mardi, août 11, 2009

Lettre ouverte à Richard Martineau


Vu sur Hoodstock.ca

Nous avons reçu ce courriel de la part d’une internaute qui en avait long à dire à M. Richard Martineau. Étant donné que le ton du message est de bon goût, nous lui donnons l’occasion de diffuser son texte à notre auditoire.

Bonne lecture.

L’équipe Hoodstock

M. Martineau,

Je comprends tout à fait votre obsession à toujours taper sur les mêmes clous. Votre paresse ou insuffisance intellectuelle y est sûrement pour quelque chose. Certains vous traiteront de raciste, mais je n’irais pas jusque là. Je ne crois pas que vous soyez raciste. Ce que je crois par contre, c’est que vous manquez de jugement et d’humanité.

En lisant votre dernier article “Pourquoi pas un concert pour Ellis”, je n’ai pu m’empêcher de réaliser à quel point l’Homme pouvait être méchant. Oui Danny Villanueva doit vivre avec ce lourd fardeau et il doit se sentir très coupable de la mort de son frère. Il n’a pas besoin de votre torchon pour se regarder dans la glace tous les matins et revivre ce terrible événement. Il n’a pas besoin de vos accusations et de votre ton moralisateur pour comprendre que la vie de son frère aurait pu être épargnée. Il n’a pas besoin que les millions de lecteurs qui lisent votre journal se mettent à l’unisson pour lui faire justice. Il est responsable de ces actes, mais ce n’est pas lui qui a appuyé sur la gachette !

Mais tout cela vous le savez ! Mais il faut vendre du papier à tout prix, n’est-ce pas ?

Quand à vos attaques à M. Mervil, je vous conseillerai d’arrêter, car cela ne fait qu’empirer la chose. Qui ne se doute pas que Luck Mervil est devenu votre cible, depuis votre passage à son émission 3950. À chaque fois que vous vous attaquez à lui, vous nous faites le plaisir de nous remémorer ce grand moment de télévision. On essaie d’oublier, mais vous n’aider en rien la cause. Vous avez été le seul responsable de votre humiliation, tournez la page maintenant…

Brièvement, car je doute que tout cela vous intéresse particulièrement. J’aimerais simplement vous parler du Hoodstock. A lire votre article, on pourrait croire que ces jeunes issus de Montréal-Nord et des environs, qui ont organisé cet événement à même leurs économies et sans l’aide de personne, soient des criminels notoires. À notez que le comité organisateur du Hoodstock est en grande majorité formé de jeunes haïtiens (je dirais à 95%). 15 000$ amassés en organisant un lave-auto, avec leurs maigres économies et avec l’aide de quelques organisations. Ils ont dû convaincre la ville, se prévaloir d’une assurance responsabilité de 3 millions de dollars (alors qu’une campagne de peur régnait dans les médias et que personnne ne voulait les assurer), ils ont convaicu la police et toutes les instances nécessaires pour mettre sur pied leur projet et avoir leur permis. Qui soit disant leur a été remis vendredi matin, la veille de l’événement. L’événement s’est déroulé dans le plus grand calme devant près de 1000 personnes, malgré tout ce que peut en dire la presse francophone, je précise francophone, car si l’on se fie à la couverture médiatique des médias anglophones, ils n’ont pas participé au même événement.

Les jeunes derrnière Hoodstock ont organisé le premier forum social à Montréal-Nord qui s’est tenu sur deux jours. Une première dans un quartier populaire. Lors de ces forums les questions sociales qui touchent la jeunesse à Montréal-Nord ont été abordées. Ils ont parlé des problèmes de gangs de rue (avec d’anciens membres de gangs qui lançaient un message positif). Il ont discuté des devoirs de la jeunesse et de la diaspora haïtienne (qui est souvent pointée du doigt). Ils ont proposé des dialogues pour que les citoyens de leurs quartiers se comprennent et travaillent ensemble pour une vie meilleure. Ils ont abordé la question de l’éducation alternative. Mais tout cela n’est pas important. Dans votre article, il n’est nullement question de cet effort fait par les jeunes et pour les jeunes pour améliorer les conditions de vie de tous les citoyens de Montréal-Nord. Mettre à disposition une plate-forme permettant à toute une communauté de s’exprimer ne semble pas vous faire réaliser que OUI les jeunes veulent du changement et que c’est tous ensemble qu’ils feront une différence.

Aussi, le fait de dire que Hoodstock passe sous silence les problèmes de gangs de rues est un gros mensonge. Il y avait parmi les gens présents qui ont participé au forum et qui tenaient un kiosque de sensibilisation, la famille Thermidor qui a crée le mouvement Wagner Thermidor. Vous avez parlé d’Ellis, je vous parle de Thermidor.

Né à Montréal le 10 juin 1981, Wagner était un jeune homme brillant avec un avenir prometteur. Il était à terminer des études en administration à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). D’origine haïtienne, Wagner a grandi dans une famille aux valeurs chrétiennes. Sa personnalité touchante et son grand cœur faisait de lui une personne inoubliable. Dans la nuit du 24 au 25 juin 2008, Wagner Thermidor fut atteint mortellement d’une balle perdue, lors d’un BBQ tenu à Varennes à l’occasion de la Fête de la Saint-Jean. Wagner fut une autre victime de la violence gratuite puisqu’il n’était nullement relié au phénomène des gangs de rue ou à toute autre activité criminelle. La famille était donc présente à Hoodstock pour soulever ce problème de société. Et ils ont passé leur message et les objectifs de leur mouvement qui est de : militer pour la paix, présenter aux jeunes les figures positives de notre communauté, sensibiliser le public à la cause de la non-violence, informer la communauté sur les différents moyens à prendre pour rapporter des faits, après avoir été témoin d’un incident. Voici ce qui s’est passé durant cette fin de semaine du Hoodstock. Ce n’était pas qu’un concert de musiques rap comme vous vous amusez à prétendre dans votre article. C’était une fin de semaine de sensibilisation et d’ouverture.

Le slogan du Hoodstock : S’organiser pour s’élever. Vous auriez au moins dû y mettre les pieds à ce forum avant d’écrire un texte incendiaire sans même explorer d’autres avenues. D’où mon entêtement à dire que vous êtes un journaliste paresseux. Qui quotidiennement nous sert la même sauce avec parfois de nouveaux ingrédients épicés.

En définitive, un criminel c’est quelqu’un qui a un casier judiciaire, ce qui n’était pas le cas de Fredy. Au pire vous pourriez dire que c’était un délinquant, mais en avez-vous la preuve? Je connais plusieurs de vos amis qui prennent de la coke quotidiennement et cela ne fait pas de vous un drogué à ce que je sache. Vous trainez avec eux, malgré que cet acte soit illégal! Qu’il puisse être avec son frère qui est connu des policiers ne fait pas de lui un criminel. Fredy et les autres n’étaient pas armés. Oui ils ont résisté à la police, ce qui est un délit. Mais chaque jour des hommes et des femmes résistent aux pratiques abusives de la police et on leur injecte pas trois balles dans le corps. Il y a la prison pour les criminels, pas la morgue. Nous avons un système judiciaire et pénal, non ? Le 3/4 des Hells est en cellule, ils sont pour la plupart armés lorsqu’on procède à leur arrestation, ils sont criminels, et ils sont en vie et on paye grassement leur séjour au purgatoire.

Qu’on arrête de dire qu’il n’y a pas eu bavure policière. La marche de dimanche n’était pas une marche pour Fredy uniquement, c’était une marche pour la justice et pour qu’arrête l’impunité policière. Tout le monde fait des erreurs, et il faut être capable de le reconnaître.

C’est ensemble qu’on améliora les choses et non en tentant de nous diviser. Vos articles ne font qu’alimenter la haine et nous divisent encore plus. Faites-nous part de solutions. Participez au débat de façon constructive. Faites des recherches, essayez de comprendre, allez plus loin que ce qu’on peut voir à la surface. Vous faites partie de la minorité capable d’avoir un impact intellectuel sur une grande majorité d’individus. Pourquoi ne pas utiliser ce privilège de façon constructive et non pour agrandir les fossés qui existent déjà ?

Carine, Montréal

4 commentaires:

Youri a dit…

Je n'aime pas non plus Martineau. Selon moi c'est un fier-à-bras de la «société du spectacle» qui fait de la sensation de l'heure une polémique crée de toute pièce en ajoutant aux parties en présence sa propre position montée de toute pièce et tellement hypocrite qu'elle en dégouline une relent de pourriture. N'empêche le «bon ton» de cette citoyenne, qui semble avoir des sentiments respectable et une «conscience sociale» développée, n'empêche donc que je me sente mal à l'aise face à sa diffusion sur un blog anarchiste. J'ai ainsi le sentiment qu'encore là règne une hypocrisie, ou une récupération politique née d'une révolte volontairement minimale et véritablement axée sur un principe unificateur de tout-le-monde-doit-faire-la-paix et balisée du dogme de la non-violence. Les ennemis de nos ennemis sont donc nos amis ?
Comme je l'ai dit, ça me rend mal à l'aise de voir un tel article publié sans contre-face proposant une analyse communiste libertaire, soit lutte-de-classiste et profondément critique, à la fois de Martineau et du commentaire de cette dame.

Samuel L a dit…

Je ne suis pas d'accord avec toi Youri. Premièrement, le bon ton me paraît absolument nécessaire pour qu'une telle lettre puisse espérée être minimalement prise en compte ou même publiée (chronique opinion). Le bon ton ne fait pas de quelqu'un-e un ennemi puisque chaque jour dans les luttes les militant-e-s communistes libertaires doivent eux et elles-mêmes l'emprunter pour se faire comprendre et participer aux luttes, sans les encadrer idéologiquement(ce que l'organisation ne cherche absolument pas). Carine qui a écrit ça a participé au premier forum social tenu dans un quartier urbain; un forum qui a permit aux gens du quartier de s'exprimer, d'élaborer une vision ensemble pour changer les choses et d'amorcer des stratégies pour se faire. Je ne vois pas en quoi ce peut être tellement différent des objectifs de l'implication des communistes libertaires dans leurs milieux.

Youri a dit…

Cela diffère autant que le réformisme du radicalisme. Le point que je soulève dans mon message initial -et que je maintiens dans celui-ci- est que la trame de fond du message de l'auteure de la lettre ouverte est profondément teinté d'une idéologie de gauche réformiste. Par exemple, le rejet dogmatique de la violence.
Je ne vais pas perdre de temps à énumérer tout ce qui sépare le réformisme du radicalisme anarchiste. Le but était de questionner la pertinence, non du texte en soi, bien que cela ne signifie absolument pas qu'il reçoive mon approbation, mais de sa publication tel quel, sans contre-analyse, sur un blog anarchiste. Cela veut-il dire que La Commune cautionne ce qui transpire du texte ?

Anonyme a dit…

Non, ça veut juste dire que ça fait du bien d'entendre des citoyens-ennes qui ont un discours qui ne transpire pas le racisme et ne fait pas que répéter les insanités du services de relations publiques du SPVM et celles des journalistes-policers (Martineau, Lagacé etc..).

Je ne crois pas que l'intention des membre de l'UCL était de dire que cette analyse était une analyse orthodoxe communiste libertaire. Dire ça c'est soi être de mauvaise foi, soit être un nanar dogmatique. Quand je lis ce blogue, il m'arrive de souvent de tomber sur des trucs qui des fois sont un peu plus réfos, d'autres fois un peu trop dogmatiques, mais n'empêche, je ne crie pas au réformisme et à la contre-révolution à chaque fois. Tu savais que la révolution allait aussi se faire avec(et surtout avec) des gens qui ne sont pas des communistes libertaires?

Moi perso, je préfère lire ça que des analyses bidons pro-ghetto et qui considère que 2-3 molos dans Mtl Nord et ça y'est la révolution sera déclenchée. Et en prime un petit texte de Malcolm X histoire de faire plus "black". Comme certains groupuscules Montréalais (appellons les martinis-olives) nous ont chié dans la dernière année...