mardi, juillet 21, 2009

Féminisme et luttes de classes - Enjeux des théories de l’identité

Un texte du hors-série de la revue Ruptures (mai 2009)

La position de la NEFAC sur le patriarcat n’a jamais été claire. Si parfois on se revendique de l’anarka-féminisme, c’est jamais sans définir le terme ni faire référence à des auteur-e-s, ni même à un courant précis issu du mouvement social. On préfère plutôt s’en tenir à des positions «contre l’oppression des femmes», au même titre que lors d’enjeux précis contre le racisme ou contre l’homophobie. Mais il faut se rendre à l’évidence, la NEFAC n’a jamais été capable de dépasser cette position et d’avoir une réelle et effective unité théorique sur l’interrelation des systèmes d’oppression. Loin de moi l’idée d’en arriver à une conclusion ici. Ce texte se veut plutôt une exposition au meilleur de mes connaissances des idées théoriques qui existent déjà sur cette question pour en démocratiser la réflexion (souvent monopolisées par les milieux universitaires). Ainsi, j’espère qu’il amorcera une réflexion plus globale sur les enjeux des luttes de classes et que d’autres le complèteront ultérieurement.

Luttes de libération

La NEFAC-Québec
Présentement, la NEFAC reconnaît politiquement la diversité des luttes de classe et des formes d’aliénation, en mettant tout particulièrement l’emphase sur la lutte des femmes, de genre et contre le racisme. On les appelle communément «oppressions sociales» dans ce sens qu’elles sont interreliées au système économique tout en étant autonomes. Leur logique de production et de reproduction est plutôt reliée à la socialisation (les stéréotypes, les institutions sociales, etc., bref, les rapports sociaux) qu’à une dénonciation économique et politique de leur système autonome. Pour ce qui est de la pratique politique, on est généralement à la remorque de l’actualité, c’est-à-dire qu’on va se mobiliser lorsqu’il y a des reculs face aux libertés individuelles, que ce soit C-484 (droit des femmes) ou Montréal-Nord (racisme) ou encore contre l’homophobie à Québec. L’organisation du Québec, pour sa part, n’a aucune structure spécifique tandis que la fédération a un comité femme.

Le contexte général
Il y a très certainement une perte de sens de l’universalisme qui traverse les mouvements sociaux. On nage en pleine fragmentation des mouvements sociaux où l’on se replie sur l’identité pour construire un contre-pouvoir, principalement basé sur la volonté d’être inclus-e-s dans le projet politique. Au plan théorique, la définition foucaldienne du pouvoir fait «des petits». On sort d’un cadre théorique macrosocial où les classes sont en lutte pour se concentrer sur une analyse individualisante. Dans le fond, c’est un rejet de la libération post-révolutionnaire et dans cette optique, il vaut mieux miser sur le pouvoir d’action des individus pour transformer les inégalités d’aujourd’hui.

L’interrelation entre les identités est un enjeu important. Le problème pour l’anarcho-communisme c’est que présentement, il ne développe pas de nouvelles «idées» ou, pour être plus précise, il ne réfléchit pas aux transformations sociales qui ont percé les rapports sociaux sous l’impulsion des revendications multiples des mouvements sociaux. Il faut dire que la réalité est complexe, certes, et que nous sommes davantage propulsé-e-s par les luttes concrètes que par des enjeux purement théoriques. N’empêche, notre vision des rapports sociaux et de l’interrelation des aliénations et des luttes de classe doit être débattue.

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1 commentaire:

ysengrimus a dit…

Il est de plus en plus observable qu’il existe un féminisme de droite

http://ysengrimus.wordpress.com/2009/10/15/sur-le-feminisme-de-droite/

Nier cette sorte de « consécration » sociale du féminisme, c’est quand même un peu se mentir…
Paul Laurendeau