jeudi, février 10, 2011

Cause Commune #30

Le no 30 du journal Cause commune est maintenant en ligne sur notre site fédéral.

Au sommaire:

  • Tunisie : La révolution n'est pas finie!
  • Entretien avec deux militants tunisiens
  • Perspectives libertaires : Nommer les choses pour ce qu'elles sont
  • Le bourbier médiatique au Québec
  • Québec : CKIA respire mais n'est pas tirée d'affaire
  • Des héros, vraiment?
  • Le test de Bechdel : Cachez ces femmes que je ne saurais voir
  • Tous et toutes surveillé-e-s
  • Electrolux et le labor made cheap

Pour lire les textes ou télécharger le PDF c'est par ici...

samedi, février 05, 2011

Salon du livre anarchiste 2011 : appel à contributions

Affiche du salon du livre.
Le collectif du salon du livre anarchiste lance cette année encore un appel à participer au salon, qui se tiendra les samedi 21 et dimanche 22 mai 2011.

Entrevue avec un communiste libertaire sur la Place de la Liberté au Caire



«L'obstacle le plus difficile pour les révolutionnaires égyptiens est la coupure des moyens de communication. Les révolutionnaires de l'Ouest doivent mettre la pression sur leur gouvernement pour empêcher le régime égyptien de le faire. Pour le moment, personne ne peut dire ce qu'il va arriver dans le long terme. Si la révolution est un succès, les révolutionnaires de l'Occident devront faire preuve de solidarité avec leurs camarades égyptiens contre le risque d'agression des Etats-Unis et d'Israël. Si la révolution est défaite, ce sera le massacre de tous les révolutionnaires égyptiens.»

Lire l'entrevue sur causecommune.net

vendredi, février 04, 2011

Eric Duhaime et la liberté du huissier*

Le libéralisme, autrefois chargé d’aspirations profondes pour l’humanité, a les mêmes racines étymologiques que la générosité. Cette qualité s’est cependant étiolée dans le processus historique qui a mené l’idéologie dominante au sommet de sa puissance. Les bourgeois sont devenus de plus en plus gras et leur cerveau de plus en plus paresseux. C’est pourquoi les frontières de la doctrine se referment désormais précisément là où commençait la générosité qui l’animait auparavant: la Raison, jadis outil d’émancipation, est désormais froide et calculatrice, elle transforme l’humain en statistique et le critère moral en critère d’efficacité. D’idéologie vivante, le libéralisme est devenue mort, sans vie, sans mouvement, sinon celui dicté par les impératifs de la Croissance infinie.

Les propos tenus par Éric Duhaime, ˗ celui qui est tellement fendant qu’il en a la voix fêlée** ˗ du Réseau Liberté Québec, sont une éloquente preuve de cette dégénérescence de la pensée libérale. ‎Dans la revue L’Actualité, il affirme, en décembre 2009 : « Traditionnellement, les politiciens ont toujours joué au Père Noel. Mais ce temps est révolu. Le prochain type de politicien dont on a besoin, c'est un huissier. Un gars qui va défoncer des portes, casser des jambes et aller chercher des chèques ». Nous sommes loin, avec ce genre de propos, des généreuses idées de liberté et de bonheur individuels qui menèrent les Lumières à la critique des autorités divines, tous en conviendront.

En 2009, devant la Commission parlementaire du gouvernement du Québec à propos du régime des rentes, il ajoute ceci

"Il y a trente ans, le Chili se dirigeait vers le même trou que le Québec d’aujourd’hui (…) le Chili a permis à ses concitoyens de choisir comment gérer leur cotisations (…) Chaque travailleur chilien est toujours obligé de cotiser mais il peut décider où investir son argent. Chacun a son propre compte et l’assurance qu’il recevra ce qu’il a versé avec les rendements générés par ses avoirs"***

C’est donc à titre de « Consultant en développement démocratique » que M. Duhaime prend le Chili de Pinochet comme exemple à suivre pour le Québec. Devant ses propos, Sam Hamad, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, n’a pu retenir son malaise : « C’est bien de Pinochet dont vous parlez ? ». M. Duhaime précisera que le Chili peut-être inspirant en ce qui concerne « certains aspects » même s’il ne l’est pas en matière de droits humains.

Ces paroles, bien entendu, ne firent aucun scandale. Jamais il ne vint à l’esprit d’aucun journaliste de faire les liens entre les paroles de M. Duhaime, le régime de Pinochet et la « Constitution de la Liberté », ainsi nommé en hommage à Friedrich von Hayek, cet incontournable philosophe de la droite libertarienne. Non seulement ses propos ne furent pas traités de « dangereux » ou d’ « extrémistes », ils furent tout simplement ignorés.

Imaginons maintenant la réaction médiatique face à des déclarations semblables, mais cette fois-ci de la part de la gauche. Imaginez un peu le tollé si Françoise David défendait les programmes sociaux de Pol Pot, combien de chroniques vilipenderaient les propos d’un Jack Layton soutenant les politiques autogestionnaires de Tito et pendant combien de temps parleraient-on de M. Khadir s’il défendait le régime universel de santé en citant l’exemple « miraculeux » de la Chine de Mao ?

La droite libertarienne, qui aime à voir des « communistes » et des « islamistes » ˗ parfois même les deux en même temps!˗ chez les sociaux démocrates et les Musulmans, devrait, si les journalistes « de gauche » dominaient réellement le monde médiatique tel qu’elle le prétend, avoir des comptes à rendre. Or, c’est précisément l’inverse qui se produit, et ce sont ceux et celles qui critiquent les rapports de domination et d’exploitation qui doivent se défendre d’être des ennemis de la liberté. Comme dirait Guy Debord, en société capitaliste avancée, le vrai est un moment du faux.

* Article publié dans le journal Le Couac de janvier 2010.
** Quoiqu’il soit possible que ce soit l’inverse, on ne sait plus trop.
*** Source : Vers un Régime de rentes du Québec renforcé et plus équitable. CAS – 005M, C.G.

vendredi, janvier 28, 2011

Rallye en solidarité avec l'Égypte!


Vendredi, 28 janvier

14h-17h30
1000 rue De La Gauchetiere O.
(Metro Bonaventure)
Montreal, QC

Détails sur le site de Tadamon!

mardi, janvier 25, 2011

Réplique au buycott

L'année commence bien mal: l'extrême droite débile mentale (libertariens et conservateurs à l'unisson) ont réussis à provoquer faux scandales et frétillements fascisants sur toutes les tribunes des gros médias complaisants. Tout cela pour une campagne de boycott de produits israéliens, geste désormais considéré comme "radical" et "extrémiste". Heureusement, le PAJU (Palestiniens et Juifs unis), qui avait l'initiative de cette campagne, n'en démord pas, et lance la phase II de sa campagne. Voici le vidéo de lancement...

mercredi, janvier 19, 2011

Archives en-ligne des publications francophones de la NEFAC


Avec la publication récente des numéros 1, 2 et 3 de la revue Ruptures sur notre site web, CauseCommune.net, celui-ci contient désormais la collection numérique complète de la revue francophone de la NEFAC, la Fédération des communistes libertaires du nord-est, dont l'UCL est aujourd'hui héritière.

On y retrouve aussi en format numérique tous les numéros publiés du journal Cause Commune, fondé par l'Union régionale de la NEFAC il y a sept ans, en 2004.

Les archives de ces deux publications peuvent être accédées à :

Pour l'occasion, nous avons élaboré une liste de suggestions de lecture tirées des sept premiers numéros de la revue Ruptures. Ces textes ont été choisis pour leur qualité et les débats qu'ils ont suscité tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de notre organisation.

Ruptures #1 : Question d'organisation : NOUS SOMMES PLATEFORMISTES!
Ruptures #2 : Les femmes, l'État et la famille
Ruptures #3 : La question de l'organisation révolutionnaire anarchiste
Ruptures #4 : Notes sur la maudite question nationale québécoise...
Ruptures #4 : Retour vers le passé : Portrait de l’extrême droite au Québec
Ruptures #5 : Chemin faisant, nous apprenons - Les cinq premières annéesde la NEFAC
Ruptures #5 : La gauche révolutionnaire et les mouvements sociaux
Ruptures #6 : Position de la NEFAC sur le syndicalisme et les luttes surles lieux de travail
Ruptures #7 : Une certaine conception de la Nature: Quand l’extrêmedroite se mêle de santé et d’environnement
Ruptures #7 : Autodéfense : la domestication de la violence commestratégie d'émancipation

D'autres textes sont aussi disponibles sur notre site web dans la
section « Éditions Ruptures », où des nouvelles brochures seront
ajoutées au fil du temps.

Bonne lecture!

Tunisie : la révolution n'est pas finie


Déclaration de plusieurs organisations membres de Anarkismo.net sur la situation actuelle en Tunisie.
Après un mois d'insurrection populaire, le tyran est tombé. Ben Ali et sa clique ont pris le chemin de l'exil. C'est une immense victoire pour le peuple tunisien qui ne peut que réjouir toute personne éprise de liberté. C'est aussi un exemple et un grand espoir pour les peuples de la région qui vivent dans des régimes policiers.

Lire la suite...

samedi, janvier 15, 2011

Manifestons samedi contre les massacres en Tunisie




L'Union communiste libertaire (UCL) participera aux manifestations de Québec et de Montréal organisées par le Collectif de solidarité avec les luttes sociales Québec-Tunisie. Pour nous trouver, cherchez les drapeaux rouge et noir.

Depuis plus d'un mois, les manifestations sociales se multiplient en Tunisie. La répression est féroce, les sources syndicales parlent de plus de 75 morts, le régime chancelle. En fait, tout indique que le pays est en pleine révolution.

Plus que jamais la solidarité internationale est essentielle pour stopper le bain de sang et l'instauration d'une dictature militaire.

Journée internationale contre les massacres en Tunisie

Montréal, rassemblement à 14h et départ de la marche au Square Dorchester (coin René-Lévesque et Peel)

Québec, rassemblement à 13h30 et départ de la marche au Centre Lucien-Borne (coin chemin Sainte-Foy et Salaberry)

mercredi, janvier 12, 2011

Solidarité avec le peuple tunisien en lutte!

Ce matin, un petit vidéoclip d'un rappeur tunisien qui a été arrêté puis relâché quelques jours plus tard, pour avoir dénoncer le président et la corruption en Tunisie.

Un article dans le journal Libé en fait un compte-rendu:

«Une trentaine de policiers en civil sont venus chez nous pour arrêter Hamada et l'ont pris sans nous dire où ils l'emmenaient. Quand nous avons demandé pourquoi ils l'arrêtaient, ils ont répondu: “Il sait pourquoi"», expliquait jeudi à Reuters, Hamdi Ben-Amir, le frère du rappeur tunisien Hamada Ben-Amor.

Plus connu sous le pseudo d'El general, le jeune homme de 22 ans avait été arrêté jeudi à Sfax. Le rappeur, dont les morceaux sont devenus l'hymne de la jeunesse contestataire de Tunisie, a finalement été libéré dimanche. « Après trois journées difficiles, mon frère est revenu chez nous sans incident », a raconté Hamdi Ben-Amir.

Fin décembre, El general avait mis en ligne un titre intitulé Raïs Lebled («Le chef du pays», ndlr), qui interpellait directement le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sur la misère sociale du pays, la violence du régime et le chômage des jeunes.
Source Libé

La petite vidéo en question:


En ce qui concerne la Tunisie, si vous voulez vous informer un peu plus sur la situation je vous conseille vivement le podcast de l'émission sur France Inter-Là bas, si j'y suis. Un bon topo avec des entrevues intéressantes qui nous en apprend un peu plus (pour les néophytes comme moi en ce qui concerne la Tunisie) sur la situation politique là bas et les raisons de l'insurrection populaire.

Solidarité avec nos camarades tunisiens!

dimanche, janvier 09, 2011

Un poème de Louise Michel

On est le 9 janvier 2011. Bien sûr, les dates et le temps tel que nous le concevons ne sont que des conventions sociales dont le rôle pourrait faire l'objet d'une critique, mais ce n'est pas le but de ce billet. Eh non, je vais plutôt profiter de cet étrange intérêt qu'on porte aux anniversaires en tous genres pour vous faire lire Louise Michel, décédée il y a exactement 106 ans, drette aujourd'hui.

Je pourrais raconter sa vie, mais vous n'avez qu'à fouiller un peu sur internet ou passer à la librairie anarchiste l'Insoumise - au 2033 St-Laurent - pour trouver un bouquin d'elle (ou à propos d'elle).

Je vais donc me contenter de vous partager un de ses poèmes, La nuit de la mort de Vaillant. S'agit d'Auguste Vaillant, anarchiste guillotiné en 1894 après avoir lancé une bombe à clous, deux mois plut tôt, dans la chambre des députés. Faut savoir que ce sont les belles (et brèves) années de la propagande par le fait, durant lesquelles quelques anarchistes pensaient que l'action individuelle directe suffirait à entraîner un soulèvement, par un effet boule de neige. Comme on le sait, c'est pas exactement comme ça que ça s'est passé... La répression qui a suivi a plutôt contribué à mettre sur le cul ce qu'il pouvait y avoir de mouvement anarchiste organisé. En dehors de périodes révolutionnaires, Vaillant est d'ailleurs le seul Français condamné à mort pour un crime n'ayant tué personne.
Dies irae, Dies illa
Solvet scelum in favilla.

Jamais ne viendra donc la fin?
Dorment-ils tous, les meurt-de-faim?
Jamais, jamais le dernier jour
Ne les jettera-t-il à leur tour
Dans les angoisses de la mort,
Ces bandits que la rage mord?

Toujours, esclaves et bourreaux,
Pâtiront-ils leurs échafauds?
Amis, dans l’ombre entendez-vous
Gronder la mer aux noirs remous?
Elle monte et les couvrira.
Dies irae, Dies illa...
Elle couvre, pourpre de sang,
L'Élysée et le Vatican.
Compagnons, arrachons nos cœurs,
Ne soyons plus que des vengeurs.

Passons, effrayants et maudits,
Afin que les maux soient finis.
Comblons l’abîme avec nos corps.
Amis, n’oubliez pas les morts...
La légende des temps nouveaux
Fleurira parmi les tombeaux.
C’est le destin ; le maître est dur.
C’est pourquoi le fer sera pur.

Dies irae, Dies illa,
Solvet scelum, in favina.
On dira ce qu'on voudra : les poètes d'aujourd'hui sont bien tranquilles.

vendredi, janvier 07, 2011

Duhaime, la liberté et Pinochet

Eric Duhaime, vous savez le gars de Québec qui est tellement fendant qu’il en a la voix fêlée, Monsieur Liberté en personne ne se gêne pas pour se porter à la défense de… Pinochet. Nous reproduisons ici ses propos tenus lors d’une commission parlementaire à propos du Régime des rentes du Québec

Sam Hamad – Le miracle chilien dont vous avez parlé, c’est bien en 1980. C’est Pinochet, c’est le miracle de Pinochet ? Est-ce que c’est ça ?

Eric Duhaime – Bien écoutez, monsieur le ministre en tout respect.

Sam Hamad : Est-ce que c’est ça?

Eric Duhaime : Oui, c’est ça. Je voudrais juste répondre à ça. Je peux vous dire qu’en matière de droit de la personne, ce n’était pas un gouvernement qui était recommandable, vous avez tout à fait raison et je partage votre opinion, mais je ne pense pas que parce qu’un gouvernement a des failles à un niveau qu’on ne peut pas regarder ce qui est fait de positif ailleurs, et qu’on doit se limiter à regarder juste ce qui s’est fait au Québec depuis 40 ans.

Certains y verront une contradiction flagrante avec les idées de « liberté » prônées par le capitaine America de la belle province, mais il n’en est rien : Pinochet avait nommé sa Constitution de la Liberté en hommage au grand papi du néolibéralisme, Friedrich von Hayek. Il n’y a donc là rien de surprenant, et Duhaime est en parfaite concordance avec sa filiation idéologique.

Si nous avions les mêmes contacts que Duhaime avec l’Empire, nous pourrions faire grand cas de ces déclarations. Imaginez un peu qu’Amir Khadir appuie un argumentaire sur la politique stalinienne ou que Jack Layton affirme s’inspirer du régime de Tito, vous croyez que les journalistes s’enfargeraient dans la mise en contexte et les nuances ? Absolument pas. Cela leur couterait probablement leurs élections. On crierait - et pour cause! - au nom respect des victimes de ces régimes de terreur. Malheureusement, notre campagne de salissage à nous est trop humble, et elle est à la hauteur des rapports de force en présence. Éric Duhaime, cet espèce de Bock-Côté fédéraliste au régime, est de la droite économique radicale, et c’est précisément pour cette raison qu’on l’entend partout.

Finalement, je révise ma position, j’avais tout faux, ce n’est pas parce qu’il est fendant qu’il a la voix fêlée, mais bien parce qu’il est totalement fêlée qu’il a une voix fendante.
Lien

mercredi, janvier 05, 2011

Pour bien commencer l’année

Toujours la tête haute et l’âme pleine des sentiments les plus nobles qui soient, les journalistes québécois, poursuivant leur historique et courageuse quête de vérité objective, nous en promettent des belles pour 2011. En fait, si la tendance se maintient, nous auront droit à tout autant d’objectivité qu’en 2010.
Parmi la quantité infinie de sujets pertinents à traiter, Le Soleil nous éclaire déjà de sa lumineuse contribution à l’échafaudage de la pertinence (édition du 5 janvier). Comment diantre ? Mais avec cette nouvelle, ma foi on ne peut plus excitante et trépidante, qui veut que le Réseau Liberté Québec (RLQ), selon ce qu’affirme sa porte-parole, la subtile Mme Marcotte, prendra pour cible, dans les mois qui s’en viennent, le Parti québécois. « On n’a pas encore trouvé la salle, mais c’est certain que notre assemblée se tiendra à Montréal. Et le plus près possible du Palais des congrès, où sera le PQ », explique Marcotte, cofondatrice du RLQ.

A seulement trois mois de la dite rencontre, il faut dire que le temps presse. La confondatrice ajoute qu’il ne faudrait pas que la course à la chefferie nuise à la diffusion de ses idées : « J’espère que les médias ne parleront pas que de cela. Ça n’intéresse pas les citoyens, ces choses-là. Au pis aller, les gens vont voir que, pendant que le PQ déblatère sur le leadership de Pauline Marois, nous parlons d’idées politiques, de liberté et de responsabilité individuelle ».

Ne soyez pas inquiète Mme Thatcher, les journalistes tiennent à leur emploi, ils vous donneront la parole. Ils connaissent les liens que vous entretenez avec l’empire Quebecor . Et si jamais ce n’est pas assez (« sky is the limit », on le sait), vous pourrai toujours demander à votre ami, M. Duhaime, cet homme persécuté qui écrit seulement dans le Journal de Québec, le National post, sur Canoë, sur le blogue Les analystes.ca, qui est chroniqueur à Dumont 360, à Radio-Pirate et à CHOI de vous donner un coup de main dans la diffusion de vos idées pleines de glaciale fraîcheur. Même si votre quête est celle de la raison instrumentale et de l’égoïsme, M. Duhaime saura certainement vous donner un coup de main pour l’avancement d’une cause si noble.

Et si jamais vous manquez d’argent pour le payer, vous pourrez toujours faire une quête auprès de vos amis de l’Institut Fraser, de l’Institut économique de Montréal ou - pourquoi pas? - aller sonner directement à la porte de vos contacts chez Péladeau ou Koch industries. Quoi ? C’est déjà fait… Alors, allons, je vous en pris, arrêtez de vous en faire… Le temps travaille pour vous, comme on dit. Et contrairement aux travailleurs, il ne demande pas de congés parentaux et de pauses syndicales.

jeudi, décembre 30, 2010

Un spectre hante le Québec*

Le traitement réservé à Québec solidaire en cette fin d’année est révélateur de l’enfermement idéologique dans lequel baigne notre société. Son programme n’est pourtant pas plus radical que celui du Parti québécois à ses débuts. Il ne remet pas en cause le marché, ni l’existence des classes sociales : il ne désire qu’une distribution plus juste de la richesse par le biais du jeu parlementaire, de l’État et de la loi. Pourtant, la droite québécoise affirme sans rougir que QS est un parti d’ « ultragauche » en « opposition radicale à la démocratie occidentale et à la civilisation » (Mathieu Bock-Côté), qu’Amir Khadir est un « radical fanatique » (Lysiane Gagnon) et qu’il met de l’avant un « agenda islamique (sic) caché » (Éric Duhaime).

Ces tenants de la « liberté » se rendent-ils comptent que ce sont eux qui s’en prennent aux droits démocratiques les plus élémentaires en tenant en tel discours ? Quel genre de démocratie considère que le boycottage est un mode d’action « extrémiste » et que la social-démocratie est non conforme avec la civilisation ? Sont-ils seulement conscients que leurs propos ne font que trahir leur propre extrémisme?

Afin de projeter une image du réel conforme à ses croyances, – et c’est ce qu’elle a fait cette année sur toutes les tribunes de la province – la droite se doit de donner à l’expérience humaine une image fausse, inversée. Ce reflet mystificateur est indispensable à la perpétuation du statu quo économique et politique. Sans ce voile, sans ce que Luc Boltanski appelle « l’Esprit du capitalisme », la droite se révélerait directement comme la représentante des riches et des puissants. Cette position, bien entendu, ne serait pas tenable.

Seul ce renversement mensonger, et sa réception positive dans la population, peut lui permettre d’asseoir sa légitimité. Ce discours inverse les rapports de force qui animent l’expérience humaine. C’est ainsi seulement que la droite peut affirmer qu’il est grand temps que le Québec « sépare l’État de la mosquée » (Éric Duhaime), que les « grands médias capitalistes » sont « a priori sympathiques à la cause anticapitaliste » (Mario Roy) et que le Conseil du patronat n’est pas « de droite » (Johanne Marcotte). C’est également à ce prix qu’on fait d’Israël et des États-Unis des victimes de ceux qui en critiquent la puissance.

Notre univers politique, comme dirait Herbert Marcuse, se referme sur lui-même. Il est clos. En dialogue avec elle même, la droite ne fait que répondre à l’écho de sa propre mystification. Personne dans l’espace public ne lui donne la réplique, sinon elle-même. C’est cet enfermement qui permet aux plus éminents porte-paroles de la droite économique et morale (Bouchard, Facal, Brassard) d'affirmer que le PQ est trop à gauche alors qu’ils en ont tenu la direction pendant de longues années; c’est seulement dans cet univers - comme ce fut le cas en octobre dernier - qu’on peut faire grand cas de sondage à propos d’un parti de droite qui n’existe pas; et c’est encore grâce à lui que la droite radicale a pu affirmer sur toutes les tribunes de la province qu’elle n’était pas entendue.

Loin d’assister à la fin des idéologies, nous sommes plutôt les témoins du triomphe absolu de la droite morale et économique. Sous les fausses apparences du spectacle démocratique se consolident différentes techniques d’aménagement permettant à la Loi divine, celle de l’accumulation de richesse, de proliférer. Plus personne dans l’espace public ne peut remettre en question les croyances qui donnent forme à la société marchande. Du centre-gauche à l’extrême-droite, des patrons aux grandes centrales syndicales, toute pensée respectable se doit d’être en accord avec l’« irrationnelle-rationalité » du processus d’accumulation capitaliste, qui n’est rien d’autre qu’un vaste mouvement infini vers le vide et la destruction.

* Titre original changé par Cyberpresse.

jeudi, décembre 09, 2010

Le FRAPRU occupe présentement les bureaux du ministre Laurent Lessard à Montréal, Québec et Thetford-Mines

Montréal, le 9 décembre 2010 – C’est pour réclamer que le ministre responsable de l’Habitation, Laurent Lessard, se fasse le porteur de demandes ambitieuses d’investissement en logement social en vue du prochain budget du gouvernement Charest que le Front d’action populaire en réaménagement urbain occupe depuis 10h15, ce matin, trois bureaux du ministre à Montréal, Québec et Thetford-Mines. Le FRAPRU entend maintenir ses occupations, tant et aussi longtemps qu’il n’aura pas obtenu un rendez-vous avec le ministre.

À Montréal, l’occupation a lieu au bureau du Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, à la Place Victoria, 800, rue du Square Victoria, troisième étage. À Québec, elle se déroule au Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation dont M. Lessard est aussi titulaire, au 200, chemin Sainte-Foy, douzième étage. À Thetford-Mines, c’est le bureau de comté du ministre qui est occupé. Il est situé au 309, boulevard Frontenac Ouest, bureau 200.

Depuis plusieurs mois déjà, le FRAPRU demande en vain une rencontre avec M. Lessard pour lui faire part de ses revendications, mais aussi pour connaître les demandes que le ministre entend porter auprès du ministre des Finances, Raymond Bachand. L’organisme ne cache pas son inquiétude depuis que le dernier budget a annoncé le financement de 3000 logements supplémentaires dans le cadre du programme AccèsLogis, mais en spécifiant que c’était pour toute la durée du deuxième Plan de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, c’est-à-dire cinq ans.

Si elle devait devenir réalité, une telle annonce signifierait rien de moins que l’arrêt du développement de nouveaux logements sociaux à partir de 2011. Au 31 octobre dernier, il ne restait en effet que 356 logements qui n’étaient pas déjà livrés, en voie de réalisation ou en développement à l’échelle du Québec. Au moment du prochain budget, il n’en restera probablement aucun, ce qui signifierait qu’aucun nouveau projet de logement coopératif ou sans but lucratif pourrait être présenté et voir le jour pour les années à venir.

Le FRAPRU considère qu’il s’agirait d’un véritable désastre. La SCHL évalue que 260 700 ménages locataires québécois ont des besoins urgents de logement, parce qu’ils paient un pourcentage trop élevé de leur revenu pour se loger ou parce qu’ils habitent dans des logements qui ne sont pas de qualité ou de taille convenables. La Communauté métropolitaine de Montréal estime que 111 505 de ces ménages résident à Montréal. Selon le FRAPRU, de tels chiffres démontrent la nécessité que le prochain budget Bachand annonce de nouveaux investissements en logement social et que ceux-ci soient réellement à la hauteur des besoins. Il réclame pour sa part le financement de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans.