jeudi, janvier 24, 2013

Les "Green Bans" et l'action syndicale environnementale

Le compte Facebook d'une section australienne du syndicat révolutionnaire Industrial Workers of the World vient de partager un clip de rap engagé australien qu'on pourrait dire être proche du style de Rage Against The Machine. Sans être la meilleure pièce musicale du monde, cette chanson a l'intérêt d'attirer l'attention sur l'histoire des "Green Bans" qui ont eu lieu en Australie dans les années '70.

Ce texte utilise les Green Bans pour soulever une réflexion sur la relation entre les syndicats et l'environnement.



En matière d'environnement, il est rare -à la connaissance de l'auteur de ses lignes- d'entendre les syndicats prendre une position écologiste claire dans une lutte.

En fait, ne serait-il pas plus commun de voir le contraire? Certains syndicats vont par exemple défendre la centrale Gentilly 2 ou être en faveur de la construction du port méthanier Rabaska à Québec. Dans ces deux cas, pour ces syndicats corporatistes le calcule est simple : tant que l'activité économique d'une entreprise, peu importe sa nature, assure de bonnes conditions de travail et/ou crée des emplois, il est du devoir du syndicat de prendre position en faveur de son maintient et/ou de sa création puisque le rôle du syndicat est d'assurer le maintien et/ou la création d'emplois de qualité pour ses membres.

En gros,  même si les populations environnantes se font irradier ou si des risques énormes pour le maintien d'un écosystème sont en cause, l'important c'est les jobs.

Ça c'est ce que veulent nous faire croire les "syndicats de droite". Et c'est important de souligner "de droite". Car en fait la situation n'est pas toujours aussi simple et les syndicats ne sont pas tous aussi "anti-écologistes".

Que ça soit par manque de démocratie interne, par corporatisme ou simplement par manque de rapport de force et de réflexion, certains syndicats iront dans la voie de la destruction environnementale autant que cela peut profiter à "leurs membres". Le capitalisme fonctionnant sur le saccage perpétuel du bien commun et des ressources, de telles situations peuvent arriver fréquement. Exit la réflexion sur les intérêts de la classe ouvrière dans son ensemble ou sur le respect de la capacité de l'environnement à se régénérer et à maintenir sa biodiversité. Les syndicats corpos veillent au grain, les capitalistes seront assurés d'une main d'oeuvre passive qui marche au pas.

Bref, les préoccupations de certaines organisations syndicales n'est pas de savoir si un projet ou une entreprise est utile ou non, destructeur ou non, mais plutôt si leurs membres pourront tirer leur part du gâteau.

Par contre, que se passe-t-il si les travailleurs développent une conscience environnementale et ont le désir d'agir contre un projet destructeur? S'ils disent "NON!" à un projet qu'on essaie de leur imposer de force comme étant "créatrice d'emploi"? Le syndicat peut-il à ce moment sortir de cette mentalité "de droite" en agissant en dehors de son cadre légal tel que défini par la loi pour agir concrètement pour des intérêts immédiats qui sont ni en contradiction avec des intérêts de la classe ouvrière dans son ensemble, ni en contradiction avec la conservation environnementale?

Car oui c'est déjà arrivé et c'est l'histoire des Green Bans dont le clip de rap parle.

Dans le livre "Green Bans, Red Unions"* et le documentaire "Rocking the Foundations"**, il est question d'une organisation syndicale dans le domaine de la construction qui s'allia avec des écologistes petits-bourgeois. En gros, les travailleurs de la construction boycottèrent un projet qui aurait détruit une parcelle de forêt dans leur région. Dans ce livre on peut aussi lire que ces mêmes syndiqués n'ont pas seulement fait de grandes déclarations de principe, mais sont passé à l'action en faveur des droits des homosexuels et des peuples aborigènes et ce en utilisant la principale force de la classe ouvrière, le contrôle concerté et conscient de leur force de travail collective et la solidarité. Pour lire en détail l'histoire des Green Bans, voici un texte à ce sujet tiré du site du syndicat anarcho-syndicaliste français, la Confédération Nationale du Travail - française (CNT-f , à ne pas confondre avec la CNT-AIT): "1970-1974 : Les boycotts verts des travailleurs du bâtiment en Australie".

Il s'agit maintenant de voir comment le mouvement syndical d'ici et d'ailleurs peut s'ouvrir à cette perspective. Les défis de notre temps de touchent pas seulement les intérêts immédiats des personnes déjà membre d'un syndicat accrédité. Tous les membres de la classe ouvrière sont affectés par les nouvelles stratégies capitalistes d'exploitation (tel que la sous-traitance) et par la dégradation de l'environnement, de manière directe ou indirecte. C'est pourquoi il est important de continuer la tendance syndicale progressiste qui a été exprimée lors du mouvement étudiant: lutter non pas contre une réforme, mais pour un projet de société***. Les positions environnementales des centrales ne devraient pas simplement se limiter à des politiques d'achat de papier post-consommation ou à des grandes et nobles déclarations sans conséquences, par exemple.

Selon l'auteur de ses lignes, c'est la perspective de contrôle ouvrier qui fait la différence principale entre de nobles intensions environnementales et la perspective d'action concrète. Le droit de gérance des patrons sur leur entreprise est un concept trop respecté, sacralisé par la loi capitaliste. Il laisse le droit de regard sur le développement économique et surtout sur la force de travail des ouvriers et ouvrières qui se voient nier le droit de décider ce à quoi leur temps de travail servira, ce à quoi leurs énergies serviront. Le contrôle ouvrier, c'est ouvrir la fenêtre sur un univers de possibilité puisqu'on ne se refuse plus de porter un opinion et une action sur l'utilité, l'organisation et le rythme de la production économique et sociale.

Évidemment, il s'agit de savoir à quoi sert un syndicat? Tant qu'on laissera les gouvernements, les partis politiques (de gauche comme de droite) et les entreprises limiter et encadrer les syndicats dans un rôle minimaliste de défense des intérêts économiques immédiats de "leurs membres" (et non pas de la classe ouvrière dans sa nature nécessairement internationale), nous ne risquons pas de voir beaucoup de changements à ce niveau.

La définition du syndicalisme de combat propose qu'un syndicat devrait défendre la perspective de contrôle ouvrier et la maximisation des gains économiques et sociaux immédiats. La simple différence entre un projet communiste-libertaire et l'idée de Jean-Marc Piotte, se situe au niveau du lien entretenu avec les partis politiques. Contrairement à ce que pense JMP, les syndicats doivent aborder la perspective de l'action et de l'organisation sociale, politique et ultimement de la prise de pouvoir sans avoir à être la courroie de transmission des intérêts et/ou de l'intelligentsia du "Parti Ouvrier" de l'heure. QS dans le cas de Piotte.

L'impact concret des boycotts verts ouvriers, de l'action ouvrière environnementale, ne saura se réaliser que si la perspective de contrôle ouvrier vient de paire. Il en est de même bien sûr pour l'ensemble des actions touchant "l'intérêt publique" venant des organisations ouvrières, des assemblées.


* Green Bans, Red Union: Environmental Activism and the New South Wales Builders Labourers' Federation, by Meredith Burgmann and Verity Burgmann,

Lire les notes de lecture du site RebelWorker

** écouter des extraits 

***  Au sens de l'auteur de ces lignes, ce projet de société se doit d'être communiste-libertaire, écologiste, contre toutes les formes de discriminations et d'inégalités.

mercredi, janvier 16, 2013

Les écologistes répondent à la GRC

Écologistes, ennemis publics?

http://www.rqge.qc.ca/content/%C3%A9cologistes-ennemis-publics

Montréal, 15 janvier 2013, On apprend que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a publié des mises en garde au sujet d’une soi-disant menace environnementaliste « extrémiste » au Québec. Le présent article replace cette nouvelle dans le cadre plus large de la Peur verte.

La Presse vient de publier des extraits de bulletins d'alerte rédigés en 2011 et 2012 par l'Équipe des renseignements relatifs aux infrastructures essentielles de la GRC. Le journal aurait obtenu ces bulletins via la Loi sur l’accès à l’information.

On y mentionne le risque que les compagnies et personnes impliquées dans l’industrie des gaz de schiste, en expansion au Canada, puissent être la cible d’éléments radicaux du mouvement environnemental. D’autres corollaires sont établis avec l’industrie des sables bitumineux et du nucléaire. 

Cette nouvelle fait écho à la stratégie antiterroriste publiée par le gouvernement Harper en février 2012 : Renforcer la résilience face au terrorisme. Dans ce document, on réfère à des « groupes extrémistes » ayant pour cause les droits des animaux, l’environnementalisme et l’anticapitalisme. 
Précédemment, le ministre des Ressources naturelles Joe Oliver avait publiquement traité de « radicaux » tous les opposants-es au projet de pipeline Northern Gateway de la société Enbridge en Colombie-Britannique. 

Cette hargne dirigée contre les mouvements sociaux par les élites en place ne date pas d’hier. D’emblée, la criminalisation de la dissidence s’intensifie dans notre société, et les quelque 1 100 arrestations au G20 de Toronto ou encore les 3 150 arrestations du Printemps québécois en sont des preuves saillantes.

Mais le fait d’associer écologie et terrorisme relève d’un phénomène bien particulier, celui de la Peur verte. De l’anglais Green Scare, elle désigne la vague de répression policière contre les écologistes qui déferle depuis les années 1990. Le terme est un clin d’œil au Red Scare – les deux vagues anticommunistes des années 1920 et 1950, reconnues comme de grands exercices de paranoïa et d’attaques contre les droits et libertés de la personne. 

On peut retracer ses débuts en 1985, lorsque les services secrets de France coulent le célèbre bateau de Greenpeace Rainbow Warrior, causant la mort du photographe Fernando Pereira. Les groupes écologistes d’envergure internationale qui délaissent le lobbyisme en faveur d’actions directes, jugées plus efficaces (par exemple, le blocage et la désobéissance civile) sont de plus en plus nombreux et gagnent en importance. Outre Greenpeace, on retrouve par exemple Sea Shepherd, Earthfirst!, et depuis 1992, le Front de libération de la Terre (ELF) et le Front de libération des animaux (ALF). 

En 2002, le Congrès américain reçoit le témoignage de James Jarboe du FBI. Son allocution, titrée « La menace de l’écoterrorisme » (The Threat of Eco-Terrorism) stipule que la plus grande menace domestique aux États-Unis est en fait une toute nouvelle menace qu’il baptise écoterrorisme. C’est la première fois qu’on associe les actes de libération animale et vandalisme au concept de terrorisme. Profitant du Patriot Act voté suite aux attentats du 11 septembre 2001, la table est mise pour l’adoption de toute une série de mesures judiciaires contre les personnes suspectées de terrorisme, comme l’écoute électronique et les perquisitions sans mandat, l’arrestation préventive et la détention sans accusation pour une durée indéterminée. Les sentences deviennent aussi beaucoup plus lourdes. Par exemple, peu après l’adoption d’une loi sur l’écoterrorisme, un juge de l’Oregon condamne Jeff Luers à une sentence spectaculaire de 22 ans pour avoir causé 40,000$ en dommage chez un concessionnaire auto, en 2001.

Depuis, la Peur verte s’étend, avec de vastes opérations policières dont l’Opération Backfire (É-U) et l’Opération Achilles (G-B). De grandes organisations comme Greenpeace et PETA ont aussi fait l’objet d’écoute électronique.

Mais qu’en est-il au Québec? Certes, une campagne s’organise au Québec pour s’opposer au renversement du flux du pipeline d’Enbridge (ligne 9b). En parallèle, l’important mouvement d’opposition aux gaz de schiste retient son souffle, attendant les résultats d’une étude environnementale peu prometteuse. 

Évidemment, ces deux industries craignent n’importe quel frein à leurs activités, et les élites politiques qui les servent s’en font les porte-voix. Toutefois, dans leur emportement, les autorités font plusieurs sauts de logique. Les deux faits principaux qu’elles écartent sont la nature même des activités des écologistes dits-es « radicaux » depuis les vingt dernières années et la relation dynamique entre le développement industriel et les communautés qui en sont victimes.

D’une part, toutes les organisations écologistes jugées comme étant les plus dangereuses par les autorités ont en commun les mêmes lignes directrices dans leurs actions. Celles-ci excluent sine qua non les actes de violence envers les personnes et les animaux. Pour ces groupes, le vandalisme et le sabotage ne constituent pas des actes violents, et sont au contraire perçus comme une réponse pour arrêter la violence, très réelle, du développement industriel (ex. destruction d’habitats, réchauffement climatique, pollution de l’eau, du sol et de l’air, etc.). 

Ce qui nous amène au second point : les variables qui entrent dans le choix des actions. Quoiqu’ils se réservent toute la légitimité, l’État et l’industrie sont les acteurs déterminants de ces conflits. Les actions illégales surviennent, règle d’usage, après de longues années de luttes citoyennes où tous les moyens institutionnels, légaux et politiques ont échoués. C’est lorsque la démocratie représentative fait sourde oreille et tranche en faveur des compagnies privées, condamnant les communautés et l’environnement naturel, que plusieurs délaissent les abstractions et envisagent des actions plus directes. Ils reprennent alors la maxime : « lorsque l’injustice est loi, la résistance devient un devoir ». 

Si on ne considère pas sérieusement les impacts génocidaires des sables bitumineux, des gaz de schiste et du nucléaire, tant pour les populations humaines que pour les écosystèmes qui soutiennent la vie telle qu’on la connaît, peinturer écologistes et citoyens en terroristes ne fait qu’ajouter l’insulte à l’injure. 

Bruno Massé est coordonnateur du Réseau québécois des groupes écologistes, écrivain et auteur de L’écologie radicale au Québec. Il détient une maîtrise en géographie sociale.

dimanche, janvier 13, 2013

A call for international antifascist solidarity with Greece

athensantifa19jan.wordpress.com

initiativegrecqueaparis.wordpress.com


We appeal to the antifascists who have been alerted by the rise of the neonazi Golden Dawn and to those who stand in solidarity with the greek people. Our call for international solidarity has now grown into an international antifascist movement.

Demos outside greek embassies and conculates are now being organised in London (UK), Dublin and Derry (Ireland), Barcelona and Ossona (Catalunya), Lyon (France), Tampere (Finland), Chicago and New York (USA) and news for initiatives in other countries are streaming in.

We ask for more demos in solidarity with the greek movement, that is preparing for a big show of strength in Syntagma Square on the 19th of January. It is not just an international affair, it is part of a concerted effort to build a movement that will target rising fascism and racism in Europe and in the whole world.

We ask you:
1) to contact us and give us details for your activities on the day, through facebook, twitter or email: antiracismfascism@yahoo.gr

2) to send us photos and videos of support, holding plackards, stating your solidarity.

3) to send us statements of support that will be read from the platform the day of the demo and concert in Syntagma.

4) to take photos from your solidarity events and send it to us, in order to publicise the size and breadth of our movement.

In case people are travelling to Athens to join us for the day, we would appreciate if you would contact us. We cannot provide facilitation as we are already over-stretched in activity, but there will be an informal meeting of international guests on Friday night, the day before the demo. And we want the international presence to be as organised as possible at the demo itself.
If you have any more ideas about how to help, feel free to contact us in order to coordinate our activities.

The greek antifascist movement is heading for a big confrontation with what seems to be the most dangerous rise of the neonazi far-right in decades. We call on our friends to stand up and be counted on the 19th of January.

In solidarity,
The Organising Committee of the “19 January – Athens Antifascist City”.

samedi, janvier 12, 2013

Les anarcho-communistes au Québec

"Pas un grand quotidien n’a manqué de le souligner au printemps dernier : le Québec aurait été menacé par d’obscurs anarcho-communistes pendant la grève étudiante. Cela fit sensation et on frémit dans les chaumières. Mais qu’en est-il réellement des anarchistes au Québec ? Pour avoir une réponse à cette question, il faut lire Nous sommes ingouvernables, un ouvrage collectif sur les pratiques, les valeurs et les idées des anarchistes québécois. Les textes de ce livre ont été réunis et présentés par Rémi Bellemare-Caron, Émilie Breton, Marc-André Cyr, Francis Dupuis-Déri et Anna Kruzynski."
La rentrée littéraire de Lux éditeur - hiver 2013 
 

samedi, décembre 22, 2012

Magasinage prolétarien en Argentine

Le vrai visage du miracle argentin

11 ans après 2001, le retour des pillages dans les supermarchés.

Au moment même où se déroulait la grande manifestation à Buenos Aires célébrant les 11 ans du 19 et 20 dicembre, dates des protestations massives contre les politiques neo-libérales qui avaient entraîné la grave crise économique amenant le pays au défaut de paiement, des centaines de personnes ont dévasté des magasins et ont participé à de violent affrontements avec la police dans le sud de l'Argentine. 

Depuis de nombreuses semaine, la province de Bariloche est en ébullition suite aux coupes dans les plans sociaux décidés par le gouvernement provincial. Depuis quelques jours courrait le bruit que quelque chose de semblable aurait pu se passer : deux mois auparavant il y avait eu des affrontements entre les habitants des bidonvilles et la police locale, cette dernière étant bien connue pour son comportement extrêmement violent.

Déjà la tension était vraiment élevée dans la région depuis 2010, depuis que lors d'une manifestation à Alto de Bariloche trois jeunes avaient été tués sous les balles tirées par la police anti-émeute. De plus la répression policière et judiciaire fut permanente ces deux dernière années à l'encontre des activistes qui n'ont jamais cessé de réclamer justice suite à ces événements.

Ce ne sont pas les coupes dans les budgets sociaux de la part du gouvernement qui risquaient de calmer les esprits : déjà depuis quelques jours, Omar Goye, le maire de la bourgade, avait demandé aux propriétaires de supermarchés de donner à quiconque en ferait la demande un paquet-cadeau contenant des aliments de base, certains de ces colis avaient commencé à être distribués pour calmer les choses.

Ce matin, peu après 9 h 30, un groupe d'une centaine de personnes provenant des favelas adjacentes à la zone des centres commerciaux a affronté les forces de l'ordre après avoir pénétré dans un supermarché. En bref, la situation a dégénérée en une véritable révolte qui s'est déchaînée dans les rues de la ville obligeant la police à s'enfuir de la zone métropolitaine. Officiellement on ne compte aucun blessé, mais les supermarchés, les boucheries et les dépôts de marchandises pillés se comptent par dizaines. Bien que la propagande médiatique ait attribué les violences et les pillages à des bandes d'adolescents et à la criminalité organisée, la composition sociale des prétendus “révoltés” se voit clairement à travers les images télévisées : il s'agit de familles entières, des femmes avec des enfants en bas âge serrant dans leurs bras des biens de première nécessité comme des pâtes et des paquets de gâteaux. Voilà le vrai visage du miracle argentin. 



sources:
http://ilacam.wordpress.com/2012/12/20/ad-11-anni-dal-2001-tornano-i-saccheggi-nei-supermercati/
http://libcom.org/forums/news/argentine-21122012

mercredi, novembre 28, 2012

"Hélas pour nous"... le fascisme en Grèce

Malheureusement pour tous et toutes, le nationalisme-radical ou l'extrême droite n'est pas seulement en Grèce, mais c'est dans ce pays qu'on peut voir quelques-unes de ses manifestations les plus violentes.

Ce clip choc partagé sur Facebook par Syndicalisme Révolutionnaire dévoile pour ceux et celles qui ne le savaient pas déjà que le Partie Aube Dorée incarne le courant politique le plus horrible de l'histoire. "Hélas pour nous", ce parti tente de s'organiser au sein de la communauté grecque de Montréal.
 http://vimeo.com/54319309
Hélas pour nous from Globe Terrestre on Vimeo.

Évidemment, en terme de violence fasciste il serait bien difficile d'oublier que c'est lors de l'attentat d'Oslo en Suède que l’extrême droite s'est fait la plus meurtrière. Le gouvernement suédois vient tout juste de rendre publique les images des caméras de surveillance qui ont enregistré l'explosion du bâtiment gouvernemental où 8 personnes ont perdu la vie. Quelques heures plus tard, Breivik continuait son sinistre projet en tuant au moins 87 personnes sur l'ile d'Utøya. Celles-ci étaient membres de la Ligue des jeunes travaillistes et étaient réunies pour un camp d'été, la plupart étaient âgées de 15 ou 16 ans.

Une des dernières choses que Breivik a fait avant d'aller garer sa camionnette remplie d'explosifs devant l'immeuble de l'état suédois, a été de publier son manifeste fasciste sur Facebook. Le texte de 1500 pages intitulé 2083: A European Declaration of Independence dénonce le "marxisme culturel", "la destruction de la culture occidentale", le féminisme et le "multiculturalisme".

Il est de plus important de souligner que Breivik n'est pas le premier à commettre un attentat terroriste au nom d'une idéologie fasciste au cours des dernières décennies. Le mouvement fasciste est fortement influencé par les idées qui prônent de tels attentats.  Turner Diaries, un roman de fiction où le fascisme s'implante à coups d'attentats terroristes contre le gouvernement a beaucoup marqué la culture de l’extrême droite.

L'Aube Dorée et l'attentat d'Oslo ne sont pas des exceptions. Partout ailleurs dans le monde, l'extrême droite se répand. Au Québec des membres de l'organisation d'extrême-droite Légion Nationale marchent à Trois-Rivière "contre la dé-nationalistion"; en Hongrie, un parti politique demande une liste des citoyens juifs au nom de la sécurité nationale; en Russie, des milliers de néo-nazis marchent contre l'immigration; aux USA Mitt Romney fait campagne sous un slogan emprunté au KKK tandis que le nombre de groupes haineux tel que les milices anti-gouvernementales augmente sans cesse etc, etc, etc.




En se fondant sur de fausses prémisses, tel que l'antisémitisme, l'autoritarisme, le nationalisme et le racisme, les fascistes, les nationalistes identitaires, l'extrême droite ne font que jouer le jeu du système économique qui perpétue les crises, les guerres, la destruction environnementale et l'asservissement car ces idées n'offrent rien comme réelle solution aux problèmes que nous vivons aujourd'hui.

L'amélioration de nos vies, notre émancipation collective passe par la reconnaissance de notre appartenance à une classe sociale exploitée internationalement, il faut donc s'organiser et lutter internationalement.

Ainsi tous les travailleurs et de toutes les travailleures (syndiqué-e-s ou non), les chômeurs-chômeuses, les exilé-e-s, les immigrant-e-s, les esclaves, les précaires, les marginalisés, les sans-papiers unissent leurs forces dans la lutte contre les dictats économiques des réformes capitalistes néo-libéraux et conservateurs, contre l'esclavage économique qu'est le salariat, contre l'asservissement politique qu'est l'État, pour une société égalitaire, pour le pouvoir populaire dans l'économie et les affaires publiques.

La solution est dans l'organisation sur des bases libertaires de nos luttes et de la société et non dans les relents totalitaires de la frustration xénophobe.

samedi, novembre 17, 2012

"Impressions de Gaza" par Noam Chomsky et manifestation dimanche


Dimanche 18 novembre
13h00
Université Concordia, Édifice Hall
1455 de Maisonneuve, ouest
(Métro Guy-Concordia)


 ***
Restez informéEs  via deux groupes Facebook pertinents
Solidarity for palestinian human rights (sphr)  Concordia

Tadamon - collectif montréalais de solidarité avec la palestine


À lire aussi « Nous accusons ! La sourde oreille des grands médias sur la situation et la gravité des atro­cités com­mises par Israël à Gaza. » La cri­tique porte prin­ci­pa­lement sur le New York Times, la BBC et son équi­valent canadien, la CBC. Mais les remarques que font les uni­ver­si­taires peuvent faci­lement s’étendre aux grands journaux fran­co­phones. « Nous sommes frappés par la manière dont les événe­ments sont relatés dans les grands médias. Ceux-​​ci évoquent légi­ti­mement la terreur res­sentie par les Israé­liens qui doivent se réfugier dans des abris lors des tirs de roquettes pales­ti­niennes. Ce que nous dénonçons, c’est le dés­équi­libre dans le trai­tement média­tique car, jusqu’à présent, le même travail n’est pas fait pour pré­senter les effets des bom­bar­de­ments sur la popu­lation pales­ti­nienne », expliquent Phi­lippe Prévost et sa femme Verena Stresing, qui vivent du côté de Nantes. « Les articles qui rap­portent les meurtres commis se concentrent en grande majorité sur l’élimination des membres de la sécurité pales­ti­nienne », laissant souvent de côté les vic­times parmi les civils, écrivent les neuf uni­ver­si­taires, qui ajoutent : « La même ten­dance se retrouve dans les grands journaux européens. »

"Impressions de Gaza" par Noam Chomsky

Même une seule nuit en prison suffit à donner une idée de ce que veut dire le fait de se trouver sous le contrôle absolu de la même force extérieure. Et il faut à peine plus d’une journée à Gaza pour commencer à apprécier ce à quoi doit ressembler tenter de survivre dans la plus grande prison en plein air du monde, où un million et demi de personnes, dans la région la plus densément peuplée du monde, sont constamment soumises à la terreur générale, souvent sauvage et aux châtiments arbitraires qui n’ont souvent pour but que d’humilier et avilir, ainsi que de faire en sorte que les espoirs palestiniens d’un avenir décent soient anéantis et que soit réduit à zéro le soutien mondial majoritairement favorable à un arrangement diplomatique censé accorder ces droits.

L’intensité de cet engagement de la part des dirigeants politiques israéliens a été dramatiquement illustrée ces quelques derniers jours encore, quand ils ont prévenus qu’ils allaient « devenir fous » si l’ONU reconnaissait les droits des Palestiniens, ne serait-ce que de façon limitée. On est loin d’un nouveau départ. La menace de « devenir fous » (« nishtagea ») est profondément enracinée, elle remonte même aux gouvernements travaillistes des années 1950, ainsi que le fameux « complexe de Samson » qui s’y rattache : nous abattrons les murailles du Temple si on les franchit. C’était une menace vaine à l’époque. Ce ne l’est plus aujourd’hui.

L’humiliation intentionnelle n’est pas nouvelle non plus, bien qu’elle adopte continuellement de nouvelles formes. Il y a trente ans, les dirigeants politiques, y compris certains des faucons les plus notoires, avaient soumis au Premier ministre Begin un compte rendu choquant et détaillé sur la façon dont, régulièrement, les colons recourent à la violence contre les Palestiniens et ce, de la façon la plus vile et en toute impunité. L’éminent commentateur militaro-politique Yoram Peri avait écrit avec dégoût que la tâche de l’armée ne consistait pas à défendre l’État, mais « à détruire les droits de personnes innocentes tout simplement parce qu’elles étaient des Araboushim (« bicots », « métèques ») vivant dans les territoires que Dieu nous avait promis ».  

mercredi, novembre 14, 2012

Forum sur la Démocratie Directe - samedi 16 février

Forum sur la démocratie directe

Date: 16 février 2013
10h à 17h30
Lieu: 2040 rue  Alexandre-deSève Centre Alexandre-deSève

Party au DIRA ANNULÉ

Voir l'évènement Facebook du Forum sur la Démocratie Directe

Merci de partager cette invitation dans vos réseaux. Vous êtes aussi invité-e-s à l'afficher dans les locaux de vos associations étudiantes, groupes communautaires, coopératives, écoles, assemblée populaires et syndicats!





Description de l'événement

L'Union Communiste Libertaire (UCL) souhaite vous convier à un Forum public qui portera sur la démocratie directe. Nous proposons un espace de réflexion large pour partager et réfléchir librement sur les différentes expériences de pouvoir collectif qui ont été vécues, notamment dans le cadre de l’ébullition sociale entourant la grève étudiante. Durant les derniers mois, nombreux-euses sont ceux et celles qui ont vécu et expérimenté une nouvelle approche de l'organisation et de la prise de décisions collectives. Nous pensons donc qu’il est temps de faire un retour sur ces expériences afin d’alimenter nos visions quant à la construction d'une proposition globale sur l'enjeu du pouvoir.

Cet événement sera l'occasion de se pencher sur les critiques adressées aux structures démocratiques actuelles et de réfléchir aux expériences vécues dans les milieux militants. Nous souhaitons aussi avoir l'occasion d'appréhender ces enjeux à travers une réflexion sur la démocratie directe comme mode d'organisation d'une société entière.

La journée se déroulera sous forme de forum ouvert. Afin de nourrir les réflexions et de stimuler les discussions, nous allons produire un cahier de réflexion. À cet effet, nous sollicitons votre participation dans la rédaction des textes.


Appel de textes

Nous souhaitons rassembler des textes dans un cahier de réflexion d’au maximum 100 pages. Pour le remplir, nous avons besoin de beaucoup de textes, dont le vôtre! L'objectif est de rassembler des réflexions, des propositions et des expériences en vue de faciliter le partage au moment du forum.

Les textes peuvent prendre diverses formes. À titre d'exemple, il peut s'agir d'un essai, d'un exposé de type journalistique, d’une fiction ou d'un texte au style plus académique. Les poèmes et les illustrations sont aussi les bienvenus. S'il s'agit d'un texte de réflexion long il est préférable qu'il soit basé sur des exemples concrets, sur des évènements vécus plutôt que sur des scénarios imaginaires.

Les textes doivent compter entre 200 et 2000 mots. Afin de faciliter le montage du cahier, nous vous remercions aussi de bien vouloir envoyer vos textes en format .doc (Word ou Open Office) enregistré selon le titre du texte et de bien inscrire votre nom au début du document si vous souhaitez qu'il soit publié. Nous vous demandons aussi de faire précéder votre texte d'un court résumé (+ou- 100 mots). La date limite est fixée au 15 décembre 2012 à minuit. Merci d’envoyer vos textes à l’adresse suivante : ucl@causecommune.net

Les textes seront insérés dans le cahier de réflexion qui sera distribué sur Internet en PDF et imprimé pour le 16 février. Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi publier votre texte dans l'anonymat. Simplement le spécifier dans votre courriel lors de l'envoi. Si vous êtes également intéressé-e-s à présenter vos réflexions à travers une présentation orale, faites-le nous savoir.


Horaire du Forum


10h00 à 12h00: Critique des différentes formes de démocratie actuelles

12h00 à 13h00: Pause repas: Distribution de nourriture (végétarienne et omnivore) à contribution volontaire


13h00-15h00: Expériences de la démocratie directe. Atelier au choix

A) La démocratie dans le printemps érable (Assemblées populaires Autonomes, groupes affinitaires, mouvement étudiant)

B) La démocratie dans les structures associatives (syndicats, groupes communautaires, mouvement des coopératives)


15h30-17h30: La démocratie directe, un projet de société?


20h: Party au DIRA

Bienvenue à toutes et à tous!

Pour plus d'informations:
http://nefacmtl.blogspot.ca/2012/11/for ... amedi.html

http://www.causecommune.net/

dimanche, novembre 11, 2012

La librairie anarchiste L'Insoumise en photo

Repris depuis le blogue de la Librairie anarchiste L'Insoumise

La librairie sort de sa timidité et se dévoile au grand jour sur le web!

Visiter l’intérieur et ayez un coup d’œil sur ses sections de livres grâce à son album photo via sa page

Facebook
accessible même aux personnes n’ayant pas de compte Facebook.
Cliquez ici!





C’est grâce à vous si la Librairie Anarchiste L’Insoumise deviendra populaire, merci de partager les images et de commenter les photos!



dimanche, novembre 04, 2012

Groupes non-mixtes : quelles actions contre le masculinisme et le patriarcat?





En compagnie de nos invitées, Stéphanie Mayer et Mélissa Blais, nous analyserons le discours, les actions et les personnalités du masculinisme au Québec. Nous discuterons également des possibilités et de la spécificité des actions des groupes féministes non-mixtes.

Au menu, une présentation des principaux axes de discours des masculinistes, accompagnée de quelques points historiques. Ensuite, nous laisserons place à la discussion : comment reconnaître les discours masculinistes dans nos milieux? Comment créer des alliances avec des camarades militants qui désirent nous appuyer dans cette lutte? Quelles actions contre la place des masculinistes dans les médias de masse?

Des rafraîchissements seront aussi servis.

À mercredi!
Le comité femme de l'UCL et ses alliées


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Quand?  Mercredi 7 novembre, 19h
Où?  Université du Québec à Montréal, pavillon Hubert-Aquin, local A-3685


Sur Facebook : https://www.facebook.com/events/505935992758016/

dimanche, octobre 28, 2012

Vidéo "L'autre blocus 138" - Résistance Innue au Plan Nord

http://documentairesemences.blogspot.ca/

 http://noticierosemillas.blogspot.ca/

cliquez ici pour connaitre les idées derrières le projet semences

 

Ces images relatent les événements survenus à la mi-octobre 2012 sur la Côte-Nord, dans la communauté de Ushat mak Mani-Utenam. Devant des préoccupations grandissantes sur la façon dont les projets de développement minier et hydro-électrique sont imposés dans la région, des militantEs InnuEs de Ushat et de Maliotenam organisèrent un « deuxième » blocus sur la 138, à la hauteur de Maliotenam. Au début du mois de mars de la même année, un « premier » blocus avait été réalisé en réaction à la non-reconnaissance, par Hydro-Québec, des résultats de référendums populaires : suite à deux refus de la communauté de Uashat mak Mani-Utenam, la mise en place de lignes de transmission (partie du projet hydro-électrique la Romaine), qui s'étendront sur 500km de territoire ancestral, est poursuivie. 

La destruction accélérée de territoires ancestraux par des projets discutés lors de « consultations » (entre le gouvernement et les conseils de bande) et donnant naissance à des ententes (entre les entreprises et les conseils de bande) souvent signées à huis-clos, génère la nécessité d'actions concrètes. Par leur voix, les militantEs rappellent au nouveau gouvernement -- et à sa société d'État -- que le Peuple n'oublie pas la façon dont les « consultations » auprès des premières nations sont réellement menées. Notons, par ailleurs, qu'au moment où le blocus se réalisait, Madame Marois, qui avait maintes fois critiqué le « Plan Nord » de Charest, était partie en France pour y rassurer des dirigeants d'entreprises --minières et autres— qui craignaient déjà pour leur investissements dans le Plan d'ouverture des marchés des ressources du « Nord québécois ». 

Les Innus, utilisateurs du territoire depuis toujours, n'en sont pas à leur premier « Plan Nord ». Le Nitassinan est pillé depuis la colonisation, et si les méthodes ont changées, le non-respect des droits ancestraux --désormais supposément reconnus par le système judiciaire canadien— perdure. Aujourd'hui, une fois de plus, plusieurs se lèvent et appellent à la protection de la Terre-Mère et des prochaines générations qui y vivront. Ils et Elles demandent le respect et la solidarité entre les peuples. 

Ce blocus aura laissé des effets considérables dans la communauté et dans la province. Une semaine après son démantèlement, des jeunes de Uashat mak Mani-Utenam érigeaient le « troisième » blocus 138 de l'année 2012, à l'intention des véhicules se dirigeant au chantier de la Romaine. Le cumul de ces pressions populaires aura entre autres poussé le conseil de bande à adopter une résolution prévoyant l'arrêt des discussions avec les entreprises du sud, et forcé les élus à s'engager à refuser tous les projets de développement à propos desquels les membres de la communauté n'auraient pas été consultés. Reste à voir si ces mesures seront réellement respectées, et si elles sont suffisantes. 

En attendant, la résistance se sera solidifiée dans la communauté, ouverte aux autres nations, et étendue entre les opposants aux politiques colonialistes et capitalistes des élites économiques et politiques.

mardi, octobre 23, 2012

BANDIT!

Ah! je fouillais dans mes affaires a soir et je suis tombé là-dessus... un bon vieux texte de Flores Magon, révolutionnaire mexicain, écris il y a plus de 100 ans et pourtant tellement d'actualité! Maudit que c'est bon...

Un texte rempli de sagesse, absolument a lire alors qu'à tous les jours la "corruption" fait la une avec leurs cochonneries à la Commission Charbonneau, Zambito le héros de TLMEP, et tous les autres beaux parleurs, qui vont continuer a se faire du cash sur notre dos, pendant qu'on nous demande de serrer la ceinture. Les mots me manquent.

BANDIT! 

Voilà le nom que nous donnent les gens qui représentent l'ordre. Pourquoi? Parce que nous enseignons à nos frères de misère que tout ce qui existe doit appartenir à tous et nous les invitons à ce qu'ils en prennent possession. Qui a fait la terre?... Est-ce que ce sont ces messieurs en habits et à gants blancs qui l'ont faite et qui disent qu’elle leur appartient?... Non, la terre est un bien naturel, un bien commun à tous les êtres vivants. Qui a fait les maisons, les vêtements, tout ce qui rend notre vie plus confortable?... Est-ce que ce sont ces messieurs qui vivent dans des palais ou des hôtels de luxe?... Non, tout ça est sorti des mains des pauvres personnes qui s'amoncellent dans des taudis, qui pourrissent au bagne, qui se vendent dans les bordels et qui meurent dans les hôpitaux, bien avant leur temps, ou dans un échafaudage, peu importe l'endroit… Bandits! Les bandits sont ceux qui ne veulent pas qu'il y ait de bandits. Non, messieurs les bourgeois; les bandits ce sont vous qui, sans aucun droit, se sont appropriés les produits du travail des hommes et tous les biens naturels que vous n'avez pas encore transformés. Tout cela sans jamais laisser tomber une goutte de sueur. Ce sont vous les bandits messieurs les bourgeois qui, illégalement, parce que la loi est entremetteuse de votre esprit rapace, avez pris la majeure partie du produit du travail des hommes sans qu'il n'y ait de danger de vous retrouver un jour au bagne. Et bien, entre bandit et bandit, moi je préfère celui qui, couteau à la main et l'esprit résolu, sort d'un coin sombre en criant : "Ton argent ou ta vie!". Je préfère, et j'insiste, celui là, que le bandit qui assis à son bureau, froidement, l'esprit tranquille, sereinement, suce le sang de ses travailleurs. Et pour le premier bandit, celui qui attaque audacieusement et courre les risques dans cette aventure, il y à la prison ou le peloton d'exécution; pour l'autre bandit, celui aux gants blancs, il y a le respect, l'honneur, le bonheur. Voilà comment les choses sont présentement dans ce système d'injustice sociale. Pour ces personnes "honnêtes" et qui respectent l'ordre, voler n'est pas un crime si le vol est considérable. Les banquiers, les commerçants ont des combines qui augmentent la faim et la tristesse dans plusieurs centaines de lieux; mais ça passe comme une opération financière habillement faite. Un homme qui souffre de faim prend dans un magasin un morceau de pain; c'est lui qui sera appelé voleur. L'autorité, encore plus vile que la loi puisqu'elle est son exécutrice, soutien tout cela. 

Mort à l'autorité! 

Regeneraciòn, no. 67, 9 décembre 1911

Ceci n’est pas une matraque : C’est la domination.

Comparativement à la brutalité policière tolérable, selon « l’opinion », en plein crise étudiante, la nouvelle récidive de la matricule 728 du Service de police de la Ville de Montréal sème visiblement l’émoi, alimentée par des témoignages sensationnels abondants dans les médias. L’Union Communiste Libertaire joint sa voix au flot de consternation. Mais, une fois de plus, l’empire du 1% a absolument « les deux mains sur le volant » pour contrôler et canaliser une contestation « raisonnable » vers la perpétuation de l’establishment. La plus grande forme de violence, disait Emma Goldman, c’est l’ignorance. Contrairement à la vision du monde négatrice imposée par la classe dominante, la société est marquée de nets conflits non moins violents dans l’écrasement et l’exploitation au quotidien des classes opprimé-e-s par les privilégié-e-s. Nous ne prétendons pas à la neutralité. L’UCL se portera toujours à la défense des classes opprimé-e-s.

Si nous encourageons la mobilisation populaire contre la brutalité policière, nous ne pensons pas moins que « l’incident 728 » est un nouveau fait divers de la domination en tant que rapport social. Depuis sa création, l’institution policière fut le bras armé de l’État pour maintenir un ordre factice, par une force corrélée à la pugnacité et l’indépendance des classes dominées. Autochtones et métis, femmes, pauvres, personnes immigrantes, rebelles anarchistes et socialistes, précaires et syndiqué-e-s, queers, chômeurs et chômeuses,… : les principales cibles désigné-e-s comme criminel-le-s, et ainsi profilé-e-s, taxé-e-s de tickets, harcelé-e-s, battu-e-s, puis emprisonné-e-s… pour la prospérité et la sécurité de quelques aristocrates plein de vanité, au sommet de cette pyramide sociale.

Le niveau d’expression et l’apparence physique de la policière ont soulevé un grand nombre de propos et « blagues » à caractère sexiste, homophobe et misogyne que nous ne dénonçons pas moins que l’incident en soi. Pour le Comité Femmes de l’UCL, celles-ci renforcent des rôles et rapports de genre dans lesquels les femmes sont les principales victimes de la violence, et pas seulement de la part de la police. Les hommes portant ces propos dénigrants sapent carrément le potentiel de mobilisation populaire. À ceux qui se disent favorables à l’égalité entre les sexes, nous leur disons que leurs prétentions ne valent rien du haut de leurs privilèges de genre. S’ils sont sincères, ils peuvent faire réfléchir les autres hommes qui portent de tels propos et jugements.

À l’heure où c’est la police qui enquête sur la corruption des partis politiques, nous devrions nous questionner sur la culture mafieuse existant au sein même de celle-ci. L’absence de recours face aux abus de la police laisse ses victimes sous la coupe de celle-ci. Que penser d’un système de déontologie où des agents se permettent de refuser des plaintes lorsqu’il en est de leur intérêt. Un système où, dans un même poste de police, un agent « enquête » sur ses collègues. Où, dans très peu de cas, les plaintes ont pour conséquence des blâmes, et dans pratiquement aucun (même quand la police assassine), ne mettent un terme à la carrière des dangereux. Le cercle de discussion policier, racontée par une témoin, dans lequel la matricule 728 a changé la version des événements avec une dizaine de ses collègues, est tout à fait représentatif de la culture du silence dans la police (et son bien officiel « Serment de discrétion »). Rappelons seulement qu’en 2008, un agent du poste de Sept-Îles ayant rompu le silence face au trafic d’arme de son chef et ses collègues fut victime d’harcèlement et d’accusations (« menaces de mort ou de lésions corporelles à l'endroit d'un supérieur hiérarchique ») – une histoire beaucoup plus répandue que l’on pense.

Comme communistes libertaires, nous cherchons à construire une société dans laquelle nous pourrons supprimer la violence de nos rapports sociaux, une société dont l’ordre sera autorégulé par la combinaison de la pleine égalité et pleine liberté de chacune et chacun et de la gestion collective et fédérale par démocratie directe de nos défis. Malgré la nouvelle tendance de diffusion sur les médias sociaux, est-il nécessaire de rappeler que la plus grande partie de la brutalité policière continue de se passer dans l’indifférence et la tolérance quasi-générale? Que ce que les contestataires du printemps viennent de vivre est ce que beaucoup d’autres couches encore plus marginalisé-e-s de la population souffrent depuis des lustres? Il est vain d’attendre une réforme de la police. Demandez aux milliers de victimes de la sévère crise humanitaire causée par la police au G20 de Toronto, qui ont vu toutes leurs réclamations d'enquête indépendante tournées en ridicule! À travers de nouvelles crises sociales, nous ferons la gymnastique historique nécessaire pour développer l’auto-organisation populaire en mesure de rompre le mauvais sort.

Union Communiste Libertaire
18 octobre 2012

jeudi, octobre 18, 2012

Projection-débat 24 octobre 19h30 - Mirages d'un Eldorado (compagnies minières)




Description du film par le réalisateur Martin Fringon
Tiré du site web des productions de cinéma engagé Multi-Monde:


Mirages d'un Eldorado nous amène au coeur de la Cordillère des Andes du Chili où les communautés s'opposent aux compagnies minières étrangères, parmi lesquelles Barrick Gold et son projet Pascua Lama. Notre "western engagé" révèle les bons, les brutes et les puissants de cette histoire et confronte leurs visions d'un Eldorado.


La projection sera suivie d'une discussion collective. Une personne du Projet Accompagnement Solidarité Colombie (PASC) sera également présente!





Quand? Mercredi 24 octobre, 19h30
Où? DIRA, 2033-2035 St-Laurent (entre Ontario et Sherbrooke)
 Confirmez votre participation via Facebook


Site internet de l'UCL : http://www.causecommune.net/
Site internet du PASC :
 http://www.pasc.ca/fr/


Bande annonce du film


Revue de presse

lundi, octobre 08, 2012

La police grecque dans le rôle d’agent de sécurité de l’Aube dorée


http://diktio.org/node/811 Communiqué du Réseau pour les Droits politiques et sociaux, 01/10/2012

La police grecque a prouvé [le 30 septembre au] soir qu’elle avait assumé le rôle de chien de garde de l’Aube dorée. Depuis plus de trois ans, la police non seulement tolère, mais encourage en réalité l’activité terroriste des « sections d’assaut » à Agios Panteleïmonas (quartier populaire d’Athènes où l’Aube Dorée agit en toute impunité). Hier, un de ces « sections d’assaut » a entrepris d’attaquer la manifestation antifasciste de motards organisée par le milieu anarchiste. Résultat : il y a eu accrochage. Et, puisque les « sections d’assaut » se trouvent en difficulté lorsqu’ils n’ont pas en face d’eux des immigrés isolés et sans défense, l’unité DIAS (section motorisée à deux roues) est venue à leur secours et a attaqué violement la manifestation des motards. Le scénario des bastonnades sauvages et des interpellations massives s’est poursuivi, plus tard, à Exarchia.  A l’heure où ces lignes sont écrites, les 23 antifascistes sont toujours en garde à vue, alors qu’aucune accusation n’a été prononcée contre eux, et sans qu’ils puissent communiquer avec un avocat.

C’est un véritable scandale que la police ne procède à aucune arrestation, alors même que les nazis commettent quotidiennement  des crimes abominables contre les immigrés et que la police ne procède à aucune arrestation. Mais le scandale devient encore plus grand lorsque la police protège les criminels en interpellant… les anarchistes. Il s’agit d’une collusion politique et d’une opération conjointe entre Etat et organisations paramilitaires. La carte du fascisme, c’est-à-dire du terrorisme réactionnaire ouvert, est la dernière que conserve le bloc de pouvoir du Mémorandum. C’est une question centrale pour le mouvement populaire que d’abattre ses propres cartes pour gagner la partie.
Libération immédiate de tous les antifascistes interpellés !