lundi, mars 16, 2009

La flicaille monte sur ses grands chevaux

Dimanche, 15 mars 2009, se tenait la 13ème manifestation annuelle dans le cadre de la journée internationale contre la brutalité policière. Voici un communiqué du Collectif Opposé à la Brutalité Policière, suite à la manif d'hier :

Montréal, 15 mars 2009 - Le Collectif Opposé à la Brutalité Policière (COBP) a rarement été aussi scandalisé qu’aujourd’hui par le comportement des policiers lors d’une manifestation du 15 mars, Journée Internationale Contre la Brutalité Policière. Après la campagne de peur orchestrée depuis mardi par le Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM), nous avions certaines appréhensions, mais les abus ont dépassé notre entendement.


COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF OPPOSÉ À LA BRUTALITÉ POLICIÈRE – POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Dès le vendredi soir, la Gendarmerie Royale du Canada a réussi à convaincre le café-bar l’Escalier de fermer ses portes alors qu’une activité de financement pour le COBP y était organisée. Dimanche, avant même le départ de la marche, le ton était donné alors que de nombreux protestataires étaient fouillés illégalement, certains même brutalisés par des policiers dont le numéro de matricule était dissimulé. Au moins cinq individus ont d’ailleurs été arrêtés alors qu’ils n’enfreignaient aucune loi. Vingt minutes avant l’heure de ralliement, le métro de Montréal a été fermé entre les stations Berri-UQAM et Beaubien, et certains agents du SPVM en profitaient au métro Sherbrooke pour intimider et menacer de violences physiques quiconque irait à la manifestation. Malgré tous ces inconvénients et les discours démagogiques tenus par les responsables policiers la semaine dernière, le rassemblement a été le plus populeux de l’histoire du 15 mars, avec une participation minimale de 2000 personnes.

Le SPVM a cherché à culpabiliser le COBP d’avoir exercé, comme de nombreuses organisations le font, son droit constitutionnel à ne pas lui fournir d’avance le trajet de la manifestation. Or, notre organisation ne peut se permettre d’accorder sa confiance au SPVM, qui pourrait facilement profiter de ces informations pour faciliter des arrestations massives ou pour mettre fin brutalement à notre marche. D’ailleurs, la police n’a pas respecté concrètement notre droit à la manifestation puisqu’elle est parvenue à séparer notre marche dès le début en trois groupes distincts, pour ensuite nous empêcher d’aller où nous voulions et nous diriger consciemment vers le centre-ville, quartier symboliquement chargé. De nombreuses initiatives ont été prises tout au long de la manifestation pour prévenir les actes de vandalisme et lancer des appels au calme. Une partie du discours inaugural a notamment été consacré à ce sujet, comme l’a mentionné une porte-parole : « Il ne faut pas leur donner le prétexte qu’ils recherchent pour nous arrêter et ainsi porter atteinte à la sécurité de l’ensemble de la manifestation ». Deux appels à la dispersion ont aussi été lancés, mais sans efficacité parce que des agents de police avaient littéralement volé le mégaphone de notre organisation des mains d’une des participantes.

Nous espérons sincèrement que les médias prendront le temps de discuter sérieusement des graves enjeux que nous avons tenté de communiquer aujourd’hui à l’ensemble de la population. Le meurtre de Fredy Villanueva est certes chargé en émotion, mais il est surtout révélateur d’un problème plus large, l’impunité policière. Depuis 1987, 43 personnes ont été tuées par des agents du SPVM qui n'ont jamais été condamnés, dans aucun de ces cas, ni pour meurtre ni pour homicide involontaire. Depuis 2001, le Taser a été impliqué dans plus de 300 morts en Amérique du Nord. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec a aussi reconnu la police montréalaise coupable de profilage racial l’année dernière. Quotidiennement, les pauvres, les immigrants, les marginaux et les protestataires sont victimes d’abus illégitimes de la part des polices à travers le monde. Nous serons donc encore là, toute l’année, pour surveiller le travail des policiers et le 15 mars 2010 pour souligner la 14e Journée Internationale Contre la Brutalité Policière.

mardi, mars 10, 2009

Lancement du Cause Commune #23

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Mardi, 17 mars à partir de 17h
Yer'Mad, 901 Maisonneuve est
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En ces temps de marasmes économiques où le capitalisme montre ses contradictions au grand jour, nous vous invitons au lancement du 23e Cause Commune, le journal d’agitation communiste libertaire de l’UCL. Ce sera l’occasion de vous procurer la dernière parution de Cause Commune mais aussi de siroter une bière et de discuter avec les membres du collectif montréalais de l’Union Communiste Libertaire (UCL).

samedi, mars 07, 2009

Rappel : Manifestation du 8 mars


Manifestation 8 mars:: Journée Internationale des Femmes
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RAPPEL -- N'oubliez pas d'avancer vos cadrans pour le 8 Mars (Heure Avancée d'Été) !
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Dimanche, le 8 mars, 12hrs
Carré Cabot
(coin St-Catherine et Atwater, métro Atwater)

**Les enfants sont les bienvenus à la manifestation du 8 mars
**Nous encourageons les hommes à venir en solidarité
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Chaque année, nous descendons dans les rues de Montréal pour affirmer notre droit de déterminer notre futur en nos propres termes et exiger la justice pour toutes et tous. Nous reprenons les rues pour célébrer et affirmer notre solidarité avec les luttes quotidiennes de toutes les femmes, communautés et peuples oppriméEs, ici, en terre autochtone occupée, ainsi que partout à travers le monde.

Cette année, nous encourageons les gens à porter un masque pour protester contre l’adoption prévue d’un nouveau règlement municipal interdisant le port de masques lors de manifestations et rassemblements. Nous encourageons les manifestantEs à porter un masque pour se montrer solidaire de toutes et tous les dissidentEs forcéEs de cacher leurs identités : les sans-papiers menacés d'être arrêtés par les agents des services frontaliers lorsqu’ils s’insurgent contre les déportations et les emprisonnements, les femmes craignant d’être la cible de leur partenaire abusif lorsqu’elles dénoncent la violence conjugale, les communautés autochtones qui défendent leurs territoires et leurs modes de vie contre l’invasion militaire, les jeunes qui se masquent pour se protéger de la brutalité policière et du profilage racial, les communautés racisées qui sont constamment la cible du harcèlement du gouvernement au nom de la "sécurité nationale", les victimes de toute forme de répression politique, ainsi que toutes celles et ceux qui luttent pour la justice à travers le monde.

Une invitation du Comité du 8 mars des femmes de diverses origines.

mercredi, mars 04, 2009

L’impasse afgane (4/6) : Une guerre pour les femmes ?


Un de nos camarade du collectif de Montréal, publiera 6 chroniques dans le mensuel d'Alternative Libertaire. La chronique s'intitule L'impasse Afghane. Nous publions donc ici la quatrième partie (Vous pouvez lire la première, la deuxième et la troisième partie)..

En octobre 2001, l’armée états-unienne et ses alliés envahissent l’Afghanistan en représailles aux attentats du 11 Septembre. Le prétexte étant mince, les États occidentaux ont également brandi la « libération des femmes afghanes ». Un mensonge de plus.

Le 29 janvier 2002, dans son discours sur l’état de l’Union, George W. Bush déclarait : « La dernière fois que nous étions réunis dans cet hémicycle, les mères et les filles de l’Afghanistan étaient captives chez elles ; il leur était interdit de travailler ou de faire des études. Aujourd’hui, les femmes sont libres et elles font partie du nouveau gouvernement de l’Afghanistan. » [1]

C’est que la « libération des femmes » était devenu un puissant prétexte idéologique à la guerre sanglante contre le régime taliban, mis en place en 1996, et qui avait pourtant auparavant été financé et soutenu par Washington.

Les féministes afghanes contre l’intervention US

Pourtant, la plus importante et la plus courageuse organisation féministe afghane, Rawa, s’était prononcée contre l’intervention militaire occidentale. Fondée en 1977, l’Association révolutionnaire des femmes afghanes (Rawa) se battait pour les droits des femmes et revendiquait l’établissement d’un gouvernement démocratique [2].

Puis vint l’occupation soviétique en 1978. Le régime du Parti démocratique populaire d’Afghanistan, à la botte de Moscou, permit que pour la première fois, les femmes afghanes soient libérées de la burqa et que les filles puissent apprendre à lire et à écrire, aller à l’université et devenir enseignantes ou scientifiques. Rawa poursuivit néanmoins son travail d’agitation, mobilisant à la fois contre l’occupant soviétique et contre les islamistes fondamentaux, ces « combattants de la liberté » financés par les États-Unis. Plusieurs des fondatrices de Rawa furent sauvagement assassinées en 1987 par le Khad (le KGB afghan) avec l’approbation des groupes fondamentalistes.

En 1992, les moudjahidins de l’Alliance du Nord, présentés comme des héros par l’Occident, prirent le pouvoir et limitèrent fortement les droits des femmes : obligation de se voiler, interdiction du maquillage et de rire en public. Les enlèvements, les meurtres, le viol et la vente des jeunes femmes pour la prostitution devinrent le lot quotidien des afghanes [3].

Les talibans ou l’occupation ?

La prise du pouvoir par les talibans en 1996 enleva les dernières parcelles de droits aux femmes. En parallèle, une campagne aux États-Unis (Feminist Majority) regroupant différentes personnalités se mit en branle pour dénoncer « l’apartheid sexiste » en Afghanistan, alors que Washington recevait avec les honneur les dirigeants talibans. Feminist Majority soutiendra la guerre de 2001, sous prétexte qu’elle permettrait aux femmes de reconquérir leurs droits, grâce à la mise en place d’une « démocratie ». Alors que Rawa, au même moment, dénonçait les bombardements, arguant que seule une insurrection populaire pouvait débarrasser l’Afghanistan d’Al-Qaida et des talibans. Une fraction entière des féministes occidentales s’aligna ainsi sur le discours de Washington, contre les intérêts des femmes afghanes [4].

Dire que cette guerre est nécessaire pour les femmes afghanes, c’est décider qu’il vaut mieux pour elles mourir sous les bombes, mourir de faim, mourir de froid, que de vivre sous le joug des fondamentalistes que l’Occident leur a imposées. Les dés ont été lancés, les États-Unis se donnant bonne conscience en justifiant leur guerre impérialiste au nom des femmes. Après sept ans de combats, de viols, de meurtres et de lapidations, cette guerre a-t-elle réellement permis aux femmes afghanes d’être libres ?

[1] www.america.gov/fr
[2] www.rawa.org/rawa_fr.htm
[3] Ellis D., Women of the Afghan War, Praeger Publishers, 2000.
[4] Dupuis Déri F., L’Éthique du vampire. De la guerre d’Afghanistan et quelques horreurs du temps présent, Lux, 2007.

mardi, mars 03, 2009

Cause Commune #23

Le numéro 23 de Cause commune, le journal de l'Union communiste libertaire (UCL), est maintenant disponible sur le web. 4000 exemplaires papier de ce journal sont distribués gratuitement par des militantEs libertaires, membres ou non de l’organisation. Cause commune se veut un tremplin pour les idées anarchistes, en appui aux mouvements de résistance contre les patrons, les proprios et leurs alliés au gouvernement. Vous pouvez soumettre un texte ou nous faire part de vos commentaires en écrivant à journal@causecommune.net. Si le journal vous plaît et que vous voulez aider à le diffuser dans votre milieu, contactez le collectif de l’UCL le plus près de chez-vous.

Au sommaire du no 23

Manifestation du 8 mars

Les femmes réclament un nouvel ordre mondial : Fin à l’impérialisme, la guerre, les occupations, l’exploitation et la répression!

Pour la journée internationale des femmes, une invitation du comité du 8 mars des femmes de diverses origines.

Manifestation de rue,
ce dimanche, 8 mars, à 12h.
Carré Cabot (Sainte-Catherine / Atwater).


lundi, mars 02, 2009

Et une autre...

Une vidéo prise par une caméra de sécurité vient d'être rendue disponible sur internet, alors que s'ouvrait, vendredi, le procès du fumier.

Ça se passe le 29 novembre 2008, à Seattle. Une jeune fille de 15 ans, impliquée dans une histoire de vol de voiture, en mange toute une..!

Pour leur défense, le collègue de l'agresseur a affirmé que l'adolescente les avait traité de "gros porcs". Le batteur a pour sa part excusé son geste en affirmant, comme on peut le voir au tout début de la vidéo ci-dessous, que la fille l'aurait "blessé" en lui lançant sa chaussure. C'est vrai qu'il a l'air magané, le pauvre câlisse.



J'en profite pour vous réinviter à la 13ième journée internationale contre la brutalité policière, le 15 mars, et qui prendra cette année encore la forme d'une manifestation dans les rues de Montréal. L'appel est disponible sur le site du COBP.


samedi, février 28, 2009

Franchement...


Comme des milliers de Québécoises et de Québécois, je suis allé voir dernièrement le dernier film de Denis Villeneuve, Polytechnique. Ce film est basé, pour ceux et celles qui ne le savent pas, sur la tuerie survenue en décembre 1989 à l'école Polytechnique de Montréal. Un texte a déjà été écrit sur notre blogue à ce sujet → Mysogine, Lépine? Ben kin!

Si j'en reparle aujourd'hui, c'est qu'en le regardant j'ai été frappé par une grande colère. Bizarrement ce n'est pas en voyant un acteur tirer sur des femmes que c'est survenu (nous sommes peut-être un peu trop désensibilisé à cela, mais c'est un autre débat...) mais plutôt à la toute fin du film, juste avant le générique. On nous présente les noms des 14 femmes tuées cette journée, pour finir avec une petite phrase ressemblant à « ce film est aussi dédié à tout les étudiants et à tout les employés de l'école Polytechnique qui furent affectés par cet événement ».

Dites-le moi si vous trouvez que j'exagère, mais je trouve ça vraiment con de ne pas avoir pris la peine de féminiser cette petite phrase. On s'entend que les étudiantes et les employées étaient celles visées dans cette tuerie! Et que ce sont elles les plus « affectées par cet événement », même si je ne nie pas que des hommes témoins de ce carnage ont pu avoir des séquelles psychologiques. Il reste qu'entre être témoins et cibles, il y a une marge!

Les opposants (j'ai rarement parlé à des opposantes...) à la féminisation nous cassent toujours les oreilles en disant que cela alourdit le texte et en diminue la clarté, mais ici c'est une phrase seulement... C'est pour toutes ces raisons que je n'arrive pas à comprendre pourquoi ils (je suis presque certain que c'est des ils) ont pris la décision de ne pas féminiser cette petite phrase.

Le geste de Lépine était dirigé contre le féminisme. Sans comparer les deux, de refuser de féminiser nos textes pour des raisons obscures est aussi un geste contre le féminisme, car une toute petite phrase peut être très lourde de sens selon moi ; il reste énormément de travail à faire!

Petit texte de SUD Éducation (un syndicat français) sur la féminisation des textes :
Le pourquoi de la féminisation des textes

Divers textes à propos du drame de la Polytechnique :
sisyphe.org

jeudi, février 26, 2009

1er mai anticapitaliste


Vers un Premier Mai 2009 anticapitaliste à Montréal !

L'heure est grave. Le monde entier traverse une crise économique, environnementale et sociale sans précédent. Une crise qui a des répercussions désastreuses sur la vie de milliards d'êtres humains ; pertes massives d'emploi, baisses de salaires, faillites à la chaîne, sous-alimentation, appauvrissement, guerres et désespoir grandissant.

Comment en sommes-nous arrivés là? Comment des sociétés qui produisent autant de richesses peuvent-elles être plongées dans une insécurité économique d'une telle ampleur? La raison est simple, elle réside dans la fixation maladive de surenchère du profit des grands argentiers. C'est cette même fixation qui dicte les lois de la production, de la surconsommation, de l'endettement et de la spéculation.

Tous les soirs aux nouvelles, politicien-ne-s et hommes d'affaires nous servent la même vieille salade pourrie. Ils tentent de nous faire avaler qu'il ne s'agit là que d'un mauvais moment à passer et que le système capitaliste n'est pas à remettre en cause. Pour eux, la solution se trouve dans l'augmentation de la production, des réductions de salaires et de grasses subventions à leurs petits copains, les propriétaires d'industries polluantes et autres banquiers véreux.

Alors que ce sont ces mêmes banquiers qui nous ont mis dans le pétrin, alors que tout le monde s'entend pour dire qu'il est urgent de remédier au désastre écologique actuel et que plus d'un milliard de personnes souffrent de la faim, nos gouvernements préfèrent continuer de nous gaver de fausses illusions plutôt.

Parce que de toute façon, les répercussions de la crise, ce ne sont pas eux qui les vivent. Au contraire, ils profitent de la situation pour nous faire passer des mesures toujours à droite sous prétexte qu’il faut se serrer la ceinture; augmentation des tarifs d’électricité et de transports, coupe dans les programmes sociaux, privatisation de la santé etc. Ce qu’ils oublient de mentionner, c’est que pendant que le monde crève de faim, eux, continuent de vivre sur notre dos.

On ne se fera pas avoir par leurs menteries! Nous n'avons aucune raison d'espérer que les parlementaires et les gros bigshots de la finance mondiale vont nous tirer du gouffre dans lequel nous nous enfonçons, pour la simple et bonne raison que ça fait leur affaire. Et ce n'est pas la nomination d'Obama à la tête des États-Unis qui va y changer quelque chose.

Nous ne pouvons pas non plus nous contenter de petites réformettes gauchistes qui ne seraient rien de plus que de la vulgaire poudre aux yeux. Le problème, ce n'est pas la crise, c'est le capitalisme! Le capitalisme est un monde ou la majorité de la population souffre, où la guerre est un moyen comme un autre de faire de l'argent et ou la destruction de la planète est un « mal nécessaire » à un certain progrès.

Tant qu'on vivra dans un système fondé sur l'accumulation irrationnelle du profit et non sur les besoins humains, tant qu'on vivra dans une société qui permet à une infime minorité de concentrer une part grossièrement disproportionnée des richesses, et ce, au détriment des conditions de vie de la majorité d'entre-nous et de l'environnement, aucune issue n'est possible!

La vie peut et doit être meilleure. Nous devons nous organiser et lutter ensemble pour renverser ce système qui a fait son temps! Partout à travers le monde, le 1er mai, les travailleurs, les travailleuses, les sans-emploi et les opprimé-e-s manifestent contre la misère, la pauvreté et les injustices. Cette journée commémore le souvenir de la grève de Chicago en 1886. Les grévistes qui revendiquaient la réduction des heures de travail ont étés sévèrement réprimé-e-s, certain-e-s y laissèrent leur peau. Le 1er mai c'est aussi l'occasion de se rassembler et de dire qu'on en a assez de ce monde pourri.

Pour la première fois à Montréal, en 2008, une manifestation autonome et anticapitaliste était organisée sur une base unitaire à l'occasion de la Fête internationale des travailleuses et travailleurs. Une foule de plus de 800 personnes a pris la rue pour crier sa colère contre le statu quo. Cette manifestation a subi la répression policière, mais nous ne devons pas leur donner la satisfaction que leurs tactiques d'intimidation fonctionnent en restant sagement à la maison.

C'est pourquoi, cette année encore, nous appelons à la tenue d'un Premier Mai anticapitaliste à Montréal! Disons haut et fort que nous en avons assez de cette clique de privilégiés qui n'ont jamais assez de profits!

Les groupes signataires de cet appel vous invitent à vous joindre à eux et à mobiliser pour faire du Premier Mai 2009, une journée historique!
Pour information : 1ermai2008@gmail.com.

Une invitation des groupes suivants : La Pointe Libertaire, Le Parti communiste révolutionnaire, L’Union des Communistes Libertaires - Montréal, RASH, ANTIFA, ANARKIA, Le Comité des sans-emploi Montréal-Centre, La Coalition contre la Répression et les Abus Policiers.

lundi, février 23, 2009

Anarchists Against the Wall - Retour sur la conférence de samedi

Samedi dernier, 21 février, avait lieu à Montréal la conférence d'un membre du groupe Anarchists Against the Wall, un groupe israélien luttant contre l'apartheid en Israël et dans les territoires occupés. Nous vous présentons ici l'enregistrement audio de cette conférence en anglais, incluant la période de questions, pour une durée d'un peu plus de 90 minutes. Les photos et vidéos mentionnés durant la conférence peuvent être visionnées dans la section vidéo du site web d'AATW et sur ActiveStills.org.

Last Saturday, February 21st, was held in Montreal a conference by a member of the group Anarchists Against the Wall, an israeli group which struggles against apartheid in Israel and the occupied territories. We present here the recorded audio of this conference in English, including the question period, for a total of a little over 90 minutes. Photos and videos mentionned during the conference can be viewed on AATW's website and at ActiveStills.org.






L'objectif de cette conférence était de ramasser des fonds pour AATW. Pensez à faire un don si vous avez apprécié!

The objective of this conference was to raise funds for AATW. If you enjoyed it, please consider making a donation!

Le fichier podcast en format MP3 peut être téléchargé directement ici. You can directly download the MP3 podcast file here.

samedi, février 21, 2009

Une analyse de la crise économique.

Une excellente analyse de la crise économique sur un nouveau blogue: Le blog de PapaMarx. Un texte assez long, mais qui fait un survol assez complet de l'historique de l'évolution du capitalisme des accords de Bretton Woods jusqu'à la crise économique mondiale actuelle.

Le fruit de la misère ne tombe jamais loin de l’arbre de l’exploitation.
La crise économique commencée en 2008 a maintenant pris des proportions mondiales, et laisse désemparés les capitalistes et les États qui n’avaient pas su ou voulu en mesurer l’importance. Partout le chômage explose alors que des mobilisations sociales de plus en plus radicales et violentes se manifestent. De l’Europe de l’est à la Grèce, de l’Islande aux Antilles françaises, des États-Unis à la Chine, les troubles sociaux fusent en réaction à la crise qui prive les travailleurs de revenus, de logement, de nourriture.

Les classes dominantes tentent tant bien que mal de prendre la mesure d’une crise de plus en plus profonde et qui ne semble pas vouloir se résorber, alors que les plus populistes d’entre eux, Nicolas Sarkozy en tête, mettent la faute de la crise sur les excès du capitalisme, sur la finance immorale, sur un manque de réglementations. Bercés par l’espoir d’un rapide retour à la normale qui serait la conséquence de nouvelles règlementations et d’une moralisation du capitalisme, les politiciens et opportunistes de tout acabit peinent à voir ce que de plus en plus d’observateurs constatent: la crise actuelle marque la fin d’une époque.

Cette crise est le résultat d’une évolution normale et naturelle du capitalisme. Le fruit de la misère ne tombe jamais loin de l’arbre de l’exploitation. Du néolibéralisme caractéristique des trente dernières années à la financiarisation de l’économie, des hypothèques à risques américaines à la crise du papier commercial, de la crise alimentaire mondiale à la crise actuelle, il y a un enchaînement causal indéniable, propre au système capitaliste.

Comprendre la situation actuelle est le préalable à une action efficace. Ce texte veut en conséquence contribuer à une essentielle renaissance de la critique de l’économie politique.

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mercredi, février 18, 2009

Grève générale en Guadeloupe


** Au moment d'écrire ces lignes, les gendarmes ont remplacés les négociateurs dans le conflit qui perdure maintenant depuis plusieurs semaines en Guadeloupe. Les temps troubles ne font probablement que commencer pour les manifestants et les manifestantes qui méritent tout notre appui. Pour présenter une perspective différente des revendications "listes d'épiceries" présentées dans les médias bourgeois, nous vous proposons ici des extraits d'un manifeste de neuf intellectuels antillais. **

C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle –– à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj – qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé – est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

GRÈVE LÉGITIME

Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

Dès lors, derrière le prosaïque du "pouvoir d'achat" ou du "panier de la ménagère", se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

(...)Quant à l'idée du "plein emploi", elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple "emploi", et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation. Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s'envisagera en "tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue". Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création – créaconsommation. En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.

Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William

Vous pouvez lire le texte dans son intégralité sur le site de Rue89

lundi, février 16, 2009

Mysogine, Lépine? Ben kin!


Polytechnique est sorti au cinéma. Tout le monde en parle, donne son avis sur les causes, les motifs et tralala. Un peu comme si ça venait tout juste de se passer, comme si on y avait assisté une deuxième fois. Jusque là, rien de bien étonnant face à un film "fait vécu" de cette envergure..

Ce matin, j'ai steppé en lisant Daniel, du Journal Logique, qui posait la question suivante : "Marc Lépine... un misogyne?" Au-delà des contradictions mal ficelées du texte, il nous partage son analyse : il était fou, ce n'était pas un geste mysogine et antiféministe, il aurait aussi bien pu se faire une psychose contre les écureuils.

J'vous invite donc à faire une lecture de la lettre de Lépine :
« Excusez les fautes. J’avais 15 minutes pour l’écrire (Voir aussi annexe)

Veillez noter que si je me suicide aujourd’hui 89/12/06 ce n’est pas pour des raisons économiques (car j’ai attendu d’avoir épuisé tout mes moyens financiers refusant même de l’emploi) mais bien pour des raisons politiques. Car j’ai décidé d’envoyer Ad Patres les féministes qui m’ont toujours gaché la vie. Depuis 7 ans que la vie ne m’apporte plus de joie et étant totalement blasé, j’ai décidé de mettre des bâtons dans les roues à ces viragos.

J’avais déjà essayés dans ma jeunesse de m’engager dans les Forces comme élève-officier, ce qui m’aurais permit de possiblement pénétrer dans l’arsenal et de procédé Lortie dans une rassia. Ils m’ont refusé because associàl. J’ai donc attendu jusqu’a ce jour pour mettre à exécution mes projets. Entre temps, j’ai continué mes études au grès du vent car elles ne m’ont jamais intéressée sachant mon destin à l’avance. Ce qui ne m’a pas empécher d’avoir de très bonnes notes malgré ma théorie de travaux non remis ainsi que la carence d’étude avant les examens.

Même si l’épitète Tireur Fou va m’être attribué dans les médias, je me considère comme un érudit rationnel que seul la venu de la Faucheuse on amméné à posé des gestes extrèmistes. Car pourquoi persévéré à exister si ce n’est que faire plaisir au gouvernement. Etant plûtot passéiste (Exception la science) de nature, les féministes ont toujours eux le dont de me faire rager. Elles veulent conserver les avantages des femmes (ex. assurances moins cher, congé de maternité prolongé précédé d’un retrait préventif, etc.) tout en s’accaparant de ceux des hommes.

Ainsi c’est une vérité de la palice que si les Jeux olympiques enlevaient la distinction Homme/Femme, il n’y aurait de Femmes que dans les compétitions gracieuses. Donc les féministes ne se battent pas pour enlever cette barrière. Elles sont tellement opportunistes qu’elles ne négligent pas de profiter des connaissances accumuler par les hommes au cours de l’histoire. Elles essai toutefois de travestir celles-ci toute les fois qu’elles le peuvent. Ainsi l’autre jour j’ai entendu qu’on honoraient les canadiens et canadiennes qui ont combattus au front pendant les guerres mondiales. Comment expliquer cela alors que les femmes n’étaient pas autorisés à aller au front ??? Va-t-on entendre parler des légionnaires et galériennes de César qui naturellement occuperont 50% des effectifs de l’histoire malgré qu’elles n’a jamais exister. Un vrai Casus Belli.

Désoler pour cette trop compendieuse lettre.

Marc Lépine »

Annexe

[Suit une liste de 19 noms]

Ont toutes Failli disparaitre aujourd’hui. Le manque de temps (car je m’y suis mis trop tard) à permis que ces féministes radicals survives. Alea Jacta Est

Source : La Presse, le 24 novembre 1990

Moi j'trouve ça plutôt clair et limpide comme lettre de motivation! Pas besoin de chercher trop loin pour sentir sa haine irrationnelle des féministes... Ce genre d'événement n'est que la triste conséquence d'un système de domination des hommes sur les femmes, qui se manifeste quotidiennement, en public comme en privé. Et on voudrait nous faire avaler que le féminisme n'a plus sa place..?

dimanche, février 15, 2009

Notre position officielle sur la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham*


Ce débat là, c'est n'importe quoi!

Sérieux, il faut vraiment qu'il ne se passe pas grand chose d'intéressant au Québec et que les Canadiens perdent sans arrêt pour que la grosse controverse « palpitante » de la semaine concerne cette maudite reconstitution historique de la fois où les Français se sont fait sacrés une volée par les Anglais sur les plaines d'Abraham, il y a de cela 250 ans...

C'est quoi l'idée au juste? Les souverainistes sont nostalgiques quand ils pensent à cette bataille charnière de notre histoire car ils auraient préférés rester une belle colonie Française? Il faudrait peut-être qu'ils se payent une petite discussion avec des Algériens ou des Martiniquais, question de comprendre que l'impérialisme colonial Français n'a jamais eu rien à envier à celui des Anglais en matière d'exploitation et de cruauté.

Le mouvement souverainiste doit être sérieusement à court d'idées pour être rendu à monter en épingle des débats puériles sur des reconstitutions historiques. Quoique cela a toujours un peu été leur truc de tenter de mousser la ferveur de leur option en évoquant le passé, étant donné qu'ils sont complètement incapables de l'ancrer dans le contexte social actuel! Ils préfèrent nous endormir avec les beaux récits des Patriotes, de l'époque du « speak white » et des beaux discours de René Lévesque...

Ce qui est le plus drôle dans toute cette histoire, c'est aussi que tout cela survient au beau milieu d'une prise de becs entre les ténors du mouvement souverainiste et le président Français Nicolas Sarkozy. Maintenant que Sarkozy leur a dit en termes plus poli l'équivalent de « cassez-vous pov' connards », les indépendantistes doivent moins rêver à revenir en arrière pour botter le derrière des anglais afin d'avoir le privilège d'être dirigés par Sarko...

Ni Québec, Ni Canada!
Contre tout les nationalismes!


*Vous avez probablement compris que ceci n'est pas une position officielle pour vrai! C'est ridicule, donc on en parle juste pour rire de ce débat stupide...

jeudi, février 12, 2009

13e journée internationale contre la brutalité policière


*** On va certainement vous en reparler avant le 15 mars, mais vous pouvez tout de suite l'inscrire dans vos agendas! ***

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est en pleine ébullition. Les dossiers en cours sont, à l’image de leurs revolvers, chargés, et les gardiens de la paix sociale ont les nerfs à vif. La demande de renouvellement de leur convention collective nous a permis de les surprendre sous leur vrai visage : il n’y a rien d’étonnant à les voir parader en vêtements militaires, et c’est là un geste significatif envers la population de Montréal. La police a, en plus du doigt, le droit sur la gâchette.

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MANIFESTATION: Le DIMANCHE 15 MARS 2009, 14 h
Métro Mont-Royal
(Soyez ponctuel(le)s!)
Une initiative du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP)
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15 mars: 13e journée internationale contre la brutalité policière

« Notre boulot, à la police, c'est la répression. Nous n'avons pas besoin d'un agent socio-communautaire comme directeur, mais d'un général. Après tout, la police est un organisme paramilitaire, ne l'oublions pas.»
Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est en pleine ébullition. Les dossiers en cours sont, à l’image de leurs revolvers, chargés, et les gardiens de la paix sociale ont les nerfs à vif. La demande de renouvellement de leur convention collective nous a permis de les surprendre sous leur vrai visage : il n’y a rien d’étonnant à les voir parader en vêtements militaires, et c’est là un geste significatif envers la population de Montréal. La police a, en plus du doigt, le droit sur la gâchette.

En effet, personne n’a oublié les événements du 9 août 2008. En début de soirée, alors qu’il jouait dans un parc avec son frère et ses amis, Fredy Villanueva, 18 ans, était abattu à bout portant par l’agent Jean-Loup Lapointe, accompagné par sa complice Stéphanie Pilotte. Non satisfait d’en avoir tué un, Lapointe a également blessé deux jeunes présents, dont l’un d’une balle dans le dos. Il faut que ce soit clair : il s’agit d’un meurtre et l’agent Lapointe doit être considéré comme un assassin. Des accusations au criminel doivent être portées. Beaucoup ont cherché à faire croire qu’il s’agit d’un acte isolé, d’une rare bavure qui ne met pas en doute l’intégrité de la police. Néanmoins, le flic n’est jamais seul. C’est toute l’institution de la police et le corps policier dans son ensemble qui sont responsables d’une telle situation : depuis 1987, Fredy Villanueva est la 43e victime du SPVM. Aucun policier n’a été reconnu coupable d’homicide volontaire ou involontaire. Tous les policiers et toutes les policières impliquéEs ont fini par réintégrer leurs fonctions. C’est ce qui explique pourquoi on peut encore croiser la route d’un flic comme Dominic Chartier, tueur de Yvon Lafrance en 1989 et impliqué dans la mort de Martin Suazo en 1995, ayant à son actif au moins six plaintes en déontologie, et toujours, malgré tout, moniteur de tir pour le SPVM.

La Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM), avec à sa tête l’énergumène Yves Francoeur dans le rôle du parrain, a pour fonction de couvrir tous les méfaits de ses membres, tel un syndicat du crime. Systématiquement, elle cherche à empêcher la tenue d’enquêtes publiques, et, à plusieurs reprises, elle a gêné le travail de coroners. Alors que, récemment, le SPVM déposait une proposition d’interdiction de tout port de masque dans les manifestations, on est en droit de se demander qui souhaite ne pas laisser tomber le sien. Si les flics ne veulent pas d’enquêtes publiques, c’est sans aucun doute parce qu’ils ont quelque chose à se reprocher, comme dans le cas toujours d’actualité de Mohammed Anas Bennis, tué en 2005 et dans lequel la FPPM entrave tout processus public. La Fraternité, et l’écrasante majorité de la police avec elle, radicalise apparemment ses positions, notamment par la voix de son chef qui a déclaré que l’agent Lapointe « avait bien fait son travail ».

C’est que la police souhaite montrer l’exemple dans la crise sociale actuelle. Elle aspire à jouer son rôle répressif qui remet les choses dans le bon ordre. Pour ce faire, certaines personnes doivent en payer le prix. Les responsables politiques qui contrôlent l’action de la police savent trouver les coupables quand il s’agit de protéger leurs propres intérêts : ce sont, entre autres, des « minorités visibles » qui appartiennent à des « gangs de rues » vivant dans un « Bronx » cataclysmique. Ce profilage social et racial est quotidien dans les quartiers populaires de Montréal. À Saint-Michel, Montréal-Nord et ailleurs, le simple fait de porter certains vêtements fait de nous des criminels, quand ce n’est pas la couleur de peau. La très institutionnelle Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec semble le reconnaître depuis sa déclaration, l’année passée, selon laquelle le SPVM est coupable de « profilage et de pratiques discriminatoires ». Les jeunes de ces quartiers sont jugés par des incapables et traités comme tels. C’est sans compter sur la discrimination scandaleuse dont sont toujours victimes les sans-abri, apparemment coupables de ne pas posséder de toit au-dessus de leur tête. La police, qui, elle, ne semble rien avoir dans la sienne, trouve encore raisonnable de taxer les itinérantEs de tickets qu’ils seront incapables de payer, et ainsi les criminaliser.

La population fait les frais de la Justice lorsqu’elle est attaquée par ses agents armés. En dépit de sa possession d’arme à feu et autres gadgets répressifs tels la matraque ou le poivre de Cayenne, voici maintenant le pistolet à décharges électriques, le Taser. Responsable de près de 300 décès en Amérique du Nord depuis 2001, le SPVM s’en est notamment servi pour tuer Quilem Registre en 2007, et continue de l’utiliser malgré une expertise ordonnée en décembre par le ministre de la Sécurité publique Jacques Dupuis. Certains de ces pistolets émettent un courant jusqu’à 50% plus élevé que prévu. Mais qui nous protège de la police ? En plus de pouvoir être tuéEs et emprisonnéEs en toute légalité, il faut aussi savoir être sage et ne pas dire un mot. Surtout : pas d’insultes, comme le suggère le SPVM à la Ville de Montréal. En effet, un mot de trop et ce sera bientôt une contravention de plus. Il est d’ailleurs à la portée de chacunE de constater que ces nouveaux règlements municipaux – anti-masques et anti-insultes – désirés par le SPVM visent clairement, comme l’a rapporté leur porte-parole Paul Chablo, à cibler deux manifestations particulières, soient la Journée Internationale des travailleurs et des travailleuses du 1er mai, ainsi que la journée du 15 mars. En plus d’être incohérents et sujets à interprétations, ces deux règlements nous prouvent qu’il existe une volonté de profilage politique. Pire encore est le cas de Benjamin Nottaway, chef algonquin de la communauté du Lac Barrière, emprisonné depuis novembre après une manifestation pacifique visant à dénoncer les politiques néo-coloniales du gouvernement.

Pourtant, si on cherche à résoudre le problème, il va falloir s’attarder sur ses causes véritables. La pauvreté gérée par le gouvernement fait écho à la richesse des beaux quartiers, beaucoup plus calmes, moins populeux et disposant pour certains de leur propre sécurité privée. L’instabilité économique et sociale a des conséquences qui sautent de plus en plus aux yeux. Ailleurs comme ici, c’est la même logique qui maintient le système en place et, tout comme la police assassine au Québec, elle le fait également à travers le globe, à chaque endroit où elle doit assumer un rôle d’oppression. Deux événements récents ont capté notre attention, en l’occurrence le meurtre en Grèce de Alexandros Grigoropoulos et celui d’Oscar Grant à Oakland aux États-Unis, tous deux étant l’œuvre des forces de l’ordre. Dans les deux cas, et tout comme à Montréal-Nord, une révolte a pris forme dans les rues, culminant à un état proche de l’insurrection dans le cas de la Grèce. Dans ce dernier cas, les deux flics assassins ont été accusés au criminel. Cela nous montre qu’une fois de plus, il faut savoir réagir face à l’injustice, et que seule une forte réaction populaire peut réellement faire changer les choses. La Journée internationale contre la brutalité policière du 15 mars est justement un moment que nous saisissons pour signifier notre refus de cautionner l’impunité de la police et notre opposition face au système qui la maintient et la légitime. C’est un premier pas vers une contestation générale d’un monde sans avenir si la passivité l’emporte.

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MANIFESTATION: Le DIMANCHE 15 MARS 2009, 14 h
Métro Mont-Royal
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Justice pour toutes les victimes de l’impunité et de la brutalité policières !
Pas de justice, pas de paix !

Collectif Opposé à la Brutalité Policière
Collective Opposed to Police Brutality
(514) 395-9691
cobp@hotmail.com
http://cobp-mtl.ath.cx/
Montréal, Québec, Canada