jeudi, mars 21, 2013

Action Directe | Victor Griffuelhes et l’action syndicaliste

tiré de Critique-Sociale.info

Victor Griffuelhes (1874-1922) est une figure majeure du syndicalisme du début du XXe siècle. Ouvrier cordonnier, d’abord militant socialiste, il se consacra ensuite à l’action syndicale. Elu secrétaire de la CGT naissante, il contribua à la développer sur une orientation syndicaliste- révolutionnaire. 

Il fut l’un des rédacteurs de la Charte d’Amiens, adoptée par la CGT en 1906 – et encore considérée aujourd’hui comme une référence par beaucoup de militants. Nous publions ci-dessous des extraits de sa brochure « L’Action syndicaliste », publiée en 1908. Le texte complet est en ligne sur le site pelloutier.net

« Action directe veut dire action des ouvriers eux-mêmes, c’est-à-dire action directement exercée par les intéressés. C’est le travailleur qui accomplit lui-même son effort ; il l’exerce personnellement sur les puissances qui le dominent, pour obtenir d’elles les avantages réclamés. Par l’action directe, l’ouvrier crée lui-même sa lutte ; c’est lui qui la conduit, décidé à ne pas s’en rapporter à d’autres qu’à lui-même du soin de le libérer.

Et comme les définitions théoriques ne suffisent pas pour montrer ce que nous entendons par action directe, il faut citer en exemple l’agitation faite en France pour la libération du capitaine Dreyfus. Si on eût attendu du seul effet de la légalité cette libération, il est certain qu’elle ne serait pas un fait accompli. C’est grâce à une agitation, par une campagne de presse, par meetings, réunions, manifestations, démonstrations dans la rue qui furent, en quelques circonstances, des massacres, que l’opinion publique fut saisie et que fut préparée une disposition d’esprit favorable à la cause du forçat. C’est la foule soulevée qui fit pression sur les pouvoirs constitués, et la lourde machine judiciaire, mise en mouvement, rendit à la liberté le capitaine. […] 

L’action ouvrière pour nous n’est donc qu’une manifestation continue de nos efforts. Nous disons que la lutte doit être de tous les jours et que son exercice appartient aux intéressés. Il y a, par conséquent, à nos yeux, une pratique journalière, qui va chaque jour grandissant, jusqu’au moment où, parvenue à un degré de puissance supérieur, elle se transformera en une conflagration que nous dénommons grève générale, et qui sera la révolution sociale. […] 

Si la vie ouvrière s’exerce et s’alimente à l’atelier et à l’usine, le mouvement syndical en est l’expression. Les préoccupations intimes du travailleur, provoquées par les conditions de travail qui lui sont faites chez le patron et dont il constate les durs effets dans son foyer, trouvent leur tribune et leur écho dans le syndicat. 

Et malgré les défauts de ces groupements – défauts qu’en grande partie l’on pourrait attribuer à la fausse éducation sociale donnée à l’ouvrier – ils sont bien l’émanation, je dirai la physionomie de la vie ouvrière, dont l’organisation politique peut s’inspirer, sans la pouvoir représenter.

Aujourd’hui, nul ne songe et nul n’oserait contester la nécessité du mouvement syndical, mais on voudrait limiter son effort en le subordonnant à des forces extérieures, alors qu’on devrait reconnaître qu’à un mouvement qui va croissant, il faut des moyens d’action tirés des formes mêmes du groupement qui le produit.

Il est aisé de se rendre compte que la grève générale surgit des formes du groupement syndical et de l’orientation qui s’en dégage. Le développement des organes ouvriers l’indique, leur évolution le montre. Certes, le nombre des syndicats, en ces dernières années, n’a pas augmenté outre mesure. En revanche, et c’est ce qui est symptomatique, le besoin éprouvé par ces syndicats de se grouper dans leur Bourse du Travail et dans leur Fédération nationale corporative prouve bien que le côté égoïste, qui, pour d’aucuns, constituait le caractère fondamental du syndicat, disparaît, ou pour parler plus exactement, que la conscience ouvrière dont la première notion s’affirmait dans le syndicat, se précise en se développant.

Ces organismes, en annihilant le caractère strictement professionnel de chacun de leurs éléments, les appellent à une vie sociale plus élevée ; cette vie doit se faire jour pour se développer, et c’est dans des manifestations de lutte qu’elle prend corps et se matérialise.

Et comme il ne suffit pas à ces organismes de créer une vie sociale qui nivelle les consciences et engendre l’action, ils se rapprochent et se mêlent à leur tour. Ce contact et ce mélange constituent un mouvement ouvrier en France dont on ne saurait nier l’importance.

Cette importance n’échappe pas à ses adversaires. Les dirigeants, effrayés d’un mouvement qui déborde, voudraient le tuer en lui attribuant la formation d’un complot contre la sûreté de l’État. En province, les ordres sont donnés pour chercher les traces d’une organisation qui, de Paris, à leurs yeux, commande et dirige. Si des éléments étaient recueillis, on instruirait contre les militants, et on espère que le mouvement, décapité, serait mort pour longtemps.

Les gouvernants, qui croient que le mouvement ouvrier s’exerce en vertu de formules et de résolutions, se trompent lourdement. La vie ouvrière est trop complexe dans ses manifestations de détail, – dont la conception et l’esprit sont cependant communs, – pour se prêter aux inepties des dirigeants. Et ce qui amène ces derniers à croire à un organisme rigoureux, automatique et directeur, c’est l’effroi que leur cause une cessation générale du travail. […] 

Tout mouvement révolutionnaire n’a donné que ce que la classe opprimée du moment a conçu et a su prendre. La révolution, entrevue par tous, et que le monde ouvrier appelle grève générale, sera, elle aussi, ce que le travailleur l’aura conçue et saura la créer. L’action se déroulera selon le degré de conscience de l’ouvrier, et selon l’expérience et le sens de la lutte qu’il se sera donnés.

Comme cette action devra s’exercer contre des forces multiples et variées, comme elle devra réagir contre des courants divers, ce ne seront pas des décisions uniformes et étroites qui seront applicables. Il appartiendra au travailleur d’adapter au milieu d’alors et aux éléments contraires les armes que les circonstances mettront à sa portée. […]

Mais nous n’entendons pas fixer le jour ni l’époque qui mettra aux prises salariés et salariants. Il n’appartient à nulle force humaine de l’indiquer.

Le mouvement naîtra des circonstances, d’une mentalité ouvrière plus élevée, à la hauteur des événements qui porteront en eux-mêmes les éléments de généralisation.
Les éléments de généralisation se définissent par le rôle joué dans la production par telle ou telle industrie, entraînant la mise en action d’une autre industrie, dont les effets iront se répercutant sur d’autres branches de l’activité humaine.

On objectera que tout cela dénote un degré supérieur d’organisation, qu’il n’est pas possible de mettre en mouvement au même jour la classe ouvrière en totalité. Je répondrai d’abord que nous ne prétendons nullement qu’un point de départ peut ne pas être commun à tous les travailleurs ; nous ne disons pas que cela ne peut pas se produire. Nous nous inspirons des contingences sociales et nous disons que, de même, la conquête légalitaire du pouvoir ne saurait impliquer, pour ceux qui s’hypnotisent devant elle, l’entrée totale d’élus ouvriers au Parlement. Ceux-là disent que la majorité suffira pour transformer l’état social. La conquête révolutionnaire du pouvoir également ne saurait non plus être l’acte unanime du pays. De part et d’autre, il y aura des gens entraînés malgré eux et subissant le résultat de cette conquête. […] 

Une plus forte éducation sociale, une grande expérience dans la lutte, une profonde connaissance du milieu social sont autant de conditions nécessaires. Pour les acquérir, l’action s’impose. Par l’étude des conditions du travail, l’ouvrier apprend à connaître le milieu qui l’asservit ; par l’effort en vue de les améliorer, il prend un contact direct avec les forces qui le dominent et il éprouve leur degré de résistance. Ainsi, son esprit d’observation et d’examen s’affine ; il se donne les éléments indispensables pour se diriger lui-même ; il contribue à donner à l’action du monde ouvrier une place et une autorité croissantes.

Chacun reconnaît l’urgence pour le prolétaire de travailler à accroître ses moyens d’existence, ce qui augmente d’autant sa force de combativité et son avidité pour plus de réformes. En se groupant l’ouvrier exerce un effort, et c’est dans la pratique de cet effort qu’il parvient à l’intensifier. Et c’est par cette intensité, suscitant une croissance de vie, que la classe ouvrière se libérera du monde capitaliste. »

mercredi, mars 20, 2013

L’anarchisme sous tous ses angles (Le Devoir)

Merci au blogue nicolasphebus.tumblr.com d'avoir mis l'article en ligne
Par Caroline Montpetit

Le Devoir - 19 mars 2013

Ils sont anticapitalistes et antiracistes, écolos, féministes, et syndicalistes. Ils n’ont ni dieu ni maître, sont opposés à toute forme de pouvoir. Ils sont solidaires.

Fluide, voire insaisissable, le mouvement anarchiste est pourtant bien vivant au Québec. On l’a vu lors du printemps érable de l’année dernière. Ou encore, vendredi dernier, à la manifestation contre la brutalité policière qui s’est soldée par 250 arrestations, à Montréal.

Un groupe d’auteurs vient de lui consacrer un collectif, Nous sommes ingouvernables, aux éditions Lux. On y aborde l’anarchisme sous tous ses angles. Marc-André Cyr et Anna Kruzynski, l’un étudiant et historien des mouvements sociaux et l’autre professeure à l’École des affaires publiques et communautaires de l’Université Concordia, se réclament tous deux du mouvement anarchiste. Pour eux, les arrestations de vendredi dernier sont une manifestation d’une intolérance croissante de l’État, et d’une montée de l’opinion publique en faveur de la police.

« Je crois que l’État veut arrêter le mouvement qui a commencé avec le printemps érable. Le gouvernement péquiste ne veut pas que ça reprenne. Il y a une tentative de casser le mouvement », dit Anna Kruzynski. Il faut dire que le printemps érable a permis de laisser entrevoir le « potentiel » anarchiste de la population québécoise, souligne-t-elle.

« Au printemps, on a vu qu’il y avait un potentiel humain. […] On a vu des gens qui sont sortis en masse dans les rues avec les casseroles. Ça a été le plus grand mouvement de désobéissance civile dans l’histoire du Canada. […] On l’a vu avec les assemblées populaires autonomes de quartiers, où les gens se sont organisés avec leurs voisins et voisines ».

Pourtant, le mouvement anarchiste ne recrute pas. « On n’est pas un mouvement politique qui vend des cartes de membres », explique Marc-André Cyr. Le mouvement anarchiste se régénère plutôt par « pollinisation » des idées, dit Anna Kruzynski.

Pour elle, il y a en gros deux pendants à l’action anarchiste. « Il y en a un qui est, oui, de perturber l’ordre établi, parce que les systèmes sont forts et très bons pour s’adapter, et qu’ils vont continuer à s’adapter. Mais en même temps, c’est de construire des espaces d’émancipation qui reflètent les valeurs de justice sociale et d’autonomie aussi basées sur des principes d’autodétermination et d’auto-organisation ».

Les anarchistes, quant à eux, sont partout, poursuit-elle. Elle cite différents groupes qui sympathisent volontiers avec cette bannière. No One Is Illegal, et Solidarity Across Borders, qui défendent entre autres les droits des réfugiés. « Il y a des médecins et des avocats anarchistes qui veulent offrir des services aux sans-papiers », dit-elle. Politi-Q, qui défend les queers et transgenres. Le Collectif opposé à la brutalité policière. Le Projet accompagnement solidarité Colombie, affilié aux mouvements sociaux colombiens. L’Union communiste libertaire. International Workers of the World, un syndicat sans accréditation qui organise des piquets de grève spontanés pour défendre des travailleurs non syndiqués qui ont perdu leur emploi, par exemple. « Ils l’ont fait dans plusieurs pizzerias de la rue Saint-Denis », relève Marc-André Cyr. Chez les écologistes, on trouve encore le mouvement Liberterre, Les Jardins de la résistance, où on fabrique des paniers biologiques sans passer par l’intermédiaire d’Équiterre, la revue Mauvaises herbes. Parmi ceux qui récupèrent de la nourriture dans les poubelles, il y a People’s potato, the Midnight Kitchen, ou encore Food not Bombs. Le collectif Les Sorcières regroupe quant à lui des féministes anarchistes depuis 1999.
La violence, un outil

« Moi je suis anarchiste, j’ai 40 ans, un enfant de 4 ans, j’habite à Pointe-Saint-Charles, j’habite dans une coop d’habitation, je suis professeure d’université, raconte Anna Kruzynski. Mais il y en a toute une gamme, dans tous les milieux. Il y a des anarchistes dans le mouvement étudiant, il y a des anarchistes qui sont impliqués dans leurs quartiers, dans leur syndicat, dans les groupes d’environnementalistes. Et il y a des anarchistes qui ne sont pas nécessairement impliqués dans les groupes. Fondamentalement, ce qui importe pour les anarchistes, c’est que ça ne soit pas d’autres personnes qui prennent des décisions pour eux. »

Encore et toujours, le mouvement anarchiste est confronté à l’épineuse question de la violence. « L’émeute est l’expression du mal », écrit Marc-André Cyr, en amorce d’un article « Feu sur la Belle Province, les anarchistes et les émeutes », publié dans le livre. Pourtant, elle est généralement considérée, dans le mouvement anarchiste, comme un outil, dit-il en entrevue.

« C’est que la violence, c’est un outil, c’est un mode d’action. On ne peut pas être pour un outil à 100 %, ou contre un outil à 100 %, c’est comme être pour ou contre un marteau ou une égoïne. Ça ne marche pas. On est pour l’égoïne quand on a besoin d’une égoïne, ou pour un marteau quand on en a besoin. De façon générale, les anarchistes vont considérer que c’est un faux débat, une fausse question. Est-ce que c’est violent de briser la vitrine d’une banque ? Si on met les choses en contexte, on se rend compte que la violence est là avant que la vitrine soit cassée. Que, quand elle n’est pas fracassée cette vitrine, il y a des gens qui perdent leur emploi, qui sont acculés à la pauvreté, dont la maison est saisie par ces mêmes banques. On ne parle jamais de cette violence-là. […] Les anarchistes luttent contre cette violence. Ce n’est pas vrai que les anarchistes sont violents. Ils tentent par tous les moyens nécessaires de ne pas reproduire la violence et d’y résister à la fois. »

« C’est une tactique l’action directe, poursuit Marc-André Cyr. Des fois, on est pour, ou contre. Ce n’est pas toujours le moment d’utiliser ces actions-là. Seulement, les anarchistes ne vont jamais moralement ou éthiquement dénoncer ces actions-là, parce qu’éthiquement ils dénoncent justement une violence vraiment plus grande et plus importante que celle de l’action elle-même. »

mardi, mars 19, 2013

Documentaire | Catastroïka, l'assault capitaliste pour la liquidation des services publics dans l'Europe en crise

Listen to the documentary film in english here
Escuchar la pelicula en espanol acqui
Voici la version originale grecque sous-titrée en français


Catastroika sous titres francais par infowar
 
Catastroïka, c'est un mot russe qui est apparu après une vague de privatisations désastreuses socialement et économiquement qui eu lieu en 1993 en Russie alors que des économistes néo-libéraux s'affairaient à liquider les actifs de l'ancien état soviétique. Tout le film tourne autour de cette idée d'invasion sournoise économique et politique d'un pays par des institutions économiques supra-nationales qui s'acharnent à privatiser les services publics et autres actifs publics et ce au profit d'entreprises capitalistes locales ou multinationales. Le modèle économique néo-libérale bref.

Après avoir présenté la naissance du néo-libéralisme et l'ampleur du pouvoir qu'ont les institutions qui mettent en place les mesures d'austérité en Grèce, le documentaire présente les différentes expériences réelles qui démontrent les échecs du modèle économique néo-libéral au niveau particulièrement des infrastructures publics comme les trains, l'eau et l'électricité. Par exemple, il est question de la privatisation des trains en Angleterre (qui eu lieu après Thatcher car elle-même reconnaissait qu'il s'agissait d'une mauvaise idée), de l'eau municipale à Paris et en Italie ainsi que de l'électricité en Californie avec Enron. Bien qu'il reste toujours intéressant de se rappeler ces exemples afin d'argumenter contre les mesures de privatisation néo-libérales, ce qui donne un intérêt pour le film c'est qu'après chaque démonstration, les échecs économiques sont mis en parallèle avec ce qu'il se passe actuellement en Grèce.

Bien que le documentaire est très bien fait en terme d'animation, de recherche et de pédagogie (malgré des coquilles flagrantes dans les sous-titres en français), le discours reste d'une manière générale assez keynésien. Ce qui est plutôt décevant.

Avec des interventions de professeurs universitaires en économie, des journalistes de gauche comme Naomi Klein, des philosophes comme Slavoj Zizek ou Cornelius Castoriadis et autres personnalités comme Ken Loach, le film représente un outils pédagogique utile pour "dénoncer les excès et absurdités du néo-libéralisme" visant un publique large, mais il n'est malheureusement pas question ici d'expliquer les problèmes intrinsèques au capitalisme, au syndicalisme capitaliste et de la démocratie bourgeoise. Encore moins de soulever les enjeux stratégiques, politiques et tactiques de l'organisation de la lutte sociale dans le but d'en finir avec l'exploitation. Avouons-le, le contraire aurait été surprenant. On peut naturellement argumenter qu'il ne s'agissait justement pas de l'objectif du film. L'impression d'avoir à faire face à un discours keynésien s'explique peut-être autrement que simplement par une affirmation idéologique consciente des réalisateurs.

La grande majorité des intellectuels de gauche dans le monde sont plutôt keynésiens. Espérons que cela pourra changer pour le mieux dans le futur. Dans ce sens, d'un point de vue communiste-libertaire, il n'est pas question de tomber dans un genre de radicalisme de façade c'est-à-dire d'un extrémisme réformiste qui ira tout casser pour le retour de l'état-providence comme s'il s'agissait d'un "moindre mal", sans s'attaquer aux problèmes qui constituent la base de l'économie capitaliste. Il s'agit plutôt d'approfondir l'étude de la pensée politique marxienne/marxiste, libertaire, écologiste, syndicaliste révolutionnaire, autogestionnaire, etc... afin de le formuler en un tout qui représente une alternative révolutionnaire possible et accessible. Avouons-le, on a encore du chemin à faire à ce niveau avant qu'on puisse être à même de faire un documentaire ayant la même ampleur que Catastroïka.

On doit donner le mérite aux réalisateurs du film d'avoir fait profité à l'ensemble de la population leur film en le rendant disponible gratuitement en ligne. En soit c'est déjà pas si mal, ça montre qu'il est possible de fonctionner en dehors des cercles des maisons de production capitalistes (même de gauche).

Il faut avouer aussi que ce documentaire donne un goût de déjà-vu pour les militants qui étaient actifs à l'époque des contres-sommets (1999-2001) car il s'agissait alors du discours largement dominant, style alter-mondialiste. Pour ceux et celles que ça intéresse, il existe d'autres documentaires dans le genre alter-mondialiste qui mettent l'emphase sur un discours plus révolutionnaire et militant. En voici un par exemple:

The Fourth World War -  Version originale anglais sous-titrée français

lundi, mars 18, 2013

Documentaire | Autogestion à l'usine grecque Vio.Me

Un bon documentaire de 30 minutes tourné dans les locaux de l'usine Vio.Me quelques semaines avant la reprise de la production. Les ouvriers présentent la fermeture de l'usine par l'ancienne compagnie, leur réflexion sur sa reprise de manière autogérée et la naissance du mouvement de solidarité.

vendredi, mars 15, 2013

Documentaire | Déferlante anti-islam en Europe

Les vieilles idées réactionnaires refont surface d'un air décomplexé avec une toute nouvelle image banalisée et populiste ciblant maintenant l'islam.

Reportage d'une heure sur le mouvement d'extrême-droite islamophobe qui saisi l'Europe depuis les dernières années. Tiré de l'émission télévisée Spécial Investigation de la station française Canal+.

Qui sont les membres de l’English Defence League ? A première vue, ce sont des Anglais aux cheveux très courts et abreuvés de bière qui crient à tue-tête. Ce sont en fait des activistes qui hurlent leur haine de l’islam. Leur mouvement politique a été créé il y a deux ans par d’ex-membres d’un groupuscule néo-nazi. En Suisse, Oskar Freysinger milite-t-il contre l’implantation des musulmans dans son pays ? Il est l’homme du référendum contre les minarets. Aux Pays-Bas, le leader ultra nationaliste Geert Wilders a réalisé un excellent score aux dernières élections. Il a été poursuivi pour avoir comparé le Coran aux écrits d’Hitler. Partout en Europe, l’extrême droite semble bénéficier d’une audience déconcertante. Qui sont ceux qui animent ses rangs ? Une enquête de Mathias Hillion et Karim Rissouli.
Spécial investigation - Déferlante anti Islam... par Qad_93_95

vendredi, mars 08, 2013

Journal Cause Commune spécial 8 mars. Lecture en ligne et points de chute pour copies papier gratuites.

Le journal de l'Union Communiste Libertaire -dont le collectif LaCommune est membre- vient de paraitre avec une thématique spéciale pour le 8 mars.

Vous pouvez lire les textes en ligne en cliquant sur les titres des articles juste en bas de cette image.
 
Bonne lecture.

Des copies papiers sont pour l'instant disponibles à la librairie anarchiste l'Insoumise, sur la table de publication devant le local de l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l'UQAM (accessible à pied partir de l'intérieur de la station de métro Berri-UQAM), sur la table de publication de l'association étudiante du Cégep du Vieux-Montréal, à l'espace sociale autogéré situé au 1407 rue Valois (au coin de Ste-Catherine) dans le quartier d'Hochelaga.

Il serait bientôt disponible au café autogéré Touski et au resto-bar l'Escalier au coin de la rue Berri et Sainte-Catherine Est.

 Si vous voulez ajouter un endroit qui vous est cher à cette liste afin qu'il puisse être possible de s'y procurer des copies papiers du journal CauseCommune de l'UCL, écrivez-nous et nous verrons ce que nous pouvons faire pour aller y déposer des copies.

dimanche, mars 03, 2013

Ensemble pour une économie juste, écologique et libertaire!

Des amiEs organisent une soirée!
Voir l'évènement Facebook


5 à 7 sur l'économie libertaire, discussions informelles
12 mars à 17h
Divan Orange
4234 St-Laurent, Montréal, métro Mont-Royal

Libertaires de cœur et d’action, nous vous invitons pour une deuxième soirée à venir discuter de l’économie libertaire et ses possibles. La rencontre du mois passé a été stimulante à plusieurs niveaux. D’abord pour la bière et la bonne compagnie, en plus du débroussaillage intéressant sur la question libertaire de l’économie, effectué à partir d’un questionnement sur les différences entre organisation démocratique et libertaire, une réflexion sur les diverses formes de l’économie (monétaires et non monétaires) de même qu’un regard sur les pratiques autogestionnaires d’ailleurs, la question d’une solidarité internationale articulée avec les actions concrètes qui sont à notre portée, l’importance des aspects locaux et globaux ainsi que des enjeux liés à la croissance et décroissance économique. C’est une invitation à venir nourrir les discussions avec vos compréhensions théoriques et expériences pratiques dans une atmosphère informelle.

Thèmes proposés :

Dans un premier temps : Quels sont les grands principes d’une économie libertaire?

Dans un second temps : Quels sont les conditions économiques nécessaires pour assurer l’autodétermination des peuples dans une optique horizontale et écologique qui assure la réalisation du potentiel créatif collectif et individuel ?

Ces thèmes impliquent une longue réflexion et seront discutés dans l’ensemble des soirées à venir. Toutes autres suggestions sur l’économie libertaire sont bienvenues.

Ensemble pour une économie juste, écologique et libertaire!

Qui sommes-nous?

Nous organisons cette initiative en tant que militants préoccupés par la question économique. Voici en bref nos parcours.

Nicolas Gauthier est candidat à la maîtrise en science de l’environnement de l’UQAM. Militant pour l’écologie et la justice sociale par l’entremise d’un engagement pour l’autonomie alimentaire, il se questionne sur l’apport des alternatives économiques et sociales pour un développement des communautés aux perspectives anti-autoritaires et horizontales.

Pascal Lebrun est étudiant en science politique et se spécialise en économie politique anarchiste. Il est membre du collectif de la Pointe Libertaire et du Centre Social Autogéré de Pointe-Saint-Charles.

Nicolas van Caloen, économiste et écologiste de formation, documentariste indépendant. Il est membre de la coalition QUISETAL et du Centre Social Autogéré. Il a traversé tout le continent, du Canada à l’Argentine, afin de monter une série documentaire sur les luttes, réflexions et alternatives qui existent dans les mouvements sociaux de base. Il a fait un échange étudiant pendant un an à Buenos Aires, en Argentine, afin d’étudier l’autogestion des entreprises récupérées.


Égypte: L’autogestion de Port-Saïd et les luttes ouvrières

Par le correspondant d’Infoaut dans l’aire moyen-orientale(source). 
Traduction de XYZ pour Organisation Communiste Libertaire (lien)


Le mouvement de protestation dans la ville de Port Saïd se poursuit sans interruption. Depuis le dimanche 17 février, il a pris une nouvelle tournure avec le blocage des routes, des accès aux entreprises, des administrations publiques et des écoles puis une grève des travailleurs de la zone portuaire touchant une trentaine d’entreprises.

Derrière l’appel à la désobéissance civile, c’est un début de prise en main de la ville par ses habitants qui semble se mettre en place.


Une réalité sans précédent se déroule dans la ville de Port-Saïd : une autogestion complète, un rejet de tout ce qui représente l’autorité. Une réalité que les protagonistes de la lutte égyptienne en ce moment – les travailleurs – cherchent à reproduire dans d’autres villes.

Port-Saïd est devenu un lieu entièrement entre les mains du peuple. A l’entrée de la ville, si dans le passé, il y avait de nombreux barrages de police, on trouve maintenant un check-point formé par des habitants, surtout des travailleurs en grève, auto-proclamés « police populaire ». Il en va de même pour la circulation : plus de police, mais des jeunes, des étudiants et des travailleurs qui autogèrent la circulation urbaine.
Désobéissance civile : ce qui caractérise maintenant la ville est un rejet complet du gouvernement de Morsi sous toutes ses formes, d’où l’expulsion de la police, le refus du travail et du système scolaire gouvernemental.
En ce qui concerne l’aspect « sécurité », avec l’autogestion les rues sont devenues maintenant plus sûres que jamais. La semaine dernière, la police – à la suite des protestations de rue, de la colère populaire consécutive des 21 condamnations à mort liées au massacre de Port-Saïd et des 40 victimes des affrontements ultérieurs –a été contrainte d’accepter de laisser la ville dans les mains du peuple.
Le gouvernement de Morsi a accepté de rappeler la police, à la fois à cause des preuves vidéo irréfutables montrant des policiers du régime tirer et tuer les manifestants de sang-froid, mais aussi parce qu’il était convaincu qu’une ville toute seule ne pouvait pas s’autogérer et que Port Saïd aurait demandé l’intervention du gouvernement pour réprimer les probables révoltes. Mais la réalité est très différente et montre qu’une ville sans « forces de l’ordre » est plus sûre et vit mieux.
Ensuite, il y a un accord tacite qui permet à l’armée (majoritairement respectée par les gens car traditionnellement moins liée au régime que la police, cette dernière étant une émanation du pouvoir et des services secrets) de surveiller les points névralgique de la ville, mais sans pouvoir intervenir.
Donc, la réalité est la suivante : les militaires non armés gardent des endroits tels que le tribunal et le port très important (actuellement en grève) et la « police populaire » s’occupe de la sécurité dans la ville.

Le refus de tout ce qui représente l’autorité se manifeste dans la pratique de ne pas payer les taxes gouvernementales et les factures, en refusant même toute communication avec le gouvernement qu’il soit central ou local.

La fermeture de l’administration centrale et l’auto-organisation des moyens et des modes de production, font de l’expérience de Port-Saïd une réalité sans précédent et l’expérimentation d’un nouveau mode de vivre, de produire, d’exister.

Les usines sont fermées, le trafic maritime est bloqué, il ne se produit que ce qui est utile et ne restent ouverts uniquement que les services nécessaires.

 Le pain est fabriqué (dans la photo de droite, un magasin qui vend du pain à des prix populaires, les écriteaux indiquant les raisons de la protestation), les magasins d’alimentation, les hôpitaux et les pharmacies restent ouverts. Dans chaque usine, ce sont les travailleurs qui ont eu à décider de poursuivre ou non la production et la réponse générale est désormais NON. 

D’abord la justice, d’abord l’achèvement de la révolution et ensuite, au besoin, la production repartira.
 
Une nouvelle forme d’auto-organisation est en train d’être expérimentée dans les écoles. Celles-ci restent ouvertes, mais les familles de Port-Saïd elles-mêmes refusent d’envoyer leurs enfants dans les écoles du gouvernement. En ce moment même, des enseignants et des comités populaires essaient d’organiser des écoles populaires dans la place centrale, rebaptisée place Tahrir de Port-Saïd, où, en plus des matières scolaires, il y a la volonté d’enseigner la justice sociale et les valeurs de la révolution égyptienne.

Une réalité qui peut sembler impossible. Même dans les pages de ce portail, nous avons raconté dans le passé l’expérience de Port-Saïd avec d’autres yeux. Mais après la mort des 21 accusés pour le massacre du stade, une nouvelle conscience populaire a surgi dans cette ville, probablement très traditionaliste dans le passé. En fait, les 21 à être condamnés sont des jeunes, étudiants pour la plupart, alors que la responsabilité de ce massacre doit être recherchée dans la sphère politique ; la sentence semble avoir été une satisfaction accordée à ceux qui cherchent la justice. Aucun des accusés ne sont issus des rangs de la police ou de l’Etat et de ses services secrets. Port-Saïd l’a bien compris et dès que les condamnations à mort ont été prononcées, des manifestations importantes ont éclaté et ont conduit à la mort d’une quarantaine de manifestants, certains d’entre eux, même lors de l’enterrement des victimes des émeutes. De là a commencé la grève, la désobéissance civile.


Une réalité que nous-mêmes, avant de la voir de nos propres yeux, n’aurions jamais imaginé.
Une colère, d’abord né d’un désir de justice pour la peine de mort et pour les 40 victimes consécutives, mais qui a grandi et est devenu politique. Le fort protagonisme ouvrier, la croissante prise de conscience de la population de Port-Saïd ont fait de cette contestation une lutte sans précédent qui fait trembler sérieusement le régime de Morsi. Une lutte qui, si elle s’étendait dans d’autres villes, pourrait vraiment mettre le régime à genoux.

Maintenant, les gens ne demandent plus, comme c’était encore le cas il y a une semaine, de ne pas punir les citoyens de Port-Saïd pour des crimes qui ont été commis par le régime. Maintenant, ce qui est demandé, c’est la justice pour toutes les victimes de la révolution ; maintenant, ce qui est demandé à haute voix c’est la chute du régime.

Dans la journée de lundi [25 février], une grande manifestation a eu lieu dans les rues de Port-Saïd : le syndicat indépendant des travailleurs, les étudiants, le mouvement révolutionnaire, ils sont nombreux à être descendus dans les rues, nombreux à être venus du Caire pour exprimer leur solidarité aux travailleurs et à la ville en lutte. Un grand cortège a envahi les rues de la ville, en appelant à une grève générale dans tout le pays.

Pendant ce temps, au cours des dernières semaines, d’autres villes égyptiennes ont connu de grandes grèves : à Mahalla, à Mansoura, à Suez, les travailleurs dans de nombreuses usines se sont croisés les bras pendant des semaines. De même, par centaines ils sont descendus dans les rues pour appeler à une grève générale dans tout le pays, de nombreuses écoles et universités ont annoncé une prochaine grève générale. Beaucoup de travailleurs et de secteurs sociaux qui sont en grève n’ont pas réussi – pour l’instant – à généraliser la grève et la lutte, comme cela s’est produit à Port-Saïd.

On ne sait pas comment cette expérience, appelée « la Commune de Paris égyptienne » va pouvoir se poursuivre. Il est certainement difficile de poursuivre une lutte de ce genre dans un moment où le gouvernement central pourrait couper l’eau et l’électricité ; pour le moment, s’il ne le fait pas, c’est seulement parce qu’il craint des explosions de rage majeures. En outre, la poursuite ou non de la grève des travailleurs est fortement liée à la possibilité qu’elle se généralise et se reproduise dans d’autres villes.


Initialement, les habitants de Port-Saïd avaient annoncé leur intention de poursuivre la grève jusqu’au 9 mars prochain, date où seront confirmées les 21 condamnations à mort. Maintenant, avec l’entrée en mouvement des travailleurs, l’avenir est incertain, mais certainement riche de potentialité.
Les difficultés du moment peuvent sembler nombreuses, mais la prise de conscience de toutes les personnes (et pas seulement les travailleurs), la pratique du refus du régime, l’auto-organisation, sont autant d’éléments qui semblent donner des perspectives positives à ces luttes.

mercredi, février 27, 2013

Répression lors de la manif étudiante à Montréal le 26 février

Voici une vidéo qui montre que ce ne sont que quelques balles de neige qui ont poussé les agents de la "Brigade Urbaine" du SPVM à foncer dans la manif...
Brigade urbaine du SPVM, 26 février 2013 from Moïse Marcoux-Chabot on Vimeo.

S'il n'y avait pas de policiers harcelants dans les manifs, peut-être qu'il n'y aurait pas de balle de neige qui leur serait lancée dessus? Qu'est-ce que vous en pensez?

Un peu comme certains anarchistes disent "pas de propriété... pas de vols!", on peut dire "pas de flics, pas de balles de neige sur les flics!"

La seule présence de la police lors des manifs est une forme d'intimidation à laquelle certaines personnes répondent avec des balles de neige. Est-ce vraiment une attaque armée?

Si une balle de neige est une arme, les batailles de balles de neige entre amiEs sont-elles des fusillades? Non, alors qu'est-ce qui justifiait cette attaque du SPVM?

Faire respecter leur autorité? Ne pas perdre la face devant des "osti de carrés rouges"? Est-ce qu'on doit revendiquer que le service de police soit pus gentil? plus patient? Peut-être aussi que là n'est pas la question.

D'une manière générale, le travail des policiers n'a rien vraiment à avoir avec l'idée d'assurer la sécurité de quiconque, mais plutôt avec celle de protéger la propriété et la prospérité économique du centre-ville. Les règlements municipaux qui permettent de rendre illégale une manifestation qui n'annonce pas son trajet à l'avance et d'arrêter quiconque qui porte un masque, facilitent dans ce sens le travail des policiers.

En effet, dans le cadre d'une "manifestation a priori illégale", la moindre petite infraction, justifie l'intimidation, la traque, la charge, les bombes lacrymogènes, les poursuites et les arrestations. Ainsi en rendant illégales les manifs, les policiers peuvent sous le moindre prétexte chercher, cibler et arrêter... par une force brutale par laquelle ils agissent en toute impunité.

Après avoir mis la main sur n'importe quel individu qui ose la confrontation ("les criminels") on prend bien soin de les soumets ensuite à une mascarade judiciaire qui représente la véritable condamnation sur l'individu en question: billets, amandes, comparutions, accusations, conditions, etc... etc... la judiciarisation bref. Sur ce terrain l'individu est isolé, seul -avec son avocat- face au système judiciaire, seul, sans rapport de force face à la loi car c'est dans la solidarité qu'on est fort, et la loi étant du côté des riches et du maintien de la paix sociale, toute entrave au capitalisme et tout refus de la soumission est criminelle.

La presse en manque de sensations fortes et d'images qui font peur de "gens violents", s'est vite empressée de crier à la "violence" et au "dérapage".

À la vue des images de cette vidéo, on voit que les militants et les militantes de l'ASSÉ restent les seulEs à recevoir le blâme dans des situations de confrontation entre manifestants et force de police, tandis que le rôle de la police dans le dénouement d'une manifestation est toujours central... "Pas de flics, pas d'affrontements avec les flics". Mais s'il n'y avait plus de flic, il n'y aurait plus de capitalisme? oui peut-être, et c'est pour ça qu'elle est toujours là.

La répression, c'est la nécessité économique capitaliste d'assurer la reproduction et l'accumulation de la valeur marchande qui affirme sa violence contre l'insubordination politique et sociale, mais ça, vu que le pouvoir capitaliste en place ne peut pas être remis en question, on peut ne pas en parler et c'est les manifestantEs les méchants et les méchantes.

jeudi, février 21, 2013

Lancement du livre "Nous sommes ingouvernables - Les anarchistes au Québec aujourd'hui" de LUX éditeur le 13 mars aux Katacombes

La page Facebook de Lux Éditeur nous informe que le lancement du livre aura lieu le mercredi 13 mars à la coopérative Katacombes à 18h00. Pour annoncer votre participation, vous pouvez le faire sur la page Facebook de l'événement.

Dans tous les cas, on espère vous y voir en grand nombre.

Nous sommes ingouvernables

Les anarchistes au Québec aujourd’hui
Auteur: Collectif

Textes réunis et présentés par Rémi Bellemare-Caron, Émilie Breton, Marc-André Cyr, Francis Dupuis-Déri et Anna Kruzynski
ISBN : 978-2-89596-157-4
358 pages
Parution en Amérique du Nord: 7 mars 2013

29.95 $ (22,00 €)
 « Peut-être ne le savez-vous pas, mais les anarchistes sont très actifs au Québec », soutenait un chroniqueur du Journal de Montréal, au cours de la grande grève étudiante de 2012. Au-delà d’un phénomène spectaculaire associé au chaos, quelle est la véritable nature des activités de la nébuleuse anarchiste ? Et surtout, qui de mieux que des anarchistes pour l’expliquer ? Nous sommes ingouvernables constitue une réponse à plusieurs voix par des anarchistes qui militent dans divers réseaux. Cette mosaïque forme un portrait ouvert de ce qui fait le cœur et le corps du mouvement ­anarchiste aujourd’hui au Québec.

­
Nous sommes ingouvernables discute de mouvements ou d’organisations qui se revendiquent de l’anarchisme, mais aussi de plusieurs autres qui, sans nécessairement s’en réclamer, fonctionnent et agissent selon ses principes. L’ouvrage montre les anarchistes à l’œuvre dans différents milieux : étudiant, communautaire, écologiste, féministe, queer, antiraciste, etc. Il témoigne de leur solidarité avec les Autochtones ou avec le peuple palestinien, de leur engagement dans leurs quartiers. L’anarchisme au Québec se révèle être une véritable fourmilière, diversifiée, complexe, dynamique, une source d’inspiration pour quiconque souhaite démanteler notre société inégalitaire.

Cet ouvrage propose des textes de Sarita Ahooja, Émilie Breton, Rémi Bellemare-Caron, Anar Commaneci, Marc-André Cyr, Nicolas Delisle-L’Heureux, Francis Dupuis-Déri, Shirene Eslami, Miguel Gosselin Dionne, Mathieu Houle-Courcelles, Anna Kruzynski, Jacinthe Leblanc, Robyn Maynard, Bruno Massé, Marie-Christine Pelland, Nicolas Phébus, Maude Prud’homme, Rachel Sarrasin, Marie-Ève Sauvé, Marco Silvestro, Mario Tardif et Benoît Tremblay.

mardi, février 19, 2013

Documentaire en anglais sur la catastrophe sociale en Grèce

Un reportage d'une intense émotion sur la situation grecque - version parlée et sous-titrée en anglais.

Dr Dimitris Dalakoglou explains the social meltdown which took place in Greece between May 2010 & June 2012 that is on going. This film contains videos and photos shot on the streets, often containing violence and paints a portrait of widespread economic hardship endured by a cities inhabitants. This film is part of an ongoing research project, which looks at the rapid structural changes which Greece is undergoing.

This work in progress can be viewed here: crisis-scape.net 

Produced & Directed by Ross Domoney
Interview: Dimitris Dalakogl
Filmed, Photographed and Edited by Ross Domoney

samedi, février 16, 2013

10 à 13000 personnes bloquent une manif Nazi en Allemagne


10 à 13.000 personnes ont encerclé la ville de Dresde en formant une chaîne humaine de 3,600 km, afin de bloquer la marche néo-nazie (annuelle depuis plusieurs années) en commémoration du 68ème anniversaire du bombardement de la ville par les forces alliées le 13 février 1945.

Gedenken an die Zerstörung Dresdens
On estime que quelque 600 extrémistes de droite se sont réunis à la gare centrale de Dresde et ont été arrêtés par la police après avoir progressé de quelques centaines de mètres seulement.

En plus de cette chaîne humaine, le mouvement « Nazi Frei » a mobilisé plus de 2.500 personnes pour occuper les rues et les places de la ville.


Par ailleurs, 1.000 personnes environs s’étaient données rendez-vous à la gare centrale pour bloquer l’arrivée des néo-nazis: les fascistes ont été accueillis par des jets de boules de neige et des tirs d’engins pyrotechniques. Un policier a été transporté à l’hôpital après avoir été pointé à l’oeil par un laser.

Des incidents ont été signalés dans le secteur du stade de club de football Dynamo Dresde SG en début de soirée. Quelques heures plus tard, la police a indiqué que deux de ses agents ont été sauvagement attaqués par des individus cagoulés et souffrent de graves blessures à la têtes. Les deux policiers ont été emmenés à l’hôpital.

De nombreuses interpellations ont eu lieu durant la journée, sans avoir de chiffres précis.
Plus de 3.500 policiers venus de toute l’Allemagne ont été appelés en renfort pour cette journée.
image de l'Associated Press
dresde2013-2
Traduit de leur presse allemande (Frankfurter Allgemeine, Deutsche Welle, 13/02/2013, handelsblatt.com 14/02/2013)

Dresde: “Les néo-nazis dehors !”

La cathédrale de Dresde témoin de deux manifestations. D’un côté une chaîne humaine de 10.000 personnes, certains brandissant des croix gammées barrées, un signal contre l’extrême-droite et la xénophobie. Les néo-nazis qui récupèrent cette commémoration – la destruction de la ville, bombardée par les alliés- pour parler de victimes allemandes. “Je pense qu’il est très important de me solidariser avec ma ville et de montrer qu’il n’y a pas de place pour les extrémistes” explique un manifestant. “Je suis ici en mémoire des victimes de la guerre et pour donner un exemple contre le racisme” ajoute cette manifestante.
Aux cris de “nazis dehors”, les manifestants pacifistes ont fait face aux néo-nazis, bien moins nombreux que les années précédentes, environ 600 personnes. Et c’est sous les sifflets que les deux courants de pensée se sont toisés, séparés par un cordon de policiers.
Leur presse – Euronews.fr, 14/02/2013 à 11h55

mercredi, février 13, 2013

Cahier de réflexion et mode d'animation du Forum sur la Démocratie Directe

Le Cahier de réflexions - qui rassemble des textes reçus pour le Forum sur la démocratie directe - est prêt! Vous pouvez le télécharger via le lien suivant : https://dl.dropbox.com/u/16951792/Cahier%20de%20réflexion.pdf


Une quarantaine d'exemplaires papiers seront également disponibles sur place :).
Bonne lecture!
*** 
Mode d’animation par forum ouvert

Le Forum public sur la démocratie directe sera animé en privilégiant une méthode proche de celle du forum ouvert. Cette méthode d’animation se distingue de celle que l’on retrouve dans la plupart des associations syndicales, communautaires et étudiantes. Elle cherche en quelque sorte à dépasser les limites de ces formes de délibérations collectives plus traditionnelles, notamment :

- écart d’intervention et de compréhension entre personnes qui maîtrisent le code délibératif (souvent le Code Morin) et les personnes qui le maîtrisent peu ou pas ;

- présence de « structures guerrières » de délibérations où la dynamique dominante est de faire valoir son point coûte que coûte, de gagner le débat ;

- toutes les personnes doivent délibérer collectivement ensemble au même moment, ce qui entraîne souvent de longues assemblées sur des questions pouvant être discutées en sous-comités ou sous-assemblées.

Ce processus exclut également d’emblée les personnes ne pouvant se libérer pour de longues périodes de temps ;

La méthode d’animation par forum ouvert laisse ainsi le soin aux personnes présentes – plutôt qu’à un exécutif ou une instance centrale – de déterminer l’ordre des sujets abordés, et les possibilités de fragmenter ces sujets en sous-sujets. Une assemblée de 100 personnes peut ainsi par exemple se fragmenter momentanément afin de discuter simultanément de trois sous-enjeux : un groupe de 40 personnes traitera du sujet A ; un autre groupe de 40 du sujet B ; un dernier groupe de 20 personnes du sujet C. Ces sous-groupes reviendront en grand groupe au besoin. Des supports visuels interactifs – de grandes bandes de tissus collants – permettront aussi à chaque personne d’inscrire leurs questionnements ou les éléments qui les interpellent davantage.

Afin de favoriser la pluralité des interventions, les tours de paroles (1er tour, 2ième tour, 3ième tour) seront retenus ainsi que l’alternance femmes/hommes.

lundi, février 11, 2013

Non, l’homosexualité n’est pas imposée aux Arabes par l’Occident

via communismeouvrier.wordpress.com

Article de Abdellah Taïa, écrivain marocain né à Rabat en 1973, publié par Rue 89 le 8 février 2013 :

Le paternalisme et l’ignorance ne sont pas venus cette fois de là où je les attendais.



Selon l’article de Street Press repris sur Rue89, les Indigènes de la République affirment que l’homosexualité, identité occidentale, n’est pas adaptée au monde arabe et africain. Et, par analogie, qu’elle n’est pas vraiment la bienvenue dans ce qu’on appelle, en France, « les quartiers populaires ».

Si on suit cette logique jusqu’au bout, le mariage pour tous n’est donc pas la priorité des priorités. Il ne serait même qu’une nouvelle offensive de « l’impérialisme gay » et du « monde blanc », qui veut imposer à la terre entière « l’universalisation de l’homosexualité ».


Moi, écrivain marocain homo, je suis choqué

Sans entrer dans l’analyse politique (assez facile à faire) de ces thèses, et de ce qui motive ces personnes à tenir de tels propos, je voudrais dire que moi, Abdellah Taïa, écrivain marocain homosexuel de 39 ans, vivant en France depuis 13 ans, je suis choqué et écœuré par ces paroles, ces dénégations. Par cette ignorance.

J’ai l’impression d’entendre des vieux Marocains attachés à un passé glorieux qui n’a jamais existé, à une identité fantasmée. Des membres de ma famille qui, une fois qu’ils m’ont bien insulté, me sortent l’argument majeur :

« L’homosexualité, ce n’est pas nous, ce n’est pas notre culture. Nous, nous sommes des musulmans. Des purs. Les autres ne connaissent pas Dieu. Ce sont des mécréants. »

Mais voilà : ce discours, qui mélange tout, le religieux comme le traditionnel, le racisme comme l’idéologie d’un autre temps, est complètement dépassé dans le monde arabe.

Des voix se battent pour nous faire exister

Au Maroc, au Liban, en Egypte et ailleurs, on a vu ces dernières années émerger des voix qui se battent pour faire exister les homosexuels arabes, les faire sortir de la honte où on les enferme, les protéger des lois injustes et des regards qui tuent.

Et ce ne sont pas seulement les associations arabes homosexuelles qui font ce travail. Les organisations des droits de l’Homme, notamment au Maroc, demandent la même chose : la reconnaissance des homosexuels comme individus, comme citoyens, et non comme des criminels.
Appeler à la liberté individuelle et sexuelle pour tous, hétérosexuels comme homosexuels. Installer enfin un espace où l’individu arabe peut se libérer du groupe, jouir pleinement de tous ses droits sans qu’on vienne lui rabâcher des discours traditionnels qui relèvent plus d’une identité rêvée que de la réalité.

Bien sûr, les gouvernements dans les pays arabes ne font absolument rien pour écouter, aider ces associations. Le changement des mentalités sur des sujets aussi importants est imposé souvent par des individus qui se sacrifient, qui sont maltraités et qui, pourtant, ne renoncent pas. La presse marocaine, ces dix dernières années, a joué un rôle formidable, courageux, pour accompagner ce mouvement, lui donner une crédibilité.

Participer à cette mission : libérer les homosexuels et, du même coup, tous les autres. J’ai pu, moi personnellement, parler de mon homosexualité au Maroc, donner des interviews et des conférences sur ce sujet. Tous mes livres, publiés aux Editions du Seuil, sont disponibles là-bas, certains traduits en arabe.

Cinq mensuels gays en arabe

Depuis le début du Printemps arabe, ce mouvement a même pris une ampleur inédite. On a vu sur Internet l’apparition d’autres associations gays. Les homosexuels arabes ont pris part à cette révolution qui, malgré les victoires électorales des partis islamistes, est en train de changer en profondeur la société et la pensée arabes.

Mieux : il existe maintenant au moins cinq mensuels gays en arabe : « Aswat » au Maroc, « Ihna » en Egypte, « My Kaly » en Jordanie et « Mawaleh » en Syrie. Ils sont tous disponibles sur Internet, librement. Ils sont tous dirigés par des jeunes arabes qui travaillent sérieusement à cette mission, changer le regard social et historique sur les homosexuels.

Des jeunes qui ont compris que la liberté ne viendra ni des sociétés conservatrices ni des pouvoirs qui, au même titre que les islamistes, instrumentalisent à longueur de journée l’islam pour asservir encore plus les Arabes.

Les exemples, pour montrer à quel point les Arabes sont en train en ce moment de travailler à la libération des individus (hétérosexuels comme homosexuels) et le dépassement de toutes les idéologies (y compris occidentales), sont très nombreux. Pour certains, tout cela est encore underground, timide, et ne représente rien au sein des sociétés arabes d’aujourd’hui.

Dès 747, des écrivains en ont parlé librement
 
J’ose, à travers ce papier, affirmer le contraire. J’ose rappeler l’histoire arabe où l’homosexualité n’a pas été toujours condamnée. Certains des plus grands auteurs arabes, Abou Nouass (747-815), Al-Jahiz (781-869), Ibn Arabi (1165-1240), Ibn Hazm (994-1064), en ont parlé librement. Leurs livres sont encore étudiés dans tout le monde arabe.

J’ose redire ceci, qui me paraît la preuve simple de ce que j’avance : il existe, depuis à peu près six ans, un mot arabe et neutre pour désigner l’homosexuel. Ce mot est très simple : « Mithly ». Il est aujourd’hui utilisé partout dans le monde arabe, dans la presse écrite comme à la télévision.

Alors, quand j’entends ce discours sur l’homosexualité venant des Indigènes de la République, je suis tout simplement meurtri. J’ai l’impression de faire une double peine. Surtout, et c’est cela le pire, je me retrouve encore une fois en France face à l’ignorance totale de ce qui se passe dans le monde arabe. Se fonder sur ces visions erronées pour imposer un discours sur « les quartiers populaires », et au passage exprimer une homophobie latente, me paraît à la fois triste et dangereux.

Le mariage pour tous est d’abord l’égalité pour tous. Tous les Français de toutes les origines. Qu’ils habitent à Gennevilliers ou à Saint-Germain-des-Prés. C’est cette évidence historique qu’on devrait retenir. Et non pas fantasmer de nouveau sur un passé depuis trop longtemps révolu et sur des identités qui relèvent tout simplement de la fiction.

Grèce: intimidation néonazie contre un dispensaire de Médecins du Monde, par AFP

Tiré du blogue Initiative Grecque à Paris



ATHENES – Une quarantaine d’activistes néonazis ont mené une opération d’intimidation contre un dispensaire athénien de la section grecque de Médecins du Monde, en pointe dans les soins aux migrants, a dénoncé vendredi son président, Nikitas Kanakis.

Selon M. Kanakis, le dispensaire a fermé ses portes durant la stupide démonstration de force du groupe, dont les membres, revêtus de la blouse noire du parti néonazi Aube Dorée, se sont massés jeudi après-midi devant ses locaux à Pérama, banlieue ouest d’Athènes, en hurlant des slogans hostiles et xénophobes.

Le dispensaire a été visé en tant que tel, alors que MDM-Grèce est en pointe ces dernières années dans l’aide sanitaire aux migrants et dans le recensement des agressions xénophobes qui se multiplient dans le pays, généralement imputées à Aube Dorée, a-t-il estimé pour l’AFP.

MDM-Grèce va informer la police de l’incident pour que les autorités assument leurs responsabilités quand à la sécurité de son personnel et de ses installations, a ajouté M. Kanakis.

Des journalistes français ont été témoins de l’incident alors qu’ils tournaient un reportage sur ce dispensaire, devenu emblématique du recul de la prise en charge publique de la santé pour cause de cure d’austérité, .

Ce qui est consolant c’est que les patients, à 90% des Grecs dont des anciens résistants et vieux militants de gauche, étaient prêts à défendre le dispensaire, où finalement les néonazis n’ont pas tenté de pénétrer, s’est félicité M. Kanakis.

Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, a pressé la semaine dernière la Grèce de défendre sa démocratie face à la menace spécifique que constitue Aube Dorée, qui a raflé en juin 7% des voix et 18 députés au parlement dans un contexte de grave crise économique et sociale.

(©AFP / 08 février 2013 09h52)