attend : la future domination impérialiste qui, conjointement avec les classes dominantes locales et leur Etat réactionnaire, prend déjà des formes extrêmes.

Nous remercions à l’avance tous ceux qui comptent contribuer. Le moment d’une telle débâcle demande non seulement une solidarité renforcée mais encore un rapprochement conscient, initial ou en approfondissement, pour une lutte commune internationale.

Pour ceux qui comptent nous faire parvenir de la nourriture, de l’eau ou encore des vêtements, des médicaments, des petits mobiliers… l’adresse de notre local principal à Port-au-Prince est : Batay Ouvriye, Delmas 16, # 13 bis. Pour ceux qui comptent envoyer du cash, notre compte bancaire est le :

Bank Name: City National Bank of New Jersey
Bank Address: 900 Broad Street, Newark, NJ 07102
ABA Number: 0212-0163-9 City of NJ Newark

For further credit to:
Account Number: 01 000 9845
Account Name: Batay Ouvriye
Account Address: Ave. Jean Paul II, # 7

Naturellement, nous rendrons public toutes les sommes reçues et nous informerons de nos activités au fur et à mesure de leur déroulement.

BATAY OUVRIYE
(daté du 20 janvier 2010)