dimanche, septembre 23, 2012

Réflexion Post-Grève

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Post-grève

La grève est maintenant terminée, faut-il pour autant abandonner le combat? Il est évident que non!

Nous avons à peine réussi à freiner le recul social, nous sommes loin d’une lutte vers un progrès social. La hausse des frais de scolarité est abolie scande la nouvelle première ministre du Québec, Pauline Marois, fait également répété par les médias de masse. Cependant, les frais de scolarité seront de 2168$ pour l'année scolaire de 2012-2013, ce qui représente une hausse importante. En 2007, l'année où la hausse des frais de scolarité commença, les frais étaient de 1668$ par année scolaire universitaire. C'est donc dire que la première ministre a seulement annulé la deuxième vague de hausse en méprisant le fait que les frais de scolarité sont en hausse depuis 2007. En bref, les étudiantes et étudiants auront à encaisser 500$ de hausse, dans «l'annulation de la hausse» du Parti Québécois. La première ministre dit également ouvertement qu’elle ne croit pas à la gratuité scolaire et qu’elle veut indexer les frais de scolarité au coût de la vie.

 

Nous vivons actuellement dans un recul social important camouflé par une victoire étudiante remportée par les urnes via un système «démocratique» désuet qui a plutôt les allures d’une ploutocratie. L’indexation des frais de scolarité est l’une des pires choses qui puisse arriver aux étudiantes et étudiants. Elle est peu visible, mais efficace, elle est trop petite pour mobiliser un grand bassin de grévistes comme ce fut le cas lors de la courante grève, mais défait petit à petit les combats passés des étudiantes et étudiants qui ont obtenu à plusieurs reprise le gel des frais de scolarité. Sans ces gels répétés depuis les années 1970,  nous nous retrouverions dans les mêmes tranches de frais de scolarité que le restant du Canada et nous ne pourrions pas nous vanter d’avoir les études supérieures les plus accessibles du Canada. C'est ce que l'on dit cependant, lorsqu'on regarde l'Indice du coût des études calculé en fonction du salaire médian et le coût moyen des études, c'est Terre-Neuve qui a les études universitaires les plus accessibles.[1] L'éducation québécoise est accessible, peut-être, mais pas pour tous! Nous devrions avoir honte en se comparant à d’autres endroits dans le monde.

 Jean Charest lui-même parlait, lors de son premier mandat, de geler les frais de scolarité, alors faut-il vraiment se réjouir de la nouvelle venue qui veut indexer les frais de scolarité? Non. Il faut plutôt préparer le terrain pour que la gratuité scolaire ne soit plus un second objectif de nos luttes. Nos luttes doivent sortir du carcan réactionnaire dans lequel elles se sont empêtrée face aux à affronts gouvernementaux et aller de l’avant.

Voici quelques priorités qu’il faut immédiatement travailler, selon-moi, afin de préparer le terrain pour parvenir à cet objectif.


1.                  Officialiser le droit de grève des étudiants.
La lutte contre les établissements scolaires et le gouvernement qui ne reconnaissent pas le droit de grève des étudiantes et étudiants est une énorme perte d’énergie pour les militantes et militants et, dans certain cas, une perte directe de leur session (pour les étudiantes et étudiants qui entendent faire respecter leur droit de grève pris en assemblée générale). C’est le cas des étudiantes et étudiants de Concordia  qui ont participéEs à la grève, mais qui n’ont pratiquement jamais vue celle-ci respectée. Leur recteur fut l’un des plus grands violateurs de la grève appelant les professeures et professeurs à donner leur cours, malgré la décision démocratique étudiante. Ces appels furent répétés dans toutes les Universités où des mandats de grève ont été votés. On alla mêmes été jusqu’à envoyer la police a l’intérieur des murs des Universités soit le 27 et 28 août à l’UdeM, mais également précédemment à l’UQO et de l’UQAC. Des militantes et militants ont alors été arrêtéEs et judiciariséEs pour des motifs ridicules.

2.                 Se désaffilier des fédérations et créer des associations plus combatives ou rejoindre l’ASSÉ.
On dit souvent que les fédérations étudiantes (FECQ, FEUQ) sont les club-écoles du Parti Québécois, et bien nous en avons un exemple des plus frappants. Léo Bureau-Blouin qui était le président de la FECQ pendant la majeure partie de la grève étudiante et donc l’un des représentants les plus vus de la grève, ne s’est pas gêné pour démontrer son attachement à ce parti en contradiction avec plusieurs revendications du mouvement étudiants. Au contraire, il n’a même pas attendu le dénouement de la grève pour se joindre au PQ et ainsi devenir un de leur candidat vedette. Il y a là un énorme conflit d’intérêt lorsqu’une personne supposée représenter les étudiantes et étudiants a aussi comme objectif d’augmenter son capital politique et de faire avancer les intérêts d’un parti. Pas étonnant que les fédérations étudiantes appelaient à aller voter plutôt qu’à la poursuite de la grève. Le Parti Québécois et leur candidat vedette appelaient pendant ce temps au vote stratégique. Les associations étudiantes se doivent d’être apolitiques comme ce fut le cas de la CLASSE. Dans cette lignée d’idée, je crois que les étudiantes et étudiants de l’UdeM qui ont participéEs activement à la grève doivent se désaffilier de la FAÉCUM et former une association parallèle plus combative qui pourra être associée ou non à l’ASSÉ. Les associations de l’UdeM qui ont tenu la grève jusqu’au bout (Histoire de l’art, Anthropologie, Étude Est-asiatique, Jeu vidéo, Étude cinématographique, Étude de littérature comparée) devront jouer un rôle de leader dans la formation de cette nouvelle association étudiante, tout en incluant tous les autres associations qui été très combatives tout au long de la grève dans la démarche de formation de celle-ci.

3.                  Préparer une grève offensive et non réactionnaire.
 En observant les grèves passées, on remarque qu’elles se sont toutes faites en réaction à un recul de la situation de la population estudiantine. On parle alors de la gratuité scolaire comme une perspective et non pas un objectif de la grève. Il faut dorénavant se concentrer sur une grève offensive où le principal enjeu sera cette gratuité scolaire. Cette grève devra miser sur la qualité du bassin de grévistes et non pas nécessairement sur sa grande quantité. Un minimum d’étudiantes et d’étudiants devront former ce bassin, mais ceux-ci devront être prêtEs à aller jusqu’au bout. Un bassin qui ne se laissera pas effrayer par des menaces d’annulation de sessions ou par la répression policière, c’est ce que j’entends par qualité du bassin de grévistes. Un bassin populeux qui comprend un grand nombre de grévistes ayant entré en grève par une mince marge s’effondrera face aux premières difficultés qui l’affecteront. Ceci donnera l’impression d’une perte d’appui à la cause et découragera les associations les plus militantes de continuer le combat. Ce fut le cas lorsque le Cégep-du-Vieux et le Cégep de Saint-Laurent ont vu tous les autres cégeps les abandonner. Un plancher de grévistes convaincu d’aller jusqu’au bout de 35 000 personnes, serais pour moi un objectif à atteindre avant d’entrer dans cette grève offensive.


Ces trois points, sans être les seuls, font partie de ce qui devrait être envisagé pour l’après-grève. Camarades, ne nous endormons pas sur cette fausse victoire, mais profitons plutôt de ce moment d’ébullition sociale pour faire avancer notre objectif principal en tant qu’étudiante et étudiant qu’est l’accomplissement d’une accessibilité égale pour toutes et tous à l’éducation peu importe le niveau. Pour cela l’objectif est la gratuité scolaire, non pas celle que l’on crie dans un slogan sans trop y croire, mais celle qui se doit d’être en vigueur dans les plus brefs délais.
Camarades, continuons le combats jusqu’à la réelle victoire!




[1]MACDONALD, David et Erika SHAKER, «Education and the high Cost of Learning», CENTRE CANADIEN de POLITIQUES ALTERNATIVES, Septembre 2012, http://www.policyalternatives.ca/sites/default/files/uploads/publications/National%20Office/2012/09/Eduflation%20and%20High%20Cost%20Learning.pdf

7 commentaires:

El Pollo a dit…

Pourquoi ne pas commencer par maintenir ce que nous avons gagné pendant le Sommet sur l'éducation? Un bon plan non? Un peu plus réaliste aussi...

Je tiens également à déplorer le merveilleux discours qui tourne autour de la gratuité scolaire. C'est bien beau vouloir l'université gratuite, mais qu'elle université voulons-nous? Les thèmes de la marchandisation et de l'économie du savoir sont malheureusement trop souvent laissé de côté, et ce pour une bonne raison! Il est facile de parler d'argent et de dire : «ça va coûter plus cher!!!», mais moindrement que l'on rentre dans un argumentaire plus sérieux sur le devenir des universités on rentre dans les chiffres et les grosses analyses.
Bien moins populiste comme lutte...

Finalement, bien que nous soyons dans un «moment d’ébullition sociale», il est important de voir à long terme. Rien ne sert de mener une campagne sur un an: on l'a bien vu, une grève, ça se prépare deux-trois ans avant. Laissons-nous un peu de temps après le Sommet pour prendre du recul et souffler, on verra bien par la suite.

Nora a dit…

Je n'ai pas l'habitude de corriger les fautes dans les blogs ou les articles en ligne. En fait, c'est ma première fois. Mais, puisque le sujet de cette réflexion se rapporte à l'éducation, je crois que mon commentaire a toute sa pertinence. Je ne commenterai pas du tout le contenu de la réflexion. Par contre, il est évident que l'auteur aurait eu avantage à réaliser l'importance de l'éducation alors qu'il apprenait la grammaire à la petite école et au secondaire. Je trouve déplorable, pratiquement scandaleux, que l'on puisse porter un jugement sur un système d'éducation alors que l'on ne maîtrise même pas sa propre langue. Je ne parle pas de quelques fautes par-ci par-là, de quelques coquilles. En fait, je n'ai relevé ci-dessous que les fautes graves. Mais il y a également de nombreuses erreurs syntaxiques. Pour souligner les erreurs clairement, j'ai utilisé des crochets. (Le message est en plusieurs parties, puisqu’il y a une limite de caractères pour les commentaires.)

La grève est maintenant terminée, faut-il pour autant abandonner le combat? Il est évident que non!

Nous avons à peine réussi à freiner le recul social, nous sommes loin d’une lutte vers un progrès social. La hausse des frais de scolarité est abolie [virgule] scande la nouvelle première ministre du Québec, Pauline Marois, fait également répété par les médias de masse. Cependant, les frais de scolarité seront de 2168$ pour l'année scolaire de 2012-2013, ce qui représente une hausse importante. En 2007, l'année où la hausse des frais de scolarité commença, les frais étaient de 1668$ par année scolaire universitaire. C'est donc dire que la première ministre a seulement annulé la deuxième vague de hausse en méprisant le fait que les frais de scolarité sont en hausse depuis 2007. En bref, les étudiantes et étudiants auront à encaisser 500$ de hausse, dans «l'annulation de la hausse» du Parti Québécois. La première ministre dit également ouvertement qu’elle ne croit pas à la gratuité scolaire et qu’elle veut indexer les frais de scolarité au coût de la vie.

Nora a dit…

Nous vivons actuellement dans un recul social important camouflé par une victoire étudiante remportée par les urnes via un système «démocratique» désuet qui a plutôt les allures d’une ploutocratie. L’indexation des frais de scolarité est l’une des pires choses qui puisse arriver aux étudiantes et étudiants. Elle est peu visible, mais efficace, elle est trop petite pour mobiliser un grand bassin de grévistes comme ce fut le cas lors de la courante grève, mais défait petit à petit les combats passés des étudiantes et étudiants qui ont obtenu à plusieurs reprise[s] le gel des frais de scolarité. Sans ces gels répétés depuis les années 1970, nous nous retrouverions dans les mêmes tranches de frais de scolarité que le restant du Canada et nous ne pourrions pas nous vanter d’avoir les études supérieures les plus accessibles du Canada. C'est ce que l'on dit cependant, lorsqu'on regarde l'Indice du coût des études calculé en fonction du salaire médian et le coût moyen des études, [erreur dans la structure de la phrase] c'est Terre-Neuve qui a les études universitaires les plus accessibles. [1] L'éducation québécoise est accessible, peut-être, mais pas pour tous! Nous devrions avoir honte en se comparant à d’autres endroits dans le monde.

Jean Charest lui-même parlait, lors de son premier mandat, de geler les frais de scolarité, alors faut-il vraiment se réjouir de la nouvelle venue qui veut indexer les frais de scolarité? Non. Il faut plutôt préparer le terrain pour que la gratuité scolaire ne soit plus un second objectif de nos luttes. Nos luttes doivent sortir du carcan réactionnaire dans lequel elles se sont empêtrée[s] face aux à [mot de trop] affronts gouvernementaux et aller de l’avant.

Voici quelques priorités qu’il faut [« sur lesquelles » plutôt que « qu’ »] immédiatement travailler, selon-moi [selon moi], afin de préparer le terrain pour parvenir à cet objectif.

Nora a dit…

1. Officialiser le droit de grève des étudiants.
La lutte contre les établissements scolaires et le gouvernement qui ne reconnaissent pas le droit de grève des étudiantes et étudiants est une énorme perte d’énergie pour les militantes et militants et, dans certain[s] cas, une perte directe de leur session (pour les étudiantes et étudiants qui entendent faire respecter leur droit de grève pris [on ne « prend » pas, on « vote »] en assemblée générale). C’est le cas des étudiantes et étudiants de Concordia qui ont participéEs [participé] à la grève, mais qui n’ont pratiquement jamais vue [vu] celle-ci respectée. Leur recteur fut l’un des plus grands violateurs de la grève [virugle] appelant les professeures et professeurs à donner leur cours, malgré la décision démocratique étudiante. Ces appels furent répétés dans toutes les Universités [universités] où des mandats de grève ont été votés. On alla mêmes [même] été [faut choisir : « on alla même » ou « on a même été »] jusqu’à envoyer la police a [à] l’intérieur des murs des Universités [universités] soit le[s] 27 et 28 août à l’UdeM, mais également précédemment à l’UQO et de [à] l’UQAC. Des militantes et militants ont alors été arrêtéEs [arrêtés] et judiciariséEs [judiciarisés] pour des motifs ridicules.

2. Se désaffilier des fédérations et créer des associations plus combatives ou rejoindre l’ASSÉ.
On dit souvent que les fédérations étudiantes (FECQ, FEUQ) sont les club-écoles du Parti Québécois, et bien nous en avons un exemple des plus frappants. Léo Bureau-Blouin qui était le président de la FECQ pendant la majeure partie de la grève étudiante et donc l’un des représentants les plus vus de la grève, ne s’est pas gêné pour démontrer son attachement à ce parti en contradiction avec plusieurs revendications du mouvement étudiants [étudiant]. Au contraire, il n’a même pas attendu le dénouement de la grève pour se joindre au PQ et ainsi devenir un de leur candidat vedette. Il y a là un énorme conflit d’intérêt lorsqu’une personne supposée représenter les étudiantes et étudiants a aussi comme objectif d’augmenter son capital politique et de faire avancer les intérêts d’un parti. Pas étonnant que les fédérations étudiantes appelaient à aller voter plutôt qu’à la poursuite de la grève. Le Parti Québécois et leur candidat vedette appelaient pendant ce temps au vote stratégique. Les associations étudiantes se doivent d’être apolitiques comme ce fut le cas de la CLASSE. Dans cette lignée d’idée[s], je crois que les étudiantes et étudiants de l’UdeM qui ont participéEs [participé] activement à la grève doivent se désaffilier de la FAÉCUM et former une association parallèle plus combative qui pourra être associée ou non à l’ASSÉ. Les associations de l’UdeM qui ont tenu la grève jusqu’au bout (Histoire de l’art, Anthropologie, Étude Est-asiatique, Jeu vidéo, Étude cinématographique, Étude de littérature comparée) devront jouer un rôle de leader dans la formation de cette nouvelle association étudiante, tout en incluant tous [toutes] les autres associations qui [ont] été très combatives tout au long de la grève dans la démarche de formation de celle-ci.

Nora a dit…

3. Préparer une grève offensive et non réactionnaire.
En observant les grèves passées, on remarque qu’elles se sont toutes faites en réaction à un recul de la situation de la population estudiantine. On parle alors de la gratuité scolaire comme une perspective et non pas un objectif de la grève. Il faut dorénavant se concentrer sur une grève offensive où le principal enjeu sera cette gratuité scolaire. Cette grève devra miser sur la qualité du bassin de grévistes et non pas nécessairement sur sa grande quantité. Un minimum d’étudiantes et d’étudiants devront former ce bassin, mais ceux-ci devront être prêtEs [prêts] à aller jusqu’au bout. Un bassin qui ne se laissera pas effrayer par des menaces d’annulation de sessions ou par la répression policière, c’est ce que j’entends par qualité du bassin de grévistes. Un bassin populeux qui comprend un grand nombre de grévistes ayant [étant] entré[s] en grève par une mince marge s’effondrera face aux premières difficultés qui l’affecteront. Ceci donnera l’impression d’une perte d’appui à la cause et découragera les associations les plus militantes de continuer le combat. Ce fut le cas lorsque le Cégep-du-Vieux et le Cégep de Saint-Laurent ont vu tous les autres cégeps les abandonner. Un plancher de grévistes convaincu[s] d’aller jusqu’au bout de 35 000 personnes, [pas de virgule, ou alors en rajouter une seconde devant le « de »] serais pour moi un objectif à atteindre avant d’entrer dans cette grève offensive.


Ces trois points, sans être les seuls, font partie de ce qui devrait être envisagé pour l’après-grève. Camarades, ne nous endormons pas sur cette fausse victoire, mais profitons plutôt de ce moment d’ébullition sociale pour faire avancer notre objectif principal en tant qu’étudiante et étudiant qu’est l’accomplissement d’une accessibilité égale pour toutes et tous à l’éducation peu importe le niveau. Pour cela [virgule] l’objectif est la gratuité scolaire, non pas celle que l’on crie dans un slogan sans trop y croire, mais celle qui se doit d’être en vigueur dans les plus brefs délais.
Camarades, continuons le combats jusqu’à la réelle victoire!

Rodolphe Coulon a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
mesrine a dit…

c'est parce qu'on a pas été a l'école qu'on défend le droit a l'éducation Nora...