lundi, avril 21, 2008

Débat : Wal-Mart, boycott et lutte des classes


Des camarades de la NEFAC-Montréal, ont publié un texte en réponse d'un article sur le boycott dans le mensuel de nos camarades français d'Alternative Libertaire. Cette réponse parue en février qui s'intitule:"Débat : Wal-Mart, boycott et lutte des classes", est le résultat d'un désaccord sur un article ayant pour thème la stratégie du boycott, écrit par un sympathisant de Capital Terminus Collective (un collectif communiste libertaire d'Atlanta). Nos camarades d'AL ont donc permis à 2 d'entre nous d'ouvrir le débat dans les pages de leur publication. Nous vous présentons donc ici la réponse.


L’article « Boycott Wal-Mart ! Leçons d’un échec » publié dans Alternative libertaire d’octobre 2007 a suscité deux réactions. La première de deux communistes libertaires canadiens de la Northeastern Federation of Anarchist-Communists (Nefac). La seconde d’une camarade de Seine-Saint-Denis qui a souhaité mettre en lumière la politique spécifiquement sexiste de Wal-Mart.


Le boycott comme action politique est une stratégie qui commence à se répandre dans l’univers militant nord-américain et québécois. Mais derrière l’enthousiasme pour un « nouveau » mode d’action se cache une croyance naïve en la possibilité d’un capitalisme éthique.
La stratégie du boycott prend naissance dans un courant réformiste qui prétend que la consommation est une forme d’action politique. « Acheter c’est voter ! », tel est le mot d’ordre d’une certaine gauche, plus soucieuse de s’acheter bonne conscience que de résoudre radicalement le problème social. Selon eux, une « consommation éthique » pourrait contenir en elle les germes d’un contre-pouvoir au capitalisme. Elle permettrait ainsi l’émergence d’une société plus égalitaire pour contrecarrer les effets néfastes de la mondialisation néolibérale.

Un capitalisme à visage humain ?

Cette stratégie a été élaborée par une certaine gauche bien pensante mais aussi par certains éléments plus radicaux. Selon eux, il y aurait deux façons de « voter » par la consommation : l’achat et le refus d’acheter (le boycott). D’un côté on cible quelques formes de commerces éthiques pour lesquels on encourage la consommation. De l’autre on attaque certaines compagnies soupçonnées de porter en elles tous les maux du capitalisme.
Cette théorie repose sur la croyance en un capitalisme à visage humain qui serait dénaturé par « quelques » compagnies. Il y a derrière cette vision, une hiérarchisation des différents capitalismes, quelques uns d’entre eux jugés bons et éthiques, et d’autres non. Ainsi la production nationale est préférable à la production étrangère et le système artisanal est jugé moins aliénant que le système industriel.
Le boycott est souvent prôné pour faire fléchir la politique d’une compagnie sur une pratique précise, tel que le travail des enfants. Aussitôt que la compagnie change ses pratiques, la consommation n’est plus blâmée et la bonne conscience occidentale est préservée. Cependant, nos âmes bien pensantes cessent au passage de s’inquiéter des conditions de vie et de travail des ouvrier-e-s appelés à remplacer ces enfants.
Certains éléments de la gauche radicale, quant à eux, considèrent le boycott, ou la consommation responsable, comme un pas à franchir vers la fin du capitalisme. Si McDo tombe sous le poids du boycott, il y aurait possibilité de passer à une compagnie suivante pour ainsi ébranler l’ensemble de l’édifice capitaliste.

Articuler boycott et lutte des classes

Toute cette vision est incohérente. Elle s’attaque au problème par la fin – la consommation – et non par le moyen qu’est la production. La consommation n’est que la façon d’échanger les marchandises produites ; les rapports sociaux inégaux, l’exploitation et le profit sont le résultat du mode de production. C’est donc par une lutte de classe que nous parviendrons à mettre le capitalisme en déroute.
Il n’y a pas de hiérarchie de capitalisme. Il n’existe pas de compagnies qui méritent plus d’être boycottées et d’être l’objet de notre haine. Elles sont toutes bien ancrées dans ce système et doivent leur profit à l’exploitation de leurs employé-e-s.
La consommation comme moyen d’action politique est perçue comme une fin en soi et non comme un moyen de solidarité avec les travailleurs. Lorsqu’un conflit de travail éclate, il peut être stratégique d’appeler au boycott. Mais là encore, ce sont les travailleurs et les travailleuses qui doivent en décider. Même chose pour le travail des enfants : les travailleurs et les travailleuses occidentaux doivent être solidaires des luttes des pays du Sud par des actions telles que le boycott. Mais ces actions doivent être bien intégrées à une stratégie globale axée sur la lutte de classe !

mercredi, avril 16, 2008

En grande primeur: Le programme politique des primitivistes enfin expliqué...

































L'anarcho-primitivisme est une doctrine politique qui s'appuie sur un rejet radical de la civilisation industrielle, celle-ci étant considérée comme la source principale des différentes formes d'aliénation qui pèsent sur la liberté humaine.

Les anarcho-primitivistes prônent alors l'avènement d'une société qui s'inspirerait des sociétés pré-industrielles, en arguant que les sociétés primitives étaient des exemples convaincants de sociétés anarchistes.

Les principaux "arguments" des anarcho-primitivistes sont les suivants :
-Critique de la culture symbolique.
-Rejet de la domestication de l'environnement (agriculture et élevage)
-Rejet du pouvoir patriarcal vu comme conséquence de la domestication.
-Critique de la division du travail et de la spécialisation des tâches.
-Rejet de la science moderne et mécaniste.
-Critique de la technologie.
-Rejet de la production et de l'industrialisation.
-Rejet de la société de masse.
-Défense de la révolution comme moyen de changement social.
etc etc etc...

(source--et oui, ils utilisent largement l'internet pour diffuser leurs propagande anti-civilisationnelle et anti-technologie..)

Quelques citations pour agrémenter le tout:

« De plus est-il possible de préserver et de "démocratiser" l'écriture sans nuire à l'environnement? »
La Mauvaise Herbe vol.7 no.1

« Tel un cancer, la multiplication de ces cellules comporte la possibilité grandissante de tuer l'organisme hôte qu'est la Civilisation. »
La Mauvaise Herbe vol.7 no.1


En attendant que nous devenions tous et toutes des chasseurs-cueilleurs, vous pouvez toujours en apprendre un peu plus sur « l'idéologie » primitiviste et sur leur "gourou" idéologique, John Zerzan, en lisant l'excellente critique en anglais d'Andrew Flood, un camarade de la Workers Solidarity Movement.

Une traduction approximative en français a aussi été faite.

mardi, avril 15, 2008

La crise alimentaire en chiffres...

La BBC a mis en ligne des tableaux/graphiques intéressants qui démontrent bien l'ampleur de la crise alimentaire actuelle(voir le billet précèdent). Ces chiffres démontrent par eux-même l'horreur de la crise alimentaire provoqué en grande partie partie par la spéculation boursière et tous ces grands idéologues de la Banque Mondiale et du FMI...


The cost of food: facts and figures

Explore the facts and figures behind the rising price of food across the globe.



Line graphs showing rising food prices 2005-07 and price rises by food type, 2007
Dans ce graphique, 100 représente le coût des aliments entre 1998-2000. On peut se rendre compte que le prix global a augmenté de 80%, durant les seules années 2005 à 2007, et que le prix de certains aliments, tel que les produits laitiers, a triplé durant cette période.


Graphic illustrating price rises in corn, rice, soya and wheat

Bar chart of US ethanol production 1995-2016, and image of tractor in field


L'augmentation du prix du pétrole, a provoqué une hausse de la production d'éthanol et de bio-carburant, entraînant à son tour des hausses catastrophiques en 1 an du prix des céréales (130% pour le blé!!).

Graphic showing world population growth 1950-2050



L'augmentation exponentielle de la population provoquera à son tour une hausse de la demande en céréale, ce qui ne fera qu'accroître la crise alimentaire dans les prochaines décennies.


Graphic showing change in Chinese meat consumption and pressure on water resources driven by wheat and beef production

En presque 3 décennies, la Chine a augmenté sa consommation moyenne de viande de 20 à 50kg par habitants/an. Avec une population de l'ordre du milliard, les besoins en céréales et en eau pour nourrir le bétail augmentent donc de façon alarmante.


Map of global wheat production


Map showing projected change in global balance of trade




Avec l'augmentation du prix des aliments de base, les pays en rouge sont actuellement les plus grands perdants au niveau de la balance commercial. Soit principalement, l'Afrique, le sud ouest Asiatique et l'Amérique latine...

lundi, avril 14, 2008

La grande révolution maoïste au Népal sera...une révolution capitaliste!

Au Népal, les ex-rebelles maoïstes sont en ce moment sur le point de devenir le premier parti de l'assemblée constituante, élue jeudi, qui permettra la transformation de la monarchie en République et contraindra le roi à abdiquer. Les maoïstes ont gagné ou sont en tête dans 98 conscriptions actuellement. Ils sont d'ailleurs sur le point d'obtenir une majorité simple, devançant même les vieilles formations politiques que sont le Congrès et le parti communiste du Népal marxiste-léniniste unifié (centre gauche). (source)

On se souviendra que la guerre populaire mené au Népal par le Parti communiste népalais d'obédience maoïste est considéré comme "(...) un brillant espoir non seulement pour les masses népalaises mais aussi pour l'ensemble du prolétariat international et des peuples opprimés (...)"!(PCR(Co)--Arsenal no.2).

Le Journal Le Monde, publiait cette semaine, un entretien avec le grand idéologue maoïste Népalais, Baburam Bhattarai, le bras droit du no.1 du parti. Selon cet entretien, l'un des points forts de leur programme révolutionnaire, serait d'ailleurs "(...) d'initier une politique transitoire dominée par la révolution capitaliste (...)"!Ah oui! La fameuse période de transition qui après des années de propagande finira par devenir la fameuse révolution tant souhaitée...

Après l'accord de paix en 2006, qui a mis fin au conflit qui a fait plus de 13000 morts en 10 ans, les maoïstes népalais proclament maintenant que leur but à court et à moyen terme n’est ni le socialisme, ni même une social-démocratie, mais bien d'ériger un capitalisme triomphant!!Pour une révolution encensée par les partis maoïstes, comme étant l'embryon de la nouvelle vague de la révolution mondiale qui se lève avec de plus en plus de force, et qui devait permettre de construire un nouveau monde enfin libre de toute forme d'exploitation, on peut dire que c'est plutôt mal parti.

Après Révolution, seule solution est ce que le modo des maoïstes népalais est devenu consommation seule solution?
Après Staline, Mao, Pol Pot etc..combien faudra-t-il encore d'exemple désastreux et de génocides afin de démontrer aux militants que le maoïsme n'est en rien un espoir pour les masses opprimées, mais bien une dictature instaurée et maintenue par la force?
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Voici l'article du journal le Monde...

Baburam Bhattarai reçoit dans une villa de trois étages aux tuiles rouges, située dans un faubourg de Katmandou où de modestes maisons en dur s'étagent à flanc de ravine. A observer la galerie de portraits de saints rouges qui orne son salon, on se dit que cet homme-là, numéro deux du Parti communiste népalais d'obédience maoïste (PCN-M), doit être un sacré dogmatique. Marx, Engels, Lénine, Staline et Mao : l'affichage des références est clair. Yeux mi-clos, fine moustache coiffant une lippe sévère, Baburam Bhattarai affecte la sécheresse des anciens guérilleros modelés par la vie dans le maquis.

Et pourtant, l'homme maîtrise avec brio les contorsions de la dialectique. Ce n'est probablement pas un hasard si cet ancien étudiant en architecture, titulaire d'un doctorat à l'université Jawaharlal Nehru (JNU) de New Delhi, grand amateur de jeu d'échecs, passe pour l'idéologue du maoïsme népalais. A 53 ans, il est devenu un personnage-clé, au côté du numéro un du parti, Pushpa Kamal Dahal, alias "Prachenda" (le Terrible), de la recomposition de la vie politique du Népal autour d'un calendrier républicain qu'ils ont su imposer aux partis traditionnels sous la menace des armes.

M. Bhattarai respire la confiance. Il est sûr de son affaire : abolir la monarchie et accéder au pouvoir. Il est même si confiant dans la bonne étoile - rouge - du PCN-M, qu'il peut s'offrir le luxe de polir le jargon révolutionnaire. Puisque le pouvoir, croit-il, est proche et qu'il va encore falloir quelques utiles marchepieds pour s'en saisir, il faut savoir tendre la main, se montrer accommodant. Ainsi, si "l'abolition de la monarchie" et "l'élimination du féodalisme" reviennent comme des leitmotivs dans son discours, il parle assez étrangement peu du "socialisme".

"POLITIQUE TRANSITOIRE"

Certes, l'objectif demeure à "long terme", mais, en attendant, la priorité sera d'initier une "politique transitoire" dominée par la "révolution capitaliste". Ironie suprême, les maoïstes ont donc vocation, si l'on comprend bien M. Bhattarai, à implanter le capitalisme au Népal ! "Nous ne nationaliserons pas la grosse industrie et nous respecterons la libre entreprise", annonce-t-il. L'offensive de charme à l'endroit des patrons a d'ailleurs commencé : les dirigeants du PCN-M viennent de rencontrer le bureau de la Fédération de l'industrie et du commerce. " précise-t-il, Nous les avons rassurés,et ils sont prêts à travailler avec nous." Une telle ouverture n'est-elle pas en flagrante contradiction avec le marxisme-léninisme orthodoxe professé par le PCN-M ? "Absolument pas", proteste M. Bhattarai. "Marx, Engels et Lénine ont déjà écrit sur le sujet, explique-t-il. Entre le féodalisme et le socialisme, il y a le capitalisme. Or il n'y a pas encore de capitalisme au Népal. Il faut donc le développer."

D'ailleurs, l'idéologue du PCN-M se méfie désormais des modèles. S'il vénère toujours Mao - un buste en porcelaine du Grand Timonier trône sur une table du salon -, il dit vouloir "aller au-delà de Mao". "Nous devons élaborer notre propre modèle, souligne-t-il. Le marxisme n'est pas une religion, c'est une science. Nous voulons développer le marxisme." Et ce "marxisme à développer" s'accommodera-t-il de la démocratie ?

M. Bhattarai dit accepter le "système multipartite compétitif". Bien sûr, les maoïstes, critiques d'un système parlementaire de type Westminster, "source d'instabilité", veulent réformer les institutions pour instaurer un "régime présidentiel à la française". Mais M. Bhattarai assure n'avoir rien contre la démocratie. Intoxication ? Conversion sincère ? L'histoire jugera assez rapidement.

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Aussi, si cela vous intéresse, vous pouvez lire le message de solidarité du PCR(co) à l'occasion du 8ième anniversaire de la guerre au Népal, paru dans la revue
Arsenal...
Parlent-ils de la même révolution?

Chers camarades,

Nous vous adressons nos chaleureuses salutations à l'occasion du 8e anniversaire du déclenchement de la guerre populaire.

Partis de presque rien, mais armés de ce qui est le plus important - un Parti, une ligne idéologique et une ligne politique correctes, ainsi qu'un lien profond et soutenu avec les larges masses populaires - les combattantes et combattants de ce qui allait devenir la puissante et glorieuse Armée populaire de libération ont entrepris avec beaucoup de courage un combat long et ardu qui représente aujourd'hui un brillant espoir non seulement pour les masses népalaises mais aussi pour l'ensemble du prolétariat international et des peuples opprimés.

En avançant constamment dans la lutte contre les classes réactionnaires et les puissances impérialistes qui les soutiennent et en construisant, pas à pas, un nouveau pouvoir populaire, les masses opprimées népalaises dirigées par votre Parti ont établi une base d'appui solide au service de la révolution mondiale.

Les succès considérables que vous avez d'ores et déjà remportés prouvent une fois de plus, comme le disait Mao, qu'une cause juste bénéficie toujours d'un large soutien, et que lorsqu'elle est menée correctement, il est possible de combattre et de l'emporter même contre les ennemis les plus despotiques et dans les conditions les plus difficiles qui soient.

La guerre populaire que vous menez depuis maintenant huit ans constitue une démonstration vivante de la grande puissance du marxisme-léninisme-maoïsme, i.e. de l'idéologie du prolétariat international renforcée par l'expérience de plus de 150 ans de lutte pour le socialisme et le communisme.(Pour lire la suite).

Un peu paradoxal non??

vendredi, avril 11, 2008

Les Algonquins refusent de rester invisibles

Au nord-ouest de l’île de Montréal, dans la très connue Réserve faunique La Vérendrye, des agents de la Sûreté du Québec (SQ) surveillent la beaucoup moins connue réserve algonquine du lac Barrière. Environ 400 autochtones y vivent dans une enclave au coeur de leur territoire ancestral, au milieu de la forêt boréale. Le 10 mars 2008, quatre hommes y ont été arrêtés par les policiers. Leur délit: la coupe d’arbres en vue d’ériger une barricade à l’entrée de la réserve.

Ces arbres devaient empêcher le passage de Casey Ratt et de son Conseil de bande, nouvellement reconnu chef intérimaire de la communauté par le ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (MAINC). Cette légitimation du gouvernement fédéral arrivait quelques jours après que la majorité des membres de la communauté se soit prononcée contre M. Ratt et son conseil et que ces derniers, inquiets pour leur sécurité, aient quitté temporairement la réserve. Le 11 mars, escorté par des agents de la SQ, le leader de la faction minoritaire rentrait au bercail dans le chaos. «Je savais qu’ils ne nous attendraient pas les bras ouverts», a affirmé M. Ratt au Ottawa Citizen.

Une vingtaine de personnes étaient en effet rassemblées à l’entrée de la réserve pour lui signifier qu’il n’était pas le bienvenu. Les manifestants ont tenté de bloquer le passage et brandissaient des affiches qualifiant M. Ratt et son conseil de bande de «pantins du gouvernement» et dénonçant les interventions de la SQ, qu’ils accusent de partialité favorisant la faction minoritaire.

Avec la protection des policiers, M. Ratt et son groupe ont réussi à traverser la foule d’opposants et à entrer dans la réserve. Les agents de la SQ ont utilisé des vaporisateurs de poivre et des matraques pour contrôler les manifestants. Dix personnes ont été arrêtées, dont deux mineurs.

lire la suite ici


mardi, avril 08, 2008

On a faim! : Crise alimentaire et luttes de classes sur 3 continents.


Ces derniers mois, le prix du riz et de plusieurs denrées alimentaires de base, tel que la farine, a augmenté de manière exponentielle. Le riz qui consiste en l'essentiel de l'alimentation de plusieurs milliards d'habitants en Asie, en Afrique et en Amérique, a augmenté de plus de 30% la tonne, soit 760$, ce qui équivaut au double du prix qu'il coûtait en janvier. D'ailleurs, dans les 5 dernières années, son prix a quadruplé. Des hausses qui créent de plus en plus de pénuries et de problèmes sociaux catastrophiques dans les pays importateurs, dont certains sont les plus pauvres de la planète.

Cette pénurie serait attribuable à plusieurs facteurs dont la disparition des terres cultivables, l'urbanisation ainsi que la désertification accrue. La demande croissante de nourriture pour les animaux est aussi l'un des facteurs majeurs. La hausse de production de biocarburant serait aussi l'une des problématiques majeures, dans des pays tel que l'Indonésie, allant même jusqu'à nuire au fragile équilibre alimentaire de ce pays. Aux États-Unis, par exemple, la conversion dans les dernières années de 18% des terres en réservoir à biocarburant, suffirait à nourrir 250 millions d'habitants pour les 2 prochaines années (source). Et même si la nourriture est disponible sur les étalages, la flambée de ces prix, empêche la population de pouvoir se procurer le minimum afin de survivre, dans de nombreux pays!! Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a même avoué que la crise actuelle n'était pas un phénomène temporaire et qu'elle devrait s'étendre sur plusieurs années. Mais peu de journaux mainstreams osent, par contre, parler de la spéculation boursière sur les marchés internationaux, par les grands capitalistes et qui est supportée par les politiques néolibéralistes et néocolonialistes des pays occidentaux...

Crise alimentaire et luttes de classes sur 3 continents

Selon la Banque Mondiale, une trentaine de gouvernements en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud risque de connaître de graves instabilités politiques et sociales en raison de la hausse des prix de la nourriture de base. Dans les pays en développement, l'alimentation représente jusqu'à 70% des salaires, contre 15% dans les pays développés.

Du côté Africain...

On peut par ailleurs constater, depuis quelques semaines, les nombreuses émeutes liées à la disponibilité de la nourriture dans des pays tels le Burkina Faso, l'Égypte, l'Indonésie, la Côte d'Ivoire, la Mauritanie, le Cameroun, le Mozambique, le Sénégal, la Guinée Conakry et Haïti.

Au Burkina Faso, en février, à la suite de la hausse de mesures fermes instaurés par l'État, qui a provoqué une hausse de 10 à 65% du prix des denrées de base, des émeutes ont éclatées dans les 4 plus grandes villes soient Ougadougou, Ouhigouya, Banfora et Bobo-Dioulasso, où les manifestants s'en sont pris aux bureaux du gouvernement et incendiés des voitures, des boutiques et des stations service. Dans cette dernière, 100 émeutiers ont d'ailleurs été arrêté après avoir lancé des pierres sur une délégation gouvernementale qui voulait tenter une médiation (source)

La Guinée Conakry, autre pays d’Afrique de l’Ouest, est maintenant considéré comme l'un des pays les plus instables du monde en raison des cinq émeutes anti-gouvernementales successives qui ont eu lieu à l’échelle nationale ces 18 derniers mois. Des émeutes elles aussi provoquées par le mécontentement des masses face à la hausse du coût de la vie (source).

En novembre, la Mauritanie a été en proie à de nombreuses manifestations violentes afin d'exiger
la mise en place de politiques économiques efficaces pour améliorer leurs qualités de vie. Des manifestations d'étudiants ont été signalées à Aleg la capitale, Rosso, Selibaby et Zouérate. A Zouérate, au nord du pays, des étudiants ont allumé des pneus dans des rues du centre de la ville. Les forces de l'ordre sont alors intervenues et ont dispersé les manifestants. A Selibaby, des sources locales ont rapporté que l'armée s'était déployée dans la ville après que des accrochages violents ont opposé les étudiants et les forces de polices. Une personne a été blessée dans ces accrochages et trois autres ont été arrêtées. 300 personnes (parmi lesquelles des personnes âgées, des étudiants et des commerçants) ont été arrêtés à Djigeny et y étaient toujours, récemment, détenus dans des conditions déplorables (source).

La Côte d'Ivoire a aussi vécu des émeutes de 48 heures, qui se sont soldées par la mort de 2 manifestants par les forces de répression (source).

Même scénario au Cameroun, en février où les émeutes de la faim, réprimées par les forces de l'ordre ont faits plus de 40 victimes. De plus, 729 personnes ont été à ce jour condamnées à des amendes ou à des peines de prison allant de trois mois à six ans. Leur seul crime étant d'avoir été affamé! (source).

Au Mozambique, des émeutes de quelques jours en réponse à une hausse de 25% du coût du transport en commun ont éclatées en février. Les émeutes qui ont éclaté dans plusieurs quartiers pauvres de la capitale mozambicaine se sont soldées par un mort et 63 blessés, dont 25 ont été atteints par des balles tirées par la police (source).

En septembre au Maroc, une hausse de 30% du prix du pain au lendemain des élections a aussi provoqué des affrontements entre les 2 500 habitants et les forces de l’ordre de Sefrou. Un bilan de 300 blessés, et d'une quarantaine de manifestants incarcérés (source).

Au Sénégal, au début du mois d'avril, une manifestation contre la "vie chère", déclarée illégale par l'état, s'est transformée en émeute après que les policiers aient commencé à balancer des gaz lacrymogènes sur la foule. Quelques dizaines d'arrestations ont été rapportées (source).

En Égypte, cette semaine des émeutes de la faim ont aussi éclatées après qu’une grève projetée par des ouvriers de la plus grande usine de textile Égyptienne, la compagnie Misr Spinning et Weaving, a été réprimée. Pour exprimer leur mécontentement, les émeutiers ont lancé des pierres vers des magasins et des banques et ont mis le feu à un poste de police et des installations scolaires. Les manifestants réclamaient des hausses de salaires pour compenser la cherté de la vie. En Égypte, 44% de la population vit avec moins de deux dollars par jour. Une centaine de personnes ont été blessées dans des accrochages avec les force de répression (source).

En Asie

Du côté asiatique l'Ouzbékistan et l'Indonésie, pour ne nommer que ceux-ci, ont aussi été touché par les émeutes contre les augmentations de prix décidées par leurs gouvernements.

A Manille, capitale des Philippines, l'armée a été déployée pour superviser la distribution de vivres dans les quartiers pauvres. En Inde, le gouvernement mène une guerre féroce contre le marché noir. Même Singapour n'a pas été épargnée et des dizaines de personnes sont allées jusqu'à braver l'interdiction de manifester. En Thaïlande, premier exportateur mondial de riz, les autorités ont dû démentir fermement les rumeurs d'une pénurie pour éviter la panique. L'armée garde les rizières.

La consommation de viande et de produits laitiers augmente en Asie, ce qui accroît les besoins de l’industrie de l’alimentation animale. Le prix du lait en poudre est passé de 2000 à 4800 dollars la tonne l’an dernier, car la hausse de la consommation des produits laitiers en Asie a coïncidé avec une pénurie dans le monde occidental. La sécheresse en Australie a aggravé le problème de même que les politiques gouvernementales en Europe et en Amérique en faveur du développement de l’utilisation des biocarburants (source).

En Amérique

Les premières émeutes de la faim ont eu lieu au début de 2007 au Mexique, où le maïs et le blé, ingrédients nécessaires pour les tortillas avaient augmenté de plus de 40% par rapport à l'année précédente (source).

La semaine dernière à Haïti, des émeutes ont aussi éclatés dans plusieurs villes. Une personne a été tuée par balle hier s'ajoutant aux 4 morts et à la trentaine de blessés par balle et arme blanche de la semaine dernière, au cours de manifestations dénonçant la pauvreté et le coût de la vie.
"À Port-au-Prince, un millier de manifestants se sont rassemblés devant le Palais national, siège de la présidence haïtienne, et devant le Parlement. Des vitres de véhicules ont été cassées par des manifestants scandant des slogans dénonçant la vie chère et la misère, devant le ministère du Commerce."
En plus des manifestations, une grève des chauffeurs des véhicules de transport collectif, a paralysé la ville. Dans le sud du pays, des installations de l'ONU ont été attaquées, des véhicules des Nations unies ont été incendiés et un bâtiment détruit. Vendredi dernier, au moins quatre personnes ont été tuées et quinze blessées aux Cayes, lors de pillages de camions de nourriture et de dépôts alimentaires (source).

En perspective

Cette liste loin d'être exhaustive démontre une fois de plus la finalité du capitalisme, le profit maximal au détriment des droits les plus fondamentaux et de la vie de milliards d'individus. Les transnationales et les bourgeois de ce monde se foutent bien de nos vies, bien à l'abri derrière leurs armées et leur flics bien armés réprimant les populations en colère. Une lutte de classe qui se solde par des milliers, sinon des millions de victimes sous les balles, la maladie et la faim.

Pour l’instant, la grande majorité des pays touchés sont parmi les pays les plus pauvres. Par contre, certains pays plus industrialisés, tels que l’Inde et Singapour, commencent à leur tour à subir le choc de la spéculation financière sur les denrées de première nécessité. Qu’en sera-t-il lorsque les pays occidentaux seront à leur tour touché par cette crise alimentaire? Et bien à notre tour, nous serons aussi mâter à coup de matraque, de balle en caoutchouc et de gaz lacrymogène. Et si ca ne suffisait pas? Alors, l’État afin de survivre nous enverra l’armée, comme l’histoire nous l’a démontré à de multiples reprises. Bien sûr, l’État, la Banque Mondiale et le FMI, tenteront de nous imposer des réformes et des programmes alimentaires bidon, mais si cela ne suffisait pas? Et si notre classe désirait une bonne fois pour tout plus que les miettes de leur festin? Nous n’avons d’autre choix que d’entrevoir une guerre de la faim qui n’aura pour finalité qu’une guerre de classe violente.

Seul la guerre sociale et le renversement de ce capitalisme meurtrier pourra y changer quelque chose. L'abolition des marchés et de la valeur d'échange permettra la satisfaction des humains en adhérant au principe de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins.

Ya Basta!

Yankee go home!

Les camarades de la FdCA(Federazione dei Comunisti Anarchici) italienne sont en plein coeur d'une lutte dans leur communauté, afin d'empêcher la construction d'une base militaire étatsunienne à Vicence en Italie. La base qui couvrirait entre 500 000 m2 et 1 250 000 m2 accueillerait la 173ième brigade aéroportée se trouvant à Aviano (d'où décollaient les avions qui bombardaient la Serbie) et en Allemagne. Un texte intéressant, traduit par les camarades d'Alternative Libertaire, qui décrit bien l'implication des communistes libertaires de la FdCA au sein de ce mouvement de masse, auto-organisé et démocratique.

Le projet de construire une base militaire étasunienne autour du petit aéroport de Dal Molin à Vicence a provoqué l’essor d’un mouvement de masse auto-organisé qui agite le nord est de l’Italie. Cette lutte exemplaire où sont investi-e-s nos camarades de la FdCA laisse espérer un renouveau de l’antimilitarisme dans la péninsule et au-delà.

L’affaire de la base militaire de Dal Molin est née il y a deux ans, d’un accord secret entre le gouvernement Berlusconi, alors au pouvoir, et le maire de Vicence. L’accord portait sur l’accueil d’une nouvelle base américaine, dans une zone d’environ 500 000 m2 (qui pourraient devenir 1 250 000 m2 si on considère l’aéroport lui-même) actuellement verte et totalement entourée par la ville, une superficie supérieure à celle de sa propre zone industrielle. C’en était trop pour une cité qui, jusqu’à présent, avait supporté sans trop se plaindre, tant d’autres installations militaires dans l’agglomération : la caserne Ederle, le site Pluto à Longare, la base de Tormeno, les entrepôts de Torri, la zone d’habitation de Vicence est, la Gendarmerie européenne…

La nouvelle base servirait aux Etats-Unis à réunir en un seul lieu la 173ème brigade aéroportée, qui se trouve aujourd’hui en partie à Aviano [1] et en partie en Allemagne. L’objectif étasunien est d’intervenir rapidement dans la région du Moyen-Orient, riche en ressources énergétiques stratégiques. Vicence, selon ce plan, serait donc destinée à devenir un nœud très important pour le nouvel ordre militaire mondial.

Un mouvement bigarré mais uni

Les comités, nés ces dernières années, ont été capables de se coordonner et d’unifier les multiples raisons du « Non » à la base : de l’antimilitarisme à l’écologie [2] ; en passant par la sécurité [3] et les raisons économiques, car contrairement au passé, il est estimé que les retombées en terme d’emplois seraient minimes. Elles ne compenseraient sûrement pas le poids des dépenses d’urbanisme que la base, de par son statut d’extra-territorialité, ne payerait pas. Il s’est ainsi construit un mouvement large et bigarré. Un mouvement capable d’organiser trois grandes manifestations nationales en deux ans, qui ont fait descendre dans la rue des centaines de milliers de personnes de toute l’Italie (démontrant une excellente capacité à gérer la cité). Un mouvement capable également d’actions rapides et symboliques comme la plantation de 150 arbres dans le périmètre de la base bloquant les travaux de terrassement.

Pour lire la suite...

lundi, avril 07, 2008

Manifestation ce jeudi au centre de recrutement de l'armée.

affiche tiré du blog

Jeudi 10 avril, 17:30 à 19h, en face du centre de recrutement de l’armée: 1420 Ste-Catherine O. (coin Ste-Catherine et Bishop, métro Guy-Concordia
Non à la propagande guerrière ! Non à l’occupation de l’Afghanistan ! Non à la répression policière envers les opposants à la guerre !

L’armée canadienne est dans sa plus grande campagne de recrutement, et donc de propagande, depuis la 2e Guerre mondiale. L’armée va même jusqu’à nous dire qu’on fait la guerre en Afghanistan pour y amener la paix et pour apporter à la population locale la «liberté» et la «démocratie». Or, cette démocratie et cette liberté qu’ils prétendent vouloir implanter en Afghanistan fait cruellement défaut ici même !

Les militaires ne semblent pas avoir la capacité d’accepter que l’on exprime notre opposition à leur propagande meurtrière. Lors de la dernière manifestation au centre de recrutement il y a un mois, ils ont usé de moyens douteux de répression et de tentatives d’intimidation dans l’espoir de faire taire les opposant(e)s à la guerre qui étaient présents.

Deux militants ont été illégalement séquestrés à l’intérieur du centre de recrutement par des agents du SPVM et de la police militaire alors qu’ils n’avaient commis aucune infraction (ils ont été détenus illégalement car ils n’était accusés de rien). La police a également usé de violence pour déplacer et faire taire d’autres militant(e)s en raison de leurs opinions considérées comme dérangeantes.

La police militaire et le SPVM ne réussiront pas à faire taire l’opposition à la guerre !

Continuons d’exiger la fin de l’implication du Canada en Afghanistan et la fin de cette propagande guerrière !

(Avis aux policiers militaires et du SPVM qui lisent ceci ; à l’avenir, des représentants des médias seront présents dans nos manifestations pour documenter vos agissements illégaux et vos différentes formes d’abus de pouvoir. Contrairement aux militaires, nous, civils, avons des droits et allons les faire respecter.)

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Une ligne de piquetage a lieu mensuellement devant le centre de recrutement de l’armée de Montréal pour dénoncer l’agressive campagne de recrutement des Forces Canadiennes. Joignez-vous au mouvement : le piquetage est le 2e jeudi de chaque mois, de 17h30 à 19h, 1420 Ste-Catherine Ouest (coin Ste-Catherine et Bishop, métro Guy-Concordia)

L’armée canadienne est dans sa plus grande campagne de recrutement depuis la 2e Guerre mondiale. Cette campagne de propagande est insidieuse; on veut nous faire croire que les guerres sont une nécessité, que l’industrie de l’armement est un secteur d’investissement légitime et que la carrière de militaire est un engagement humaniste. Rien n’est plus faux !

Cette propagande vise à justifier que les gouvernements dépensent de plus en plus de milliards de dollars pour une guerre sanglante, au détriment des services sociaux. On coupe notamment dans l’éducation pour investir dans l’armée ; ensuite on promet à des étudiants (dont la situation est de plus en plus précaire) des études subventionnées en échange de joindre l’armée. Personne ne devrait avoir à s’enrôler, à apprendre à tuer, pour pouvoir avoir accès à des études supérieurs !

AFFIRMONS NOTRE OPPOSITION À LA PROPAGANDE MILITAIRE ET À LA GUERRE D’OCCUPATION EN AFGHANISTAN !

Organisé par Opération Objection, la campagne d’opposition au recrutement militaire

Source


dimanche, avril 06, 2008

Image du jour...




Les camarades de la Fédération Anarchiste française ont reprise, pour leur journal le Monde Libertaire #1508, la propagande de la campagne Nous On Ne Votes Pas! (mené conjointement par le RAME et la NEFAC) qui fut lancé lors de la campagne éléctorale de 2007.

Lorsque des synthésistes reprennent le matériel de groupes plateformistes, il y'a de quoi rire!!

Il est temps pour l'anarchisme de sortir du bourbier de la désorganisation, de mettre fin aux vacillations sur les questions tactiques et théoriques les plus fondamentales, d'avancer vers un but clairement reconnu et de mettre en place une praxis collective organisée.
- La Plate-forme organisationnelle des Anarchistes communistes

vendredi, avril 04, 2008

Un communiqué de militants anarchistes et d'anti-militaristes Roumains.


Un communiqué (en anglais) d'anarchistes et groupes anti-militaristes Roumains dans le cadre du sommet de l'OTAN à Bucarest.

Dans le cadre de ce sommet se tenant du 2 au 4 avril, le Canada en tant que force d'occupation en Afghanistan, a demandé des renforts des autres pays membres de l'OTAN, afin de poursuivre sa mission dans le sud de l'Afghanistan jusqu'à la fin 2011.Ce sont les États-Unis qui fourniront les militaires réclamés par Ottawa. Washington l'a annoncé après la décision de la France d'envoyer un bataillon de 800 hommes dans l'est du pays.
Pour plus d'infos sur le sommet, Radio-Cadenas a mis en ligne un résumé des différents dossiers qui seront discutés lors de ce sommet hautement dénoncé(ici).

Pour en savoir un peu plus sur les manifestations à Bucarest:

SOMMET DE L'OTAN . Les "anars" de Bucarest sur le pied de guerre.

Anti-NATO Convergence Centre in Bucharest attacked by Anti-Terror Police (wombles.org.uk)

L'En Dehors qui nous fournis quelques nouvelles des luttes contre le sommet de l'OTAN.

Un site Roumain relatant les différentes initiatives anti-OTAN.


Le communiqué:

The Common Voice from the anarchists and anti-militarists who gathered in Bucharest in April 2008

Statement from anti-NATO protesters. (Orginally published on www.cia.bzzz.net)

As long as there will be war, as well as systems and organizations that support militarization, murder, and profit-making from conflicts, there will be always movements protesting against them. Nowadays NATO is the most influential military alliance in the world. That’s why wherever a NATO summit will take place there will be people resisting it. Bucharest is not an exception.

In spite of the media intoxication as well as governmental repressions, which started already months before the summit, hundreds of anti-militarists both, Romanian and international, gathered in the capital city, Bucharest.

The mainstream media bombarded the Romanian population with an image of the anti-militaristic activists as careless, terrorists, hooligans and enemies of the common Romanian people, who were only coming to destroy the city. This was all absurd and obviously fabricated as most of the mass media never even bothered to try and find any information from the anti-militarist side.

Also local authorities tried their best to intimidate anyone who might take part in the protests months before the summit. People from different parts of Romania were observed, received phone calls and visits from various law enforcement authorities. While this is common practice, recently law enforcement authorities intensified the repression to an extreme.

At the same time people from other countries were repressed when trying to cross the Romanian border. Many of them were denied entry to Romania without being given any legal reason. In the days before the summit many activists were stopped and harassed by police, but this heavy police presence also affected regular citizens in many ways.

The peek of the repression took place on the 2nd of April 2008 when the jandarmerie (special forces) brutally stormed the space which activists were using for accommodation, gathering and events. This legally rented space was raided without warning. This aggression was without any legal backing. The jandarms behaved brutally both physically (kicking, hitting and using gas) and mentally (shouting homophobic, xenophobic and racist insults). Most of the people were hit, but several were badly injured. This was a desperate, but unsuccessful attempt on behalf of the Romanian state to stop the protest activities.

What happened after was a combination of, on the one side, a reaction from the movement, and on the other, from the mainstream media which recognized the abuse of power and force. The anti-militarists remaining free initiated spontaneous anti-repression marches and pickets in front of police stations together with several human rights organizations and lawyers. In many countries, solidarity actions took place, like demonstrations in front of Romanian embassies. Facing this kind of reaction, Romanian state was forced to weaken their stance. Ten hours later all activists had been released and the activists’ space was reclaimed.

Even if full trust in the real intentions of the mass media has not been restored, it is clear that at that moment they took a serious step towards presenting the real intentions of the international anti-militarist movement more accurately.

It is important to stress that the actions and protests in Bucharest had both local and international participants, as militarism is not only a local problem. This movement has no masters or leaders, so no single person or group can be blamed or take credit for organizing the protests. In particular, it is important to emphasize that the attention of the international movement will focus on the developments in Romania after the summit. Romanian authorities should know that any further attempts of repression against Romanian anti-militarists will not be left without a strong reaction from the international community. Solidarity strengthened because of our experiences in Bucharest and will be built upon.

To conclude, despite massive repression as anti-militarist activists managed to conduct a number of public events and recognized that many inhabitants of Bucharest sympathized with anti-militarist ideas as they were greeting us at every step. For us this is a clear sign that there is no consensus within the Romanian society on topics like NATO, militarism or even state interventions in social relations. In fact many people were negative or at least critical about it. One could ask: if so many Romanian people are critical, why did they not go on the streets to express their opinions? The answer is clear: The state created an atmosphere of fear and terror which reminds Romanian citizens of the times before December 1989.

We have shown in Bucharest that no matter how restrictive the repressions are, it will never stop our resistance.

They can break our bones, but not our ideas!
Anti-militarists protests will continue!

Des anarchistes en Jordanie.


Le mouvement libertaire, depuis le 19ième siècle, s'est étendu à la grandeur du globe. Du nord au sud, de l'est à l'ouest, partout nous avons vu naître des mouvements libertaires, parfois minuscules et éphémères, parfois de masse et sur une longue période de temps. Des camarades Jordaniens ont commencé récemment à s'organiser sur une base libertaire en se qualifiant eux-même d'anarco-soufiste. Dans un pays sous la main de fer du Roi Hussein qui n'a légalisé les partis politiques qu'en 1992, puis sous le roi Abdallah II, on peut s'imaginer que la répression contre les mouvements révolutionnaires est énorme. Voici donc le communiqué envoyé par ces libertaires expliquant la naissance de leur mouvement et dressant un mini topo de l'état de ce mouvement en Jordanie.

Finalement, après plus de 50 ans d'activisme communiste en Jordanie, les anarchistes ont commencé à s'organiser ! Les anarchistes jordanien(ne)s sont principalement des artistes qui travaillent dans la musique, le cinéma et le dessin. Une camarade termine son masters en études de genres. Certain(e)s camarades sont Jordanien(ne)s et d'autres sont des réfugié(e)s palestinien(ne)s en exil.
Nous sommes nombreux à venir d'une culture politique marxiste, c'est pourquoi la théorie à une grande importance pour nous. Deux camarades ont trouvé un livre en arabe sur l'anarchisme et ensuite nous avons découvert trois autres livres qui parlaient d'anarchisme en utilisant différents termes, tel que :
1. Fawdawiya, littéralement « chaotique »
2. La soltawiya, littéralement « anti-autoritarisme »
3. Taharoriya, littéralement « « libertarisme »
4. Anarkeya, littéralement « anarchisme » .

Nous avons également trouvé des sites internet égyptiens et libanais, qui nous ont été d'un grand secours.
Actuellement nous sommes une vingtaine de camarades. Je crois qu'il y a d'autres anarchistes dans le pays, mais ce n'est pas facile de les trouver !
Dernièrement, nous sommes entrés dans un mouvement plus large nommé « la gauche sociale », qui regroupe des marxistes, des féministes et autres. Bien que le mouvement compte environ 1000 adhérent(e)s, nous anarchistes avons, relativement, une forte influence sur et dans le mouvement. Nous nous réunissons dans un centre anti-globalisation jordanien.
Quand nous avons commencé à lire, nous avons cherché des formes d'anarchisme dans notre histoire et notre culture locales. Après avoir lu un livre titré « Les tropiques du soufisme » de Hadi al-Alawi, un auteur irakien, nous avons découvert que le soufisme est entièrement anarchiste. En effet, depuis nous avons découvert un site internet qui parle d'« anarco-soufisme » et maintenant nous sommes nombreux à utiliser le nom d'anarco-soufiste. Nous avons découvert des groupes et mouvements anarco-soufiste qui existaient entre le 8ème et le 16ème siècles. Plus tard nous avons lu ce que nous avons pu trouver des écrits de Bakounine, Proudhon et Kropotkine. Nous avons étudié l'histoire de l'anarchisme en Espagne, Ukraine, France et Mexique... et avec notre connaissance du soufisme, nous avons commencé à développer notre propre conception de l'anarchisme.
Nous avons appris l'existence d'autres groupes anarchistes, en Égypte, au Maroc, au Liban et en Palestine, mais nous n'avons pas encore pris contact avec eux.
La semaine dernière, un journaliste très connu dans le pays, a écrit dans le journal le plus lu de Jordanie, un article sur les anarchistes jordanien(ne)s après avoir vu un de nos drapeaux noirs pendant une manifestation.
Tous les mouvements et partis politiques jordaniens ont des problèmes d'effectifs numériques : il est très difficile de trouver de nouveaux adhérents parce que la plupart des gens ont peur de participer.

En Jordanie, on peut être exclu de l'université pour cause d'activité politique. Il est très difficile de comprendre et d'accepter les motifs des lois qui sont utilisées contre les activistes :
- perturber l'harmonie civile
- outrager les supérieurs
- être grossier
- copier des textes sans permission
- s 'assembler sans autorisation.
Human Right Watch parle de torture et d'enlèvements. La formation d'un groupe non autorisé est passible de trois ans de prison.

Donc, l'anarchisme a encore beaucoup de chemin à faire en Jordanie, mais nous nous attendons à ce qu'il se développe dans les années à venir.

De vos frères et soeurs, camarades.

jeudi, avril 03, 2008

Sexe et politique.


Un autre texte intéressant tiré du mensuel de nos camarades d'Alternative Libertaire et qui porte sur le conditionnement patriarcale de nos relations sexuelles auquel nous sommes tous-tes soumis-ses.

Faire de la pénétration vaginale la norme de la sexualité et conditionner les gens, à grands renforts de publicité, à vouloir toujours plus de sexe entraîne souffrances et frustrations. La libération sexuelle n’est pas finie mais la libéralisation sexuelle est bien installée.

L’orgasme vaginal serait-il un mythe ? On sait que le clitoris est le principal organe à l’origine de l’orgasme des femmes. Même s’il arrive que certaines jouissent lors de la pénétration, c’est que celle-ci permet indirectement la stimulation du clitoris. En faisant de la pénétration vaginale le paradigme de la relation sexuelle, nos sociétés n’ont-elles pas empêché l’accès des femmes à une sexualité heureuse et épanouie en les rendant dépendante du savoir de leurs partenaires ? [1]

Les mythes de l’orgasme vaginal

Il y a une vieille version freudienne du mythe de l’orgasme vaginal : « Si tu ne jouis pas lors de la pénétration, c’est que tu es restée infantile. » Pour répondre aux injonctions de Freud, Marie Bonaparte, une de ses fidèles disciples, s’est fait déplacer chirurgicalement le clitoris. Elle sentait bien qu’elle jouissait grâce à son clitoris, mais elle voulait jouir du vagin. Elle a donc rapproché l’un de l’autre. Ça n’a pas marché, étonnant, non ? Cette vieille version a depuis laissé place à la version moderne : « Si tu ne jouis pas, c’est que tu n’as pas trouvé ton point G » ou plutôt qu’il ne l’a pas trouvé.

Pour lire la suite.

Dico anticapitaliste : Qu’est-ce que l’action directe?

Nos camarades d'Alternative Libertaire, définissent chaque mois dans leur mensuel, un concept du mouvement libertaire. Ce mois-ci c'est le concept d'action direct qui est défini. Un court texte qui résume bien la façon dont ce concept a émergé au sein du syndicalisme révolutionnaire.

Émile Pouget, militant anarchiste et secrétaire adjoint de la CGT au début du XXe siècle, donne de l’action directe la définition suivante : « L’action directe, manifestation de la force et de la volonté ouvrière, se matérialise, suivant les circonstances et le milieu, par des actes qui peuvent être très anodins, comme aussi ils peuvent être très violents. C’est une question de nécessité, simplement. Il n’y a donc pas de forme spécifique à l’action directe ». On ne saurait donc la réduire à « un abattage copieux de carreaux » disait-il en référence aux vitres brisées par les grévistes en colère. Elle ne correspond ni à un légalisme étroit ni à un illégalisme de principe.

L’action directe est d’abord la manifestation d’un combat de masse et de classe : « Aussi disons-nous d’abord que la grève, le sabotage, la grève générale, qui sont les moyens de pratiquer l’action directe, sont des formes de lutte tirées du mouvement ouvrier lui-même, écrivait en 1909 Victor Griffuelhes, secrétaire de la CGT. Puisqu’avec l’une et l’autre, c’est le travailleur, et seulement le travailleur qui agit ; ensuite, que pour rendre ces formes d’action puissantes et efficaces, il faut avoir confiance en elles et apprendre à s’en servir ».

L’action directe court-circuite toute forme de représentation et cherche à libérer ses acteurs des pièges symboliques de la loi, de la représentation et de la négociation. Elle est la traduction stratégique de la maxime de la Première Internationale : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

L’action d’un militant et d’un groupe n’a rien à voir avec l’action directe si, dans le discours ou dans les faits, celui-ci se met en posture d’avant-garde, de représentant du prolétariat ou s’il prétend se substituer à lui pour mener la lutte.

Les syndicalistes révolutionnaires du début du XXe siècle, confrontés aux difficultés de la lutte de classe, insistaient sur le caractère pédagogique de l’action directe, qu’ils qualifiaient volontiers de « gymnastique révolutionnaire ». « Reconnaissons-le ! disait Griffuelhes. Si le prolétaire est, même malgré lui, contraint d’avoir recours à ces armes, il le fait d’une main malhabile. Il ne sait pas ! Il n’a pas appris ou n’a pas retenu. Aussi ne sommes-nous pas étonnés des insuccès qui jalonnent notre route ! Nous luttons poussés par les nécessités, mais nous luttons mal. »

La pratique de l’action directe et en particulier de la grève doit permettre à une fraction de la classe ouvrière de prendre conscience de sa force. Le paroxysme de ce mouvement se trouve dans le déclenchement de la grève générale qui verra le renversement de la république et du capitalisme.

La notion d’action directe est une clé essentielle pour saisir la nature du projet libertaire.

mercredi, avril 02, 2008

Grève générale des dockers étatsuniens de l'ILWU le 1er mai contre la guerre.


"No Peace No Work Holiday"

Les dockers étatsuniens de l'ILWU(International Longshore and Warehouse Union)ont adoptés en assemblée, la fermeture de tous les ports de la côte Ouest aux USA pendant 8 heures, le 1er mai, afin d'exiger le retrait des troupes américaines du Moyen Orient et la fin de la guerre et de l'occupation en Irak et en Afghanistan. Un mouvement de masse ouvrier, comme celui de l'Allemagne et de la France de la première guerre est-il encore possible afin de mettre fin à cette guerre impérialiste? En espérant que les travailleurs canadiens suivent l'exemple des travailleurs américains afin de mettre fin nous aussi à l'occupation de l'Afghanistan...

À la guerre impérialiste opposons la guerre sociale!

Pour lire le texte
Le communiqué en anglais

Cause Commune #19


Le numéro 19 de Cause commune, le journal de la NEFAC au Québec, est maintenant disponible sur le web. 4000 exemplaires papier de ce journal sont distribués gratuitement par des militantEs libertaires, membres ou non de l’organisation. Cause commune se veut un tremplin pour les idées anarchistes, en appui aux mouvements de résistance contre les patrons, les proprios et leurs alliés au gouvernement. Si le journal vous plaît et que vous voulez aider à le diffuser dans votre milieu, contactez le collectif de la NEFAC le plus près de vous.

Un pdf à basse résolution --format tabloïd-- est disponible.

Au sommaire du no 19 (format HTML)