lundi, mars 18, 2013
Documentaire | Autogestion à l'usine grecque Vio.Me
Un bon documentaire de 30 minutes tourné dans les locaux de l'usine Vio.Me quelques semaines avant la reprise de la production. Les ouvriers présentent la fermeture de l'usine par l'ancienne compagnie, leur réflexion sur sa reprise de manière autogérée et la naissance du mouvement de solidarité.
vendredi, mars 15, 2013
Documentaire | Déferlante anti-islam en Europe
Les vieilles idées réactionnaires refont surface d'un air décomplexé avec une toute nouvelle image banalisée et populiste ciblant maintenant l'islam.
Reportage d'une heure sur le mouvement d'extrême-droite islamophobe qui saisi l'Europe depuis les dernières années. Tiré de l'émission télévisée Spécial Investigation de la station française Canal+.
Qui sont les membres de l’English Defence League ? A première vue, ce sont des Anglais aux cheveux très courts et abreuvés de bière qui crient à tue-tête. Ce sont en fait des activistes qui hurlent leur haine de l’islam. Leur mouvement politique a été créé il y a deux ans par d’ex-membres d’un groupuscule néo-nazi. En Suisse, Oskar Freysinger milite-t-il contre l’implantation des musulmans dans son pays ? Il est l’homme du référendum contre les minarets. Aux Pays-Bas, le leader ultra nationaliste Geert Wilders a réalisé un excellent score aux dernières élections. Il a été poursuivi pour avoir comparé le Coran aux écrits d’Hitler. Partout en Europe, l’extrême droite semble bénéficier d’une audience déconcertante. Qui sont ceux qui animent ses rangs ? Une enquête de Mathias Hillion et Karim Rissouli.
Spécial investigation - Déferlante anti Islam... par Qad_93_95
Reportage d'une heure sur le mouvement d'extrême-droite islamophobe qui saisi l'Europe depuis les dernières années. Tiré de l'émission télévisée Spécial Investigation de la station française Canal+.
Qui sont les membres de l’English Defence League ? A première vue, ce sont des Anglais aux cheveux très courts et abreuvés de bière qui crient à tue-tête. Ce sont en fait des activistes qui hurlent leur haine de l’islam. Leur mouvement politique a été créé il y a deux ans par d’ex-membres d’un groupuscule néo-nazi. En Suisse, Oskar Freysinger milite-t-il contre l’implantation des musulmans dans son pays ? Il est l’homme du référendum contre les minarets. Aux Pays-Bas, le leader ultra nationaliste Geert Wilders a réalisé un excellent score aux dernières élections. Il a été poursuivi pour avoir comparé le Coran aux écrits d’Hitler. Partout en Europe, l’extrême droite semble bénéficier d’une audience déconcertante. Qui sont ceux qui animent ses rangs ? Une enquête de Mathias Hillion et Karim Rissouli.
Spécial investigation - Déferlante anti Islam... par Qad_93_95
vendredi, mars 08, 2013
Journal Cause Commune spécial 8 mars. Lecture en ligne et points de chute pour copies papier gratuites.
Le journal de l'Union Communiste Libertaire -dont le collectif LaCommune est membre- vient de paraitre avec une thématique spéciale pour le 8 mars.
Vous pouvez lire les textes en ligne en cliquant sur les titres des articles juste en bas de cette image.
Bonne lecture.
Il serait bientôt disponible au café autogéré Touski et au resto-bar l'Escalier au coin de la rue Berri et Sainte-Catherine Est.
Si vous voulez ajouter un endroit qui vous est cher à cette liste afin qu'il puisse être possible de s'y procurer des copies papiers du journal CauseCommune de l'UCL, écrivez-nous et nous verrons ce que nous pouvons faire pour aller y déposer des copies.
Vous pouvez lire les textes en ligne en cliquant sur les titres des articles juste en bas de cette image.
Bonne lecture.
- Femmes et prison
- Affranchissez cette sexualité qu’on ne saurait voir
- Cartographie de l’anarchisme révolutionnaire
- L’Euguélionne
- Les anarchistes et le maire
- Déficit zéro.... Austérité permanente!
- Chômage : Solidarité nécessaire
Il serait bientôt disponible au café autogéré Touski et au resto-bar l'Escalier au coin de la rue Berri et Sainte-Catherine Est.
Si vous voulez ajouter un endroit qui vous est cher à cette liste afin qu'il puisse être possible de s'y procurer des copies papiers du journal CauseCommune de l'UCL, écrivez-nous et nous verrons ce que nous pouvons faire pour aller y déposer des copies.
dimanche, mars 03, 2013
Ensemble pour une économie juste, écologique et libertaire!
Des amiEs organisent une soirée!
Voir l'évènement Facebook
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12 mars à 17h
Divan Orange
4234 St-Laurent, Montréal, métro Mont-Royal
Libertaires de cœur et d’action, nous vous invitons pour une deuxième soirée à venir discuter de l’économie libertaire et ses possibles. La rencontre du mois passé a été stimulante à plusieurs niveaux. D’abord pour la bière et la bonne compagnie, en plus du débroussaillage intéressant sur la question libertaire de l’économie, effectué à partir d’un questionnement sur les différences entre organisation démocratique et libertaire, une réflexion sur les diverses formes de l’économie (monétaires et non monétaires) de même qu’un regard sur les pratiques autogestionnaires d’ailleurs, la question d’une solidarité internationale articulée avec les actions concrètes qui sont à notre portée, l’importance des aspects locaux et globaux ainsi que des enjeux liés à la croissance et décroissance économique. C’est une invitation à venir nourrir les discussions avec vos compréhensions théoriques et expériences pratiques dans une atmosphère informelle.
Thèmes proposés :
Dans un premier temps : Quels sont les grands principes d’une économie libertaire?
Dans un second temps : Quels sont les conditions économiques nécessaires pour assurer l’autodétermination des peuples dans une optique horizontale et écologique qui assure la réalisation du potentiel créatif collectif et individuel ?
Ces thèmes impliquent une longue réflexion et seront discutés dans l’ensemble des soirées à venir. Toutes autres suggestions sur l’économie libertaire sont bienvenues.
Ensemble pour une économie juste, écologique et libertaire!
Qui sommes-nous?
Nous organisons cette initiative en tant que militants préoccupés par la question économique. Voici en bref nos parcours.
Nicolas Gauthier est candidat à la maîtrise en science de l’environnement de l’UQAM. Militant pour l’écologie et la justice sociale par l’entremise d’un engagement pour l’autonomie alimentaire, il se questionne sur l’apport des alternatives économiques et sociales pour un développement des communautés aux perspectives anti-autoritaires et horizontales.
Pascal Lebrun est étudiant en science politique et se spécialise en économie politique anarchiste. Il est membre du collectif de la Pointe Libertaire et du Centre Social Autogéré de Pointe-Saint-Charles.
Nicolas van Caloen, économiste et écologiste de formation, documentariste indépendant. Il est membre de la coalition QUISETAL et du Centre Social Autogéré. Il a traversé tout le continent, du Canada à l’Argentine, afin de monter une série documentaire sur les luttes, réflexions et alternatives qui existent dans les mouvements sociaux de base. Il a fait un échange étudiant pendant un an à Buenos Aires, en Argentine, afin d’étudier l’autogestion des entreprises récupérées.
Égypte: L’autogestion de Port-Saïd et les luttes ouvrières
Par le correspondant d’Infoaut dans l’aire moyen-orientale(source).
Traduction de XYZ pour Organisation Communiste Libertaire (lien)
Le mouvement de protestation dans la
ville de Port Saïd se poursuit sans interruption. Depuis le dimanche 17
février, il a pris une nouvelle tournure avec le blocage des routes,
des accès aux entreprises, des administrations publiques et des écoles
puis une grève des travailleurs de la zone portuaire touchant une
trentaine d’entreprises.
Derrière l’appel à la désobéissance civile, c’est un
début de prise en main de la ville par ses habitants qui semble se
mettre en place.
Une réalité sans précédent se déroule
dans la ville de Port-Saïd : une autogestion complète, un rejet de tout
ce qui représente l’autorité. Une réalité que les protagonistes de la
lutte égyptienne en ce moment – les travailleurs – cherchent à
reproduire dans d’autres villes.
Port-Saïd est devenu un lieu entièrement entre les mains
du peuple. A l’entrée de la ville, si dans le passé, il y avait de
nombreux barrages de police, on trouve maintenant un check-point formé
par des habitants, surtout des travailleurs en grève, auto-proclamés « police populaire ».
Il en va de même pour la circulation : plus de police, mais des jeunes,
des étudiants et des travailleurs qui autogèrent la circulation
urbaine.
Désobéissance civile : ce qui caractérise maintenant la
ville est un rejet complet du gouvernement de Morsi sous toutes ses
formes, d’où l’expulsion de la police, le refus du travail et du système
scolaire gouvernemental.
En ce qui concerne l’aspect « sécurité », avec
l’autogestion les rues sont devenues maintenant plus sûres que jamais.
La semaine dernière, la police – à la suite des protestations de rue, de
la colère populaire consécutive des 21 condamnations à mort liées au
massacre de Port-Saïd et des 40 victimes des affrontements ultérieurs –a
été contrainte d’accepter de laisser la ville dans les mains du peuple.
Le gouvernement de Morsi a accepté de rappeler la
police, à la fois à cause des preuves vidéo irréfutables montrant des
policiers du régime tirer et tuer les manifestants de sang-froid, mais
aussi parce qu’il était convaincu qu’une ville toute seule ne pouvait
pas s’autogérer et que Port Saïd aurait demandé l’intervention du
gouvernement pour réprimer les probables révoltes. Mais la réalité est très différente et montre qu’une ville sans « forces de l’ordre » est plus sûre et vit mieux.
Ensuite, il y a un accord tacite qui permet à l’armée
(majoritairement respectée par les gens car traditionnellement moins
liée au régime que la police, cette dernière étant une émanation du
pouvoir et des services secrets) de surveiller les points névralgique de
la ville, mais sans pouvoir intervenir.
Donc, la réalité est la suivante : les militaires non
armés gardent des endroits tels que le tribunal et le port très
important (actuellement en grève) et la « police populaire » s’occupe de
la sécurité dans la ville.
Le refus de tout ce qui représente l’autorité
se manifeste dans la pratique de ne pas payer les taxes
gouvernementales et les factures, en refusant même toute communication
avec le gouvernement qu’il soit central ou local.
La fermeture de l’administration
centrale et l’auto-organisation des moyens et des modes de production,
font de l’expérience de Port-Saïd une réalité sans précédent et
l’expérimentation d’un nouveau mode de vivre, de produire, d’exister.
Les usines sont fermées, le trafic maritime est bloqué,
il ne se produit que ce qui est utile et ne restent ouverts uniquement
que les services nécessaires.
Le pain est fabriqué (dans la photo de droite, un
magasin qui vend du pain à des prix populaires, les écriteaux indiquant
les raisons de la protestation), les magasins d’alimentation, les
hôpitaux et les pharmacies restent ouverts. Dans
chaque usine, ce sont les travailleurs qui ont eu à décider de
poursuivre ou non la production et la réponse générale est désormais
NON.
D’abord la justice, d’abord l’achèvement de la révolution et ensuite, au besoin, la production repartira.
D’abord la justice, d’abord l’achèvement de la révolution et ensuite, au besoin, la production repartira.
Une nouvelle forme d’auto-organisation est en train
d’être expérimentée dans les écoles. Celles-ci restent ouvertes, mais
les familles de Port-Saïd elles-mêmes refusent d’envoyer leurs enfants
dans les écoles du gouvernement. En ce moment même, des enseignants et
des comités populaires essaient d’organiser des écoles populaires
dans la place centrale, rebaptisée place Tahrir de Port-Saïd, où, en
plus des matières scolaires, il y a la volonté d’enseigner la justice
sociale et les valeurs de la révolution égyptienne.
Une réalité qui peut sembler impossible. Même dans les
pages de ce portail, nous avons raconté dans le passé l’expérience de
Port-Saïd avec d’autres yeux. Mais après la mort des 21 accusés pour le
massacre du stade, une nouvelle conscience populaire a surgi dans cette
ville, probablement très traditionaliste dans le passé. En fait, les 21 à
être condamnés sont des jeunes, étudiants pour la plupart, alors que la
responsabilité de ce massacre doit être recherchée dans la sphère
politique ; la sentence semble avoir été une satisfaction accordée à
ceux qui cherchent la justice. Aucun des accusés ne sont issus des rangs
de la police ou de l’Etat et de ses services secrets. Port-Saïd l’a
bien compris et dès que les condamnations à mort ont été prononcées, des
manifestations importantes ont éclaté et ont conduit à la mort d’une
quarantaine de manifestants, certains d’entre eux, même lors de
l’enterrement des victimes des émeutes. De là a commencé la grève, la
désobéissance civile.

Une réalité que nous-mêmes, avant de la voir de nos propres yeux, n’aurions jamais imaginé.
Une colère, d’abord né d’un désir de justice pour la
peine de mort et pour les 40 victimes consécutives, mais qui a grandi et
est devenu politique. Le fort protagonisme ouvrier, la croissante prise
de conscience de la population de Port-Saïd ont fait de cette
contestation une lutte sans précédent qui fait trembler sérieusement le
régime de Morsi. Une lutte qui, si elle s’étendait dans d’autres villes,
pourrait vraiment mettre le régime à genoux.
Maintenant, les gens ne demandent plus, comme c’était
encore le cas il y a une semaine, de ne pas punir les citoyens de
Port-Saïd pour des crimes qui ont été commis par le régime. Maintenant,
ce qui est demandé, c’est la justice pour toutes les victimes de la
révolution ; maintenant, ce qui est demandé à haute voix c’est la chute
du régime.
Dans la journée de lundi [25 février], une grande manifestation a eu lieu dans les rues de Port-Saïd :
le syndicat indépendant des travailleurs, les étudiants, le mouvement
révolutionnaire, ils sont nombreux à être descendus dans les rues,
nombreux à être venus du Caire pour exprimer leur solidarité aux
travailleurs et à la ville en lutte. Un grand cortège a envahi les rues
de la ville, en appelant à une grève générale dans tout le pays.
Pendant ce temps, au cours des dernières semaines, d’autres villes égyptiennes ont connu de grandes grèves :
à Mahalla, à Mansoura, à Suez, les travailleurs dans de nombreuses
usines se sont croisés les bras pendant des semaines. De même, par
centaines ils sont descendus dans les rues pour appeler à une grève
générale dans tout le pays, de nombreuses écoles et universités ont
annoncé une prochaine grève générale. Beaucoup de travailleurs et de
secteurs sociaux qui sont en grève n’ont pas réussi – pour l’instant – à
généraliser la grève et la lutte, comme cela s’est produit à Port-Saïd.
On ne sait pas comment cette expérience, appelée « la Commune de Paris égyptienne » va pouvoir se poursuivre.
Il est certainement difficile de poursuivre une lutte de ce genre dans
un moment où le gouvernement central pourrait couper l’eau et
l’électricité ; pour le moment, s’il ne le fait pas, c’est seulement
parce qu’il craint des explosions de rage majeures. En outre, la
poursuite ou non de la grève des travailleurs est fortement liée à la
possibilité qu’elle se généralise et se reproduise dans d’autres villes.

Initialement, les habitants de Port-Saïd avaient annoncé
leur intention de poursuivre la grève jusqu’au 9 mars prochain, date où
seront confirmées les 21 condamnations à mort. Maintenant, avec
l’entrée en mouvement des travailleurs, l’avenir est incertain, mais
certainement riche de potentialité.
Les difficultés du moment peuvent sembler nombreuses,
mais la prise de conscience de toutes les personnes (et pas seulement
les travailleurs), la pratique du refus du régime, l’auto-organisation,
sont autant d’éléments qui semblent donner des perspectives positives à
ces luttes.
mercredi, février 27, 2013
Répression lors de la manif étudiante à Montréal le 26 février
Voici une vidéo qui montre que ce ne sont que quelques balles de neige qui ont poussé les agents de la "Brigade Urbaine" du SPVM à foncer dans la manif...
Brigade urbaine du SPVM, 26 février 2013 from Moïse Marcoux-Chabot on Vimeo.
S'il n'y avait pas de policiers harcelants dans les manifs, peut-être qu'il n'y aurait pas de balle de neige qui leur serait lancée dessus? Qu'est-ce que vous en pensez?
Un peu comme certains anarchistes disent "pas de propriété... pas de vols!", on peut dire "pas de flics, pas de balles de neige sur les flics!"
La seule présence de la police lors des manifs est une forme d'intimidation à laquelle certaines personnes répondent avec des balles de neige. Est-ce vraiment une attaque armée?
Si une balle de neige est une arme, les batailles de balles de neige entre amiEs sont-elles des fusillades? Non, alors qu'est-ce qui justifiait cette attaque du SPVM?
Faire respecter leur autorité? Ne pas perdre la face devant des "osti de carrés rouges"? Est-ce qu'on doit revendiquer que le service de police soit pus gentil? plus patient? Peut-être aussi que là n'est pas la question.
D'une manière générale, le travail des policiers n'a rien vraiment à avoir avec l'idée d'assurer la sécurité de quiconque, mais plutôt avec celle de protéger la propriété et la prospérité économique du centre-ville. Les règlements municipaux qui permettent de rendre illégale une manifestation qui n'annonce pas son trajet à l'avance et d'arrêter quiconque qui porte un masque, facilitent dans ce sens le travail des policiers.
En effet, dans le cadre d'une "manifestation a priori illégale", la moindre petite infraction, justifie l'intimidation, la traque, la charge, les bombes lacrymogènes, les poursuites et les arrestations. Ainsi en rendant illégales les manifs, les policiers peuvent sous le moindre prétexte chercher, cibler et arrêter... par une force brutale par laquelle ils agissent en toute impunité.
Après avoir mis la main sur n'importe quel individu qui ose la confrontation ("les criminels") on prend bien soin de les soumets ensuite à une mascarade judiciaire qui représente la véritable condamnation sur l'individu en question: billets, amandes, comparutions, accusations, conditions, etc... etc... la judiciarisation bref. Sur ce terrain l'individu est isolé, seul -avec son avocat- face au système judiciaire, seul, sans rapport de force face à la loi car c'est dans la solidarité qu'on est fort, et la loi étant du côté des riches et du maintien de la paix sociale, toute entrave au capitalisme et tout refus de la soumission est criminelle.
La presse en manque de sensations fortes et d'images qui font peur de "gens violents", s'est vite empressée de crier à la "violence" et au "dérapage".
À la vue des images de cette vidéo, on voit que les militants et les militantes de l'ASSÉ restent les seulEs à recevoir le blâme dans des situations de confrontation entre manifestants et force de police, tandis que le rôle de la police dans le dénouement d'une manifestation est toujours central... "Pas de flics, pas d'affrontements avec les flics". Mais s'il n'y avait plus de flic, il n'y aurait plus de capitalisme? oui peut-être, et c'est pour ça qu'elle est toujours là.
La répression, c'est la nécessité économique capitaliste d'assurer la reproduction et l'accumulation de la valeur marchande qui affirme sa violence contre l'insubordination politique et sociale, mais ça, vu que le pouvoir capitaliste en place ne peut pas être remis en question, on peut ne pas en parler et c'est les manifestantEs les méchants et les méchantes.
Brigade urbaine du SPVM, 26 février 2013 from Moïse Marcoux-Chabot on Vimeo.
S'il n'y avait pas de policiers harcelants dans les manifs, peut-être qu'il n'y aurait pas de balle de neige qui leur serait lancée dessus? Qu'est-ce que vous en pensez?
Un peu comme certains anarchistes disent "pas de propriété... pas de vols!", on peut dire "pas de flics, pas de balles de neige sur les flics!"
La seule présence de la police lors des manifs est une forme d'intimidation à laquelle certaines personnes répondent avec des balles de neige. Est-ce vraiment une attaque armée?
Si une balle de neige est une arme, les batailles de balles de neige entre amiEs sont-elles des fusillades? Non, alors qu'est-ce qui justifiait cette attaque du SPVM?
Faire respecter leur autorité? Ne pas perdre la face devant des "osti de carrés rouges"? Est-ce qu'on doit revendiquer que le service de police soit pus gentil? plus patient? Peut-être aussi que là n'est pas la question.
D'une manière générale, le travail des policiers n'a rien vraiment à avoir avec l'idée d'assurer la sécurité de quiconque, mais plutôt avec celle de protéger la propriété et la prospérité économique du centre-ville. Les règlements municipaux qui permettent de rendre illégale une manifestation qui n'annonce pas son trajet à l'avance et d'arrêter quiconque qui porte un masque, facilitent dans ce sens le travail des policiers.
En effet, dans le cadre d'une "manifestation a priori illégale", la moindre petite infraction, justifie l'intimidation, la traque, la charge, les bombes lacrymogènes, les poursuites et les arrestations. Ainsi en rendant illégales les manifs, les policiers peuvent sous le moindre prétexte chercher, cibler et arrêter... par une force brutale par laquelle ils agissent en toute impunité.
Après avoir mis la main sur n'importe quel individu qui ose la confrontation ("les criminels") on prend bien soin de les soumets ensuite à une mascarade judiciaire qui représente la véritable condamnation sur l'individu en question: billets, amandes, comparutions, accusations, conditions, etc... etc... la judiciarisation bref. Sur ce terrain l'individu est isolé, seul -avec son avocat- face au système judiciaire, seul, sans rapport de force face à la loi car c'est dans la solidarité qu'on est fort, et la loi étant du côté des riches et du maintien de la paix sociale, toute entrave au capitalisme et tout refus de la soumission est criminelle.
La presse en manque de sensations fortes et d'images qui font peur de "gens violents", s'est vite empressée de crier à la "violence" et au "dérapage".
À la vue des images de cette vidéo, on voit que les militants et les militantes de l'ASSÉ restent les seulEs à recevoir le blâme dans des situations de confrontation entre manifestants et force de police, tandis que le rôle de la police dans le dénouement d'une manifestation est toujours central... "Pas de flics, pas d'affrontements avec les flics". Mais s'il n'y avait plus de flic, il n'y aurait plus de capitalisme? oui peut-être, et c'est pour ça qu'elle est toujours là.
La répression, c'est la nécessité économique capitaliste d'assurer la reproduction et l'accumulation de la valeur marchande qui affirme sa violence contre l'insubordination politique et sociale, mais ça, vu que le pouvoir capitaliste en place ne peut pas être remis en question, on peut ne pas en parler et c'est les manifestantEs les méchants et les méchantes.
jeudi, février 21, 2013
Lancement du livre "Nous sommes ingouvernables - Les anarchistes au Québec aujourd'hui" de LUX éditeur le 13 mars aux Katacombes
La page Facebook de Lux Éditeur nous informe que le lancement du livre aura lieu le mercredi 13 mars à la coopérative Katacombes à 18h00. Pour annoncer votre participation, vous pouvez le faire sur la page Facebook de l'événement.
Dans tous les cas, on espère vous y voir en grand nombre.
Nous sommes ingouvernables
Les anarchistes au Québec aujourd’hui
Auteur: Collectif
Textes réunis et présentés par Rémi Bellemare-Caron, Émilie Breton, Marc-André Cyr, Francis Dupuis-Déri et Anna Kruzynski
ISBN : 978-2-89596-157-4
358 pages
Parution en Amérique du Nord: 7 mars 2013
29.95 $ (22,00 €)
« Peut-être ne le savez-vous pas, mais les anarchistes sont très
actifs au Québec », soutenait un chroniqueur du Journal de Montréal, au
cours de la grande grève étudiante de 2012. Au-delà d’un phénomène
spectaculaire associé au chaos, quelle est la véritable nature des
activités de la nébuleuse anarchiste ? Et surtout, qui de mieux que des
anarchistes pour l’expliquer ? Nous sommes ingouvernables
constitue une réponse à plusieurs voix par des anarchistes qui militent
dans divers réseaux. Cette mosaïque forme un portrait ouvert de ce qui
fait le cœur et le corps du mouvement anarchiste aujourd’hui au Québec.358 pages
Parution en Amérique du Nord: 7 mars 2013
29.95 $ (22,00 €)
Nous sommes ingouvernables discute de mouvements ou d’organisations qui se revendiquent de l’anarchisme, mais aussi de plusieurs autres qui, sans nécessairement s’en réclamer, fonctionnent et agissent selon ses principes. L’ouvrage montre les anarchistes à l’œuvre dans différents milieux : étudiant, communautaire, écologiste, féministe, queer, antiraciste, etc. Il témoigne de leur solidarité avec les Autochtones ou avec le peuple palestinien, de leur engagement dans leurs quartiers. L’anarchisme au Québec se révèle être une véritable fourmilière, diversifiée, complexe, dynamique, une source d’inspiration pour quiconque souhaite démanteler notre société inégalitaire.
Cet ouvrage propose des textes de Sarita Ahooja, Émilie Breton, Rémi Bellemare-Caron, Anar Commaneci, Marc-André Cyr, Nicolas Delisle-L’Heureux, Francis Dupuis-Déri, Shirene Eslami, Miguel Gosselin Dionne, Mathieu Houle-Courcelles, Anna Kruzynski, Jacinthe Leblanc, Robyn Maynard, Bruno Massé, Marie-Christine Pelland, Nicolas Phébus, Maude Prud’homme, Rachel Sarrasin, Marie-Ève Sauvé, Marco Silvestro, Mario Tardif et Benoît Tremblay.
mardi, février 19, 2013
Documentaire en anglais sur la catastrophe sociale en Grèce
Un reportage d'une intense émotion sur la situation grecque - version parlée et sous-titrée en anglais.
Dr Dimitris Dalakoglou explains the social meltdown which took place in Greece between May 2010 & June 2012 that is on going. This film contains videos and photos shot on the streets, often containing violence and paints a portrait of widespread economic hardship endured by a cities inhabitants. This film is part of an ongoing research project, which looks at the rapid structural changes which Greece is undergoing.
This work in progress can be viewed here: crisis-scape.net
Produced & Directed by Ross Domoney
Interview: Dimitris Dalakogl
Filmed, Photographed and Edited by Ross Domoney
Dr Dimitris Dalakoglou explains the social meltdown which took place in Greece between May 2010 & June 2012 that is on going. This film contains videos and photos shot on the streets, often containing violence and paints a portrait of widespread economic hardship endured by a cities inhabitants. This film is part of an ongoing research project, which looks at the rapid structural changes which Greece is undergoing.
This work in progress can be viewed here: crisis-scape.net
Produced & Directed by Ross Domoney
Interview: Dimitris Dalakogl
Filmed, Photographed and Edited by Ross Domoney
samedi, février 16, 2013
10 à 13000 personnes bloquent une manif Nazi en Allemagne

On estime que quelque 600 extrémistes de
droite se sont réunis à la gare centrale de Dresde et ont été arrêtés
par la police après avoir progressé de quelques centaines de mètres
seulement.
En plus de cette chaîne humaine, le
mouvement « Nazi Frei » a mobilisé plus de 2.500 personnes pour occuper
les rues et les places de la ville.
Par ailleurs, 1.000 personnes environs
s’étaient données rendez-vous à la gare centrale pour bloquer l’arrivée
des néo-nazis: les fascistes ont été accueillis par des jets de boules
de neige et des tirs d’engins pyrotechniques. Un policier a été
transporté à l’hôpital après avoir été pointé à l’oeil par un laser.
Des incidents ont été signalés dans le secteur du stade de club de football Dynamo Dresde SG en
début de soirée. Quelques heures plus tard, la police a indiqué que
deux de ses agents ont été sauvagement attaqués par des individus
cagoulés et souffrent de graves blessures à la têtes. Les deux policiers
ont été emmenés à l’hôpital.
De nombreuses interpellations ont eu lieu durant la journée, sans avoir de chiffres précis.
Plus de 3.500 policiers venus de toute l’Allemagne ont été appelés en renfort pour cette journée.

Traduit de leur presse allemande (Frankfurter Allgemeine, Deutsche Welle, 13/02/2013, handelsblatt.com 14/02/2013)
Dresde: “Les néo-nazis dehors !”
La cathédrale de Dresde témoin de deux
manifestations. D’un côté une chaîne humaine de 10.000 personnes,
certains brandissant des croix gammées barrées, un signal contre
l’extrême-droite et la xénophobie. Les néo-nazis qui récupèrent cette
commémoration – la destruction de la ville, bombardée par les alliés-
pour parler de victimes allemandes. “Je pense qu’il est très important
de me solidariser avec ma ville et de montrer qu’il n’y a pas de place
pour les extrémistes” explique un manifestant. “Je suis ici en mémoire
des victimes de la guerre et pour donner un exemple contre le racisme”
ajoute cette manifestante.
Aux cris de “nazis dehors”, les
manifestants pacifistes ont fait face aux néo-nazis, bien moins nombreux
que les années précédentes, environ 600 personnes. Et c’est sous les
sifflets que les deux courants de pensée se sont toisés, séparés par un
cordon de policiers.
Leur presse – Euronews.fr, 14/02/2013 à 11h55
mercredi, février 13, 2013
Cahier de réflexion et mode d'animation du Forum sur la Démocratie Directe
Le
Cahier de réflexions - qui rassemble des textes reçus pour le Forum sur
la démocratie directe - est prêt! Vous pouvez le télécharger via le
lien suivant : https://dl.dropbox.com/u/ 16951792/ Cahier%20de%20réflexion.pdf
Une quarantaine d'exemplaires papiers seront également disponibles sur place :).
Bonne lecture!
***
Mode d’animation par forum ouvert
Le Forum public sur la démocratie directe sera animé en privilégiant une méthode proche de celle du forum ouvert. Cette méthode d’animation se distingue de celle que l’on retrouve dans la plupart des associations syndicales, communautaires et étudiantes. Elle cherche en quelque sorte à dépasser les limites de ces formes de délibérations collectives plus traditionnelles, notamment :
- écart d’intervention et de compréhension entre personnes qui maîtrisent le code délibératif (souvent le Code Morin) et les personnes qui le maîtrisent peu ou pas ;
- présence de « structures guerrières » de délibérations où la dynamique dominante est de faire valoir son point coûte que coûte, de gagner le débat ;
- toutes les personnes doivent délibérer collectivement ensemble au même moment, ce qui entraîne souvent de longues assemblées sur des questions pouvant être discutées en sous-comités ou sous-assemblées.
Ce processus exclut également d’emblée les personnes ne pouvant se libérer pour de longues périodes de temps ;
La méthode d’animation par forum ouvert laisse ainsi le soin aux personnes présentes – plutôt qu’à un exécutif ou une instance centrale – de déterminer l’ordre des sujets abordés, et les possibilités de fragmenter ces sujets en sous-sujets. Une assemblée de 100 personnes peut ainsi par exemple se fragmenter momentanément afin de discuter simultanément de trois sous-enjeux : un groupe de 40 personnes traitera du sujet A ; un autre groupe de 40 du sujet B ; un dernier groupe de 20 personnes du sujet C. Ces sous-groupes reviendront en grand groupe au besoin. Des supports visuels interactifs – de grandes bandes de tissus collants – permettront aussi à chaque personne d’inscrire leurs questionnements ou les éléments qui les interpellent davantage.
Afin de favoriser la pluralité des interventions, les tours de paroles (1er tour, 2ième tour, 3ième tour) seront retenus ainsi que l’alternance femmes/hommes.
lundi, février 11, 2013
Non, l’homosexualité n’est pas imposée aux Arabes par l’Occident
via communismeouvrier.wordpress.com
Article de Abdellah Taïa, écrivain marocain né à Rabat en 1973, publié par Rue 89 le 8 février 2013 :
Le paternalisme et l’ignorance ne sont pas venus cette fois de là où je les attendais.

Selon l’article de Street Press repris sur Rue89, les Indigènes de la République affirment que l’homosexualité, identité occidentale, n’est pas adaptée au monde arabe et africain. Et, par analogie, qu’elle n’est pas vraiment la bienvenue dans ce qu’on appelle, en France, « les quartiers populaires ».
Si on suit cette logique jusqu’au bout, le mariage pour tous n’est donc pas la priorité des priorités. Il ne serait même qu’une nouvelle offensive de « l’impérialisme gay » et du « monde blanc », qui veut imposer à la terre entière « l’universalisation de l’homosexualité ».
Moi, écrivain marocain homo, je suis choqué
Sans entrer dans l’analyse politique (assez facile à faire) de ces thèses, et de ce qui motive ces personnes à tenir de tels propos, je voudrais dire que moi, Abdellah Taïa, écrivain marocain homosexuel de 39 ans, vivant en France depuis 13 ans, je suis choqué et écœuré par ces paroles, ces dénégations. Par cette ignorance.
J’ai l’impression d’entendre des vieux Marocains attachés à un passé glorieux qui n’a jamais existé, à une identité fantasmée. Des membres de ma famille qui, une fois qu’ils m’ont bien insulté, me sortent l’argument majeur :
« L’homosexualité, ce n’est pas nous, ce n’est pas notre culture. Nous, nous sommes des musulmans. Des purs. Les autres ne connaissent pas Dieu. Ce sont des mécréants. »
Mais voilà : ce discours, qui mélange tout, le religieux comme le traditionnel, le racisme comme l’idéologie d’un autre temps, est complètement dépassé dans le monde arabe.
Des voix se battent pour nous faire exister
Au Maroc, au Liban, en Egypte et ailleurs, on a vu ces dernières années émerger des voix qui se battent pour faire exister les homosexuels arabes, les faire sortir de la honte où on les enferme, les protéger des lois injustes et des regards qui tuent.
Et ce ne sont pas seulement les associations arabes homosexuelles qui font ce travail. Les organisations des droits de l’Homme, notamment au Maroc, demandent la même chose : la reconnaissance des homosexuels comme individus, comme citoyens, et non comme des criminels.
Appeler à la liberté individuelle et sexuelle pour tous, hétérosexuels comme homosexuels. Installer enfin un espace où l’individu arabe peut se libérer du groupe, jouir pleinement de tous ses droits sans qu’on vienne lui rabâcher des discours traditionnels qui relèvent plus d’une identité rêvée que de la réalité.
Bien sûr, les gouvernements dans les pays arabes ne font absolument rien pour écouter, aider ces associations. Le changement des mentalités sur des sujets aussi importants est imposé souvent par des individus qui se sacrifient, qui sont maltraités et qui, pourtant, ne renoncent pas. La presse marocaine, ces dix dernières années, a joué un rôle formidable, courageux, pour accompagner ce mouvement, lui donner une crédibilité.
Participer à cette mission : libérer les homosexuels et, du même coup, tous les autres. J’ai pu, moi personnellement, parler de mon homosexualité au Maroc, donner des interviews et des conférences sur ce sujet. Tous mes livres, publiés aux Editions du Seuil, sont disponibles là-bas, certains traduits en arabe.
Cinq mensuels gays en arabe
Depuis le début du Printemps arabe, ce mouvement a même pris une ampleur inédite. On a vu sur Internet l’apparition d’autres associations gays. Les homosexuels arabes ont pris part à cette révolution qui, malgré les victoires électorales des partis islamistes, est en train de changer en profondeur la société et la pensée arabes.
Mieux : il existe maintenant au moins cinq mensuels gays en arabe : « Aswat » au Maroc, « Ihna » en Egypte, « My Kaly » en Jordanie et « Mawaleh » en Syrie. Ils sont tous disponibles sur Internet, librement. Ils sont tous dirigés par des jeunes arabes qui travaillent sérieusement à cette mission, changer le regard social et historique sur les homosexuels.
Des jeunes qui ont compris que la liberté ne viendra ni des sociétés conservatrices ni des pouvoirs qui, au même titre que les islamistes, instrumentalisent à longueur de journée l’islam pour asservir encore plus les Arabes.
Les exemples, pour montrer à quel point les Arabes sont en train en ce moment de travailler à la libération des individus (hétérosexuels comme homosexuels) et le dépassement de toutes les idéologies (y compris occidentales), sont très nombreux. Pour certains, tout cela est encore underground, timide, et ne représente rien au sein des sociétés arabes d’aujourd’hui.
Dès 747, des écrivains en ont parlé librement
J’ose, à travers ce papier, affirmer le contraire. J’ose rappeler l’histoire arabe où l’homosexualité n’a pas été toujours condamnée. Certains des plus grands auteurs arabes, Abou Nouass (747-815), Al-Jahiz (781-869), Ibn Arabi (1165-1240), Ibn Hazm (994-1064), en ont parlé librement. Leurs livres sont encore étudiés dans tout le monde arabe.
J’ose redire ceci, qui me paraît la preuve simple de ce que j’avance : il existe, depuis à peu près six ans, un mot arabe et neutre pour désigner l’homosexuel. Ce mot est très simple : « Mithly ». Il est aujourd’hui utilisé partout dans le monde arabe, dans la presse écrite comme à la télévision.
Alors, quand j’entends ce discours sur l’homosexualité venant des Indigènes de la République, je suis tout simplement meurtri. J’ai l’impression de faire une double peine. Surtout, et c’est cela le pire, je me retrouve encore une fois en France face à l’ignorance totale de ce qui se passe dans le monde arabe. Se fonder sur ces visions erronées pour imposer un discours sur « les quartiers populaires », et au passage exprimer une homophobie latente, me paraît à la fois triste et dangereux.
Le mariage pour tous est d’abord l’égalité pour tous. Tous les Français de toutes les origines. Qu’ils habitent à Gennevilliers ou à Saint-Germain-des-Prés. C’est cette évidence historique qu’on devrait retenir. Et non pas fantasmer de nouveau sur un passé depuis trop longtemps révolu et sur des identités qui relèvent tout simplement de la fiction.
Article de Abdellah Taïa, écrivain marocain né à Rabat en 1973, publié par Rue 89 le 8 février 2013 :
Le paternalisme et l’ignorance ne sont pas venus cette fois de là où je les attendais.

Selon l’article de Street Press repris sur Rue89, les Indigènes de la République affirment que l’homosexualité, identité occidentale, n’est pas adaptée au monde arabe et africain. Et, par analogie, qu’elle n’est pas vraiment la bienvenue dans ce qu’on appelle, en France, « les quartiers populaires ».
Si on suit cette logique jusqu’au bout, le mariage pour tous n’est donc pas la priorité des priorités. Il ne serait même qu’une nouvelle offensive de « l’impérialisme gay » et du « monde blanc », qui veut imposer à la terre entière « l’universalisation de l’homosexualité ».
Moi, écrivain marocain homo, je suis choqué
Sans entrer dans l’analyse politique (assez facile à faire) de ces thèses, et de ce qui motive ces personnes à tenir de tels propos, je voudrais dire que moi, Abdellah Taïa, écrivain marocain homosexuel de 39 ans, vivant en France depuis 13 ans, je suis choqué et écœuré par ces paroles, ces dénégations. Par cette ignorance.
J’ai l’impression d’entendre des vieux Marocains attachés à un passé glorieux qui n’a jamais existé, à une identité fantasmée. Des membres de ma famille qui, une fois qu’ils m’ont bien insulté, me sortent l’argument majeur :
« L’homosexualité, ce n’est pas nous, ce n’est pas notre culture. Nous, nous sommes des musulmans. Des purs. Les autres ne connaissent pas Dieu. Ce sont des mécréants. »
Mais voilà : ce discours, qui mélange tout, le religieux comme le traditionnel, le racisme comme l’idéologie d’un autre temps, est complètement dépassé dans le monde arabe.
Des voix se battent pour nous faire exister
Au Maroc, au Liban, en Egypte et ailleurs, on a vu ces dernières années émerger des voix qui se battent pour faire exister les homosexuels arabes, les faire sortir de la honte où on les enferme, les protéger des lois injustes et des regards qui tuent.
Et ce ne sont pas seulement les associations arabes homosexuelles qui font ce travail. Les organisations des droits de l’Homme, notamment au Maroc, demandent la même chose : la reconnaissance des homosexuels comme individus, comme citoyens, et non comme des criminels.
Appeler à la liberté individuelle et sexuelle pour tous, hétérosexuels comme homosexuels. Installer enfin un espace où l’individu arabe peut se libérer du groupe, jouir pleinement de tous ses droits sans qu’on vienne lui rabâcher des discours traditionnels qui relèvent plus d’une identité rêvée que de la réalité.
Bien sûr, les gouvernements dans les pays arabes ne font absolument rien pour écouter, aider ces associations. Le changement des mentalités sur des sujets aussi importants est imposé souvent par des individus qui se sacrifient, qui sont maltraités et qui, pourtant, ne renoncent pas. La presse marocaine, ces dix dernières années, a joué un rôle formidable, courageux, pour accompagner ce mouvement, lui donner une crédibilité.
Participer à cette mission : libérer les homosexuels et, du même coup, tous les autres. J’ai pu, moi personnellement, parler de mon homosexualité au Maroc, donner des interviews et des conférences sur ce sujet. Tous mes livres, publiés aux Editions du Seuil, sont disponibles là-bas, certains traduits en arabe.
Cinq mensuels gays en arabe
Depuis le début du Printemps arabe, ce mouvement a même pris une ampleur inédite. On a vu sur Internet l’apparition d’autres associations gays. Les homosexuels arabes ont pris part à cette révolution qui, malgré les victoires électorales des partis islamistes, est en train de changer en profondeur la société et la pensée arabes.
Mieux : il existe maintenant au moins cinq mensuels gays en arabe : « Aswat » au Maroc, « Ihna » en Egypte, « My Kaly » en Jordanie et « Mawaleh » en Syrie. Ils sont tous disponibles sur Internet, librement. Ils sont tous dirigés par des jeunes arabes qui travaillent sérieusement à cette mission, changer le regard social et historique sur les homosexuels.
Des jeunes qui ont compris que la liberté ne viendra ni des sociétés conservatrices ni des pouvoirs qui, au même titre que les islamistes, instrumentalisent à longueur de journée l’islam pour asservir encore plus les Arabes.
Les exemples, pour montrer à quel point les Arabes sont en train en ce moment de travailler à la libération des individus (hétérosexuels comme homosexuels) et le dépassement de toutes les idéologies (y compris occidentales), sont très nombreux. Pour certains, tout cela est encore underground, timide, et ne représente rien au sein des sociétés arabes d’aujourd’hui.
Dès 747, des écrivains en ont parlé librement
J’ose, à travers ce papier, affirmer le contraire. J’ose rappeler l’histoire arabe où l’homosexualité n’a pas été toujours condamnée. Certains des plus grands auteurs arabes, Abou Nouass (747-815), Al-Jahiz (781-869), Ibn Arabi (1165-1240), Ibn Hazm (994-1064), en ont parlé librement. Leurs livres sont encore étudiés dans tout le monde arabe.
J’ose redire ceci, qui me paraît la preuve simple de ce que j’avance : il existe, depuis à peu près six ans, un mot arabe et neutre pour désigner l’homosexuel. Ce mot est très simple : « Mithly ». Il est aujourd’hui utilisé partout dans le monde arabe, dans la presse écrite comme à la télévision.
Alors, quand j’entends ce discours sur l’homosexualité venant des Indigènes de la République, je suis tout simplement meurtri. J’ai l’impression de faire une double peine. Surtout, et c’est cela le pire, je me retrouve encore une fois en France face à l’ignorance totale de ce qui se passe dans le monde arabe. Se fonder sur ces visions erronées pour imposer un discours sur « les quartiers populaires », et au passage exprimer une homophobie latente, me paraît à la fois triste et dangereux.
Le mariage pour tous est d’abord l’égalité pour tous. Tous les Français de toutes les origines. Qu’ils habitent à Gennevilliers ou à Saint-Germain-des-Prés. C’est cette évidence historique qu’on devrait retenir. Et non pas fantasmer de nouveau sur un passé depuis trop longtemps révolu et sur des identités qui relèvent tout simplement de la fiction.
Grèce: intimidation néonazie contre un dispensaire de Médecins du Monde, par AFP
Tiré du blogue Initiative Grecque à Paris
ATHENES – Une quarantaine d’activistes néonazis ont mené une opération d’intimidation contre un dispensaire athénien de la section grecque de Médecins du Monde, en pointe dans les soins aux migrants, a dénoncé vendredi son président, Nikitas Kanakis.
Selon M. Kanakis, le dispensaire a fermé ses portes durant la stupide démonstration de force du groupe, dont les membres, revêtus de la blouse noire du parti néonazi Aube Dorée, se sont massés jeudi après-midi devant ses locaux à Pérama, banlieue ouest d’Athènes, en hurlant des slogans hostiles et xénophobes.
Le dispensaire a été visé en tant que tel, alors que MDM-Grèce est en pointe ces dernières années dans l’aide sanitaire aux migrants et dans le recensement des agressions xénophobes qui se multiplient dans le pays, généralement imputées à Aube Dorée, a-t-il estimé pour l’AFP.
MDM-Grèce va informer la police de l’incident pour que les autorités assument leurs responsabilités quand à la sécurité de son personnel et de ses installations, a ajouté M. Kanakis.
Des journalistes français ont été témoins de l’incident alors qu’ils tournaient un reportage sur ce dispensaire, devenu emblématique du recul de la prise en charge publique de la santé pour cause de cure d’austérité, .
Ce qui est consolant c’est que les patients, à 90% des Grecs dont des anciens résistants et vieux militants de gauche, étaient prêts à défendre le dispensaire, où finalement les néonazis n’ont pas tenté de pénétrer, s’est félicité M. Kanakis.
Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, a pressé la semaine dernière la Grèce de défendre sa démocratie face à la menace spécifique que constitue Aube Dorée, qui a raflé en juin 7% des voix et 18 députés au parlement dans un contexte de grave crise économique et sociale.
(©AFP / 08 février 2013 09h52)
ATHENES – Une quarantaine d’activistes néonazis ont mené une opération d’intimidation contre un dispensaire athénien de la section grecque de Médecins du Monde, en pointe dans les soins aux migrants, a dénoncé vendredi son président, Nikitas Kanakis.
Selon M. Kanakis, le dispensaire a fermé ses portes durant la stupide démonstration de force du groupe, dont les membres, revêtus de la blouse noire du parti néonazi Aube Dorée, se sont massés jeudi après-midi devant ses locaux à Pérama, banlieue ouest d’Athènes, en hurlant des slogans hostiles et xénophobes.
Le dispensaire a été visé en tant que tel, alors que MDM-Grèce est en pointe ces dernières années dans l’aide sanitaire aux migrants et dans le recensement des agressions xénophobes qui se multiplient dans le pays, généralement imputées à Aube Dorée, a-t-il estimé pour l’AFP.
MDM-Grèce va informer la police de l’incident pour que les autorités assument leurs responsabilités quand à la sécurité de son personnel et de ses installations, a ajouté M. Kanakis.
Des journalistes français ont été témoins de l’incident alors qu’ils tournaient un reportage sur ce dispensaire, devenu emblématique du recul de la prise en charge publique de la santé pour cause de cure d’austérité, .
Ce qui est consolant c’est que les patients, à 90% des Grecs dont des anciens résistants et vieux militants de gauche, étaient prêts à défendre le dispensaire, où finalement les néonazis n’ont pas tenté de pénétrer, s’est félicité M. Kanakis.
Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, a pressé la semaine dernière la Grèce de défendre sa démocratie face à la menace spécifique que constitue Aube Dorée, qui a raflé en juin 7% des voix et 18 députés au parlement dans un contexte de grave crise économique et sociale.
(©AFP / 08 février 2013 09h52)
dimanche, février 10, 2013
Deux livres communiste-libertaires disponibles à L'Insoumise
Comme le dit ce billet du blogue de la librairie anarchiste montréalaise L'Insoumise sur St-Laurent, ces deux titres publiés aux Éditions d'Alternative Libertaire sont maintenant disponibles.
L'autogestion, une idée toujours neuve est en vente à 18$
Projet de société communiste-libertaire est en vente à 19$
Lors du Forum sur la Démocratie Directe, ils seront en rabais à 13$ et 14$ respectivement.
Lire plus de détails sur ces livres sur le blogue de L'Insoumise.
L'autogestion, une idée toujours neuve est en vente à 18$
Projet de société communiste-libertaire est en vente à 19$
Lors du Forum sur la Démocratie Directe, ils seront en rabais à 13$ et 14$ respectivement.
Lire plus de détails sur ces livres sur le blogue de L'Insoumise.
Film "Dérives" sur la brutalité policière, en ligne le 13 février sur 99media.org
Le 13 février, les vidéastes d'Occupons Montréal sortirons en ligne le film complet Dérives, dont voici la bande-annonce, sur leur site 99media.org
samedi, février 09, 2013
Video | Manif contre le Plan Nord à Montréal 8 février 2013
Tiré de printempsquebecois.com
Peu après midi, 200 manifestants bravent le froid polaire et la neige qui tourbillonne en poudrerie pour se masser autour du Palais des Congrès. Le Salon des ressources naturelles qui se tient dans ce vaste édifice n’est pour eux qu’un « Salon du Plan Nord [version] 2.0 », une redite à l’appellation plus bucolique de l’événement organisé en avril 2012 par le gouvernement Libéral de Jean Charest (défait en septembre 2012 par le Parti Québécois de Pauline Marois)*.
Placée sous haute surveillance policière, la manifestation entend dénoncer ce qu’elle appelle le « Plan Mort » : pillage économique du Nord québécois; saccage écologique des ressources boréales (mines à ciel ouvert, coupes à blanc); mépris des droits et revendications autochtones. Lancé sur Facebook, l’appel à manifester condamne « ce développement du nord [qui] nous menace en tant que parties du vivant » et plaide en faveur d’une solidarité « avec toutes les communautés en résistance au modèle de développement qui leur est imposé, au Nord comme au Sud, avec les peuples autochtones qui ont choisi de s’y opposer […]**. »
Dedans, une forte présence policière empêche les manifestants d’entrer dans le Palais des Congrès. L’entrée au Salon des ressources naturelles est gratuite, mais une preuve d’identité avec photo est exigée pour accéder aux locaux (une pratique de contrôle extrêmement rare au Québec).
Dehors, les manifestants tournent autour du Palais des Congrès en tapant dans ses hautes parois extérieures multicolores dès qu’ils peuvent s’en approcher. Des groupes anti-émeute les « accompagnent » dans leur parcours circulaire.
À peine les manifestants se sont-ils réunis que leur attroupement a été déclaré illégal sous le motif qu’ils n’ont pas fourni leur trajet d’avance aux forces policières. Néanmoins, la marche serait « tolérée » tant qu’elle resterait pacifique. À 13 h, des voitures de patrouille ont été endommagées; une vitrine a été cassée; quelques graffitis ont fleuri sur des voitures de police… À 13 h 10, les policiers ordonnent la dispersion de la foule. Ils repoussent les manifestants, qui s’éloignent un peu, puis reviennent, se font repousser un peu plus loin, se dispersent, puis reviennent…
Bien qu’une seule arrestation soit signalée (un homme qui tentait de s’immiscer dans le Palais des Congrès sans avoir montré patte blanche), l’ambiance n’est pas à la franche camaraderie entre les manifestants et les policiers – et il n’est certes jamais agréable de glisser sur une plaque de glace pour se retrouver cerné par l’anti-émeute…
—
* On se rappellera que le Premier ministre Jean Charest avait alors soulevé la fureur de la population en ironisant sur le mécontentement étudiant et populaire qui s’exprimait à l’extérieur de ce même Palais des Congrès. Voir la galerie : « Salon du Plan Nord : la police dérape, le PM perd la boussole – 20 avril 2012 », http://printempsquebecois.com/manifestation-contre-salon-plan-nord/
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